Des publications sur les réseaux sociaux ont annoncé des incidents dans les villes de Gagnoa et de Toumodi. Des témoins oculaires de la Coalition Anti Dohi présents sur le terrain ont rejeté ces rumeurs. De plus, la photo qui illustre ces publications a été prise au Togo en juillet 2025.
Depuis le lancement de la campagne présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire, plusieurs incidents en lien avec le scrutin ont été signalés dans des localités comme Yamoussoukro et Jacqueville, entre autres. Ces actions, perpétrées par des personnes encore non identifiées au moment de la publication de cet article, ont donné lieu à une campagne de désinformation autour de ces élections.
Par exemple, une publication faite sur Facebook ce 25 octobre 2025 par la page Sako Le Révolutionnaire soutient que des responsables de bureaux de votes ont pris la fuite. « URGENT : Les responsables des bureaux de votes à Gagnoa et Toumodi ont été chassés et les lieux incendiés. La tension continue de gagner du terrain », lit-on dans le texte qui accompagne cette publication. Le post a également été relayé sur Facebook par les pages Côte d’Ivoire Ma Patrie et Le Renouveau Ivoirien. La publication a également été reprise ici , ici , ici , ici , ici , ici , ici, ici
Une image décontextualisée, prise au Togo en juillet 2025
Une recherche d’image inversée avec l’outil Bing a orienté vers un article publié le 30 juin 2025 informant d’une manifestation qui a dégénéré au Togo.
La même photo est publiée dans un autre article du média allemand dw.com le 6 août 2025. La légende indique que des manifestants en colère à Lomé (capitale du Togo) ont mis le feu à des barricades lors de protestations contre le président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé.
Capture d’écran sur le site internet de la DW, effectuée le 25 octobre 2025
Pour vérifier cette information sur le terrain, la Coalition Anti Dohi a contacté deux journalistes confrères vivant à Gagnoa (Centre-Ouest) et à Toumodi (Centre). Les deux ont démenti les publications que nous vérifions dans cet article.
Madouce Boniking, président des radios de proximité de la région du Goh, qui a pour chef-lieu la ville de Gagnoa, a expliqué qu’aucun responsable n’a abandonné son bureau et aucun incident n’a été signalé. « Nous avons sillonné la ville ce matin et tout se passe bien. Ce que vous avez vu est une fausse information. Le scrutin se passe à merveille, c’est seulement quelques bureaux de vote qui ont tardé avant d’ouvrir. Sinon, à part cet aspect, tout va bien », a-t-elle confié. « Je suis à Gagnoa depuis longtemps. Le lieu indiqué n’est pas à Gagnoa », a-t-elle ajouté.
De son côté, Leon Saki, journaliste et responsable de la WebTv Tv Toumodi assure à la Coalition que les publications rapportant des incidents impliquant des responsables de bureaux de vote à Gagnoa et Toumodi sont des « informations manipulées ».
« À Toumodi ici, c’est le calme plat. Je viens de le constater en parcourant les bureaux de votes. Les choses vont bien pour le moment », a-t-il renchéri.
Toutefois, selon une vidéo publiée par BBC Afrique sur Facebook, des dysfonctionnements ont été enregistrés à Gagnoa.
Teno Kwamé, président du Bureau de vote 2 à Moko, a rapporté que le déplacement de son bureau vers un autre site, décidé à la dernière minute, a causé des désagréments. « C’est à 8 heures que nous avons été appelés et on nous a dit que le bureau a été délocalisé. Donc c’est à partir de 8h30 qu’on a fait mouvement ici. Et de Moko à ici, c’est un long trajet. Donc on ne sait pas comment la population va savoir que les bureaux ont été délocalisés puisque pour venir, il n’y avait pas un tableau pour écrire que si vous venez, vous êtes à tel lieu », a-t-il expliqué.
Un observateur électoral a également noté que « c’est le RHDP seul qui est représenté dans les bureaux. Les autres partis ne sont pas représentés depuis ce matin », a-t-il déclaré à la BBC.
En somme, l’affirmation selon laquelle les responsables du bureau de vote ont pris la fuite dans les localités de Gagnoa et Toumodi est fausse. La photo qui accompagne les publications que nous vérifions dans cet article n’a pas été prise en Côte d’Ivoire mais au Togo en juillet 2025.
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Ivoire Check, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
Trois images censées montrer des bureaux de vote incendiés circulent depuis la soirée du 24 octobre 2025 sur les réseaux sociaux. Elles sont, pour les auteurs, la preuve que les Ivoiriens sont hostiles au 4ème mandat d’Alassane Ouattara. En réalité, ces images sont décontextualisées et présentes sur internet depuis le 18 octobre 2025.
Capture d’écran de la publication de Maimouna Camara sur Facebook, effectuée le 25 octobre 2025
Le compte Maimouna Camara, très actif sur Facebook et X, a partagé dans la soirée du 24 octobre 2025 trois images d’incendie avec la légende suivante : « Abidjan-Yopougon, 03 Bureaux de vote incendiés. Bureau 14,18 et 20 Non au 4eme Mandat de Alassane Dramane Ouattara (Sic) ». Derrière le compte Maimouna Camara se cache ‘‘La Guêpe’’, le surnom d’une activiste, souvent présente sur les réseaux sociaux.
Le compte Maimouna Camara ne donne pas de précision sur le quartier exact de Yopougon (commune d’Abidjan) où l’incendie est censé avoir eu lieu. La publication, devenue virale sur les réseaux sociaux, a enregistré dans la matinée du 25 octobre plus de 2 100 commentaires et 650 partages. Ces images ont été reprises sur Facebook (ici et ici).
Une image prise au Cameroun dans un contexte de crise post-électorale
La première image montre l’incendie d’un véhicule visible à travers la grille d’une clôture.
Capture d’écran de la publication de Maimouna Camara sur Facebook, effectuée le 25 octobre 2025
Une recherche d’image inversée avec Google image et Microsoft Bing a permis de constater que cette image est présente sur internet depuis le 18 octobre 2025. On peut la voir dès les premières secondes de cette vidéo publiée sur Facebook. La vidéo permet aussi de voir l’inscription RDPC sur le bâtiment à l’arrière du véhicule en flamme. La personne intervenant dans la vidéo le fait dans une langue locale rendant difficile l’identification du lieu exact de l’incendie.
Capture d’écran Facebook, effectuée le 25 octobre 2025
Cependant dans les commentaires, le mot « Garoua » est régulièrement cité. Garoua est le nom d’une ville située dans le Nord du Cameroun. Une recherche par mots-clés, avec le groupe de mots « incendie RDPC Garoua », permet de retrouver la même vidéo partagée le 16 octobre 2025 sur Facebook avec la description suivante : « Le siège du RDPC incendié à DSCHANG mercredi soir par les Camerounais qui revendiquent la victoire de Issa TCHIROMA et le départ de Paul Biya au pouvoir depuis 43 ans (sic) ».
Capture d’écran Google Search, effectuée le 25 octobre 2025
Les recherches montrent que la première image partagée par le compte Maimouna Camara et extraite d’une vidéo prise au Cameroun n’a aucun lien avec un bureau de vote en Côte d’Ivoire.
À la suite de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun, des violences post-électorales ont éclaté dans plusieurs villes du pays, notamment à Garoua, Douala, Dschang et Bafoussam. Ces tensions ont été alimentées par des rumeurs de fraude électorale et la diffusion de résultats non officiels donnant une nouvelle victoire au président sortant Paul Biya. Des partisans de l’opposition, notamment ceux d’Issa Tchiroma Bakary, ont contesté ces résultats, entraînant des manifestations parfois réprimées par les forces de sécurité.
Une image montrant un incendie en Afrique du Sud
La deuxième image, celle montrant un bâtiment de type R+2 en feu est aussi décontextualisée.
Capture d’écran de la publication de Maimouna Camara sur Facebook, effectuée le 25 octobre 2025
En effet, on la retrouve dans une série de vidéos Tik Tok relatives à un incendie en Afrique du Sud.
Capture d’écran Google Search, effectuée le 25 octobre 2025
Grâce à l’exploitation des éléments de ces deux vidéos en anglais (ici et ici), on apprend que l’image est celle d’un « tragique incendie qui s’est déclaré dans une maison du bidonville de Marikana, à Ekurhuleni, en Afrique du Sud, causant la mort de six membres d’une même famille, dont un enfant d’un an et demi ».
L’incendie s’est déclaré dans une cabane (habitation faite planches de bois et de tôles ondulées) « vers 3 heures du matin le 26 mai 2025, ravageant complètement l’habitation avant l’arrivée des services d’urgence ». Cette deuxième photo n’a donc aucun lien avec des bureaux de vote en Côte d’Ivoire.
Une troisième image difficile à identifier
En ce qui concerne la troisième image, la Coalition Anti Dohi n’a pu retrouver son origine exacte. L’utilisation des moteurs de recherche Yandex, Google et Bing n’ont pas permis de retrouver la correspondance exacte de cette image. L’utilisation d’outil d’intelligence artificielle de recherche d’image n’a également donné aucun résultat probant.
Capture d’écran de la publication de Maimouna Camara sur Facebook, effectuée le 25 octobre 2025
L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information de Côte d’Ivoire (ANSSI-CI) via sa plateforme Facebook Alerte 100, a publié, dans la nuit du 24 octobre 2025, une alerte indiquant que ces images reprises en boucle sur les réseaux sociaux sont des « fake news ».
Capture d’écran Alerte 100 sur Facebook, effectuée le 25 octobre 2025
Contactée par la Coalition Anti Dohi, la Mairie de Yopougon a assuré que la commune compte 161 lieux de vote et 1321 bureaux de vote.
Alors que dans les publications sur Facebook il est mentionné que les bureaux 14, 18 et 20 auraient été incendiés, on peut voir sur le site de la Commission électorale indépendante que les bureaux de vote de Yopougon sont numérotés de 1 à 19 dans chaque lieu de vote. En clair, dans un centre de vote, il y a au maximum 19 bureaux de vote et non 20 comme le font croire les publications que nous examinons.
À Yopougon, les données de la CEI montrent que seuls quatre lieux de vote comptent 14 bureaux de vote. Il s’agit du Groupe scolaire Cité Verte, Groupe scolaire Mamie Adjoua, Groupe scolaire Port-Bouët 2 Plateau et Groupe scolaire Sogefiha 2. L’École Williams Ponty et le Collège Moderne Anador compte 15 bureaux de vote. Le Groupe scolaire Libanais de Yopougon compte 16 bureaux de vote et le Groupe scolaire Rodin 19 bureaux de vote.
La Coalition Anti Dohi s’est rendue dans la commune de Yopougon, dans l’après-midi du 25 octobre 2025, notamment sur les sites des Groupes scolaires Cité Verte, Mamie Adjoua, Port-Bouët 2 Plateau et Sogefiha 2. Aucun bureau de vote n’a été incendié.
Une vidéo récemment publiée sur les réseaux sociaux prétend montrer un véhicule en feu sur le péage de l’autoroute du nord en octobre 2025. Mais la vidéo date d’avril 2022.
Une publication faite sur Facebook ce 23 octobre 2025 par la page CASH Ivoire soutient que le pont à péage de l’autoroute du Nord reliant Abidjan à Yamoussoukro est en feu. « 22-10-2025, péage en feu autoroute du nord », lit-on dans le texte qui accompagne cette publication.
Contexte
Cette publication est apparue dans un contexte électoral en Côte d’Ivoire où l’opposition ivoirienne a organisé plusieurs manifestations dans différentes localités pour protester contre le quatrième mandat du président sortant Alassane Ouattara, candidat à sa propre succession pour le scrutin du 25 octobre 2025. Ces manifestations, qui ont parfois pris des allures de soulèvement populaire, ont conduit à l’interpellation de centaines de personnes, selon des sources officielles.
Une ancienne vidéo datant d’avril 2022
Une recherche d’image inversée avec l’outil Bing a permis de situer le vrai contexte de la vidéo que nous examinons dans cet article. Comme le montre cette publication sur Facebook, la vidéo date du 19 avril 2022, lorsqu’un véhicule avait pris feu au niveau du poste de péage d’Attinguié en fin d’après-midi. L’incendie avait été maîtrisé, mais s’était tout de même propagé à 3 cabines mitoyennes dudit poste comme l’attestent plusieurs médias locaux comme Linfodrome, Afriksoir, et Abidjan.net.
Capture d’écran de la vidéo examinée sur Facebook, effectuée le 23 octobre 2025
De nombreux éléments permettent d’établir des similitudes entre la vidéo dont nous vérifions l’origine et celle relayée en 2022 : les séparateurs rouges et blancs (encadrés en rouge), le toit (encadré en vert) et les piliers oranges (encadré en bleu).
Idée d’une crise préélectorale
Dans ce contexte électoral, la Côte d’Ivoire est en proie à des tensions politiques. Un terreau fertile à la désinformation. Selon Harouna Drabo, analyste de la désinformation au Sahel, ce type de contenus, de plus en plus fréquents sur les réseaux sociaux à l’approche du scrutin présidentiel, vise à installer dans l’opinion publique ivoirienne l’idée d’une crise préélectorale. En entretenant une psychose collective à travers la fabrication d’une réalité virtuelle de chaos, estime-t-il, ces messages contribuent indirectement à décourager la participation électorale le jour du vote.
Pour Jordan Méda, le rédacteur en chef de l’organisation burkinabè de fact-checking Faso Check, « ces contenus sont dangereux parce que dans un contexte électoral avec des tensions entre les différentes fractions, dire que le péage est en feu sans préciser le contexte alors qu’il s’agissait d’un véhicule incendié porte à confusion. Ce qui fait croire à un affrontement où du vandalisme ». Il ajoute que si la fausse information n’est pas traitée ou contextualisée, elle peut contribuer à attiser la haine, les tensions et mettre considérablement à mal l’intégrité de l’information.
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Ivoire Check, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
En Côte d’Ivoire, un célèbre média en ligne a publié des résultats de vote fictifs à quelques heures de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Avant lui, d’autres initiatives similaires ont été observées sur les réseaux sociaux et dans les médias. Pourtant, la loi électorale interdit toute publication de ce type à partir de la date de diffusion de la liste électorale définitive.
Le 24 octobre 2025, de faux résultats de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 sont apparus sur Abidjan.net, un des médias en ligne les plus suivis du pays. Ces résultats fictifs largement relayés sur les réseaux sociaux à moins de 24 heures du scrutin ont alimenté beaucoup de débats et théories sur les réseaux sociaux, rapportant ainsi « une fuite de documents secrets du régime » et des résultats des élections présidentielles « déjà disponibles avant même le jour des élections ».
Peu après la parution de ces faux résultats, le site Abidjan.net s’est fendu d’un communiqué pour présenter ses excuses sur cet incident qu’il dit provenir d’une d’« une erreur d’affichage » et « d’un dysfonctionnement technique survenu lors des opérations de mise à jour » à l’occasion des « essais internes » sur sa plateforme des résultats de l’élection présidentielle de 2025.
Un mois avant cet incident, un cas similaire de publication de résultats de sondage avait déjà eu lieu sur les réseaux sociaux et dans les médias en Côte d’Ivoire. En effet, à travers une publication datant du 23 septembre 2025, l’homme politique Tiemoko Assalé, candidat déclaré à la présidentielle du 25 octobre, mais recalé à l’étape du parrainage, a indiqué qu’un sondage réalisé par The Messina Group, un institut américain, pour la période allant du 13 août au 3 septembre 2025, le classait à la 4e position des intentions de vote au 1er tour. Sa publication est devenue virale, engrangeant ainsi plus de 3 000 mentions j’aime, plus de 1 000 commentaires et plus de 100 partages. Plusieurs autres exemples (1,2,3) rapportent et interprètent diversement les résultats de ce sondage qui a été aussi repris à sa UNE par le quotidien ivoirien Le Nouveau Réveil dans son édition du 2 octobre 2025.
Violation des règles électorales
Pourtant, les dispositions du Code électoral ivoirien interdisent clairement toute publication de sondages et de résultats de vote après la publication des listes électorales définitives. C’est d’ailleurs ce qui a motivé la double mise en garde par la Commission électorale indépendante (CEI) visant les personnes et médias enfreignant la loi électorale à travers la publication de résultats de vote de sondage en période électorale.
D’abord, le 7 octobre 2025, la CEI a publié un premier communiqué rappelant qu’il est formellement interdit en Côte d’Ivoire de publier des résultats de vote et de sondages suite à la publication des listes électorales définitives. Puis, le 24 octobre 2025, suite à la publication des résultats fictifs de l’élection présidentielle par Abidjan.net, la CEI a réitéré, à travers un communiqué, qu’elle est « l’unique autorité habilitée à communiquer les résultats provisoires issus des bureaux de vote », en annonçant par la même occasion qu’elle « se réserve le droit de prendre toute mesure appropriée en cas de manquement ».
En réaction à la publication de ces sondages fictifs par Abidjan.net, la CEI a publié un communiqué dénonçant une « atteinte manifeste à la sincérité du débat démocratique » et des « agissements susceptibles de troubler l’ordre public ». Elle y annonce avoir porté plainte contre le média incriminé auprès des autorités judiciaires compétentes, soulignant la gravité de la diffusion de résultats fictifs à la veille du scrutin.
Que dit la loi électorale ?
Dans un communiqué publié le 7 octobre 2025, la CEI a mentionné qu’en application de l’article 39 du Code électoral : « Il est interdit à toute personne physique ou morale non habilitée à cet effet, de publier ou de diffuser des estimations de vote ou des résultats de sondage, sous quelque forme que ce soit et à partir de quelque lieu que ce soit, à compter de la publication de la liste électorale définitive ». Ce qui veut dire que toute publication ou diffusion de sondage est donc interdite à partir du moment où la liste électorale définitive est publiée.
Le président de la CEI Ibrahime Koulibaly-Kuibiert, le 22 octobre 2025, au siège de l’institution à Abidjan, lors d’une séance de travail avec l’Association des Autorités Electorales d’Afrique (AAEA ) portant sur l’évolution du processus électoral ivoirien
En Côte d’Ivoire, la liste électorale définitive pour la présidentielle du 25 octobre a été rendue consultable le 4 juin 2025, conformément à l’annonce faite par le président de la CEI, Ibrahime Koulibaly-Kuibiert, deux jours plus tôt. Cette liste comporte 8 727 731 électeurs et peut être consultée sur le site de la CEI.
Bien que la loi interdise la diffusion de sondages et d’estimations électorales, pourquoi ces publications continuent-elles de circuler sur les réseaux sociaux et dans les médias ivoiriens ?
Regard d’experts sur la persistance du phénomène malgré l’existence des lois
Pour Marguerite Yoli-Bi Koné, superviseure de la Commission électorale indépendante pour les régions du Gboklé, de la Nawa et de San Pedro, cette situation s’explique par la prégnance des fake news en période électorale. Elle pointe du doigt notamment « des usagers qui cherchent du buzz », et estime qu’il reste très peu d’options avec « un citoyen qui décide sciemment d’enfreindre la loi, qui s’enferme dans sa chambre et invente des choses » sur le processus électoral. Aujourd’hui, note la représentante de la CEI, les réseaux sociaux sont devenus « des zones de non droit » malgré l’existence de la loi qui, selon elle, « est très connue » des usagers. « Tant qu’elle existe, nous sommes obligés de l’appliquer ».
Au Sénégal, par exemple, des professionnels des médias jugent « dépassées » les lois encadrant la diffusion de sondages d’opinion en période électorale. Sur cette question, Marguerite Yoli-Bi Koné note que l’initiative de changer la loi appartient au gouvernement ainsi qu’aux députés qui sont les représentants de la population. « Si les populations font le vœu qu’on change cette loi, elle sera changée ». Néanmoins, elle met en garde contre le fait que les élections en Afrique sont souvent « des moments d’exagération des conflits qui existaient déjà. Donc il faut faire attention à ce qu’il faut publier sur les réseaux sociaux », explique-t-elle, donnant pour exemple le fait que des usagers prennent parfois des documents qu’ils manipulent à l’aide de l’intelligence artificielle et les publient sur les réseaux sociaux. La transparence est certes nécessaire, mais selon Marguerite Yoli-Bi Koné, elle « doit être encadrée ». Cela veut dire que l’on n’a pas le droit de faire une compilation de votes et prétendre qu’il s’agit des résultats de l’élection, dans la volonté de tromper les populations et les électeurs, renchérit la représentante de la CEI.
Prenant le contrepied de cet argument, Dr Geoffroy Julien Kouao, politologue et essayiste ivoirien, argue que « l’article 39 du code électoral est anachronique et politiquement incorrect ».
« Nous sommes à l’ère des réseaux sociaux, c’est-à-dire de l’information instantanée. En sus, la publication des sondages est une pratique démocratique qui permet aux candidats de connaître leur position avant le vote et de travailler en conséquence ».
Évoquant des exigences de transparence et pour éviter la fraude électorale, l’expert souligne par ailleurs qu’« il serait bon que les résultats par bureau de vote soient instantanément publiés par les médias traditionnels et par les internautes ».
Enfin, Dr Geoffroy Julien Kouao conclut que « s’il est facile de sanctionner les médias traditionnels, il en serait autrement avec les réseaux sociaux ».
« Selon la loi électorale ivoirienne (Article 59, Ndlr), les résultats provisoires sont donnés par la commission électorale dans un délai 5 jours après la fermeture des bureaux de vote. Un délai trop long et qui pourrait alimenter les suspicions de fraudes », commente-t-il.
Lire et comprendre les sondages
Cette analyse sur les sondages en période électorale, publiée par une Coalition dirigée par Africa Check pour lutter contre la désinformation lors de la présidentielle sénégalaise de 2024, met en lumière plusieurs enjeux liés à l’interdiction des sondages en période électorale. Le texte s’appuie notamment sur un guide publié en 2016 par Africa Check, qui propose des conseils pratiques pour lire et comprendre les résultats d’un sondage d’opinion.
Selon ce guide, avant de donner du crédit à un sondage, il est essentiel d’en examiner la source, les motivations du commanditaire, la formulation des questions, la méthode de sélection des répondants, la représentativité de l’échantillon, le mode de collecte des données et le moment de réalisation de l’enquête, car chacun de ces éléments peut influencer fortement la fiabilité et l’objectivité des résultats.
Cet article a été réalisé par Africa Check membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
La diaspora ivoirienne est souvent présentée comme une force électorale décisive. Mais en réalité, seuls certains pays organisent effectivement le vote. De quels pays s’agit-il, et que représentent-ils dans l’électorat ?
Selon les dernières estimations de l’OCDE (2022), près d’un 1,15 millions d’Ivoiriens vivent hors du territoire national, principalement en Europe, en Amérique du Nord et dans les pays d’Afrique de l’Ouest.
Cartographie des votants de la diaspora
L’organisation pratique du scrutin à l’extérieur incombe à la Commission Électorale Indépendante (CEI), en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, comme le stipule le décret No 2025-651 du 30 juillet 2025 fixant les modalités de vote des Ivoiriens de l’étranger pour l’élection présidentielle de 2025. Selon le décret, la CEI peut ouvrir des bureaux de vote dans tout pays disposant d’une représentation diplomatique de la Côte d’Ivoire ou ne l’ayant pas, avec l’assentiment du pays d’accueil.
Lors du scrutin présidentiel de 2020, la CEI a ouvert des bureaux de vote dans 19 pays. Ces pays regroupent la majorité des ressortissants ivoiriens inscrits à l’étranger. Dans cette veine, les Commissions électorales des représentations diplomatiques (CERD), sont choisies sur « la base de la forte représentativité de la population ivoirienne y résidant ».
Représentativité de la diaspora dans le nombre total de votants
Lors de la présidentielle d’octobre 2020, la Commission électorale indépendante estimait à environ 7 495 082 le nombre total d’inscrits sur la liste électorale. Le nombre de votants établi dans la diaspora était évalué à 97 669 personnes (soit 1,3 % du total des inscrits), dont 56 940 hommes (58,3 %) et 40 729 femmes (41,7 %).
Cette proportion d’électeurs contraste avec le poids démographique de la diaspora, évaluée à près de 1,2 million de personnes (selon l’OCDE) réparties principalement entre la France, les États-Unis, le Mali, le Burkina Faso, le Ghana et le Maroc. En comparaison, l’électorat national concentrait la quasi-totalité des électeurs (7 397 413 participants).
Pour la présidentielle d’octobre 2025, ces chiffres ont connu une légère hausse. Selon la Commission électorale indépendante, il y a 11 906 lieux de vote, soit 11 835 en Côte d’Ivoire et 71 à l’étranger.
En ce qui concerne les bureaux de vote, la CEI a pu en déployer 25 678 soit 25 370 en Côte d’Ivoire et 308 à l’étranger dans 18 Commissions électorales de la représentation diplomatique (CERD). Le nombre total d’électeurs s’élève à 8 727 431 dont 120 178 (soit 1,37 %) au niveau de la diaspora.
La cartographie des bureaux ouverts à l’extérieur dans le cadre de cette élection présidentielle se compose comme suit :
En Afrique
Amérique
Europe
D’éventuels obstacles à la participation de la diaspora
Une vidéo publiée sur YouTube le 18 octobre 2025 par l’agence de presse Alerte Info sur les élections présidentielles, fait remarquer que la diaspora vivant en France précisément à Lyon n’est pas galvanisée pour le vote. Le reportage explique que ce manque d’engouement est notamment causé par « la complexité de l’inscription sur les listes électorales consulaires, la nécessité de disposer d’une carte nationale d’identité ou d’un passeport en cours de validité, ainsi que les difficultés logistiques pour se rendre aux rares bureaux de vote ouverts, souvent situés dans les capitales seulement ».
Toujours selon le reportage d’Alerte Info, pour de nombreux expatriés, le vote est perçu comme une démarche complexe et coûteuse. Par conséquent, certains renoncent par découragement, d’autres ignorent simplement les modalités d’inscription.
Interrogée par la Coalition Anti Dohi, Marguerite Yoli Bi, Commissaire centrale à la CEI, a expliqué que « le décalage horaire, le déploiement et repliement du matériel par la logistique pour la sécurisation des urnes, la formation du personnel, la sécurisation des urnes et la remontée des résultats constituent autant d’étapes sensibles et des défis majeurs ». Toutefois, a-t-elle poursuivi, « la CEI adopte les mêmes critères de sécurité à l’extérieur qu’en Côte d’Ivoire en collaboration avec les autorités du pays hôte ».
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Abidjan Fact Check membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
Une comparaison d’un communiqué authentique du PDCI-RDA et celui que nous vérifions dans cet article prouve qu’il s’agit d’un faux document. De plus, face à la persistance des rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux, les instances du PDCI-RDA ont démenti avoir publié ce communiqué.
Une publication (archivée ici) qui circule sur Facebook et qui a été massivement partagée dans des groupes WhatsApp en Côte d’Ivoire ce vendredi 24 octobre 2025 fait croire que le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a publié un communiqué se désengageant des récentes manifestations en Côte d’Ivoire.
« Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) tient à informer l’opinion nationale et internationale qu’il ne se reconnaît plus dans la dynamique actuelle de désobéissance civile ni dans certaines orientations récemment adoptées au sein du front commun de l’opposition (…) », lit-on en substance dans le texte qui accompagne cette publication. Le même communiqué est partagé sur Facebook par Horizon Rhdp Notre Héritage (archivé ici), Mariam Ouattara (archivé ici) et Fofana Foflebeni (archivé ici).
En comparant un communiqué authentique du PDCI-RDA et celui qui lui a été attribué dans la publication que nous vérifions, la Coalition Anti Dohi a constaté une incohérence au niveau de la police d’écriture. De plus, une observation d’anciens communiqués publiés par le PDCI-RDA sur Facebook permet de constater que ce parti politique insère toujours un titre dans ces communiqués officiels comme on peut le voir ici (le 8 octobre 2025) ,ici (le 18 octobre 2025) et ici (le 22 septembre 2025).
Faux communiquéVrai communiqué
Un communiqué fabriqué
Au moment de la mise en dernier communiqué du parti datait du 22 octobre 2025. Il dénonçait « une campagne mensongère et diffamatoire » accusant un de ses cadres d’être « le financier des manifestations de protestation contre le régime RHDP dans la région de l’Agnéby-Tiassa (Agboville) ».
La Coalition Anti Dohi n’a trouvé aucune trace d’un communiqué similaire à celui qui figure dans la publication que nous examinons sur la page Facebook du PDCI-RDA.
En outre, Dr Osman Cherif, cadre du PDCI-RDA, a qualifié sur son compte Facebook le document de “Fake”. Dans sa publication, on peut lire : « C’est un Fake, manifestement fabriqué dans un laboratoire (…) ».
La Coalition Anti Dohi a contacté membre du bureau politique et de la communication du PDCI-RDA. Il a également soutenu que ce communiqué est un faux et ne provient pas de son parti : « C’est une fausse information. Le dernier communiqué du secrétaire exécutif du PDCI-RDA date d’hier. Aujourd’hui, ils n’ont fait aucun communiqué. Un démenti est même en cours de rédaction », a-t-il dit.
En résumé, ce communiqué attribué au PDCI-RDA est un faux.
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Ivoire Check, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
Source : Capture d’écran publication sur compte X (anciennement twitter)
Alors que la tension politique monte à quelques jours du scrutin du 25 octobre 2025, la marche interdite du Front Commun, le 11 octobre 2025, a déclenché une vague de fausses informations sur les réseaux sociaux. Entre images détournées, vidéos sorties de leur contexte et fausses rumeurs, la désinformation – comme on pouvait s’y attendre – vient semer la confusion, mettant à l’épreuve la vigilance des journalistes et des vérificateurs de faits.
Prévue initialement le 4 octobre 2025, la marche du Front commun, regroupant le Parti démocratique de Côte d’Ivoire Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) et le Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI) avait été reportée pour faute d’autorisation. Les organisateurs l’ont reprogrammée pour le 11 octobre 2025, au lendemain du lancement officiel de la campagne pour l’élection du président de la République du 25 octobre 2025. Mais à la veille du rassemblement, un arrêté préfectoral l’a finalement interdite, évoquant des risques de troubles à l’ordre public.
Malgré cette interdiction, des groupes de militants et sympathisants de l’opposition ivoirienne ont tenté de se rassembler dans plusieurs communes de la capitale économique, notamment à Yopougon et à Cocody. Les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser les attroupements, usant, par moments, de gaz lacrymogènes.
Une grande partie de ces contenus sont trompeurs ou sortis de leur contexte d’origine comme le démontrent plusieurs articles de fact-checking (1, 2, 3, 4). Ils illustrent la puissance et la vitesse de circulation de la désinformation en période électorale. Selon ces articles, les images examinées provenaient soit d’anciennes manifestations, soit d’autres pays. Par exemple, une des images a été prise en Côte d’Ivoire en octobre 2020, une autre en Guinée en octobre 2019, et une autre en Haïti en décembre 2010.
Une propagation fulgurante sur fond d’un contexte politique tendu
Si ces fausses informations ont circulé aussi vite, c’est avant tout parce qu’elles ont trouvé un terrain fertile dans un contexte politique tendu, explique Donatien Kangah, enseignant en journalisme à l’ISTC Polytechnique d’Abidjan. Kangah, qui est aussi analyste de la désinformation, signale que « les périodes de crise ou de tension politique sont des terreaux fertiles pour la désinformation. Plus les inquiétudes et les émotions sont fortes, plus les gens sont enclins à croire ce qu’ils voient, surtout en l’absence de communication officielle claire ».
Cette dimension émotionnelle a été déterminante. Selon Mariama Thiam, représentante du Centre for Journalism Innovation and Development (CJID) au Sénégal, « les fake news prospèrent parce qu’elles s’appuient sur nos émotions et sur le biais de confirmation : cette tendance à croire ce qui conforte nos convictions et à rejeter ce qui les contredits ».
Autrement dit, plus une information renforce les convictions d’un groupe politique, plus elle est diffusée rapidement par ce dernier et sans vérification préalable. À cela s’ajoute, la répétition des messages, une technique bien connue dans les campagnes coordonnées de désinformation. « Lorsqu’un citoyen est exposé plusieurs fois à la même rumeur, il finit par y croire », précise Mariama Thiam.
Sur les plateformes, les mêmes vidéos et les mêmes messages circulent, parfois partagés par des comptes identiques, relayant un message uniforme : « répression », « bavures policières », « marche réprimée ».
Un schéma qui ne doit rien au hasard. Selon Cyriac Gbogou, consultant en inclusion numérique, les similitudes répétées entre certaines publications sur les réseaux sociaux suggèrent parfois une diffusion coordonnée plutôt que des publications spontanées.
« Ce n’est pas spontané, ce sont des actions coordonnées », confirme Cyriac Gbogou avant de poursuivre : « Beaucoup de comptes qui publient ces fausses informations ne sont même pas basés en Côte d’Ivoire. Ce sont des profils de la sous-région, souvent relayés par des acteurs locaux qui ajoutent de la crédibilité et attisent les tensions ».
Pour corroborer les observations de Gbogou, plusieurs pages Facebook ayant diffusé les mêmes publications ou images lors de la marche du Front commun du 11 octobre 2025 ont été analysées. Ces pages (1, 2, 3, 4) se distinguent par une activité soutenue autour de sujets politiques régionaux et une forte audience en ligne, parmi lesquelles AES Alerte. D’après les données de transparence de Meta, la page AES Alerte a été créée en 2023 sous le nom Histoire d’Afrique avant d’adopter son nom actuel en juin 2025. Elle est gérée par cinq administrateurs situés dans quatre pays différents : Mali, Cameroun, Côte d’Ivoire et France. Parmi les cinq administrateurs, deux sont localisés au Mali selon les données de transparence de Meta. Cela traduit que la désinformation n’a pas forcément une base locale unique : elle peut être alimentée depuis l’extérieur puis relayée par des comptes locaux qui lui donnent plus de crédibilité.
La page Mali Info Universel a, quant à elle, été créée le 9 janvier 2022 sous le nom Fasso Info. Elle a ensuite changé de nom à plusieurs reprises : Mali Info (août 2022) puis Mali Info Universel (septembre 2024). Ces modifications successives laissent entrevoir une volonté d’élargir ou de redéfinir son champ d’action éditorial. Les données de transparence indiquent qu’elle est administrée par deux personnes localisées au Mali. La page compte environ 193 000 abonnés.
Si rien ne permet de confirmer qu’il s’agit d’une opération coordonnée, certains éléments, notamment la réutilisation d’images déjà diffusées par d’autres comptes dans la sous-région, peuvent suggérer une circulation de contenus au sein d’un écosystème de pages apparentées.
Source : Capture d’écran transparence de la page Mali Info Universal
Concernant la page Mad’s Média, elle a été créée le 28 juillet 2019 sous le nom Guide Ras Bat. Depuis sa création, elle a changé de nom à cinq reprises : le 19 juin 2020, le 28 juin 2020, le 12 juillet 2021, et le 23 juin 2023, où elle a adopté son nom actuel. Selon les données de transparence de Meta, les quatre (4) administrateurs de la page résident au Mali.
Le compte HDR_Info Officiel compte 97 000 abonnés et figure parmi les comptes ayant relayé la même image présentée comme une scène de la manifestation du 11 octobre 2025 à Abidjan. Cependant, les informations de transparence de Meta indiquent que les quatre administrateurs de la page sont également tous basés au Mali.
Source : capture d’écran page facebook
Une campagne de désinformation aux effets concrets sur le climat électoral
Selon Cyriac Gbogbou « toute action de désinformation a toujours pour but d’avoir une influence sur un groupe ». Dans le cas de la marche du 11 octobre, poursuit-il, « il semble s’agir d’effrayer la population, pour qu’elle ne sorte pas. En ce moment, c’est la période pour récupérer les cartes d’électeurs : si les gens ont peur de se déplacer, ils ne voteront pas. C’est une autre forme de boycott, qui crée une psychose collective. »
Ce constat rejoint celui de plusieurs observateurs de la société civile, comme celui du rapport de la National Democratic Institute (NDI), qui note une baisse de confiance envers les médias traditionnels et les sources officielles, au profit de comptes anonymes ou de plateformes communautaires.
« Quand les citoyens cessent de croire aux sources d’autorité, la désinformation gagne toujours. Le danger, c’est que la peur ou la colère deviennent plus puissantes que les faits », analyse Mariama Thiam du CJID.
La viralité de ces contenus s’explique aussi par la logique propre aux algorithmes des réseaux sociaux. Plus une publication suscite de réactions, d’indignations, de peur, de curiosité, plus elle est propulsée dans les fils d’actualité. Résultat, les fausses informations circulent souvent plus vite et plus loin que les démentis ou les articles de vérification des faits.
« Malheureusement, la vérité se déplace plus lentement que le mensonge », regrette Mariama Thiam.
Le défi de restaurer la confiance face à la tempête informationnelle
Face à cette marée de contenus trompeurs, le rôle des journalistes reste crucial. Il est essentiel qu’ils puissent privilégier la vérification rigoureuse de l’information plutôt que la rapidité de publication. Cyriac Gbogbou rappelle que « le travail journalistique ne doit pas se faire dans la précipitation, ni courir derrière le buzz, mais doit venir améliorer l’information : si c’est une fake, donner la bonne information, ou la replacer dans son contexte ».
Cette rigueur, selon lui, suppose une meilleure coordination entre les rédactions, les fact-checkers et les institutions. « Beaucoup de personnes font le même travail, mais elles ne se parlent pas. Il faut une synergie d’action ».
De son côté, Donatien Kangah, enseignant en journalisme et en communication digitale, insiste sur la nécessité d’un travail collectif de pédagogie : « Dans un contexte de crise, les émotions prennent le dessus et l’absence d’informations officielles laisse la place à toutes les rumeurs. Le journaliste doit être le contrepoids de cette agitation, en apportant calme, vérification et autorité ».
Ces propos rappellent une évidence souvent oubliée que lutter contre la désinformation ne consiste pas seulement à corriger les fausses nouvelles, mais à restaurer un lien de confiance entre les médias, les institutions et les citoyens. Dans le cas de la marche interdite du 11 octobre 2025, cette mission prend une dimension particulière, vingt quatre heures d’un scrutin présidentiel où la crédibilité de l’information pèse est essentielle pour la cohésion sociale.
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Ivoire Check, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
La Commission électorale indépendante (CEI) n’a pas appelé les électeurs à ne pas aller voter le 25 octobre 2025. Contrairement à une publication relayée sur les réseaux sociaux notamment Facebook. L’institution électorale a formellement démenti cette rumeur.
Une publication faite sur Facebook ce 23 octobre 2025 par la page CASH Ivoire soutient que la Commission électorale indépendante (CEI) appelle les électeurs à ne pas se rendre aux urnes le samedi pour l’élection du président de la république. « La CEI – ELECTION PRESIDENTIELLE. LE 25 OCTOBRE NE SORTEZ PAS DE CHEZ VOUS – IL N’Y AURA PAS D’ELECTION… (Sic) », lit-on dans le texte qui accompagne cette publication. Le visuel qui est diffusé reprend la charte graphique de l’institution électorale.
Contacté par la Coalition Anti Dohi, la CEI a précisé qu’elle n’est pas à l’origine de cette publication. « Ce visuel a été détourné. Les visuels officiels existent. On a fait un démenti sur notre page Facebook CEI Alerte fakenews », a réagi Inza Kigbafory, son responsable de la communication.
Dans ce démenti, l’organe électoral assure qu’il « n’a jamais publié qu’il n’y aura pas d’élection le 25 octobre 2025 » et « invite chaque électeur à se rendre dans son lieu de vote pour accomplir son devoir de citoyen ».
En effet, la Commission électorale indépendante a lancé, le 10 octobre 2025, une campagne en ligne à travers la publication de plusieurs visuels notamment sur Facebook où elle invite les électeurs aux urnes le 25 octobre 2025.
En outre, jusqu’au moment de la mise en ligne de cet article, aucune annonce officielle relative à une éventuelle annulation ou un report de la présidentielle du 25 octobre n’a été faite par les autorités ivoiriennes.
La campagne électorale pour ce scrutin se termine le 23 octobre 2025 conformément au calendrier électoral.
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition
Une vidéo censée montrer une distribution de cartes électorales frauduleuses à Abidjan circule sur Facebook. Pour certains internautes, cette vidéo est la preuve qu’une vaste fraude se prépare pour la victoire du camp présidentiel. Après vérification et analyse des indices, il s’avère que la vidéo a été prise au Cameroun.
La vidéo, archivée ici, a été publiée sur Facebook et comporte deux indices importants : la date du 15 octobre 2025 et un texte dans le coin inférieur droit sur lequel on lit que « les cartes d’électeurs distribuées à qui le veut en pleine rue d’Abidjan à visage découvert et sans crainte de la police et autres (Sic) ». Dans cette vidéo qui dure quelque quinze secondes, on entend de fortes clameurs au moment où différentes mains éparpillent des cartes sur une grande enveloppe de couleur kaki posée à même le sol.
Les internautes qui commentent la vidéo sont assez partagés. Certains indiquent qu’il s’agit d’une opération de fraude en faveur d’Alassane Ouattara, le président ivoirien sortant et candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). D’autres sont plutôt sceptiques : ils indiquent que la vidéo n’a pas été prise en Côte d’Ivoire. Dans quelques commentaires, le Cameroun est cité comme étant le pays d’origine de la vidéo.
Capture d’écran de la vidéo sur Facebook, effectuée le 24 octobre 2025
Une recherche d’image inversée grâce à l’extension InVID permet de retrouver cette même vidéo partagée par différentes pages et comptes sur Facebook.
Dès le 13 octobre 2025 – soit au lendemain de la présidentielle camerounaise – le compte Facebook Djobero Djoro a partagé la vidéo. Celle-ci, de meilleure qualité que celle évoquant la Côte d’Ivoire, avait cumulé plus d’un million de vues, plus de 700 commentaires et 4000 partages au moment de la mise en ligne de cet article.
« Voilà comment on a appréhendé les fraudeurs au marché mokolo, à lui seul 56 cartes de vote », indique le texte qui accompagne la vidéo partagé par Djobero Djoro. Une recherche par mot-clé avec le groupe de mot « marché mokolo » permet de constater qu’il s’agit d’un vaste marché à ciel ouvert situé à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun.
L’analyse des images permet de constater que les cartes visibles dans les deux vidéos identiques ne correspondent pas à la carte d’électeur de la Côte d’Ivoire. La carte ivoirienne est imprimée sur du papier comme on peut le voir dans ces différentes publications (1, 2, 3). Le code barre de la carte ivoirienne est au recto, avec la photo et l’empreinte digitale. Au verso de la carte se trouvent les armoiries en grand non loin du tableau des scrutins. La couleur dominante de la carte d’électeur ivoirienne se rapproche de la couleur orange au recto et de la couleur verte au verso.
Le recto de la carte d’électeur ivoirienne portant les armoiries (Capture d’écran AIP effectuée le 24 octobre 2025)Opération de retrait des cartes d’électeur, Photo CEI Facebook
Les cartes visibles dans la vidéo ressemblent bien plus à la carte d’électeur camerounaise. Elles sont imprimées sur un support plastique, avec un code barre au verso. Contrairement à la carte ivoirienne, les armoiries du Cameroun sont imprimées au recto et la couleur dominante se rapproche du bleu.
Capture d’écran Facebook d’une carte d’électeur au Cameroun, effectuée le 24 octobre 2025
La Commission électorale indépendante (CEI) de Côte d’Ivoire a indiqué sur sa page Facebook de lutte contre la désinformation (CEI Alerte fakenews) que sur cette vidéo, « il ne s’agit pas des cartes d’électeur de Côte d’Ivoire », invitant « chaque électeur à se rendre dans son lieu de vote pour retirer sa carte ».
La vidéo supposée montrer la distribution de cartes d’électeurs ivoiriennes circule dans un contexte électoral tendu en Côte d’Ivoire et un contexte post-électoral au Cameroun marqué par des contestations. L’élection présidentielle camerounaise a eu lieu le 12 octobre 2025. Les résultats provisoires ont été annoncés par la Commission nationale de recensement des votes le 22 octobre 2025, indiquant la réélection de Paul Biya avec 53,66 % des suffrages. Un opposant, Issa Tchiroma Bakary, a revendiqué la victoire avant l’annonce des résultats officiels, publiant des procès-verbaux qui lui donnaient l’avantage.
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
Une femme âgée dans le village de Blockhauss, à Abidjan, en novembre 2023. ISSOUF SANOGO / AFP
Des responsables du parti PDCI-RDA, en l’occurrence Tidjane Thiam et Dr Estelle Gisèle Kabrang ont déclaré que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans. Ce chiffre est caduc, car les données disponibles les plus récentes montrent que l’espérance de vie a évolué.
Azil Momar Lô, Africa Check
Dans le contexte de l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, des cadres du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain) ont à plusieurs reprises déclaré que « l’espérance de vie est de 59 ans » en Côte d’Ivoire.
C’est le cas de Dr Estelle Gisèle Kabrang qui l’a affirmé au cours de l’émission Autrement politique partagée sur la chaîne YouTube PDCI TV le 17 août 2025. Cette cadre du PDCI-RDA est la 3e adjointe au maire de la commune de Ouellé et Présidente de l’Union des femmes du PDCI-Urbaine du département de Ouellé.
Nous avons adressé des questions à Dr Estelle Gisèle Kabrang pour connaître la source de cette statistique. Mais jusqu’à la mise en ligne de cet article, nos messages n’ont pas reçu de réponse. Cet article sera actualisé si nous recevons des précisions dans ce sens.
En revanche, à travers des recherches sur internet, nous avons retrouvé une déclaration similaire faite par le président du PDCI-RDA Tidjane Thiam le 31 mars 2025 : au cours d’ une interview accordée à TV5 Monde, Thiam a affirmé que « l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans selon la Banque mondiale ». Par la suite, plusieurs médias ivoiriens et internationaux se sont fait l’écho de cette déclaration de Thiam qui avait alimentédes débats et controverses autour de l’espérance de vie en Côte d’Ivoire.
Tidjane Thiam, invité du journal Afrique sur TV5 Monde en mars 2025. (Capture d’écran)
De plus, le 5 septembre 2025, au cours d’une interview en anglais avec la célèbre société médiatique et financière américaine Bloomberg, Tidjane Thiam a de nouveau réitéré que l’espérance de vie se situe à 59 ans en Côte d’Ivoire, cette fois-ci en donnant comme année de référence 2022. « Je n’accepte pas que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire soit de près de 59 ans en 2022. J’en ai honte. Je me bats vraiment pour que les gens aient une vie décente », a-t-il affirmé. Sa déclaration a par la suite été reprise sur les réseaux sociaux.
Thiam a été exclu de la course à la présidentielle ivoirienne prévue en octobre 2025 à la suite d’une décision de justice. Le tribunal de première instance du Plateau à Abidjan a ordonné sa radiation de la liste électorale, estimant n’était plus Ivoirien au moment de son inscription en 2022. Cette décision, survenue à six mois du scrutin, a été contestée par Thiam et son parti, qui ont dénoncé une manœuvre politique.
Une donnée peu probante
Nos recherches documentaires ont permis de retrouver en ligne des références à une espérance de vie de 59 ans en Côte d’Ivoire, comme évoqué par des responsables du PDCI-RDA.
La plateforme statistique Statista indique, pour les années 2019 et 2020, une espérance de vie de 59 ans pour la Côte d’Ivoire. Cette même statistique pour le pays est aussi donnée par l’Université de Sherbrooke, au Canada.
Cyrille Gnalega est démographe-statisticien ivoirien travaillant à l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF) de Côte d’Ivoire. Il a confirmé à la Coalition Anti Dohi que l’espérance de vie « a dépassé 59 % en Côte d’Ivoire » étant donné que cette donnée était déjà à « environ 61% en 2021 », d’après l’Agence nationale de la statistique (ANStat) de Côte d’Ivoire.
Selon Gnalega, en 2014, année où l’avant dernier Recensement général de de la population de Côte d’Ivoire (RGPH 2014) a été réalisé, l’espérance de vie était en deçà de 59 ans (NDLR: le RGPH 2014 le confirme, avec une espérance de vie à la naissance estimée à 55,8 ans en 2014).
Que disent les données les plus récentes sur l’espérance de vie en Côte d’Ivoire ?
En effet, comme l’a signifié Cyrille Gnalega, d’après le dernier Recensement général de la population de Côte d’Ivoire réalisé en 2021 (RGPH 2021), piloté par l’ANStat, l’espérance de vie se situait à 61,2% cette année-là.
Selon les dernières données de la Banque mondiale datant de 2023, l’espérance de vie à la naissance est de 62 ans en Côte d’Ivoire pour les années 2022 et 2023.
L’ANStat précise sur son site internet qu’en 2025, l’espérance de vie est de 62,6 ans. Ce chiffre était de 62,3 en 2024.
Dans le détail, l’historique de l’espérance de vie au cours des dix dernières années s’établit comme suit, selon un document téléchargeable sur le site de l’ANStat.
Facteurs explicatifs de l’évolution de l’espérance de vie en Côte d’Ivoire
Cyrille Gnalega rappelle qu’en 2014, lorsque l’espérance de vie en Côte d’Ivoire était estimée à 59 ans ou moins (d’après les données de l’ANStat), le pays sortait tout juste d’une période de crise.
NB : De fin 2010 à avril 2011, l’élection de l’actuel président, Alassane Ouattara, alors contestée par son rival Laurent Gbagbo, avait plongé le pays dans une violente crise postélectorale qui avait secoué le pays, occasionnant d’importants troubles et quelque 3000 morts.
Le démographe-statisticien ajoute que vers les années 2014, à cause des nombreux décès liés à la crise, les infrastructures « n’étaient pas le champ d’action des dirigeants qui étaient plus focalisés sur la gestion de la crise. Beaucoup d’actions ont été mises en stand-by ». Donc, les conditions n’étaient pas favorables à l’accroissement considérable de l’espérance de vie. Toutefois, explique Gnalega, « en 2021, la crise étant finie, les dirigeants ont eu plus de temps de pouvoir se consacrer à tout ce qui est infrastructures de santé ».
Par exemple, détaille-t-il, de nouveaux hôpitaux ont été construits et il y a également eu un regain d’activités économiques. Conséquemment, beaucoup d’indicateurs se sont améliorés, selon lui.
L’expert a par ailleurs évoqué la possibilité d’une baisse au niveau d’autres indicateurs clés tels que la prévalence du VIH Sida et du paludisme en Côte d’Ivoire. Les données disponibles confirment en effet une tendance baissière de ces deux indicateurs en Côte d’Ivoire.
Pour le paludisme, des chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) repris par la Banque mondiale rapportent l’incidence du paludisme (pour 1 000 personnes) pour la Côte d’Ivoire. Cette incidence était de 457,8 /1000 en 2010, contre 278,3/1000 en 2020, et 266,4/1000 en 2022. Selon le Programme national de lutte contre le paludisme en Côte d’Ivoire, la mortalité liée au paludisme a connu globalement une baisse sur la période 2016-2019 avec 3 340 décès enregistrés en 2016 contre 3 104 en 2019.
Conclusion : la déclaration selon laquelle l’espérance de vie est de 59 ans en Côte d’Ivoire est incorrecte
Des responsables du PDCI-RDA, notamment Tidjane Thiam et Dr Estelle Gisèle Kabrang, ont affirmé que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans. Dr Kabrang n’a pas précisé la source de cette donnée malgré nos sollicitations. De son côté, Tidjane Thiam a cité la Banque mondiale comme source lors de deux interventions médiatiques distinctes, en se référant à l’année 2022.
Les chiffres les plus récents de l’Agence nationale de statistique (ANStat) indiquent une espérance de vie à la naissance de 61,7 ans en 2022 et de 62,6 ans en 2025. Ces données officielles, plus actuelles et précises, sont nettement supérieures aux 59 ans avancés par les cadres du PDCI-RDA.
En conséquence, la déclaration selon laquelle l’espérance de vie est de 59 ans en Côte d’Ivoire est incorrecte.