CONTEXTE MANQUANT : Cette photo de personnes à genoux sous la menace d’un militaire ne date pas de 2026

La photographie a été faite le 13 avril 2011, pendant la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

Cette publication Facebook, avec une image qui prétend montrer des personnes à genoux sous la menace d’un soldat en Côte d’Ivoire en mars 2026, relève du CONTEXTE MANQUANT.

Le post mis en ligne le 30 mars 2026 montre des personnes à genoux face à un individu habillé en tenue militaire avec une armée à la main. Le texte qui accompagne l’image lit : « Urgent en Côte d’Ivoire ça se passe là-bas dans un village ».

PesaCheck a vérifié le post et a trouvé qu’il relève du contexte manquant.

Une recherche d’images inversée avec l’outil Bing a orienté PesaCheck vers le site de banque d’images Getty Images où on peut retrouver la même photo avec la description suivante : « La colonne du commandant Wattao, des FRCI, fidèle au président Ouattara, pénètre dans Abidjan pour y débarquer des troupes. À Koumassi, la population enfin libérée dénonce les milices dites « patriotiques » qui semaient la terreur. Les FRCI se lancent à leur poursuite. Une famille dénoncée est interrogée mais finalement épargnée ». La photo a été prise le 13 avril 2011.

La photo est en illustration de cet article du 27 décembre 2011 informant d’une nouvelle bavure des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ayant fait 4 morts et plusieurs blessés.

Cette information est corroborée ici.

PesaCheck a vérifié un post Facebook prétendant montrer des personnes à genoux sous la menace d’un militaire en Côte d’Ivoire en mars 2026 et a trouvé qu’il relève du CONTEXTE MANQUANT.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mamady Kebe et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

CONTEXTE MANQUANT : Cette vidéo du président Ouattara au Ghana ne date pas de 2026

Cette vidéo a été enregistrée lors de la visite de Ouattara au Ghana en 2024, à l’occasion du 67e anniversaire de l’indépendance du pays.

Ce post Facebook avec une vidéo prétendant montrer le président ivoirien, Alassane Ouattara, en visite au Ghana en avril 2026 relève du CONTEXTE MANQUANT.

Dans la publication faite le 2 avril 2026, on peut voir Alassane Ouattara en tenue noire, recevant les honneurs d’un chef d’État. La vidéo est précédée par ce texte : « BOUA (Alassane Ouattara, ndlr) au Ghana. BOUA a effectué une visite au Ghana, marquant une étape importante dans le renforcement des relations et des échanges dans la sous-région ».

PesaCheck a vérifié le post et a trouvé qu’il relève du contexte manquant.

Une recherche d’image inversée avec Bing a orienté PesaCheck vers le site de Dailymotion qui publie la même vidéo le 7 mars 2024 informant que le président ivoirien a été reçu par le roi des Ashantis suite à son invitation au Ghana pour la célébration de l’indépendance du pays.

Cette information a été relayée sur le compte X (anciennement Twitter) du chef de l’État ivoirien le 6 mars 2024. L’information a été corroborée par le portail d’actualité ivoirien Abidjan.net.

De plus, aucun média ivoirien ne fait mention d’un voyage récent du président ivoirien au Ghana. Son dernier voyage date du 28 mars 2026 en France et non au Ghana.

PesaCheck a vérifié un post Facebook prétendant annoncer une récente visite du président ivoirien, Alassane Ouattara, au Ghana et a trouvé qu’il relève du CONTEXTE MANQUANT.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mamady Kebe et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

Faux, la ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire Nialé Kaba n’est pas décédée, elle est toujours en vie.

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, la prétendue mort de Nialé Kaba, publiée le 09 Avril 2026 sur Facebook, est une rumeur. Celle-ci a été démentie par la ministre elle-même sur sa page Facebook, à travers une publication en date du 10 Avril 2026.

FAIT

Ce post Facebook affirme que la ministre des affaires étrangères ivoirienne NIALÉ KABA aurait été retrouvée morte à sa résidence après un échange diplomatique avec l’ambassadrice du Liban en Côte d’Ivoire.

ANALYSE 

Le jeudi 09 Avril  2026, la page Facebook Nabisco Senou a publié une information selon laquelle la ministre des affaires étrangères ivoirienne NIALÉ KABA serait décédée à son domicile à la suite d’une rencontre avec l’ambassadrice du Liban en Côte d’Ivoire.

Cette rumeur sur le décès de la ministre à également été publiée sur plusieurs pages notamment sur Tiktok ici, ici et sur Facebook ici et ici.

VÉRIFICATION DES FAITS

Pour vérifier cette information, une recherche effectuée en premier sur la page facebook de la ministre NIALÉ KABA nous a permis d’infirmer cette rumeur. Dans une publication posté le  10 Avril 2026 suite à cette rumeur, la ministre,  bel et bien en vie encourage la population à faire preuve de vigilance et à adopter un usage responsable et constructif des réseaux sociaux en ces termes:

Source : Capture d’écran de la publication sur la page Facebook Nialé Kaba

De plus, bien avant la publication démentant sa prétendue mort, une publication antérieure, en date du 9 avril 2026, montrait déjà la ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire, Nialé Kaba, présente à l’Assemblée nationale, où elle procédait à la présentation de textes internationaux devant les honorables députés de la Nation.

Source : Capture d’écran de la publication sur la page Facebook Nialé Kaba

De même, le 9 avril 2026, l’Assemblée nationale a diffusé en direct sur sa page Facebook la réunion de la Commission des Relations Extérieures (CRE). Au cours de cette séance, la ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire, Nialé Kaba, était physiquement présente et est intervenue pour présenter des textes internationaux devant les honorables députés de la Nation.

Source : Capture d’écran du direct Facebook de l’Assemblée Nationale

Par ailleurs, elle a également été aperçue aux côtés d’autres députés, notamment Ange Gnonka, à l’issue de cette cérémonie.

Source : Capture d’écran de la publications  du député Ange Gnonka  sur sa page Facebook

CONCLUSION

Les vérifications effectuées montrent que les rumeurs sur le décès du ministre des affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nialé Kaba, publiée le 09 Avril 2026 sur Facebook, sont fausses.  Madame la Ministre est bien vivante, en parfaite santé et reste pleinement engagée dans l’exercice de ses fonctions au service de la Côte d’Ivoire et de ses concitoyens.

BON À SAVOIR :

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com .

      Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

Ce fact-check a été produit par Ferlande N’Guessan dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.

 

FAUX : Cette image ne montre pas la base militaire américaine à Odienné, en Côte d’Ivoire

Bien que des discussions sur l’installation d’une base américaine soient en cours, l’image utilisée est fausse et les coordonnées renvoient au centre-ville.

Cette publication TikTok avec une image prétendant montrer la nouvelle base militaire des États-Unis à Odienné, dans le nord de la Côte d’Ivoire, est FAUSSE.

La publication en date du 1er mars 2026 montre une vue aérienne d’un vaste complexe militaire fortifié, entouré de barbelés, avec des hangars, des véhicules militaires et des installations de communication au milieu d’un paysage aride. Le texte incrusté affirme : « La base militaire américaine à Odienné. Les coordonnées 9° 30′ 05″ Nord, 7° 33′ 45″ Ouest ». En bas, l’image montre un individu en tenue traditionnelle regardant fixement la caméra.

PesaCheck a examiné la publication et l’a trouvée fausse.

Pour rappel, le projet d’installation d’un dispositif militaire américain en Côte d’Ivoire n’est pas une invention. Suite au retrait forcé des troupes américaines du Niger, exigé par les autorités nigériennes, Washington cherche à repositionner ses forces en Afrique de l’Ouest pour continuer la lutte contre les groupes terroristes.

En juillet 2024, plusieurs médias dont Le Monde ont rapporté que les autorités ivoiriennes ont donné leur accord de principe pour l’installation d’une base de drones près d’Odienné, dans le nord-ouest du pays.

Cependant, l’image montrée dans la publication n’est pas réelle. Une recherche d’images inversée sur Yandex révèle qu’elle a circulé sur d’autres réseaux sociaux début février 2026 avant d’être reprise sur TikTok le 1er mars 2026. Sur Facebook, la personne ayant publié cette image a explicitement reconnu dans la légende qu’il s’agissait d’une création par intelligence artificielle destinée à illustrer l’actualité, et non d’une véritable photographie.

L’analyse technique vient confirmer cet aveu. Soumise à l’outil de détection Sight Engine (comme le montre la capture d’écran ci-dessous), l’image est évaluée comme étant générée à 99 pour cent par l’intelligence artificielle.

Visuellement, l’image présente des défauts typiques associés au contenu généré par l’IA. Le texte figurant sur le grand panneau bleu à l’entrée de la « base » comporte des caractères illisibles et déformés, et les contours des véhicules militaires manquent de clarté logique.

Enfin, les coordonnées GPS fournies dans la publication (9° 30′ 05″ Nord, 7° 33′ 45″ Ouest) pour prouver l’emplacement de cette prétendue forteresse ne correspondent pas du tout à une zone militaire isolée.

Une vérification de ces points sur Google Earth (en convertissant en degrés décimaux : 9.501389, -7.5625) démontre qu’elles pointent directement sur une rue animée en plein cœur du centre-ville d’Odienné, à proximité immédiate de la Mairie et d’autres bâtiments civils.

PesaCheck a examiné une publication TikTok prétendant montrer l’image de la nouvelle base militaire américaine à Odienné en Côte d’Ivoire, et l’a trouvée FAUSSE.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mardochée Boli  et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

FAUX, L’AMBASSADE DE CÔTE D’IVOIRE EN ISRAËL N’A PAS ÉTÉ TOUCHÉE NI DÉTRUITE PAR DES FRAPPES IRANIENNES.

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, Ce post affirmant  que l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël à été détruite  après la frappe de l’Iran et que l’ambassadeur Feni Kouakou serait mort avec une dizaine de personnes est complètement faux. L’image du bâtiment détruit ne correspond pas à l’immeuble qui abrite l’ambassade de Côte d’ivoire en Israël. De plus, M. Feni Kouakou dans un communiqué a déclaré le 1er mars qu’aucun ressortissant ivoirien, aucune autorité ivoirienne ou aucun bien appartenant à une personne physique ou morale de nationalité ivoirienne n’a été touché par les bombardements.

FAIT

Les États-Unis et Israël ont mené une attaque conjointe contre l’Iran le 28 février, tuant le guide suprême Ali Khamenei. En représailles, l’Iran a lancé des frappes contre Israël et plusieurs pays du Golfe abritant des bases américaines. Suite à ces événements, de nombreuses publications notamment celle-ci circulent sur les réseaux sociaux annonçant la destruction des bureaux de  l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël et la mort d’une dizaine de personnes.

ANALYSE 

Dans une vidéo diffusée le 1er mars 2026 sur la page Tiktok de foudogg2, l’utilisateur pointe du doigt l’image du bâtiment collé en haut la vidéo en incitant les abonnés Tiktok à regarder et affirme en ces termes « Très très très urgent et super urgent. Les gars, en Israël et en Côte d’Ivoire, regardez ça, c’est l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël. L’ambassadeur a été tué par les frappes iraniennes là où je vous parle. L’Iran bombarde Israël très fort. L’ambassade de la Côte d’Ivoire en Israël a été bombardée, et l’ambassadeur et ses compagnons ont tous été tués.» Il invite par la suite les utilisateurs Tiktok à s’abonner pour ne rien rater de l’actualité « Alors les gars, n’oubliez pas de vous abonner pour ne pas perdre mes prochaines vidéos. Et cette nuit, ça va être sérieux parce que l’Iran a également bombardé d’autres pays, il a bombardé Chypre. Il a dit, tous les pays où il y a des bases militaires américaines seront touchés. Il y a 3 bases américaines en Côte d’Ivoire, elles seront touchées. Il y en a au Bénin, il sera également touché.»       

Source : Capture d’écran de la vidéo Tiktok de foudogg2 , publiée le 02/03/2026

Cette publication a suscité bon nombre d’engagements et de réactions cumulant cinquante-huit mille neuf cents (58.900) mentions “j’aime”, deux mille cent dix commentaires (2.110) et onze mille trois cents partages (11.300). Cette rumeur à également été publiée sur plusieurs pages Facebook ici, ici et Tiktok ici.

VÉRIFICATION DES FAITS

Pour vérifier cette information, une recherche sur google effectuée en premier sur le site officiel de l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël nous a permis de démentir formellement cette rumeur par un communiqué publié le 1er mars 2016. Dans ce communiqué signé par l’ambassadeur Feni KOUAKOU, il est dit entre autre: « Suite à l’escalade militaire qui embrase actuellement toute la région, et à des informations erronées publiées à travers les réseaux sociaux, l’Ambassade de Côte d’Ivoire en Israël qui suit de très près l’évolution de la situation, en liaison avec les responsables de la communauté ivoirienne, voudrait rassurer l’ensemble de ses compatriotes sur le sort des ressortissants ivoiriens établis sur le territoire israélien. En effet, à ce jour, aucun ressortissant ivoirien, aucune autorité ivoirienne ou aucun bien appartenant à une personne physique ou morale de nationalité ivoirienne n’a été touché par les bombardements…». Cela dit, ni l’ambassadeur Féni Kouakou, ni une dizaine de personnes n’ont été tués, et l’ambassade n’a pas été détruite comme mentionné dans la rumeur.

Communiqué officiel de l’ambassade de Côte d’ivoire en Israël suite au bombardement

D’ailleurs le bâtiment visible sur cette vidéo  ne correspond pas à celui qui abrite réellement l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël. D’après le site officiel de l’ambassade, ses bureaux sont situés au sein de l’immeuble Atrium Building, à Jabotinsky Street 2A, Ramat Gan. Une vérification effectuée sur le site officiel de cet immeuble et sur google maps montre clairement que son architecture est très différente de celle du bâtiment présenté dans l’image largement relayée sur les réseaux sociaux .

Capture d’écran comparant l’Atrium Building abritant l’ambassade de Côte d’ivoire en Israël et le supposé bâtiment présenté comme l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël détruite.

Une recherche complémentaire effectuée nous a conduit sur la page facebook officiel de Alertes 100, le centre technique de fact-checking de L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information(ANSSI) qui a publié une alerte indiquant que « Des publications non fondées largement diffusées sur les réseaux sociaux prétendent que l’Ambassadeur de la Côte d’Ivoire en Israël serait décédé à Tel Aviv à la suite d’une frappe de missiles iraniens (…) est fausse. Après vérification auprès des canaux diplomatiques et des sources officielles compétentes, aucun incident de cette nature n’a eu lieu. Cette rumeur vise à semer la panique et à manipuler l’opinion publique dans un contexte international sensible ».

Capture d’écran du démenti de Alertes 100 concernant la mort de l’ambassadeur Feni Kouakou

Par ailleurs, à l’aide de l’outil de détection Hive Modération , nous avons procédé à une analyse de l’image du bâtiment détruit et le résultat révèle qu’elle a été 99,9 %  générée par une intelligence artificielle.

De même, l’image soumis sur google Lens, dans  la section ‘’ À propos de cette image’’ , il est mentionné qu’elle a été creer avec l’intelligence artificielle de Google

Capture d’écran des résultats de l’analyse réalisée sur Hive Modération
Capture d’écran du résultats de la recherche réalisée sur  Google Lens

CONCLUSION

Au regard des éléments vérifiés, l’information largement diffusée sur les réseaux sociaux affirmant que l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël aurait été détruite par une frappe iranienne et que l’ambassadeur Féni Kouakou serait décédé avec une dizaine de personnes est totalement fausse.

BON À SAVOIR 

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com .

      Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

Ce fact-check a été produit par Ferlande N’Guessan dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.

Attention, un faux communiqué attribué au gouvernement ivoirien appelant la république Iran à renoncer à tout projet de développement d’armes nucléaire, circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

FAUX , Ce communiqué appelant la République d’Iran à renoncer à tout projet de développement d’armes nucléaires qui circule sur les réseaux sociaux n’émane pas du gouvernement ivoirien. Alertes 100, le centre technique de fact-checking de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) a confirmé que cette information est fausse. Le dimanche 01 Mars 2026 le communiqué officiel du gouvernement ivoirien sur la situation au Moyen-Orient a été publié sur la page du ministère des affaires étrangères.

FAIT

Un communiqué partagé sur Facebook le 28 février 2026, appelant la République d’Iran à renoncer à tout projet de développement d’armes nucléaires, attribué au gouvernement ivoirien a largement été relayé sur les réseaux sociaux.

ANALYSE

Ce communiqué partagé par le profil Tingin-Biiga, abondamment relayé par plusieurs autres profils (1,2,3), prétend que le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire a,  par voie de communiqué appelé la République d’Iran à renoncer à tout projet de développement d’armes nucléaires suites aux récents événements dans ce pays.

Ce communiqué prétendument signé par le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly s’énonce comme suit:

« Le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire suit avec une vive préoccupation l’évolution de la situation au Moyen-Orient, marquée par une escalade des hostilités et des risques d’instabilité régionale.

Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Chef de l’État, appelle à une désescalade immédiate et exhorte toutes les parties à privilégier le dialogue politique.

Le Gouvernement ivoirien se réjouit des appels récents lancés par le Président des États-Unis, Donald Trump, invitant les Corps des Gardiens de la révolution islamique à déposer les armes et à engager une voie de négociation constructive.

Dans cet esprit, la Côte d’Ivoire appelle le Guide suprême de la République islamique d’Iran, Son Éminence Ali Khamenei, à entendre cet appel et à renoncer à tout projet de développement d’armes nucléaires, qui constitue une menace grave pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région et du monde entier.

La Côte d’Ivoire appelle instamment à la reprise et à l’intensification des négociations diplomatiques sous l’égide de la communauté internationale afin de parvenir à une solution pacifique et durable.»

Capture d’écran de la publication

Cette publication a suscité de nombreuses réactions et commentaires venant des internautes.

Captures d’écran de quelques commentaires

Ce communiqué intervient dans un contexte marqué par une attaque attaque israélo-américaine survenue le 28 février 2026, contre l’ Iran

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons entrepris des recherches sur les canaux officiels des institutions ivoiriennes notamment sur les pages Facebook du gouvernement de Côte d’Ivoire et du ministère des affaires étrangères de la République de Côte d’Ivoire, nous n’avons pas retrouvé ledit communiqué.

Alertes 100, le centre technique de fact-checking de L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information(ANSSI), a publié une alerte sur sa page Facebook, identifiant ce communiqué comme un faux qui  n’émane ni du gouvernement ivoirien, ni de son porte-parole, Amadou Coulibaly.

Capture d’écran du démenti de Alertes 100

Le dimanche 08 Mars 2026,le gouvernement ivoirien a officiellement publié un communiqué sur la situation au Moyen-Orient sur la page Facebook du ministère des Affaires étrangères.

Dans ce document  officiel, il  exprime sa vive préoccupation face à la situation sécuritaire au Moyen-Orient, 3 points essentiels ressortent.

1- Le gouvernement de Côte d’Ivoire condamne fermement ces attaques et manifeste sa solidarité et sa compassion envers les gouvernements et les peuples concernés.

2- La Côte d’Ivoire réaffirme son attachement au respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de la sécurité des États.

3- Elle appelle les acteurs impliqués à faire preuve de retenue, à éviter toute escalade et à privilégier des mesures de désescalade pour préserver la paix et la stabilité.

4- Elle encourage les initiatives diplomatiques et réitère son engagement en faveur de la paix, de la sécurité et de la coopération entre les nations.

Communiqué officiel du gouvernement ivoirien sur la situation au Moyen-Orient

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

 Le communiqué prétendant que le le gouvernement de la république de Côte d’Ivoire a,  par voie de communiqué appelé la république d’Iran à renoncer à tout projet de développement d’armes nucléaires suites aux récents événements dans ce pays est une fausse information. Elle a été publiée en vue de tromper l’opinion publique en se servant d’une situation de contexte internationale.

BON À SAVOIR 

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com .

      Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

Ce fact-check a été produit par Victoire Kouamé Ferlande dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.

Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Cocody traite t’il les AVC ischémique par un médicament spécial appelé “thrombolyse” ?

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Vrai, l’information selon laquelle le Centre Hospitalier Universitaire de Cocody traite les AVC par un médicament spécial appelé “thrombolyse” est confirmée. Une note d’information signée du directeur médical et scientifique du CHU de Cocody à l’endroit des urgences des hôpitaux MSHP-CMU détaille les conditions de ce traitement de l’AVC ischémique.

Par Landry Mensah

FAIT

Plusieurs publications sur les réseaux sociaux prétendent que le CHU de Cocody met à la disposition des patients un médicament efficace dans le traitement des AVC ischémiques appelé “thrombolyse”.

ANALYSE

Cette information largement publiée sur Facebook, Instagram, et dans  des groupes WhatsApp est énoncée de la manière suivante :

AVC : chaque minute compte.Bonne nouvelle! Le CHU de Cocody traite désormais les AVC ischémiques par un médicament spécial appelé “thrombolyse”, qui peut dissoudre le caillot responsable de l’AVC et sauver des vies. Mais  attention, ce traitement n’est efficace que si le patient arrive très vite à l’hôpital : dans les 4 heures 30 minutes maximum après le début des symptômes. Signes d’alerte à connaître (même un seul suffit), visage qui se déforme, bras ou jambe paralysé(e), difficulté à parler ou à comprendre, perte brutale de force ou de vision. Ce que chacun peut faire :ne pas attendre, ne pas donner de médicaments à la maison, amener immédiatement le malade aux urgences, demander un transfert urgent vers le CHU de Cocody. Parlez-en autour de vous !Un parent, un voisin, un collègue informé égal à une vie sauvée. L’AVC n’attend pas. Agissons vite”.

Source : Capture d’écran d’une publication sur Facebook

Cette information suscite un intérêt particulier auprès des populations qui ne cessent de la relayer sur leurs différents médias sociaux.

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons entrepris des démarches auprès  de la direction médicale et scientifique du CHU de Cocody pour vérifier l’information.

Nous avons contacté le docteur Kadjo du service neurologie ( service en charge  du traitement de l’AVC ischémique) qui a confirmé l’information concernant le traitement de l’AVC ischémique par la thrombolyse.

Par la suite, nous nous sommes rendus à la DMS au CHU de Cocody, précisément au service communication où nous avons  rencontré M. Diarrassouba Sam Amed, responsable de la communication digitale de l’établissement qui nous a fait voir une copie de la note d’information ci-dessous sur le traitement de l’AVC ischémique par la thrombolyse signée du directeur médical et scientifique.

Source : Capture d’écran de la note du directeur médical et scientifique

Nous avons par la suite entrepris des recherches sur la page Facebook officielle du CHU de Cocody. Nous y avons trouvé une publication postée le dimanche 18 janvier 2026 par le responsable de la communication digitale du CHU de Cocody faisant la promotion de la thrombolyse comme traitement de l’AVC ischémique.

Source: Capture d’écran de la publication

Selon Docteur Kadjo, médecin au service Neurologie du CHU de Cocody : « La thrombolyse intraveineuse, c’est un traitement d’urgence pour l’AVC ischémique. En gros, on injecte un médicament (comme l’altéplase ou la ténectéplase) qui va dissoudre le caillot coincé dans une artère du cerveau. Résultat : le sang peut circuler à nouveau, ce qui aide le cerveau à récupérer et limite les séquelles. »

Mais attention, c’est une vraie course contre la montre : il faut faire ce traitement le plus vite possible, idéalement dans les 4h30 après le début des symptômes, d’où l’importance d’être prompt dès constat.

Et ça ne se fait pas n’importe où : le patient doit être pris en charge dans une Unité Neuro-Vasculaire (UNV), avec une surveillance rapprochée pour vérifier que tout se passe bien ».

Selon lui, seulement les CHU de Cocody et de Bouaké disposent de ce traitement pour l’instant.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

L’information publiée sur les réseaux sociaux prétendant que le CHU de Cocody met à la disposition des patients atteints d’AVC ischémique un traitement efficace appelé “thrombolyse” est vérifiée et confirmée.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Prendre les informations avec beaucoup de réserves
  • Se fier uniquement aux informations de sources officielles
  • Ne pas se fier aux logos des structures et institution pour croire aux informations car ils peuvent être manipulés
  • Ne pas relayer les informations douteuses et dénoncer les auteurs auprès des autorités compétentes

FAUX : Cette vidéo ne montre pas des manœuvres militaires de l’armée ivoirienne

La vidéo a été enregistrée en avril 2025, lors de démonstrations des forces spéciales françaises au salon SOFINS 2025 en France.

Ce post Facebook prétendant montrer une vidéo des manœuvres militaires faites par l’armée ivoirienne est FAUX.

Dans la publication qui date du 1er décembre 2025, on voit une vidéo présentant des manœuvres militaires, ainsi que ce texte : « Défense: Un exercice des forces spéciales ivoiriennes ! #FlashInfo #PourUneGrandeCotedIvoire #JCIV ».

PesaCheck a vérifié le post et l’a trouvé faux.

Une recherche d’images inversée avec l’outil Bing a conduit PesaCheck vers ce compte LinkedIn, qui publie la même vidéo il y a 9 mois avec le texte suivant : « En immersion avec les Forces Spéciales lors du SOFINS 2025 » .

Une recherche Google avec « SOFINS » a révélé qu’il s’agit de l’acronyme de « Special Operations Forces Innovation Network Seminar », un salon militaire semestriel unique en Europe permettant aux forces spéciales françaises et étrangères de rencontrer des entreprises spécialisées dans les technologies et équipements dédiés.

PesaCheck a trouvé cet article publié le 24 avril 2025 sur le site web du ministère français des Armées et des Anciens combattants informant que la 7e édition du SOFINS s’est tenue du 1er au 3 avril 2025 au camp de Souges près de Bordeaux. L’objectif de cette édition était de présenter les dernières avancées technologiques pour assurer l’efficacité des forces spéciales sur le terrain.

Dans cette vidéo Youtube  publiée le 20 avril 2025, on peut clairement identifier les mêmes éléments français que dans la séquence que nous vérifions, notamment le conteneur vert sur lequel on peut lire l’inscription « Capital ».

PesaCheck a vérifié un post Facebook prétendant afficher une vidéo de manœuvre militaire de l’armée ivoirienne et l’a trouvé FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mamady Kebe et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

Un prétendu communiqué du Procureur de la République dénonçant les insultes visant le journaliste ivoirien Daouda Coulibaly circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, le communiqué dénonçant les insultes contre le journaliste  Daouda Coulibaly n’émane pas du Procureur de la République près le tribunal d’Abidjan. Aucune source officielle n’a publié ce communiqué et Alertes 100, le centre technique de fact-checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (Anssi), a confirmé que ce communiqué est une fake news (fausse information).

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une publication postée le 06 janvier 20267 sur la page Facebook L’Afrique Nouvelles et souveraine prétend que le procureur de la république près le tribunal d’Abidjan a, par voie de communiqué, dénoncé les insultes et propos diffamatoires visant le journaliste ivoirien Daouda Coulibaly.

ANALYSE

Dans ce communiqué dénonçant la vague d’insultes et de propos diffamatoires visant le journaliste Daouda Coulibaly sur les réseaux sociaux, le procureur de la république relève que les auteurs s’exposent à des poursuites judiciaires et que la liberté d’expression ne justifie ni la haine ni l’atteinte à la dignité d’autrui.

Ce communiqué a suscité énormément d’engagements, générant sur cette publication plus de 1500 mentions “j’aime”, plus de 750 commentaires au-delà des 200 partages.

Pour renforcer la crédibilité  de son post, l’auteur a mentionné Alertes 100, centre technique de fact-checking de l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (Anssi), par ailleurs rattaché au ministère de l’intérieur,  et l’ Aip, l’agence ivoirienne de presse, un média de service public.

L’auteur de la publication a par ailleurs diffusé d’autres contenus similaires, accompagnés de la photo du procureur de la République, Braman Koné, notamment ici et ici, afin d’étayer l’idée qu’un communiqué officiel aurait effectivement été émis par ce dernier au sujet du journaliste Daouda Coulibaly.

Source: Capture d’écran de la publication
Source: Capture d’écran des commentaires

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Pour vérifier ces allégations nous avons procédé à des recherches sur la page du Ministère de la justice et des droits de l’homme, nous n’avons trouvé aucun résultat.

Nous avons ensuite contacté Alertes 100, le centre technique de fact-checking de l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Informations (Anssi), qui nous a confirmé que ce communiqué est un faux communiqué qui n’émane pas du Procureur de la République.

À ce jour, le seul communiqué exprimant un soutien à Daouda Coulibaly a été publié, le 31 décembre 2025 par la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Dans ce communiqué, la FIJ condamne fermement le harcèlement et les menaces proférés sur les réseaux sociaux à l’encontre de Daouda Coulibaly ainsi que de Jean-Claude Coulibaly, président de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).

Selon l’organisation, ces attaques font suite à leurs prises de position publiques et à leurs analyses critiques concernant la situation de la liberté de la presse au Burkina Faso.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Après toutes ces vérifications,  le communiqué prétendant que le procureur de la république près du tribunal d’Abidjan Braman Koné a dénoncé par voie de communiqué les insultes visant le journaliste Daouda Coulibaly est FAUX.

Ce communiqué a été publié dans le but de tromper les internautes et de crédibiliser une fausse information.

CONSEILS AUX LECTEURS  

  • Ne pas relayer les informations douteuses
  • Se Référer aux canaux officiels pour S’informer
  • Signaler et dénoncer toute publication mensongère auprès des autorités compétentes

Présidentielle ivoirienne de 2025 : la marche du 11 octobre, révélatrice d’une désinformation électorale galopante

Alors que la tension politique monte à quelques jours du scrutin du 25 octobre 2025, la marche interdite du Front Commun, le 11 octobre 2025, a déclenché une vague de fausses informations sur les réseaux sociaux. Entre images détournées, vidéos sorties de leur contexte et fausses rumeurs, la désinformation – comme on pouvait s’y attendre – vient semer la confusion, mettant à l’épreuve la vigilance des journalistes et des vérificateurs de faits.

 Par Abdoul-Khader Coulibaly, Ivoire Check

Prévue initialement le 4 octobre 2025, la marche du Front commun, regroupant le Parti démocratique de Côte d’Ivoire Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) et le Parti des peuples africains Côte d’Ivoire (PPA-CI) avait été reportée pour faute d’autorisation. Les organisateurs l’ont reprogrammée pour le 11 octobre 2025, au lendemain du lancement officiel de la campagne pour l’élection du  président de la République du 25 octobre 2025. Mais à la veille du rassemblement, un arrêté préfectoral l’a finalement interdite, évoquant des risques de troubles à l’ordre public.

Malgré cette interdiction, des groupes de militants et sympathisants de l’opposition ivoirienne ont tenté de se rassembler dans plusieurs communes de la capitale économique, notamment à Yopougon et à Cocody. Les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser les attroupements, usant, par moments, de gaz lacrymogènes.

Une manifestation des partis d’opposition ivoiriens a été dispersée par les forces de l’ordre à Abidjan, le 11 octobre 2025. © AFP

Tandis que la situation semblait globalement sous contrôle sur le terrain, les réseaux sociaux se sont rapidement transformés en un véritable champ de bataille informationnel. Des publications alarmistes ont émergé sur Facebook et TikTok, notamment des vidéos prétendant montrer des manifestants blessés ou tués ou encore des images de foules dispersées par des forces armées.

 

Une grande partie de ces contenus sont trompeurs ou sortis de leur contexte d’origine comme le démontrent plusieurs articles de fact-checking (1, 2, 3, 4). Ils illustrent la puissance et la vitesse de circulation de la désinformation en période électorale. Selon ces articles, les images examinées provenaient soit d’anciennes manifestations, soit d’autres pays. Par exemple, une des images a été prise en Côte d’Ivoire en octobre 2020, une autre en Guinée en octobre 2019, et une autre en Haïti en décembre 2010.

Une propagation fulgurante sur fond  d’un contexte politique tendu

Si ces fausses informations ont circulé aussi vite, c’est avant tout parce qu’elles ont trouvé un terrain fertile dans un contexte politique tendu, explique Donatien Kangah, enseignant en journalisme à l’ISTC Polytechnique d’Abidjan. Kangah, qui est aussi analyste de la désinformation, signale que « les périodes de crise ou de tension politique sont des terreaux fertiles pour la désinformation. Plus les inquiétudes et les émotions sont fortes, plus les gens sont enclins à croire ce qu’ils voient, surtout en l’absence de communication officielle claire ».

Source : Capture d’écran publication AES Alerte
Source : capture d’écran publication Facebook
Source : Capture d’écran page Facebook Mad’s Média

Cette dimension émotionnelle a été déterminante. Selon Mariama Thiam, représentante du Centre for Journalism Innovation and Development (CJID) au Sénégal, « les fake news prospèrent parce qu’elles s’appuient sur nos émotions et sur le biais de confirmation : cette tendance à croire ce qui conforte nos convictions et à rejeter ce qui les contredits ».

Autrement dit, plus une information renforce les convictions d’un groupe politique, plus elle est diffusée rapidement par ce dernier et sans vérification préalable. À cela s’ajoute, la répétition des messages, une technique bien connue dans les campagnes coordonnées de désinformation. « Lorsqu’un citoyen est exposé plusieurs fois à la même rumeur, il finit par y croire », précise Mariama Thiam.

Sur les plateformes, les mêmes vidéos et les mêmes messages circulent, parfois partagés par des comptes identiques, relayant un message uniforme : « répression », « bavures policières », « marche réprimée ».

Un schéma qui ne doit rien au hasard. Selon Cyriac Gbogou, consultant en inclusion numérique, les similitudes répétées entre certaines publications sur les réseaux sociaux suggèrent parfois une diffusion coordonnée plutôt que des publications spontanées.

« Ce n’est pas spontané, ce sont des actions coordonnées », confirme Cyriac Gbogou  avant de poursuivre : « Beaucoup de comptes qui publient ces fausses informations ne sont même pas basés en Côte d’Ivoire. Ce sont des profils de la sous-région, souvent relayés par des acteurs locaux qui ajoutent de la crédibilité et attisent les tensions ».

Pour corroborer les observations de Gbogou, plusieurs pages Facebook ayant diffusé les mêmes publications ou images lors de la marche du Front commun du 11 octobre 2025 ont été analysées. Ces pages (1, 2, 3, 4)  se distinguent par une activité soutenue autour de sujets politiques régionaux et une forte audience en ligne, parmi lesquelles AES Alerte. D’après les données de transparence de Meta, la page AES Alerte a été créée en 2023 sous le nom Histoire d’Afrique avant d’adopter son nom actuel en juin 2025. Elle est gérée par cinq administrateurs situés dans quatre pays différents : Mali, Cameroun, Côte d’Ivoire et France. Parmi les cinq administrateurs, deux  sont localisés au Mali selon les données de transparence de Meta. Cela traduit que la désinformation n’a pas forcément une base locale unique : elle peut être alimentée depuis l’extérieur puis relayée par des comptes locaux qui lui donnent plus de crédibilité.

Source : capture d’écran section transparence page AES Alerte

La page Mali Info Universel a, quant à elle, été créée le 9 janvier 2022 sous le nom Fasso Info. Elle a ensuite changé de nom à plusieurs reprises  : Mali Info (août 2022) puis Mali Info Universel (septembre 2024). Ces modifications successives laissent entrevoir une volonté d’élargir ou de redéfinir son champ d’action éditorial. Les données de transparence indiquent qu’elle est administrée par deux personnes localisées au Mali. La page compte environ 193 000 abonnés.

Si rien ne permet de confirmer qu’il s’agit d’une opération coordonnée, certains éléments, notamment la réutilisation d’images déjà diffusées par d’autres comptes dans la sous-région, peuvent suggérer une circulation de contenus au sein d’un écosystème de pages apparentées.

Source : Capture d’écran transparence de la page Mali Info Universal

Concernant la page Mad’s Média, elle a été créée le 28 juillet 2019 sous le nom Guide Ras Bat. Depuis sa création, elle a changé de nom à cinq reprises : le 19 juin 2020, le 28 juin 2020, le 12 juillet 2021, et le 23 juin 2023, où elle a adopté son nom actuel.  Selon les données de transparence de Meta, les quatre (4) administrateurs de la page résident au Mali.

Source : Capture d’écran page Facebook Mad’s Média
Source : Capture d’écran transparence page Facebook Mad’s Média

Le compte HDR_Info Officiel compte 97 000 abonnés et figure parmi les comptes ayant relayé la même image présentée comme une scène de la manifestation du 11 octobre 2025 à Abidjan. Cependant, les informations de transparence de Meta indiquent que les quatre administrateurs de la page sont également tous basés au Mali.

Source : capture d’écran page facebook

Une campagne de désinformation aux effets concrets sur le climat électoral

 

Au-delà du simple flux de rumeurs, les publications trompeuses observées dans ce contexte électoral ivoirien risquent de fausser la perception de la réalité et d’influencer le comportement des citoyens à l’approche du scrutin.

 

Selon Cyriac Gbogbou « toute action de désinformation a toujours pour but d’avoir une influence sur un groupe ». Dans le cas de la marche du 11 octobre, poursuit-il, « il semble s’agir d’effrayer la population, pour qu’elle ne sorte pas. En ce moment, c’est la période pour récupérer les cartes d’électeurs : si les gens ont peur de se déplacer, ils ne voteront pas. C’est une autre forme de boycott, qui crée une psychose collective. »

Ce constat rejoint celui de plusieurs observateurs de la société civile, comme celui du rapport de la National  Democratic Institute (NDI), qui note une baisse de confiance envers les médias traditionnels et les sources officielles, au profit de comptes anonymes ou de plateformes communautaires.

« Quand les citoyens cessent de croire aux sources d’autorité, la désinformation gagne toujours. Le danger, c’est que la peur ou la colère deviennent plus puissantes que les faits », analyse Mariama Thiam du CJID.

La viralité de ces contenus s’explique aussi par la logique propre aux algorithmes des réseaux sociaux. Plus une publication suscite de réactions, d’indignations, de peur, de curiosité, plus elle est propulsée dans les fils d’actualité. Résultat, les fausses informations circulent souvent plus vite et plus loin que les démentis ou les articles de vérification des faits.

« Malheureusement, la vérité se déplace plus lentement que le mensonge », regrette Mariama Thiam.

Le défi de restaurer la confiance face à la tempête informationnelle

Face à cette marée de contenus trompeurs, le rôle des journalistes reste crucial. Il est essentiel qu’ils puissent privilégier la vérification rigoureuse de l’information plutôt que la rapidité de publication.  Cyriac Gbogbou rappelle que « le travail journalistique ne doit pas se faire dans la précipitation, ni courir derrière le buzz, mais doit venir améliorer l’information : si c’est une fake, donner la bonne information, ou la replacer dans son contexte ».

Cette rigueur, selon lui, suppose une meilleure coordination entre les rédactions, les fact-checkers et les institutions. « Beaucoup de personnes font le même travail, mais elles ne se parlent pas. Il faut une synergie d’action ».

De son côté, Donatien Kangah, enseignant en journalisme et en communication digitale, insiste sur la nécessité d’un travail collectif de pédagogie : « Dans un contexte de crise, les émotions prennent le dessus et l’absence d’informations officielles laisse la place à toutes les rumeurs. Le journaliste doit être le contrepoids de cette agitation, en apportant calme, vérification et autorité ».

Ces propos rappellent une évidence souvent oubliée que lutter contre la désinformation ne consiste pas seulement à corriger les fausses nouvelles, mais à restaurer un lien de confiance entre les médias, les institutions et les citoyens. Dans le cas de la marche interdite du 11 octobre 2025, cette mission prend une dimension particulière, vingt quatre heures d’un scrutin présidentiel où la crédibilité de l’information pèse est essentielle pour la cohésion sociale.

Cet article a été réalisé par le média ivoirien Ivoire Check, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.