FIMI et élections en Côte d’Ivoire : comment l’information devient un enjeu démocratique

Quand la manipulation de l’information cherche à influencer les choix citoyens

À l’approche d’une élection, la bataille politique ne se déroule plus uniquement dans les meetings, les médias traditionnels ou les urnes. Elle se joue aussi sur les téléphones portables, dans les groupes WhatsApp, sur Facebook, TikTok, X et sur les plateformes d’information en ligne.

Faux résultats, communiqués fabriqués, sondages présentés sans contexte, images anciennes recyclées, vidéos manipulées, comptes coordonnés : l’espace informationnel peut devenir un terrain de confrontation susceptible d’influencer la perception des citoyens.

En Côte d’Ivoire, la présidentielle du 25 octobre 2025 a fourni plusieurs exemples concrets de ces risques. À la veille du scrutin, de prétendus « résultats provisoires par régions » ont ainsi été publiés sur une plateforme numérique avant même la tenue du vote. La Commission électorale indépendante (CEI) a immédiatement précisé qu’elle n’était associée ni de près ni de loin à cette publication et rappelé qu’elle était l’unique autorité habilitée à communiquer les résultats provisoires issus des bureaux de vote.

Cet épisode permet de comprendre pourquoi l’intégrité de l’information est devenue une composante essentielle de l’intégrité électorale.

Pourquoi les périodes électorales sont-elles particulièrement sensibles ?

Une élection est une période pendant laquelle les citoyens doivent prendre une décision politique à partir des informations dont ils disposent : programmes des candidats, déclarations publiques, bilan des gouvernants, organisation du scrutin, règles électorales ou encore résultats.

La qualité de l’information disponible peut donc avoir une influence sur la compréhension du processus et sur les choix des électeurs.

Le contexte électoral réunit également plusieurs caractéristiques favorables à la propagation de contenus trompeurs : forte demande d’information, compétition politique, polarisation, multiplication des prises de parole, émotions fortes et accélération de la circulation des contenus sur les réseaux sociaux.

L’UNESCO souligne que l’intégrité de l’information revêt une importance particulière pendant les élections, qui constituent des moments déterminants dans la vie d’un pays et peuvent avoir des conséquences sur la paix, la sécurité et l’économie. Elle attire notamment l’attention sur les risques liés aux services de messagerie et aux faux contenus audio et vidéo.

La vitesse de circulation constitue un autre défi. Une fausse information publiée quelques heures avant un scrutin peut atteindre des milliers de personnes avant qu’une institution, un média ou une organisation de fact-checking ait eu le temps de la vérifier.

Des fausses informations aux opérations FIMI

 

 

 

 

 

Source : CIDDH

Il faut toutefois éviter une confusion importante : toute désinformation électorale n’est pas automatiquement une opération FIMI.

Les FIMI — Foreign Information Manipulation and Interference, ou manipulation de l’information et ingérence étrangère — supposent notamment de s’intéresser au comportement des acteurs, à la coordination de leurs actions, à leurs objectifs et, dans le cas d’une ingérence étrangère, à l’implication d’acteurs liés à l’extérieur du pays.

Une publication fausse, à elle seule, ne permet donc pas d’affirmer qu’une puissance étrangère conduit une opération d’ingérence.

L’analyse doit chercher des indices : plusieurs comptes agissent-ils de manière coordonnée ? Un même narratif est-il amplifié simultanément sur différentes plateformes ? Quelle est l’origine du contenu ? Quels acteurs le diffusent ? Qui bénéficie de cette opération ?

Cette distinction est essentielle pour éviter de transformer chaque rumeur électorale en accusation d’ingérence étrangère sans preuve.

  1. Les faux résultats : créer un fait avant le vote

Les résultats électoraux constituent une cible particulièrement sensible.

Le 24 octobre 2025, soit la veille de la présidentielle ivoirienne, des données présentées comme des « résultats provisoires par régions » ont été publiées en ligne. Le problème était évident : le scrutin devait avoir lieu le lendemain.

La CEI a réagi officiellement le jour même, en indiquant que ces données ne l’engageaient pas et qu’elles ne pouvaient constituer les résultats d’une élection qui n’avait pas encore eu lieu.

Africa Check a documenté l’épisode et indiqué que la plateforme concernée avait expliqué par la suite qu’il s’agissait d’une erreur d’affichage liée à des essais internes.

Mais, entre-temps, ces données avaient circulé sur les réseaux sociaux et alimenté des interprétations présentant notamment l’incident comme la preuve que les résultats auraient été déterminés à l’avance.

L’épisode illustre un mécanisme important de la désinformation électorale : une information erronée peut continuer à alimenter des narratifs trompeurs même après avoir été corrigée.

Pour savoir comment les résultats sont réellement comptés et publiés en Côte d’Ivoire, une fiche d’information réalisée par la Cellule Anti Fake News  explique notamment le dépouillement, les procès-verbaux et le processus de publication officielle.

  1. Les fausses annonces attribuées aux institutions

Une autre technique consiste à fabriquer un message et à l’attribuer à une institution reconnue.

Le logo, les couleurs, la signature ou la présentation graphique d’une institution peuvent donner au faux document une apparence d’authenticité.

Un cas particulièrement révélateur a été observé juste avant la présidentielle de 2025. Une publication diffusée sur Facebook prétendait que la CEI demandait aux Ivoiriens de ne pas se rendre aux urnes le 25 octobre et annonçait qu’il n’y aurait pas d’élection.

Cette affirmation était fausse. La CEI l’a démentie sur sa page Facebook CEI Alerte fakenews .

Capture de la page facebook

Dans une période électorale, une telle fabrication peut avoir des conséquences directes : décourager certains électeurs, provoquer de la confusion sur le calendrier ou affaiblir la confiance dans l’institution électorale.

La première question à poser devant un communiqué électoral reçu sur WhatsApp ou Facebook devrait donc être :

« Ce document est-il réellement publié sur les canaux officiels de l’institution ? »

Consulter les communiqués officiels de la CEI

  1. Faux communiqués et usurpation de personnalités politiques

Les institutions ne sont pas les seules cibles.

Pendant la présidentielle de 2025, les structures de factchecking ont recensé plusieurs faux communiqués ou déclarations attribués à des acteurs politiques.

Ces fabrications peuvent servir plusieurs objectifs : attribuer une position à un adversaire, créer une controverse artificielle, provoquer des réactions politiques ou médiatiques et installer le doute sur l’authenticité des communications officielles.

Lorsque les faux documents deviennent nombreux, le problème dépasse chaque publication prise individuellement : même les vrais communiqués peuvent finir par être accueillis avec suspicion.

  1. Images et vidéos : le vrai utilisé pour raconter le faux

Manipuler l’information ne signifie pas nécessairement fabriquer une image de toutes pièces.

Une technique beaucoup plus simple consiste à prendre :

  • une ancienne vidéo ;
  • une photographie provenant d’un autre pays ;
  • un extrait sorti de son contexte ;
  • une véritable déclaration coupée ;
  • ou un ancien reportage ;

puis à lui attribuer une nouvelle signification.

Africa Check a par exemple documenté, dans le contexte de la présidentielle ivoirienne de 2025, un montage utilisant un ancien reportage de RFI datant de 2021 pour faire croire à une rencontre politique intervenue après l’annonce des résultats provisoires de 2025. RFI a indiqué que son logo avait été usurpé.

Le contenu original pouvait donc être réel tandis que le contexte qui lui était attribué était faux.

L’arrivée de l’intelligence artificielle ajoute une difficulté supplémentaire. Des images, voix et vidéos synthétiques peuvent désormais être produites ou modifiées. L’UNESCO souligne que les faux contenus audio et visuels représentent un enjeu particulier pendant les périodes électorales, notamment parce qu’ils peuvent être difficiles à détecter.

  1. Les sondages : des chiffres qui peuvent influencer les perceptions

Les sondages donnent une apparence scientifique particulièrement persuasive à une publication : chiffres, graphiques, pourcentages, classements.

Mais un sondage ne doit pas être évalué uniquement à partir de ses résultats.

Il faut notamment demander :

Qui l’a commandé ? Qui l’a réalisé ? Quand ? Sur quel échantillon ? Comment les personnes ont-elles été sélectionnées ? Quelles questions leur ont été posées ?

Le sujet a été particulièrement sensible en Côte d’Ivoire en 2025.

Le 7 octobre 2025, la CEI a rappelé qu’en application de l’article 39 du Code électoral, la publication ou la diffusion d’estimations de vote ou de résultats de sondages était interdite à compter de la publication de la liste électorale définitive.

Lire le communiqué de la CEI sur les sondages et estimations de vote

  1. Discréditer un candidat, un média ou une institution

Une opération de manipulation ne cherche pas nécessairement à faire croire à une seule fausse information.

Elle peut chercher à construire progressivement un narratif.

Par exemple :

« Les médias mentent. »
« L’institution électorale cache quelque chose. »
« Les résultats sont déjà décidés. »
« Aucun document officiel n’est fiable. »

Des publications différentes peuvent alors renforcer le même récit.

Cette stratégie est particulièrement problématique lorsqu’elle vise la confiance. Une succession de faux communiqués, de faux résultats et de contenus attribués à tort à des médias peut progressivement rendre difficile, pour le citoyen, la distinction entre une information authentique et une fabrication.

L’UNESCO considère plus largement que la désinformation et les campagnes affectant l’intégrité électorale peuvent éroder la confiance du public et fragiliser des valeurs démocratiques essentielles.

  1. Amplifier artificiellement les discours conflictuels

Sur les réseaux sociaux, la visibilité apparente d’un message ne signifie pas nécessairement qu’il bénéficie d’un soutien spontané.

Des réseaux de comptes peuvent être utilisés pour :

  • publier simultanément le même message ;
  • répéter un hashtag ;
  • commenter massivement une publication ;
  • attaquer une personnalité ;
  • faire remonter artificiellement un sujet ;
  • donner l’impression qu’une opinion est majoritaire.

Dans une logique FIMI, l’enjeu n’est donc pas seulement ce qui est dit, mais également comment le contenu circule.

Un analyste doit examiner les comportements : rythme de publication, création récente des comptes, répétition des mêmes formulations, coordination temporelle ou circulation du même narratif entre plusieurs plateformes.

L’existence d’une coordination n’établit toutefois pas automatiquement une ingérence étrangère. L’attribution exige des éléments supplémentaires permettant d’identifier les acteurs et leurs liens.

La confusion peut être un objectif en soi

Une opération FIMI ne cherche pas toujours à convaincre les citoyens d’une vérité alternative.

Elle peut chercher à produire suffisamment de versions contradictoires pour rendre la réalité difficile à distinguer.

« Qui dit vrai ? »
« Les résultats sont-ils authentiques ? »
« Ce communiqué est-il réel ? »
« Cette vidéo est-elle récente ? »

Lorsque ces questions deviennent permanentes et que toutes les sources sont mises sur le même plan, un autre effet apparaît : la fatigue informationnelle.

Le citoyen peut finir par conclure :

« On ne peut plus croire personne. »

C’est précisément pourquoi la confusion elle-même peut devenir un résultat recherché par une opération de manipulation.

Quel impact sur la confiance démocratique ?

La démocratie suppose que les citoyens puissent accéder à une information suffisamment fiable pour se forger une opinion et exercer leurs droits.

La désinformation électorale peut fragiliser cette capacité en affectant simultanément la confiance envers les candidats, les médias, l’administration électorale et parfois le processus électoral lui-même.

L’UNESCO rappelle que l’Internet et les réseaux sociaux offrent des possibilités considérables d’accès et de circulation de l’information, mais que la désinformation et d’autres pratiques nuisibles peuvent également affecter gravement les processus électoraux.

Le danger n’est donc pas seulement qu’un électeur croie momentanément une fausse publication. Le risque plus profond apparaît lorsque l’écosystème informationnel devient tellement pollué que le citoyen ne sait plus quelles sources utiliser pour prendre une décision éclairée.

Comment se protéger pendant une élection ?

Avant de partager une information électorale, quelques réflexes peuvent réduire considérablement le risque :

  1. Identifier la source originale, plutôt que la personne qui a simplement transféré le message.
  2. Vérifier la date et le contexte, notamment pour les images et vidéos.
  3. Consulter directement la CEI pour les informations relatives au processus et aux résultats électoraux.
  4. Rechercher plusieurs sources journalistiques indépendantes.
  5. Vérifier les images à l’aide d’une recherche inversée.
  6. Se méfier des messages jouant fortement sur la peur, la colère ou l’urgence.
  7. Ne pas considérer la viralité comme une preuve.
  8. Suspendre le partage lorsque l’information ne peut pas être confirmée.

Pour les résultats électoraux, le site officiel de la CEI met directement à disposition les résultats des différents scrutins, dont ceux de la présidentielle de 2025.

Consulter les résultats électoraux officiels de la CEI

L’information est désormais une composante du processus électoral

La présidentielle ivoirienne de 2025 a montré concrètement que la protection d’une élection ne concerne plus uniquement les urnes, les bulletins et les bureaux de vote. Elle concerne également l’environnement dans lequel les citoyens reçoivent, interprètent et partagent l’information.

Les faux résultats publiés avant le scrutin, les faux communiqués, les rumeurs attribuées à la CEI et le recyclage de contenus médiatiques montrent que la manipulation peut intervenir à différentes étapes du processus.

Mais il faut également éviter l’excès inverse : qualifier trop rapidement de FIMI toute fausse information politique. Documenter une ingérence étrangère demande de rechercher les acteurs, leurs comportements, leurs liens, leurs méthodes de coordination et leurs objectifs.

La protection de l’intégrité électorale passe donc aussi par une compétence citoyenne devenue fondamentale : savoir distinguer une information vérifiée d’une affirmation, une erreur d’une manipulation et une rumeur locale d’une véritable opération coordonnée d’ingérence informationnelle.

En période électorale, vérifier avant de partager n’est pas seulement un réflexe numérique : c’est une contribution à l’intégrité du débat démocratique.

…………………………………….

Cet article a été rédigé par Kaberu TAIRU, Consultant en Fact-checking. Il a été édité et validé dans le cadre du projet de lutte contre les manipulations de l’information et les ingérences étrangères (FIMI), mis en œuvre en Côte d’Ivoire par le CIDDH avec l’appui d’International IDEA.

Côte d’Ivoire : le CAFN lance « Santé Mentale pour Tous » au GBAIRÊ LAB

Le Centre d’Appui à la Fiabilité de l’Information et au Numérique (CAFN) a officiellement lancé, vendredi 28 août 2026 au GBAIRÊ LAB à Yopougon, son programme « Santé Mentale pour Tous ». Cette initiative entend créer un cadre régulier d’information, de sensibilisation, de prévention et d’orientation autour de la santé mentale et du bien-être, notamment auprès des jeunes.

Le GBAIRÊ LAB a accueilli, le vendredi 28 août 2026, le lancement officiel du programme « Santé Mentale pour Tous », une initiative portée par le Centre d’Appui à la Fiabilité de l’Information et au Numérique (CAFN).

Organisée autour du thème « Santé mentale et bien-être à l’ère du numérique : informer, prévenir et agir ensemble », la rencontre a réuni des professionnels, représentants d’institutions, organisations de la société civile, acteurs de jeunesse et participants autour des enjeux liés à la santé mentale et au bien-être.

Le lancement a notamment enregistré la participation de représentants du Programme National de Santé Mentale, du Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale, de KL Coaching, de l’Agence Emploi Jeunes (AEJ) de Yopougon, du Conseil Communal des Jeunes de Yopougon (CCJY) et du Réseau des Jeunes pour les ODD en Côte d’Ivoire.

Informer, prévenir et orienter

À travers « Santé Mentale pour Tous », le CAFN souhaite contribuer à améliorer l’accès des communautés à une information compréhensible et fiable sur les questions liées à la santé mentale et au bien-être.

L’initiative repose ainsi sur trois principaux leviers : Informer – Prévenir – Orienter.

Informer, pour permettre aux populations de mieux comprendre les questions relatives à la santé mentale et de disposer d’informations fiables.

Prévenir, en contribuant à déconstruire les préjugés et les idées reçues et en favorisant des comportements attentifs au bien-être.

Orienter, enfin, afin de mieux faire connaître les professionnels, ressources et structures compétents vers lesquels les personnes peuvent se tourner lorsque cela est nécessaire.

Le programme s’inscrit dans une démarche d’information, d’éducation et d’orientation. Les activités proposées par le CAFN et le GBAIRÊ LAB ne remplacent donc pas les consultations médicales ou psychologiques.

Santé mentale et environnement numérique au cœur des échanges

Le lancement a également permis de mettre en discussion la place croissante du numérique dans la vie quotidienne et ses liens avec le bien-être.

Réseaux sociaux, circulation rapide de conseils non vérifiés, désinformation, pressions sociales ou encore difficulté à identifier des sources fiables sont autant de problématiques qui justifient l’implication du CAFN sur cette question.

En tant qu’organisation engagée dans la fiabilité de l’information, le fact-checking, l’éducation aux médias et à l’information et l’inclusion numérique, le CAFN entend notamment apporter son expertise sur la dimension informationnelle de la santé mentale.

L’objectif est de favoriser de meilleurs réflexes face aux contenus rencontrés en ligne, tout en encourageant le recours aux professionnels compétents pour les questions nécessitant une prise en charge spécialisée.

Donner aussi la parole aux jeunes

La cérémonie a accordé une place importante à l’expression et aux préoccupations des jeunes.

À travers notamment la séquence « Parole aux jeunes », le programme entend partir des perceptions, interrogations et besoins d’information des premiers concernés pour nourrir les échanges avec les professionnels et les acteurs institutionnels.

Cette approche vise également à encourager une parole plus ouverte sur le bien-être et à contribuer progressivement à déconstruire les préjugés qui entourent encore les questions de santé mentale.

Huit ateliers prévus jusqu’en décembre

Le lancement du 28 août constitue le point de départ d’un programme qui se poursuivra au GBAIRÊ LAB de septembre à décembre 2026.

Huit ateliers thématiques sont programmés autour de sujets directement liés aux réalités des communautés :

– santé mentale et réussite scolaire, universitaire et professionnelle ;
– santé mentale et lutte contre les préjugés ;
– stress, émotions et stratégies d’adaptation ;
– équilibre entre vie professionnelle, associative et personnelle ;
– santé mentale des bénévoles, journalistes et acteurs communautaires ;
– désinformation, méfiance numérique et confiance sociale ;
– construction d’une communauté bienveillante et promotion du bien-être collectif ;
– prévention, orientation et accès aux ressources en santé mentale.

Le programme ne se limitera pas aux rencontres physiques. Des micro-trottoirs, podcasts, contenus de sensibilisation et campagnes numériques permettront également de prolonger les échanges auprès d’un public plus large.

Une dynamique ouverte aux partenaires

À travers « Santé Mentale pour Tous », le CAFN souhaite également favoriser la collaboration entre professionnels de santé, institutions publiques, organisations de jeunesse et de la société civile, médias, acteurs du numérique, entreprises et partenaires au développement.

Le GBAIRÊ LAB, tiers-lieu d’innovation, d’information et d’impact du CAFN à Yopougon, servira de cadre aux différentes activités.

Le lancement du programme constitue ainsi une première étape vers la construction d’une dynamique communautaire durable autour de la santé mentale, du bien-être et de l’accès à une information fiable.

« Santé Mentale pour Tous » poursuit une ambition simple : mieux informer pour mieux prévenir et mieux orienter.

Prochains rendez-vous

Les ateliers du programme se dérouleront au GBAIRÊ LAB, à Yopougon Siporex, de septembre à décembre 2026.

Les informations relatives aux inscriptions et aux différentes sessions seront communiquées progressivement sur les plateformes numériques du CAFN et de la Cellule Anti Fake News.

Santé Mentale pour Tous
INFORMER • PRÉVENIR • ORIENTER

FIMI en Côte d’Ivoire : comprendre les manipulations de l’information et les ingérences étrangères

Comprendre le phénomène avant de savoir y répondre

Dans un monde où l’information circule rapidement grâce aux réseaux sociaux et aux plateformes numériques, la capacité à distinguer les informations fiables des contenus trompeurs devient un enjeu majeur.

Aujourd’hui, les sociétés ne font pas seulement face à la circulation de fausses informations isolées. Elles sont également confrontées à des stratégies plus complexes visant à influencer les perceptions, fragiliser la confiance dans les institutions ou perturber le débat public.

C’est dans ce contexte qu’apparaît le concept de FIMI (Foreign Information Manipulation and Interference), traduit en français par manipulation de l’information et ingérence étrangère.

En Côte d’Ivoire, comme dans plusieurs pays africains, la transformation rapide de l’écosystème numérique, l’importance croissante des réseaux sociaux dans la circulation de l’information et les enjeux liés aux périodes électorales rendent nécessaire une meilleure compréhension de ces phénomènes.

  1. Qu’est-ce qu’une FIMI ?

La FIMI désigne des actions organisées visant à manipuler l’environnement informationnel d’un pays afin d’influencer les perceptions, les comportements ou les processus de décision.

Elle implique généralement l’intervention d’un acteur étranger ou d’un réseau lié à un acteur extérieur qui cherche à atteindre un objectif stratégique à travers l’information.

Contrairement à une simple erreur ou à une rumeur spontanée, une opération FIMI repose souvent sur :

  • une intention précise ;
  • une stratégie organisée ;
  • des méthodes coordonnées ;
  • l’utilisation de différents canaux de diffusion ;
  • une volonté d’influencer un public ciblé.

Une opération FIMI peut utiliser des contenus vrais, faux ou sortis de leur contexte. Son objectif n’est pas uniquement de faire croire à une information fausse, mais parfois de créer de la confusion, de renforcer des divisions ou de réduire la confiance envers certaines institutions ou acteurs.

À retenir : Une FIMI ne cherche pas seulement à diffuser une fausse information ; elle cherche à influencer un environnement informationnel.

  1. Quelle différence entre FIMI, fake news et désinformation ?

Source : CIDDH

Les termes « fake news », « désinformation » et « FIMI » sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais ils désignent des réalités différentes.

La fausse information (fake news)

L’expression « fake news » est couramment utilisée pour désigner un contenu présenté comme une information mais qui contient des éléments faux ou trompeurs.

Cependant, ce terme peut être imprécis, car toutes les informations fausses ne répondent pas au même objectif.

La mésinformation

La mésinformation correspond à une information fausse ou inexacte partagée sans intention de nuire.

Exemple : Une personne partage une ancienne image en pensant sincèrement qu’elle correspond à un événement récent.

La désinformation

La désinformation désigne la création ou la diffusion volontaire d’une information fausse ou trompeuse dans le but d’induire un public en erreur.

Exemple : Créer volontairement une fausse publication attribuée à une institution pour influencer l’opinion publique.

La FIMI

La FIMI va au-delà d’un simple contenu trompeur.

Elle correspond à une opération structurée de manipulation de l’information, souvent menée ou soutenue par des acteurs étrangers, visant à influencer un environnement informationnel.

Exemple simplifié :

  • Une personne partage une fausse information par erreur → mésinformation.
  • Un individu invente volontairement une fausse information → désinformation.
  • Un réseau organisé crée et diffuse plusieurs contenus trompeurs pour influencer un débat public dans un autre pays → FIMI.

Message clé : Toutes les FIMI utilisent des techniques de désinformation, mais toute désinformation n’est pas une FIMI.

  1. Comment fonctionnent les opérations FIMI ?

Source : CIDDH

Les opérations FIMI suivent souvent plusieurs étapes.

Identifier des sujets sensibles

Les acteurs manipulateurs exploitent généralement des thèmes qui suscitent déjà des débats ou des émotions fortes :

  • questions politiques ;
  • élections ;
  • sécurité ;
  • identité ;
  • tensions sociales ;
  • crises économiques.

Ils cherchent à exploiter des fragilités existantes dans une société.

Construire un récit manipulateur

La manipulation ne consiste pas toujours à inventer totalement une histoire.

Elle peut prendre plusieurs formes :

  • modifier le contexte d’une information réelle ;
  • exagérer certains faits ;
  • attribuer de fausses intentions à un acteur ;
  • présenter une opinion comme un fait ;
  • utiliser une image ancienne pour illustrer un événement actuel.

Amplifier la diffusion

Les réseaux sociaux peuvent être utilisés pour accélérer la visibilité d’un contenu grâce à :

  • des comptes multiples ;
  • des faux profils ;
  • des réseaux coordonnés ;
  • des campagnes de publication répétée ;
  • des contenus générés par intelligence artificielle.

L’objectif peut être de donner l’impression qu’une information est largement acceptée alors qu’elle est artificiellement amplifiée.

  1. Quels acteurs peuvent être impliqués ?

Les opérations FIMI peuvent mobiliser différents types d’acteurs :

Des acteurs étatiques étrangers

Certains États peuvent chercher à influencer l’opinion publique d’un autre pays pour défendre leurs intérêts stratégiques.

Des réseaux organisés

Des groupes peuvent coordonner la création et la diffusion de contenus trompeurs à grande échelle.

Des relais locaux ou internationaux

Des individus, pages ou comptes peuvent parfois participer à la diffusion de récits manipulatoires, volontairement ou non.

Des outils technologiques

Les technologies numériques peuvent faciliter :

  • la création rapide de contenus ;
  • l’automatisation de publications ;
  • la gestion de faux comptes ;
  • la manipulation d’images, vidéos ou audios.
  1. Pourquoi les FIMI deviennent-elles un enjeu important aujourd’hui ?

Plusieurs facteurs expliquent l’importance croissante des FIMI.

La transformation numérique

Avec l’augmentation de l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux, chaque citoyen peut produire et partager de l’information.

Cette évolution favorise la participation citoyenne, mais augmente également les risques de propagation rapide de contenus trompeurs.

La rapidité de circulation de l’information

Une information fausse peut atteindre un grand nombre de personnes avant même qu’elle soit vérifiée.

L’utilisation de nouvelles technologies

L’intelligence artificielle facilite aujourd’hui la création de contenus plus réalistes, rendant parfois la distinction entre vrai et faux plus complexe.

Les enjeux démocratiques

Les FIMI peuvent affecter :

  • la confiance dans les institutions ;
  • la qualité du débat public ;
  • la participation citoyenne ;
  • la perception des processus électoraux.
  1. Pourquoi renforcer la résilience informationnelle ?

Source : CIDDH

La réponse aux FIMI ne consiste pas uniquement à supprimer les contenus trompeurs.

Elle nécessite de renforcer la capacité des individus et des institutions à :

  • analyser l’information ;
  • vérifier les sources ;
  • comprendre les mécanismes de manipulation ;
  • identifier les comportements coordonnés ;
  • prendre des décisions éclairées.

Cette capacité collective est appelée résilience informationnelle.

Elle repose notamment sur :

Le journalisme de qualité : Les médias jouent un rôle essentiel dans la vérification et l’explication des faits

Le fact-checking : Les vérificateurs de faits permettent d’identifier les contenus trompeurs et d’expliquer les méthodes utilisées.

L’éducation aux médias et à l’information : Former les citoyens aux réflexes de vérification renforce leur autonomie face aux contenus manipulatoires.

La coopération entre acteurs : La lutte contre les FIMI nécessite une collaboration entre médias, chercheurs, institutions publiques, société civile et citoyens.

Comprendre les FIMI pour mieux protéger l’espace informationnel

Les FIMI représentent une évolution importante des menaces informationnelles contemporaines. Elles ne reposent pas uniquement sur la diffusion de fausses informations, mais sur des stratégies visant à influencer la manière dont les citoyens perçoivent les événements, les institutions et les acteurs publics.

En Côte d’Ivoire, renforcer la compréhension de ces phénomènes constitue une étape essentielle pour développer une société mieux préparée face aux manipulations de l’information.

Car une société résiliente n’est pas une société sans fausses informations : c’est une société capable de les identifier, de les comprendre et d’y répondre collectivement.

…………………………………….

Cet article a été rédigé par Kaberu TAIRU, Consultant en Fact-checking. Il a été édité et validé dans le cadre du projet de lutte contre les manipulations de l’information et les ingérences étrangères (FIMI), mis en œuvre en Côte d’Ivoire par le CIDDH avec l’appui d’International IDEA.

🇨🇮 INDÉPENDANCE 2026 & INFORMATION : ET SI NOUS PRENIONS LE TEMPS DE VÉRIFIER ?


À l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire, le Centre d’Appui à la Fiabilité de l’Information et au Numérique (CAFN), à travers le Gbairê Lab et la Cellule Anti Fake News, est allé à la rencontre des citoyens pour parler d’un enjeu qui nous concerne tous : notre rapport à l’information.

Face à une information reçue sur WhatsApp, Facebook, TikTok ou ailleurs, quels réflexes adoptons-nous ?
Comment savoir si elle est fiable ?
Quel rôle pouvons-nous jouer pour limiter la circulation des fausses informations ?

Pour ce micro-trottoir, Grâce Divine N’GUESSAN, bénévole du Gbairê Lab, a donné la parole aux citoyens afin de recueillir leurs perceptions et leurs réflexes face à l’information.

Cette initiative s’inscrit dans notre campagne de sensibilisation sur la désinformation, l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) et l’intégrité de l’information à l’occasion de la Fête de l’Indépendance.

Notre message reste simple :

🇨🇮 Célébrer notre indépendance, c’est aussi exercer notre esprit critique.
Avant de croire. Avant de commenter. Avant de partager : VÉRIFIONS. ✅

Découvrez les réponses des citoyens dans cette vidéo et dites-nous en commentaire : quel est votre premier réflexe lorsque vous recevez une information qui vous semble douteuse ?

« Notre Indépendance, Notre Responsabilité : Vérifions avant de partager. »

#JeVérifieAvantDePartager #NotreIndépendanceNotreResponsabilité #FactChecking #FakeNews #Désinformation #EMI #IntégritéDeLInformation #GbairêLab #CAFN #CôteDIvoire

Une vidéo manipulée présentant un faux projet d’investissement attribué à Elon Musk destiné aux Ivoiriens, circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

FAUX- Cette vidéo (archivé ici) prétendant présenter une nouvelle opportunité d’investissement portée par le milliardaire Elon Musk et destinée aux citoyens ivoiriens est manipulée. Les analyses réalisées à l’aide de l’outil Hive Moderation indiquent que le discours attribué au journaliste Alassane Drabo présente une probabilité de 98,9 % d’avoir été généré par intelligence artificielle. Par ailleurs, aucune communication officielle du Gouvernement ivoirien, ni du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, ne fait état d’un tel projet d’investissement. Le journaliste Alassane Drabo dément également le contenu de cette vidéo sur sa page Facebook et affirme que « rien de tout ce qui est dit dans la vidéo n’est vrai ».

Par Victoire Kouamé

FAIT : Une vidéo publiée le 16 juillet 2026 sur la page Facebook « Pulchritudinous Plw7 » prétend présenter une nouvelle opportunité d’investissement destinée aux citoyens ivoiriens. Elle met en scène le journaliste ivoirien Alassane Drabo, qui semble inviter les ivoiriens  à investir dans un projet économique présenté comme étant porté par le milliardaire Elon Musk.

ANALYSE

Depuis le 16 juillet 2026, une vidéo devenue virale sur Facebook prétend révéler une nouvelle opportunité d’investissement lancée par le milliardaire Elon Musk à l’intention des citoyens ivoiriens. Le journaliste Alassane Drabo y apparaît comme s’il faisait la promotion de cette prétendue offre.

La vidéo prétend qu’ Elon Musk a lancé un programme d’investissement réservé aux Ivoiriens, promettant des revenus pouvant atteindre 360 000 FCFA par jour après un investissement de 50 000 FCFA. Pour renforcer sa crédibilité, la vidéo alterne plusieurs courtes séquences. Elle montre notamment la Banque Nationale d’Investissement (BNI), tandis que le logo de l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP) apparaît à l’écran, laissant croire que cette offre bénéficie du soutien ou de la couverture de médias et d’institutions ivoiriennes.  Elle affirme également, sans preuve, que ce projet est soutenu par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) avec la participation du Ministère de l’Économie et des Finances de Côte d’Ivoire et du Conseil régional du marché financier.

La vidéo publiée avec cette légende: ‘’ce n’est pas un rêve, mais une réalité tangible’’ montre également Elon Musk s’exprimant en français, avec un léger accent anglophone, pour présenter ce prétendu programme d’investissement réservé aux Ivoiriens.

Source: capture d’écran de la publication

Cette vidéo est diffusée sous la forme d’une publication sponsorisée, ce qui lui permet d’atteindre un public plus large au-delà des abonnés de la page. Le caractère sponsorisé de la publication constitue un élément important. En investissant dans une campagne publicitaire, les auteurs de la vidéo cherchent à augmenter sa portée et à toucher un plus grand nombre d’internautes. Cette stratégie est fréquemment utilisée dans les campagnes de fraude financière, où des contenus trompeurs sont promus afin de gagner rapidement en visibilité et d’attirer de potentielles victimes.

VÉRIFICATIONS DES FAITS (Méthodologie)

Afin de vérifier l’authenticité de cette vidéo, nous l’avons soumise à Hive Moderation, un outil spécialisé dans la détection des contenus générés par intelligence artificielle.

L’analyse révèle que le discours attribué à Alassane Drabo présente une probabilité de 98,9 % d’avoir été généré par intelligence artificielle. Ce résultat indique un très fort niveau de confiance que la voix a été artificiellement créée ou clonée.

Source: Capture d’écran de l’outil Hive modération

Nous avons également consulté les canaux de communication officiels des institutions mentionnées ou suggérées dans la vidéo.

Nos vérifications n’ont permis de retrouver aucune annonce relative à un programme d’investissement porté par Elon Musk et destiné aux citoyens ivoiriens.

Sur les plateformes officielles de la BNI, aucune communication ne fait état d’un partenariat avec Elon Musk ni d’un quelconque programme d’investissement correspondant à celui présenté dans la vidéo. Les dernières publications de la banque portent essentiellement sur ses résultats financiers et ses activités institutionnelles.

De même, aucun article publié par l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP) ne relaie une telle information, malgré l’utilisation de son logo dans la vidéo. Les publications de l’agence au cours de la période concernée traitent de sujets économiques, institutionnels et d’actualité, sans mention d’une offre d’investissement liée au milliardaire américain.

Enfin, la consultation des canaux officiels du Gouvernement ivoirien ne fait apparaître aucune communication du gouvernement ou du ministre de l’Économie et des Finances et du budget annonçant un tel programme d’investissement destiné aux citoyens ivoiriens. Les annonces économiques publiées ces dernières semaines concernent notamment le financement du Plan national de développement (PND) et des accords avec des partenaires internationaux, sans aucun lien avec Elon Musk ou une plateforme d’investissement de ce type.

Par ailleurs, le journaliste Alassane Drabo a démenti également le contenu de cette vidéo en publiant ce message sur sa page Facebook :« N’investissez pas. C’est IA. Rien de tout ce qui est dit dans la vidéo n’est vrai.».

CONCLUSION

La vidéo prétendant présenter une nouvelle opportunité d’investissement portée par le milliardaire Elon Musk et destinée aux citoyens ivoiriens est manipulée. Les différentes vérifications confirment que son contenu est largement généré par l’intelligence artificielle. L’ensemble des procédés utilisé  est typique d’une campagne de fraude à l’investissement qui utilise l’image de personnalités publiques, de médias reconnus et d’institutions financières afin de gagner la confiance des internautes.

BON À SAVOIR 

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com .

Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

Immersion au cœur du fact-checking et développement de nouvelles compétences: l’expérience enrichissante de la Cellule Anti Fake News grâce au Programme de Bourse de Code for Africa/projet GIZ SIREWA

Bénéficiaire du Programme de Bourse de Code for Africa à travers le projet GIZ SIREWA CheckDesks, avec l’appui de l’African Fact-Checking Alliance (AFCA), nous partageons à travers cet article le parcours et l’expérience impactant  de la   Cellule Anti-fake News tout au long de cette opportunité.

Bien plus qu’une simple bourse, cette expérience a représenté pour notre organisation une véritable immersion professionnelle dans l’univers du fact-checking, de l’investigation numérique et de la lutte contre les manipulations de l’information.

Pendant dix (10) mois, du 1er août 2025 au 31 mai 2026, cette initiative nous a permis de renforcer durablement nos capacités techniques, méthodologiques et éditoriales. Grâce à cet accompagnement, nous avons acquis de nouvelles compétences qui enrichissent aujourd’hui notre travail quotidien de lutte contre la désinformation en Côte d’Ivoire, tout en consolidant notre engagement en faveur d’une information fiable, vérifiée et responsable.

 La formation sur les techniques de vérification des faits.

Le programme a débuté par une formation intensive de six semaines autour des modules clés qui ont étendu  notre compréhension du fact-checking et des mécanismes de désinformation. Ce sont entre autre  « l’Introduction à la vérification des faits, la présentation d’une vérification des faits, Plagiat: directives éthiques à l’ère numérique, Introduction à la sécurité numérique, Opérations d’influence et comportement inauthentique coordonné, Mise en place d’infrastructures pour les enquêtes de l’IMI et la Cartographie des réseaux »

Pour Kaberu TAIRU, Coordinateur général de la Cellule Anti Fake News ayant participé au programme, l’un des principaux acquis reste le développement d’une nouvelle approche analytique. «  Aujourd’hui, nous analysons les contenus viraux avec beaucoup plus de rigueur. La formation nous a appris à croiser les sources, à utiliser des outils OSINT (Open Source Intelligence) et surtout à mieux comprendre les mécanismes de propagation de la désinformation sur les réseaux sociaux . »

Au-delà des formations, cette bourse a profondément transformé les méthodes de travail de la Cellule Anti Fake News. Les compétences acquises pendant le programme sont aujourd’hui utilisées quotidiennement dans nos activités de veille numérique, de vérification des contenus viraux et de sensibilisation des citoyens.

Cette montée en compétences a également permis à notre organisation  de structurer davantage son approche éditoriale et organisationnelle.

La mise en place d’un bureau interne de vérification des faits

L’un des résultats les plus concrets de cette expérience a été la mise en place d’un bureau interne de vérification des faits au sein de la Cellule Anti Fake News dirigé par Ferlande N’Guessan, cheffe de projet au sein de la Cellule Anti Fake News et représentante de l’organisation dans le cadre du programme CheckDesks..

En effet, À l’issue de la phase de formation, la cellule Anti Fake News avait pour mission de produire et publier un minimum de deux articles de  Fact-checking par mois durant les périodes de septembre, octobre et novembre 2025, puis de janvier à avril 2026.

Cette dynamique a permis de renforcer l’organisation interne des productions de fact-checking et d’assurer un suivi plus rigoureux des investigations et publications.

Pour se faire, notre équipe a bénéficié de l’accompagnement d’un mentor, Mamady Kébé, journaliste fact-checker et expert en vérification des faits dont lencadrement a joué un rôle majeur dans le renforcement de nos capacités rédactionnelles, méthodologiques et analytiques.

Au-delà des aspects techniques, notre mentor Mamady Kébé nous a transmis des réflexes professionnels essentiels : «  Toujours privilégier les sources primaires, croiser systématiquement les informations et les archiver avant publication, documenter chaque étape de vérification et garder une posture de neutralité dans le traitement des sujets sensibles. » , a-t-il expliqué.

Ses conseils sur la rigueur éditoriale, la patience dans les investigations numériques et l’importance de la crédibilité dans le travail du fact-checker ont profondément marqué notre équipe.

Pour Ferlande N’Guessan, représentante de la Cellule Anti Fake News dans le programme :

«  Cette bourse nous a permis de professionnaliser davantage notre approche du fact-checking. Nous avons appris à travailler avec plus de méthode, plus de rigueur et surtout avec une meilleure maîtrise des outils d’investigation numérique. »

Aymard Taou,  journaliste fact-checker  au sein de la Cellule souligne également l’impact humain et professionnel du mentorat : « Le suivi régulier du mentor nous a beaucoup aidés. Ses retours sur nos productions nous ont permis de corriger nos erreurs, d’améliorer notre écriture et d’être plus exigeants dans nos recherches. »

Treize productions de fact-checking réalisées et une audience en forte croissance

Grâce aux compétences acquises et à l’accompagnement technique reçu, la Cellule Anti Fake News a produit treize (13) articles de vérification des faits avant la fin du programme.

Ces productions ont porté sur plusieurs thématiques sensibles, notamment les questions politiques ; les enjeux sécuritaires ; les sujets économiques ; ainsi que les problématiques sociales.

Au-delà du volume de production, ces articles ont contribué à renforcer la visibilité de la Cellule auprès du public. Les contenus publiés ont permis de fournir des informations vérifiées dans un contexte marqué par la désinformation, tout en renforçant l’accès des citoyens à des sources fiables et leur esprit critique face aux contenus trompeurs.

L’impact de ces productions se reflète également dans les performances enregistrées sur le site web de la Cellule. Depuis le début du programme, les articles publiés généraient en moyenne près de 150 lecteurs. À ce jour, cette audience dépasse les 500 lecteurs, traduisant ainsi  une progression des plus remarquables de l’audience depuis le lancement du programme. Cette augmentation significative du trafic témoigne non seulement de l’intérêt croissant du public pour nos contenus, mais aussi de la pertinence des sujets traités et de la qualité du travail réalisé. Elle démontre également que les compétences acquises dans le cadre du programme ont permis d’améliorer la production éditoriale, la diffusion des contenus et l’engagement des lecteurs autour des enjeux liés à la lutte contre la désinformation.

Une expérience humaine et professionnelle enrichissante

Comme toute expérience d’apprentissage, le programme a également été marqué par plusieurs défis : difficultés de connexion internet pendant certaines sessions, accès limité à certaines sources d’information ou encore complexité de certaines investigations numériques.

Malgré cela, l’accompagnement des formateurs, des mentors et des équipes de Code for Africa a permis de maintenir une dynamique d’apprentissage continue.

Une gratitude envers les partenaires et acteurs du programme

La Cellule Anti Fake News adresse ses sincères remerciements à Code for Africa, à la GIZ, à l’AFCA, aux différents formateurs, mentors et partenaires ayant contribué à la réussite de cette initiative.

La lutte contre la désinformation étant un travail de longue haleine qui nécessite de la rigueur, de la collaboration et un engagement constant, les compétences acquises durant cette bourse serviront dans nos rédactions et dans nos communautés.

Ferlande N’Guessan
Cellule Anti Fake News

 

PARTIELLEMENT FAUX : Cette image, prétendant montrer un avion-cargo rapatriant du bétail vers la Côte d’Ivoire, est un montage

Cette image a été générée par l’intelligence artificielle.

Ce post sur X avec une image prétendant montrer un avion-cargo qui rapatrie du bétail de Nouakchott pour la Côte d’Ivoire est PARTIELLEMENT FAUX.

Le post publié le 16 mai 2026 énonce : « Les rotations de l’armée de l’air continuent.  #Abidjan a activé son accord avec la #Mauritanie signé en février 2026. La Côte d’Ivoire a envoyé des avions-cargo Hercule pour rapatrier directement du bétail depuis Nouakchott. Des moutons de qualité, pas nourris avec du carton comme  en #AES ».

Le post comporte une image montrant un avion avec des moutons sur la rampe de chargement.

PesaCheck a examiné le post et l’a trouvé partiellement faux.

Cette affirmation fait surface après que le ministre ivoirien des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a annoncé des mesures anticipées pour garantir un approvisionnement suffisant en bétail à l’occasion de la fête de la Tabaski 2026, à l’issue d’une audience qu’il a accordée le lundi 2 février à l’Ambassadeur de la République islamique de Mauritanie en Côte d’Ivoire, Mohamed Abdallahi Ould Khattra.

Le gouvernement burkinabè a annoncé, dans un communiqué conjoint signé le 8 mai 2026 par les ministres en charge du Commerce, de l’Agriculture et de l’Économie, la suspension de l’exportation du bétail afin de garantir la disponibilité du bétail sur le marché national.

Une recherche Google avec les mots-clés « La Côte d’ivoire a envoyé des avions-cargo à Nouakchott pour rapatrier du bétail » n’a donné aucun résultat concluant.

Contrairement au post en vérification affirmant que  la Côte d’Ivoire a envoyé des avions-cargo à Nouakchott pour rapatrier du bétail, les communications officielles du Ministère des Ressources Animales et Halieutiques de Côte d’Ivoire et de la présidence n’ont pas fait de telles mentions.

Une recherche d’image inversée avec Google Lens n’a pas permis de connaître l’origine de l’image.

L’outil Sight Engine  a permis de constater que l’image montrant  un avion avec des moutons sur la rampe de chargement a été générée par l’intelligence artificielle.

PesaCheck a analysé un post sur X prétendant que la Côte d’ivoire a envoyé des avions-cargo à Nouakchott pour rapatrier du bétail, et l’a trouvé PARTIELLEMENT FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Arsène Assogba  et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau/à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org

FAUX : Ce communiqué annonçant la mort du président Ouattara n’émane pas de la présidence ivoirienne

Le document partagé est un simple modèle de texte non rempli, et le chef de l’État ivoirien est apparu publiquement le 5 mai 2026.

Cette publication sur TikTok, prétendant montrer un communiqué officiel annonçant la mort du président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, en avril 2026, est FAUSSE.

La publication, mise en ligne le 17 avril 2026, présente un document présenté comme un communiqué officiel du gouvernement, sur lequel figure une photo du président ivoirien. Dans le texte qui l’accompagne, l’auteur déclare : « Venez voir, la vérité est enfin déclarée. » Le document affiche l’en-tête « Union – Discipline – Travail », et commence par l’annonce de la profonde tristesse du gouvernement suite à un décès.

PesaCheck a examiné ce prétendu communiqué et découvert qu’il est faux.

Ce post a été publié alors que circulaient des rumeurs, démenties ici et , selon lesquelles le président ivoirien serait décédé début 2026.

Une consultation minutieuse des canaux officiels de l’État ivoirien ne révèle aucune trace de cette publication. Aucune annonce de décès concernant le président Ouattara n’a été diffusée, ni par la présidence, ni sur la page Facebook officielle du porte-parole du gouvernement, ni sur aucun autre média national ou international crédible.

De plus, une lecture attentive du texte partagé permet de déceler de multiples anomalies qui confirment sa fabrication. Le document auquel l’auteur a ajouté une photo d’Alassane Ouattara est en réalité un gabarit (un modèle d’avis de décès) téléchargé sur internet et non rempli. On y retrouve de nombreux passages entre crochets indiquant les informations manquantes à compléter, tels que « RÉPUBLIQUE [NOM DU PAYS] », le « décès de [Nom de la personnalité] », « survenu le [date du décès] à [lieu] », ou encore la signature « Fait à [capitale], le [date] ». La présence de ces espaces vides prouve de manière indéniable qu’il ne s’agit pas d’un authentique document d’État, mais d’un brouillon copié-collé par l’auteur de la fausse information.

Enfin, les récentes activités du chef de l’État confirment qu’Alassane Ouattara est en vie et a été vu en public, le mardi 5 mai 2026. Le président de la République ivoirienne a eu un entretien avec le président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) dans le cadre de la promotion, de la défense et de la protection des droits humains en Côte d’Ivoire.

PesaCheck a examiné une publication prétendant montrer un communiqué gouvernemental annonçant la mort du président ivoirien Alassane Ouattara, et a conclu que c’est FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mardochée Boli  et éditée par Josaphat Finogbé éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau/à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org

Une vidéo attribuée à Alassane Ouattara prétendant annoncer la dégradation de sa santé et sa démission est fausse et générée par intelligence artificielle

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

 FAUX,  La  vidéo du Président Alassane Ouattara prétendant informer les ivoiriens d’une dégradation de son état de santé ainsi que sa démission de la présidence de la République est fausse. Aucune source officielle ivoirienne, ni aucun média crédible n’a relayé une telle information. Après vérification, cette vidéo a été générée par l’intelligence artificielle.

Une analyse effectuée à l’aide de l’outil Hive Moderation révèle que le contenu audio présente une probabilité à 95,7 pour cent  de taux d’usage de l’ intelligence artificielle.

FAIT

Une vidéo  qui a  circulé sur Tiktok le 18 Avril 2026 prétend que le président  Alassane Ouattara annonce à ses compatriotes une dégradation de son état de santé ainsi que sa démission de la présidence de la République. Voici l’essentiel de son discours:

ANALYSE

Dans cette vidéo publiée par  le compte TikTok « Colonel officiel », montre  l’image du président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara. En fond sonore, un audio présenté comme une allocution officielle lui est attribué. Dans cet enregistrement, il évoque son état de santé et annonce prétendument sa démission.

Voici l’intégralité du discours:

« Chers compatriotes, conformément aux informations sur l’état de ma santé qui circulent sur la toile, je vous confirme que cette information est vraie. Cela fait plusieurs mois déjà que j’ai été informé par mon médecin d’une maladie assez grave qui m’empêche d’exercer dans la tranquillité mes fonctions de président de la République de Côte d’Ivoire. C’est avec un grand regret que je vous annonce ma démission à la tête de l’État de Côte d’Ivoire afin de me consacrer à ce petit temps qui me reste encore à vivre auprès de ma famille. Merci à toutes et à tous les Ivoiriens qui ont eu confiance en ma modeste personne. La fonction de président de la République sera confiée au vice-premier ministre jusqu’au 25 octobre 2030. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire, je vous remercie »

Capture d’écran de la publication

Cette vidéo a enregistré plus de 504 000 vues, plus de 7 000 mentions « J’aime », un peu plus de 200 partages ainsi qu’environ 130 commentaires.

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons effectué des recherches sur Google avec les mots clés “démission du président Alassane Ouattara “, nous n’avons obtenu aucun résultat.

De plus, aucun communiqué de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire ne fait état d’une quelconque démission ou d’un problème de santé du chef de l’État.

Les canaux officiels de la présidence ivoirienne, notamment ses plateformes numériques habituelles(1,2) n’ont publié aucune information allant dans ce sens.

De même, aucun média ivoirien ou international reconnu (1,2,3) pour sa fiabilité n’a relayé une telle annonce. Une information d’une telle importance aurait normalement fait l’objet d’une large couverture médiatique nationale et internationale.

Par ailleurs, l’analyse de la vidéo avec l’outil de détection Hive Moderation révèle une forte probabilité de génération artificielle. Selon les résultats obtenus, le contenu audio de cette vidéo présente un taux de 95,7 pour cent  de fabrication artificielle.

Capture d’écran de la vérification avec l’outil Hive modération

Ce type d’outil permet d’identifier certains indices techniques associés aux contenus synthétiques, notamment les deepfakes et les vidéos modifiées par IA.

La vidéo prétendant que le président Alassane Ouattara informe les ivoiriens d’un supposé problème de santé et sa démission est fausse. Aucune autorité officielle ni aucun média crédible n’a confirmé cette information. L’analyse effectuée avec l’outil Hive Moderation indique en outre une probabilité de 95,7% que la vidéo ait été générée par intelligence artificielle.

Cette fausse vidéo illustre une nouvelle fois les risques liés à l’usage malveillant de l’intelligence artificielle dans la diffusion de fausses informations.Dans des contextes politiques sensibles, ce type de manipulation peut semer la confusion, alimenter la désinformation et influencer l’opinion publique.Face à ces contenus, il est recommandé de toujours vérifier les informations auprès de sources officielles et de médias fiables avant de les partager.

BON À SAVOIR 

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com .

Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

Ce fact-check a été produit par Victoire Kouamé dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la Cellule Anti Fake News.

Un audio manipulé, prêtant des propos au ministre Kobenan Kouassi Adjoumani sur le RHDP, circule sur les réseaux sociaux.

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

FAUX  : L’enregistrement audio prétendument attribué au ministre d’Etat Kobenan Kouassi Adjoumani, contenant de supposées révélations sur le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) est faux. Après vérification, cette vidéo a été générée par l’intelligence artificielle. Une analyse effectuée à l’aide de l’outil Hive Moderation révèle que le contenu audio présente une probabilité à 74 % d’avoir été généré par intelligence artificielle

Par Victoire Kouamé

FAIT

Un enregistrement audio attribué au ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, contenant de supposées révélations sur le RHDP ainsi que sur l’état de santé du président Alassane Ouattara, a été largement relayé sur Facebook, ce mercredi 13 mai 2026.

ANALYSE

Dans cet enregistrement audio relayé par plusieurs comptes, notamment (1, 2, 3, 4), une voix en fond sonore est présentée comme celle du ministre échangeant avec un individu nommé Mathieu. Le contenu audio d’une durée totale de 10 minutes et 05 secondes, attribué au ministre Adjoumani avec sa photo en arrière plan, évoque les dissensions au sein du parti RHDP et la santé du président de la république prétendument malade.

Capture d’écran de la publication

La publication de cet audio a suscité énormément de réaction et d’engagements d’autant plus que la personne au centre de la polémique ( Monsieur Adjoumani ) est une figure de proue du RHDP, conseiller spécial du président de la république et nouvellement nommé président du conseil des sages et de médiation du parti.

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons effectué des recherches sur Google avec les mots clés “révélations du ministre Kobenan Adjoumani sur le RHDP’’, aucun média crédible n’a traité cette information.

L’analyse de la vidéo avec l’outil de détection Hive Moderation révèle une forte probabilité de génération artificielle. Selon les résultats obtenus, le contenu audio de cette vidéo présente un taux de 74% de contenu généré par intelligence artificielle.

Capture d’écran de la vérification avec l’outil Hive modération

Hive Moderation est un outil de détection de contenu généré par IA qui  permet d’identifier certains indices techniques associés aux contenus synthétiques, notamment les deepfakes, les vidéos et audios modifiées par IA.

Afin d’obtenir davantage d’informations sur l’enregistrement audio en circulation, nous avons contacté Monsieur Adjoumani via Messenger dans la soirée, sans obtenir de réponse.

Le même soir, à 22 heures, un démenti a été publié sur la page Facebook du ministre Kobenan Kouassi Adjoumani. Le communiqué affirme que la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux aurait été fabriquée à l’aide de l’intelligence artificielle, avec un clonage de sa voix et une utilisation abusive de son image. Le ministre dénonce une manœuvre malveillante visant à porter atteinte à sa réputation ainsi qu’à la cohésion du RHDP, et rejette les propos qui lui sont attribués à l’encontre des hautes autorités de l’État. Il annonce également son intention de porter plainte contre les auteurs et complices présumés de cette manipulation numérique.

Capture d’écran de la publication du démenti du ministre K. Adjoumani

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

L’Audio attribué au ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, contenant de supposées révélations sur le RHDP ainsi que sur l’état de santé du président Alassane est Faux.  L’analyse effectuée avec l’outil Hive Moderation indique en outre une probabilité de 74% que la vidéo ait été générée par intelligence artificielle. Le ministre a lui-même démenti cette fausse information sur sa page Facebook. Ce faux enregistrement révèle une nouvelle fois les risques liés à l’usage malveillant de l’intelligence artificielle dans la diffusion de fausses informations. Dans des contextes politiques sensibles, ce type de manipulation peut semer la confusion, alimenter la désinformation et influencer l’opinion publique.

Face à ces contenus, il est recommandé de toujours vérifier les informations auprès de sources officielles et de médias fiables avant de les partager.

BON A SAVOIR

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com.

Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.