FIMI et élections en Côte d’Ivoire : comment l’information devient un enjeu démocratique

Quand la manipulation de l’information cherche à influencer les choix citoyens

À l’approche d’une élection, la bataille politique ne se déroule plus uniquement dans les meetings, les médias traditionnels ou les urnes. Elle se joue aussi sur les téléphones portables, dans les groupes WhatsApp, sur Facebook, TikTok, X et sur les plateformes d’information en ligne.

Faux résultats, communiqués fabriqués, sondages présentés sans contexte, images anciennes recyclées, vidéos manipulées, comptes coordonnés : l’espace informationnel peut devenir un terrain de confrontation susceptible d’influencer la perception des citoyens.

En Côte d’Ivoire, la présidentielle du 25 octobre 2025 a fourni plusieurs exemples concrets de ces risques. À la veille du scrutin, de prétendus « résultats provisoires par régions » ont ainsi été publiés sur une plateforme numérique avant même la tenue du vote. La Commission électorale indépendante (CEI) a immédiatement précisé qu’elle n’était associée ni de près ni de loin à cette publication et rappelé qu’elle était l’unique autorité habilitée à communiquer les résultats provisoires issus des bureaux de vote.

Cet épisode permet de comprendre pourquoi l’intégrité de l’information est devenue une composante essentielle de l’intégrité électorale.

Pourquoi les périodes électorales sont-elles particulièrement sensibles ?

Une élection est une période pendant laquelle les citoyens doivent prendre une décision politique à partir des informations dont ils disposent : programmes des candidats, déclarations publiques, bilan des gouvernants, organisation du scrutin, règles électorales ou encore résultats.

La qualité de l’information disponible peut donc avoir une influence sur la compréhension du processus et sur les choix des électeurs.

Le contexte électoral réunit également plusieurs caractéristiques favorables à la propagation de contenus trompeurs : forte demande d’information, compétition politique, polarisation, multiplication des prises de parole, émotions fortes et accélération de la circulation des contenus sur les réseaux sociaux.

L’UNESCO souligne que l’intégrité de l’information revêt une importance particulière pendant les élections, qui constituent des moments déterminants dans la vie d’un pays et peuvent avoir des conséquences sur la paix, la sécurité et l’économie. Elle attire notamment l’attention sur les risques liés aux services de messagerie et aux faux contenus audio et vidéo.

La vitesse de circulation constitue un autre défi. Une fausse information publiée quelques heures avant un scrutin peut atteindre des milliers de personnes avant qu’une institution, un média ou une organisation de fact-checking ait eu le temps de la vérifier.

Des fausses informations aux opérations FIMI

 

 

 

 

 

Source : CIDDH

Il faut toutefois éviter une confusion importante : toute désinformation électorale n’est pas automatiquement une opération FIMI.

Les FIMI — Foreign Information Manipulation and Interference, ou manipulation de l’information et ingérence étrangère — supposent notamment de s’intéresser au comportement des acteurs, à la coordination de leurs actions, à leurs objectifs et, dans le cas d’une ingérence étrangère, à l’implication d’acteurs liés à l’extérieur du pays.

Une publication fausse, à elle seule, ne permet donc pas d’affirmer qu’une puissance étrangère conduit une opération d’ingérence.

L’analyse doit chercher des indices : plusieurs comptes agissent-ils de manière coordonnée ? Un même narratif est-il amplifié simultanément sur différentes plateformes ? Quelle est l’origine du contenu ? Quels acteurs le diffusent ? Qui bénéficie de cette opération ?

Cette distinction est essentielle pour éviter de transformer chaque rumeur électorale en accusation d’ingérence étrangère sans preuve.

  1. Les faux résultats : créer un fait avant le vote

Les résultats électoraux constituent une cible particulièrement sensible.

Le 24 octobre 2025, soit la veille de la présidentielle ivoirienne, des données présentées comme des « résultats provisoires par régions » ont été publiées en ligne. Le problème était évident : le scrutin devait avoir lieu le lendemain.

La CEI a réagi officiellement le jour même, en indiquant que ces données ne l’engageaient pas et qu’elles ne pouvaient constituer les résultats d’une élection qui n’avait pas encore eu lieu.

Africa Check a documenté l’épisode et indiqué que la plateforme concernée avait expliqué par la suite qu’il s’agissait d’une erreur d’affichage liée à des essais internes.

Mais, entre-temps, ces données avaient circulé sur les réseaux sociaux et alimenté des interprétations présentant notamment l’incident comme la preuve que les résultats auraient été déterminés à l’avance.

L’épisode illustre un mécanisme important de la désinformation électorale : une information erronée peut continuer à alimenter des narratifs trompeurs même après avoir été corrigée.

Pour savoir comment les résultats sont réellement comptés et publiés en Côte d’Ivoire, une fiche d’information réalisée par la Cellule Anti Fake News  explique notamment le dépouillement, les procès-verbaux et le processus de publication officielle.

  1. Les fausses annonces attribuées aux institutions

Une autre technique consiste à fabriquer un message et à l’attribuer à une institution reconnue.

Le logo, les couleurs, la signature ou la présentation graphique d’une institution peuvent donner au faux document une apparence d’authenticité.

Un cas particulièrement révélateur a été observé juste avant la présidentielle de 2025. Une publication diffusée sur Facebook prétendait que la CEI demandait aux Ivoiriens de ne pas se rendre aux urnes le 25 octobre et annonçait qu’il n’y aurait pas d’élection.

Cette affirmation était fausse. La CEI l’a démentie sur sa page Facebook CEI Alerte fakenews .

Capture de la page facebook

Dans une période électorale, une telle fabrication peut avoir des conséquences directes : décourager certains électeurs, provoquer de la confusion sur le calendrier ou affaiblir la confiance dans l’institution électorale.

La première question à poser devant un communiqué électoral reçu sur WhatsApp ou Facebook devrait donc être :

« Ce document est-il réellement publié sur les canaux officiels de l’institution ? »

Consulter les communiqués officiels de la CEI

  1. Faux communiqués et usurpation de personnalités politiques

Les institutions ne sont pas les seules cibles.

Pendant la présidentielle de 2025, les structures de factchecking ont recensé plusieurs faux communiqués ou déclarations attribués à des acteurs politiques.

Ces fabrications peuvent servir plusieurs objectifs : attribuer une position à un adversaire, créer une controverse artificielle, provoquer des réactions politiques ou médiatiques et installer le doute sur l’authenticité des communications officielles.

Lorsque les faux documents deviennent nombreux, le problème dépasse chaque publication prise individuellement : même les vrais communiqués peuvent finir par être accueillis avec suspicion.

  1. Images et vidéos : le vrai utilisé pour raconter le faux

Manipuler l’information ne signifie pas nécessairement fabriquer une image de toutes pièces.

Une technique beaucoup plus simple consiste à prendre :

  • une ancienne vidéo ;
  • une photographie provenant d’un autre pays ;
  • un extrait sorti de son contexte ;
  • une véritable déclaration coupée ;
  • ou un ancien reportage ;

puis à lui attribuer une nouvelle signification.

Africa Check a par exemple documenté, dans le contexte de la présidentielle ivoirienne de 2025, un montage utilisant un ancien reportage de RFI datant de 2021 pour faire croire à une rencontre politique intervenue après l’annonce des résultats provisoires de 2025. RFI a indiqué que son logo avait été usurpé.

Le contenu original pouvait donc être réel tandis que le contexte qui lui était attribué était faux.

L’arrivée de l’intelligence artificielle ajoute une difficulté supplémentaire. Des images, voix et vidéos synthétiques peuvent désormais être produites ou modifiées. L’UNESCO souligne que les faux contenus audio et visuels représentent un enjeu particulier pendant les périodes électorales, notamment parce qu’ils peuvent être difficiles à détecter.

  1. Les sondages : des chiffres qui peuvent influencer les perceptions

Les sondages donnent une apparence scientifique particulièrement persuasive à une publication : chiffres, graphiques, pourcentages, classements.

Mais un sondage ne doit pas être évalué uniquement à partir de ses résultats.

Il faut notamment demander :

Qui l’a commandé ? Qui l’a réalisé ? Quand ? Sur quel échantillon ? Comment les personnes ont-elles été sélectionnées ? Quelles questions leur ont été posées ?

Le sujet a été particulièrement sensible en Côte d’Ivoire en 2025.

Le 7 octobre 2025, la CEI a rappelé qu’en application de l’article 39 du Code électoral, la publication ou la diffusion d’estimations de vote ou de résultats de sondages était interdite à compter de la publication de la liste électorale définitive.

Lire le communiqué de la CEI sur les sondages et estimations de vote

  1. Discréditer un candidat, un média ou une institution

Une opération de manipulation ne cherche pas nécessairement à faire croire à une seule fausse information.

Elle peut chercher à construire progressivement un narratif.

Par exemple :

« Les médias mentent. »
« L’institution électorale cache quelque chose. »
« Les résultats sont déjà décidés. »
« Aucun document officiel n’est fiable. »

Des publications différentes peuvent alors renforcer le même récit.

Cette stratégie est particulièrement problématique lorsqu’elle vise la confiance. Une succession de faux communiqués, de faux résultats et de contenus attribués à tort à des médias peut progressivement rendre difficile, pour le citoyen, la distinction entre une information authentique et une fabrication.

L’UNESCO considère plus largement que la désinformation et les campagnes affectant l’intégrité électorale peuvent éroder la confiance du public et fragiliser des valeurs démocratiques essentielles.

  1. Amplifier artificiellement les discours conflictuels

Sur les réseaux sociaux, la visibilité apparente d’un message ne signifie pas nécessairement qu’il bénéficie d’un soutien spontané.

Des réseaux de comptes peuvent être utilisés pour :

  • publier simultanément le même message ;
  • répéter un hashtag ;
  • commenter massivement une publication ;
  • attaquer une personnalité ;
  • faire remonter artificiellement un sujet ;
  • donner l’impression qu’une opinion est majoritaire.

Dans une logique FIMI, l’enjeu n’est donc pas seulement ce qui est dit, mais également comment le contenu circule.

Un analyste doit examiner les comportements : rythme de publication, création récente des comptes, répétition des mêmes formulations, coordination temporelle ou circulation du même narratif entre plusieurs plateformes.

L’existence d’une coordination n’établit toutefois pas automatiquement une ingérence étrangère. L’attribution exige des éléments supplémentaires permettant d’identifier les acteurs et leurs liens.

La confusion peut être un objectif en soi

Une opération FIMI ne cherche pas toujours à convaincre les citoyens d’une vérité alternative.

Elle peut chercher à produire suffisamment de versions contradictoires pour rendre la réalité difficile à distinguer.

« Qui dit vrai ? »
« Les résultats sont-ils authentiques ? »
« Ce communiqué est-il réel ? »
« Cette vidéo est-elle récente ? »

Lorsque ces questions deviennent permanentes et que toutes les sources sont mises sur le même plan, un autre effet apparaît : la fatigue informationnelle.

Le citoyen peut finir par conclure :

« On ne peut plus croire personne. »

C’est précisément pourquoi la confusion elle-même peut devenir un résultat recherché par une opération de manipulation.

Quel impact sur la confiance démocratique ?

La démocratie suppose que les citoyens puissent accéder à une information suffisamment fiable pour se forger une opinion et exercer leurs droits.

La désinformation électorale peut fragiliser cette capacité en affectant simultanément la confiance envers les candidats, les médias, l’administration électorale et parfois le processus électoral lui-même.

L’UNESCO rappelle que l’Internet et les réseaux sociaux offrent des possibilités considérables d’accès et de circulation de l’information, mais que la désinformation et d’autres pratiques nuisibles peuvent également affecter gravement les processus électoraux.

Le danger n’est donc pas seulement qu’un électeur croie momentanément une fausse publication. Le risque plus profond apparaît lorsque l’écosystème informationnel devient tellement pollué que le citoyen ne sait plus quelles sources utiliser pour prendre une décision éclairée.

Comment se protéger pendant une élection ?

Avant de partager une information électorale, quelques réflexes peuvent réduire considérablement le risque :

  1. Identifier la source originale, plutôt que la personne qui a simplement transféré le message.
  2. Vérifier la date et le contexte, notamment pour les images et vidéos.
  3. Consulter directement la CEI pour les informations relatives au processus et aux résultats électoraux.
  4. Rechercher plusieurs sources journalistiques indépendantes.
  5. Vérifier les images à l’aide d’une recherche inversée.
  6. Se méfier des messages jouant fortement sur la peur, la colère ou l’urgence.
  7. Ne pas considérer la viralité comme une preuve.
  8. Suspendre le partage lorsque l’information ne peut pas être confirmée.

Pour les résultats électoraux, le site officiel de la CEI met directement à disposition les résultats des différents scrutins, dont ceux de la présidentielle de 2025.

Consulter les résultats électoraux officiels de la CEI

L’information est désormais une composante du processus électoral

La présidentielle ivoirienne de 2025 a montré concrètement que la protection d’une élection ne concerne plus uniquement les urnes, les bulletins et les bureaux de vote. Elle concerne également l’environnement dans lequel les citoyens reçoivent, interprètent et partagent l’information.

Les faux résultats publiés avant le scrutin, les faux communiqués, les rumeurs attribuées à la CEI et le recyclage de contenus médiatiques montrent que la manipulation peut intervenir à différentes étapes du processus.

Mais il faut également éviter l’excès inverse : qualifier trop rapidement de FIMI toute fausse information politique. Documenter une ingérence étrangère demande de rechercher les acteurs, leurs comportements, leurs liens, leurs méthodes de coordination et leurs objectifs.

La protection de l’intégrité électorale passe donc aussi par une compétence citoyenne devenue fondamentale : savoir distinguer une information vérifiée d’une affirmation, une erreur d’une manipulation et une rumeur locale d’une véritable opération coordonnée d’ingérence informationnelle.

En période électorale, vérifier avant de partager n’est pas seulement un réflexe numérique : c’est une contribution à l’intégrité du débat démocratique.

…………………………………….

Cet article a été rédigé par Kaberu TAIRU, Consultant en Fact-checking. Il a été édité et validé dans le cadre du projet de lutte contre les manipulations de l’information et les ingérences étrangères (FIMI), mis en œuvre en Côte d’Ivoire par le CIDDH avec l’appui d’International IDEA.

FIMI en Côte d’Ivoire : comprendre les manipulations de l’information et les ingérences étrangères

Comprendre le phénomène avant de savoir y répondre

Dans un monde où l’information circule rapidement grâce aux réseaux sociaux et aux plateformes numériques, la capacité à distinguer les informations fiables des contenus trompeurs devient un enjeu majeur.

Aujourd’hui, les sociétés ne font pas seulement face à la circulation de fausses informations isolées. Elles sont également confrontées à des stratégies plus complexes visant à influencer les perceptions, fragiliser la confiance dans les institutions ou perturber le débat public.

C’est dans ce contexte qu’apparaît le concept de FIMI (Foreign Information Manipulation and Interference), traduit en français par manipulation de l’information et ingérence étrangère.

En Côte d’Ivoire, comme dans plusieurs pays africains, la transformation rapide de l’écosystème numérique, l’importance croissante des réseaux sociaux dans la circulation de l’information et les enjeux liés aux périodes électorales rendent nécessaire une meilleure compréhension de ces phénomènes.

  1. Qu’est-ce qu’une FIMI ?

La FIMI désigne des actions organisées visant à manipuler l’environnement informationnel d’un pays afin d’influencer les perceptions, les comportements ou les processus de décision.

Elle implique généralement l’intervention d’un acteur étranger ou d’un réseau lié à un acteur extérieur qui cherche à atteindre un objectif stratégique à travers l’information.

Contrairement à une simple erreur ou à une rumeur spontanée, une opération FIMI repose souvent sur :

  • une intention précise ;
  • une stratégie organisée ;
  • des méthodes coordonnées ;
  • l’utilisation de différents canaux de diffusion ;
  • une volonté d’influencer un public ciblé.

Une opération FIMI peut utiliser des contenus vrais, faux ou sortis de leur contexte. Son objectif n’est pas uniquement de faire croire à une information fausse, mais parfois de créer de la confusion, de renforcer des divisions ou de réduire la confiance envers certaines institutions ou acteurs.

À retenir : Une FIMI ne cherche pas seulement à diffuser une fausse information ; elle cherche à influencer un environnement informationnel.

  1. Quelle différence entre FIMI, fake news et désinformation ?
Source : CIDDH

Les termes « fake news », « désinformation » et « FIMI » sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais ils désignent des réalités différentes.

La fausse information (fake news)

L’expression « fake news » est couramment utilisée pour désigner un contenu présenté comme une information mais qui contient des éléments faux ou trompeurs.

Cependant, ce terme peut être imprécis, car toutes les informations fausses ne répondent pas au même objectif.

La mésinformation

La mésinformation correspond à une information fausse ou inexacte partagée sans intention de nuire.

Exemple : Une personne partage une ancienne image en pensant sincèrement qu’elle correspond à un événement récent.

La désinformation

La désinformation désigne la création ou la diffusion volontaire d’une information fausse ou trompeuse dans le but d’induire un public en erreur.

Exemple : Créer volontairement une fausse publication attribuée à une institution pour influencer l’opinion publique.

La FIMI

La FIMI va au-delà d’un simple contenu trompeur.

Elle correspond à une opération structurée de manipulation de l’information, souvent menée ou soutenue par des acteurs étrangers, visant à influencer un environnement informationnel.

Exemple simplifié :

  • Une personne partage une fausse information par erreur → mésinformation.
  • Un individu invente volontairement une fausse information → désinformation.
  • Un réseau organisé crée et diffuse plusieurs contenus trompeurs pour influencer un débat public dans un autre pays → FIMI.

Message clé : Toutes les FIMI utilisent des techniques de désinformation, mais toute désinformation n’est pas une FIMI.

  1. Comment fonctionnent les opérations FIMI ?
Source : CIDDH

Les opérations FIMI suivent souvent plusieurs étapes.

Identifier des sujets sensibles

Les acteurs manipulateurs exploitent généralement des thèmes qui suscitent déjà des débats ou des émotions fortes :

  • questions politiques ;
  • élections ;
  • sécurité ;
  • identité ;
  • tensions sociales ;
  • crises économiques.

Ils cherchent à exploiter des fragilités existantes dans une société.

Construire un récit manipulateur

La manipulation ne consiste pas toujours à inventer totalement une histoire.

Elle peut prendre plusieurs formes :

  • modifier le contexte d’une information réelle ;
  • exagérer certains faits ;
  • attribuer de fausses intentions à un acteur ;
  • présenter une opinion comme un fait ;
  • utiliser une image ancienne pour illustrer un événement actuel.

Amplifier la diffusion

Les réseaux sociaux peuvent être utilisés pour accélérer la visibilité d’un contenu grâce à :

  • des comptes multiples ;
  • des faux profils ;
  • des réseaux coordonnés ;
  • des campagnes de publication répétée ;
  • des contenus générés par intelligence artificielle.

L’objectif peut être de donner l’impression qu’une information est largement acceptée alors qu’elle est artificiellement amplifiée.

  1. Quels acteurs peuvent être impliqués ?

Les opérations FIMI peuvent mobiliser différents types d’acteurs :

Des acteurs étatiques étrangers

Certains États peuvent chercher à influencer l’opinion publique d’un autre pays pour défendre leurs intérêts stratégiques.

Des réseaux organisés

Des groupes peuvent coordonner la création et la diffusion de contenus trompeurs à grande échelle.

Des relais locaux ou internationaux

Des individus, pages ou comptes peuvent parfois participer à la diffusion de récits manipulatoires, volontairement ou non.

Des outils technologiques

Les technologies numériques peuvent faciliter :

  • la création rapide de contenus ;
  • l’automatisation de publications ;
  • la gestion de faux comptes ;
  • la manipulation d’images, vidéos ou audios.
  1. Pourquoi les FIMI deviennent-elles un enjeu important aujourd’hui ?

Plusieurs facteurs expliquent l’importance croissante des FIMI.

La transformation numérique

Avec l’augmentation de l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux, chaque citoyen peut produire et partager de l’information.

Cette évolution favorise la participation citoyenne, mais augmente également les risques de propagation rapide de contenus trompeurs.

La rapidité de circulation de l’information

Une information fausse peut atteindre un grand nombre de personnes avant même qu’elle soit vérifiée.

L’utilisation de nouvelles technologies

L’intelligence artificielle facilite aujourd’hui la création de contenus plus réalistes, rendant parfois la distinction entre vrai et faux plus complexe.

Les enjeux démocratiques

Les FIMI peuvent affecter :

  • la confiance dans les institutions ;
  • la qualité du débat public ;
  • la participation citoyenne ;
  • la perception des processus électoraux.
  1. Pourquoi renforcer la résilience informationnelle ?
Source : CIDDH

La réponse aux FIMI ne consiste pas uniquement à supprimer les contenus trompeurs.

Elle nécessite de renforcer la capacité des individus et des institutions à :

  • analyser l’information ;
  • vérifier les sources ;
  • comprendre les mécanismes de manipulation ;
  • identifier les comportements coordonnés ;
  • prendre des décisions éclairées.

Cette capacité collective est appelée résilience informationnelle.

Elle repose notamment sur :

Le journalisme de qualité : Les médias jouent un rôle essentiel dans la vérification et l’explication des faits

Le fact-checking : Les vérificateurs de faits permettent d’identifier les contenus trompeurs et d’expliquer les méthodes utilisées.

L’éducation aux médias et à l’information : Former les citoyens aux réflexes de vérification renforce leur autonomie face aux contenus manipulatoires.

La coopération entre acteurs : La lutte contre les FIMI nécessite une collaboration entre médias, chercheurs, institutions publiques, société civile et citoyens.

Comprendre les FIMI pour mieux protéger l’espace informationnel

Les FIMI représentent une évolution importante des menaces informationnelles contemporaines. Elles ne reposent pas uniquement sur la diffusion de fausses informations, mais sur des stratégies visant à influencer la manière dont les citoyens perçoivent les événements, les institutions et les acteurs publics.

En Côte d’Ivoire, renforcer la compréhension de ces phénomènes constitue une étape essentielle pour développer une société mieux préparée face aux manipulations de l’information.

Car une société résiliente n’est pas une société sans fausses informations : c’est une société capable de les identifier, de les comprendre et d’y répondre collectivement.

…………………………………….

Cet article a été rédigé par Kaberu TAIRU, Consultant en Fact-checking. Il a été édité et validé dans le cadre du projet de lutte contre les manipulations de l’information et les ingérences étrangères (FIMI), mis en œuvre en Côte d’Ivoire par le CIDDH avec l’appui d’International IDEA.

Immersion au cœur du fact-checking et développement de nouvelles compétences: l’expérience enrichissante de la Cellule Anti Fake News grâce au Programme de Bourse de Code for Africa/projet GIZ SIREWA

Bénéficiaire du Programme de Bourse de Code for Africa à travers le projet GIZ SIREWA CheckDesks, avec l’appui de l’African Fact-Checking Alliance (AFCA), nous partageons à travers cet article le parcours et l’expérience impactant  de la   Cellule Anti-fake News tout au long de cette opportunité.

Bien plus qu’une simple bourse, cette expérience a représenté pour notre organisation une véritable immersion professionnelle dans l’univers du fact-checking, de l’investigation numérique et de la lutte contre les manipulations de l’information.

Pendant dix (10) mois, du 1er août 2025 au 31 mai 2026, cette initiative nous a permis de renforcer durablement nos capacités techniques, méthodologiques et éditoriales. Grâce à cet accompagnement, nous avons acquis de nouvelles compétences qui enrichissent aujourd’hui notre travail quotidien de lutte contre la désinformation en Côte d’Ivoire, tout en consolidant notre engagement en faveur d’une information fiable, vérifiée et responsable.

 La formation sur les techniques de vérification des faits.

Le programme a débuté par une formation intensive de six semaines autour des modules clés qui ont étendu  notre compréhension du fact-checking et des mécanismes de désinformation. Ce sont entre autre  « l’Introduction à la vérification des faits, la présentation d’une vérification des faits, Plagiat: directives éthiques à l’ère numérique, Introduction à la sécurité numérique, Opérations d’influence et comportement inauthentique coordonné, Mise en place d’infrastructures pour les enquêtes de l’IMI et la Cartographie des réseaux »

Pour Kaberu TAIRU, Coordinateur général de la Cellule Anti Fake News ayant participé au programme, l’un des principaux acquis reste le développement d’une nouvelle approche analytique. «  Aujourd’hui, nous analysons les contenus viraux avec beaucoup plus de rigueur. La formation nous a appris à croiser les sources, à utiliser des outils OSINT (Open Source Intelligence) et surtout à mieux comprendre les mécanismes de propagation de la désinformation sur les réseaux sociaux . »

Au-delà des formations, cette bourse a profondément transformé les méthodes de travail de la Cellule Anti Fake News. Les compétences acquises pendant le programme sont aujourd’hui utilisées quotidiennement dans nos activités de veille numérique, de vérification des contenus viraux et de sensibilisation des citoyens.

Cette montée en compétences a également permis à notre organisation  de structurer davantage son approche éditoriale et organisationnelle.

La mise en place d’un bureau interne de vérification des faits

L’un des résultats les plus concrets de cette expérience a été la mise en place d’un bureau interne de vérification des faits au sein de la Cellule Anti Fake News dirigé par Ferlande N’Guessan, cheffe de projet au sein de la Cellule Anti Fake News et représentante de l’organisation dans le cadre du programme CheckDesks..

En effet, À l’issue de la phase de formation, la cellule Anti Fake News avait pour mission de produire et publier un minimum de deux articles de  Fact-checking par mois durant les périodes de septembre, octobre et novembre 2025, puis de janvier à avril 2026.

Cette dynamique a permis de renforcer l’organisation interne des productions de fact-checking et d’assurer un suivi plus rigoureux des investigations et publications.

Pour se faire, notre équipe a bénéficié de l’accompagnement d’un mentor, Mamady Kébé, journaliste fact-checker et expert en vérification des faits dont lencadrement a joué un rôle majeur dans le renforcement de nos capacités rédactionnelles, méthodologiques et analytiques.

Au-delà des aspects techniques, notre mentor Mamady Kébé nous a transmis des réflexes professionnels essentiels : «  Toujours privilégier les sources primaires, croiser systématiquement les informations et les archiver avant publication, documenter chaque étape de vérification et garder une posture de neutralité dans le traitement des sujets sensibles. » , a-t-il expliqué.

Ses conseils sur la rigueur éditoriale, la patience dans les investigations numériques et l’importance de la crédibilité dans le travail du fact-checker ont profondément marqué notre équipe.

Pour Ferlande N’Guessan, représentante de la Cellule Anti Fake News dans le programme :

«  Cette bourse nous a permis de professionnaliser davantage notre approche du fact-checking. Nous avons appris à travailler avec plus de méthode, plus de rigueur et surtout avec une meilleure maîtrise des outils d’investigation numérique. »

Aymard Taou,  journaliste fact-checker  au sein de la Cellule souligne également l’impact humain et professionnel du mentorat : « Le suivi régulier du mentor nous a beaucoup aidés. Ses retours sur nos productions nous ont permis de corriger nos erreurs, d’améliorer notre écriture et d’être plus exigeants dans nos recherches. »

Treize productions de fact-checking réalisées et une audience en forte croissance

Grâce aux compétences acquises et à l’accompagnement technique reçu, la Cellule Anti Fake News a produit treize (13) articles de vérification des faits avant la fin du programme.

Ces productions ont porté sur plusieurs thématiques sensibles, notamment les questions politiques ; les enjeux sécuritaires ; les sujets économiques ; ainsi que les problématiques sociales.

Au-delà du volume de production, ces articles ont contribué à renforcer la visibilité de la Cellule auprès du public. Les contenus publiés ont permis de fournir des informations vérifiées dans un contexte marqué par la désinformation, tout en renforçant l’accès des citoyens à des sources fiables et leur esprit critique face aux contenus trompeurs.

L’impact de ces productions se reflète également dans les performances enregistrées sur le site web de la Cellule. Depuis le début du programme, les articles publiés généraient en moyenne près de 150 lecteurs. À ce jour, cette audience dépasse les 500 lecteurs, traduisant ainsi  une progression des plus remarquables de l’audience depuis le lancement du programme. Cette augmentation significative du trafic témoigne non seulement de l’intérêt croissant du public pour nos contenus, mais aussi de la pertinence des sujets traités et de la qualité du travail réalisé. Elle démontre également que les compétences acquises dans le cadre du programme ont permis d’améliorer la production éditoriale, la diffusion des contenus et l’engagement des lecteurs autour des enjeux liés à la lutte contre la désinformation.

Une expérience humaine et professionnelle enrichissante

Comme toute expérience d’apprentissage, le programme a également été marqué par plusieurs défis : difficultés de connexion internet pendant certaines sessions, accès limité à certaines sources d’information ou encore complexité de certaines investigations numériques.

Malgré cela, l’accompagnement des formateurs, des mentors et des équipes de Code for Africa a permis de maintenir une dynamique d’apprentissage continue.

Une gratitude envers les partenaires et acteurs du programme

La Cellule Anti Fake News adresse ses sincères remerciements à Code for Africa, à la GIZ, à l’AFCA, aux différents formateurs, mentors et partenaires ayant contribué à la réussite de cette initiative.

La lutte contre la désinformation étant un travail de longue haleine qui nécessite de la rigueur, de la collaboration et un engagement constant, les compétences acquises durant cette bourse serviront dans nos rédactions et dans nos communautés.

Ferlande N’Guessan
Cellule Anti Fake News

 

Une vidéo attribuée à Alassane Ouattara prétendant annoncer la dégradation de sa santé et sa démission est fausse et générée par intelligence artificielle

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

 FAUX,  La  vidéo du Président Alassane Ouattara prétendant informer les ivoiriens d’une dégradation de son état de santé ainsi que sa démission de la présidence de la République est fausse. Aucune source officielle ivoirienne, ni aucun média crédible n’a relayé une telle information. Après vérification, cette vidéo a été générée par l’intelligence artificielle.

Une analyse effectuée à l’aide de l’outil Hive Moderation révèle que le contenu audio présente une probabilité à 95,7 pour cent  de taux d’usage de l’ intelligence artificielle.

FAIT

Une vidéo  qui a  circulé sur Tiktok le 18 Avril 2026 prétend que le président  Alassane Ouattara annonce à ses compatriotes une dégradation de son état de santé ainsi que sa démission de la présidence de la République. Voici l’essentiel de son discours:

ANALYSE

Dans cette vidéo publiée par  le compte TikTok « Colonel officiel », montre  l’image du président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara. En fond sonore, un audio présenté comme une allocution officielle lui est attribué. Dans cet enregistrement, il évoque son état de santé et annonce prétendument sa démission.

Voici l’intégralité du discours:

« Chers compatriotes, conformément aux informations sur l’état de ma santé qui circulent sur la toile, je vous confirme que cette information est vraie. Cela fait plusieurs mois déjà que j’ai été informé par mon médecin d’une maladie assez grave qui m’empêche d’exercer dans la tranquillité mes fonctions de président de la République de Côte d’Ivoire. C’est avec un grand regret que je vous annonce ma démission à la tête de l’État de Côte d’Ivoire afin de me consacrer à ce petit temps qui me reste encore à vivre auprès de ma famille. Merci à toutes et à tous les Ivoiriens qui ont eu confiance en ma modeste personne. La fonction de président de la République sera confiée au vice-premier ministre jusqu’au 25 octobre 2030. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire, je vous remercie »

Capture d’écran de la publication

Cette vidéo a enregistré plus de 504 000 vues, plus de 7 000 mentions « J’aime », un peu plus de 200 partages ainsi qu’environ 130 commentaires.

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons effectué des recherches sur Google avec les mots clés “démission du président Alassane Ouattara “, nous n’avons obtenu aucun résultat.

De plus, aucun communiqué de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire ne fait état d’une quelconque démission ou d’un problème de santé du chef de l’État.

Les canaux officiels de la présidence ivoirienne, notamment ses plateformes numériques habituelles(1,2) n’ont publié aucune information allant dans ce sens.

De même, aucun média ivoirien ou international reconnu (1,2,3) pour sa fiabilité n’a relayé une telle annonce. Une information d’une telle importance aurait normalement fait l’objet d’une large couverture médiatique nationale et internationale.

Par ailleurs, l’analyse de la vidéo avec l’outil de détection Hive Moderation révèle une forte probabilité de génération artificielle. Selon les résultats obtenus, le contenu audio de cette vidéo présente un taux de 95,7 pour cent  de fabrication artificielle.

Capture d’écran de la vérification avec l’outil Hive modération

Ce type d’outil permet d’identifier certains indices techniques associés aux contenus synthétiques, notamment les deepfakes et les vidéos modifiées par IA.

La vidéo prétendant que le président Alassane Ouattara informe les ivoiriens d’un supposé problème de santé et sa démission est fausse. Aucune autorité officielle ni aucun média crédible n’a confirmé cette information. L’analyse effectuée avec l’outil Hive Moderation indique en outre une probabilité de 95,7% que la vidéo ait été générée par intelligence artificielle.

Cette fausse vidéo illustre une nouvelle fois les risques liés à l’usage malveillant de l’intelligence artificielle dans la diffusion de fausses informations.Dans des contextes politiques sensibles, ce type de manipulation peut semer la confusion, alimenter la désinformation et influencer l’opinion publique.Face à ces contenus, il est recommandé de toujours vérifier les informations auprès de sources officielles et de médias fiables avant de les partager.

BON À SAVOIR 

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com .

Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

Ce fact-check a été produit par Victoire Kouamé dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la Cellule Anti Fake News.

Un audio manipulé, prêtant des propos au ministre Kobenan Kouassi Adjoumani sur le RHDP, circule sur les réseaux sociaux.

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

FAUX  : L’enregistrement audio prétendument attribué au ministre d’Etat Kobenan Kouassi Adjoumani, contenant de supposées révélations sur le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) est faux. Après vérification, cette vidéo a été générée par l’intelligence artificielle. Une analyse effectuée à l’aide de l’outil Hive Moderation révèle que le contenu audio présente une probabilité à 74 % d’avoir été généré par intelligence artificielle

Par Victoire Kouamé

FAIT

Un enregistrement audio attribué au ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, contenant de supposées révélations sur le RHDP ainsi que sur l’état de santé du président Alassane Ouattara, a été largement relayé sur Facebook, ce mercredi 13 mai 2026.

ANALYSE

Dans cet enregistrement audio relayé par plusieurs comptes, notamment (1, 2, 3, 4), une voix en fond sonore est présentée comme celle du ministre échangeant avec un individu nommé Mathieu. Le contenu audio d’une durée totale de 10 minutes et 05 secondes, attribué au ministre Adjoumani avec sa photo en arrière plan, évoque les dissensions au sein du parti RHDP et la santé du président de la république prétendument malade.

Capture d’écran de la publication

La publication de cet audio a suscité énormément de réaction et d’engagements d’autant plus que la personne au centre de la polémique ( Monsieur Adjoumani ) est une figure de proue du RHDP, conseiller spécial du président de la république et nouvellement nommé président du conseil des sages et de médiation du parti.

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons effectué des recherches sur Google avec les mots clés “révélations du ministre Kobenan Adjoumani sur le RHDP’’, aucun média crédible n’a traité cette information.

L’analyse de la vidéo avec l’outil de détection Hive Moderation révèle une forte probabilité de génération artificielle. Selon les résultats obtenus, le contenu audio de cette vidéo présente un taux de 74% de contenu généré par intelligence artificielle.

Capture d’écran de la vérification avec l’outil Hive modération

Hive Moderation est un outil de détection de contenu généré par IA qui  permet d’identifier certains indices techniques associés aux contenus synthétiques, notamment les deepfakes, les vidéos et audios modifiées par IA.

Afin d’obtenir davantage d’informations sur l’enregistrement audio en circulation, nous avons contacté Monsieur Adjoumani via Messenger dans la soirée, sans obtenir de réponse.

Le même soir, à 22 heures, un démenti a été publié sur la page Facebook du ministre Kobenan Kouassi Adjoumani. Le communiqué affirme que la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux aurait été fabriquée à l’aide de l’intelligence artificielle, avec un clonage de sa voix et une utilisation abusive de son image. Le ministre dénonce une manœuvre malveillante visant à porter atteinte à sa réputation ainsi qu’à la cohésion du RHDP, et rejette les propos qui lui sont attribués à l’encontre des hautes autorités de l’État. Il annonce également son intention de porter plainte contre les auteurs et complices présumés de cette manipulation numérique.

Capture d’écran de la publication du démenti du ministre K. Adjoumani

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

L’Audio attribué au ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, contenant de supposées révélations sur le RHDP ainsi que sur l’état de santé du président Alassane est Faux.  L’analyse effectuée avec l’outil Hive Moderation indique en outre une probabilité de 74% que la vidéo ait été générée par intelligence artificielle. Le ministre a lui-même démenti cette fausse information sur sa page Facebook. Ce faux enregistrement révèle une nouvelle fois les risques liés à l’usage malveillant de l’intelligence artificielle dans la diffusion de fausses informations. Dans des contextes politiques sensibles, ce type de manipulation peut semer la confusion, alimenter la désinformation et influencer l’opinion publique.

Face à ces contenus, il est recommandé de toujours vérifier les informations auprès de sources officielles et de médias fiables avant de les partager.

BON A SAVOIR

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com.

Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

CONTEXTE MANQUANT : Cette photo de personnes à genoux sous la menace d’un militaire ne date pas de 2026

La photographie a été faite le 13 avril 2011, pendant la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

Cette publication Facebook, avec une image qui prétend montrer des personnes à genoux sous la menace d’un soldat en Côte d’Ivoire en mars 2026, relève du CONTEXTE MANQUANT.

Le post mis en ligne le 30 mars 2026 montre des personnes à genoux face à un individu habillé en tenue militaire avec une armée à la main. Le texte qui accompagne l’image lit : « Urgent en Côte d’Ivoire ça se passe là-bas dans un village ».

PesaCheck a vérifié le post et a trouvé qu’il relève du contexte manquant.

Une recherche d’images inversée avec l’outil Bing a orienté PesaCheck vers le site de banque d’images Getty Images où on peut retrouver la même photo avec la description suivante : « La colonne du commandant Wattao, des FRCI, fidèle au président Ouattara, pénètre dans Abidjan pour y débarquer des troupes. À Koumassi, la population enfin libérée dénonce les milices dites « patriotiques » qui semaient la terreur. Les FRCI se lancent à leur poursuite. Une famille dénoncée est interrogée mais finalement épargnée ». La photo a été prise le 13 avril 2011.

La photo est en illustration de cet article du 27 décembre 2011 informant d’une nouvelle bavure des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ayant fait 4 morts et plusieurs blessés.

Cette information est corroborée ici.

PesaCheck a vérifié un post Facebook prétendant montrer des personnes à genoux sous la menace d’un militaire en Côte d’Ivoire en mars 2026 et a trouvé qu’il relève du CONTEXTE MANQUANT.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mamady Kebe et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

CONTEXTE MANQUANT : Cette vidéo du président Ouattara au Ghana ne date pas de 2026

Cette vidéo a été enregistrée lors de la visite de Ouattara au Ghana en 2024, à l’occasion du 67e anniversaire de l’indépendance du pays.

Ce post Facebook avec une vidéo prétendant montrer le président ivoirien, Alassane Ouattara, en visite au Ghana en avril 2026 relève du CONTEXTE MANQUANT.

Dans la publication faite le 2 avril 2026, on peut voir Alassane Ouattara en tenue noire, recevant les honneurs d’un chef d’État. La vidéo est précédée par ce texte : « BOUA (Alassane Ouattara, ndlr) au Ghana. BOUA a effectué une visite au Ghana, marquant une étape importante dans le renforcement des relations et des échanges dans la sous-région ».

PesaCheck a vérifié le post et a trouvé qu’il relève du contexte manquant.

Une recherche d’image inversée avec Bing a orienté PesaCheck vers le site de Dailymotion qui publie la même vidéo le 7 mars 2024 informant que le président ivoirien a été reçu par le roi des Ashantis suite à son invitation au Ghana pour la célébration de l’indépendance du pays.

Cette information a été relayée sur le compte X (anciennement Twitter) du chef de l’État ivoirien le 6 mars 2024. L’information a été corroborée par le portail d’actualité ivoirien Abidjan.net.

De plus, aucun média ivoirien ne fait mention d’un voyage récent du président ivoirien au Ghana. Son dernier voyage date du 28 mars 2026 en France et non au Ghana.

PesaCheck a vérifié un post Facebook prétendant annoncer une récente visite du président ivoirien, Alassane Ouattara, au Ghana et a trouvé qu’il relève du CONTEXTE MANQUANT.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mamady Kebe et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

Faux, la ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire Nialé Kaba n’est pas décédée, elle est toujours en vie.

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, la prétendue mort de Nialé Kaba, publiée le 09 Avril 2026 sur Facebook, est une rumeur. Celle-ci a été démentie par la ministre elle-même sur sa page Facebook, à travers une publication en date du 10 Avril 2026.

FAIT

Ce post Facebook affirme que la ministre des affaires étrangères ivoirienne NIALÉ KABA aurait été retrouvée morte à sa résidence après un échange diplomatique avec l’ambassadrice du Liban en Côte d’Ivoire.

ANALYSE 

Le jeudi 09 Avril  2026, la page Facebook Nabisco Senou a publié une information selon laquelle la ministre des affaires étrangères ivoirienne NIALÉ KABA serait décédée à son domicile à la suite d’une rencontre avec l’ambassadrice du Liban en Côte d’Ivoire.

Cette rumeur sur le décès de la ministre à également été publiée sur plusieurs pages notamment sur Tiktok ici, ici et sur Facebook ici et ici.

VÉRIFICATION DES FAITS

Pour vérifier cette information, une recherche effectuée en premier sur la page facebook de la ministre NIALÉ KABA nous a permis d’infirmer cette rumeur. Dans une publication posté le  10 Avril 2026 suite à cette rumeur, la ministre,  bel et bien en vie encourage la population à faire preuve de vigilance et à adopter un usage responsable et constructif des réseaux sociaux en ces termes:

Source : Capture d’écran de la publication sur la page Facebook Nialé Kaba

De plus, bien avant la publication démentant sa prétendue mort, une publication antérieure, en date du 9 avril 2026, montrait déjà la ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire, Nialé Kaba, présente à l’Assemblée nationale, où elle procédait à la présentation de textes internationaux devant les honorables députés de la Nation.

Source : Capture d’écran de la publication sur la page Facebook Nialé Kaba

De même, le 9 avril 2026, l’Assemblée nationale a diffusé en direct sur sa page Facebook la réunion de la Commission des Relations Extérieures (CRE). Au cours de cette séance, la ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire, Nialé Kaba, était physiquement présente et est intervenue pour présenter des textes internationaux devant les honorables députés de la Nation.

Source : Capture d’écran du direct Facebook de l’Assemblée Nationale

Par ailleurs, elle a également été aperçue aux côtés d’autres députés, notamment Ange Gnonka, à l’issue de cette cérémonie.

Source : Capture d’écran de la publications  du député Ange Gnonka  sur sa page Facebook

CONCLUSION

Les vérifications effectuées montrent que les rumeurs sur le décès du ministre des affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nialé Kaba, publiée le 09 Avril 2026 sur Facebook, sont fausses.  Madame la Ministre est bien vivante, en parfaite santé et reste pleinement engagée dans l’exercice de ses fonctions au service de la Côte d’Ivoire et de ses concitoyens.

BON À SAVOIR :

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com .

      Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

Ce fact-check a été produit par Ferlande N’Guessan dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.

 

FAUX : Cette image ne montre pas la base militaire américaine à Odienné, en Côte d’Ivoire

Bien que des discussions sur l’installation d’une base américaine soient en cours, l’image utilisée est fausse et les coordonnées renvoient au centre-ville.

Cette publication TikTok avec une image prétendant montrer la nouvelle base militaire des États-Unis à Odienné, dans le nord de la Côte d’Ivoire, est FAUSSE.

La publication en date du 1er mars 2026 montre une vue aérienne d’un vaste complexe militaire fortifié, entouré de barbelés, avec des hangars, des véhicules militaires et des installations de communication au milieu d’un paysage aride. Le texte incrusté affirme : « La base militaire américaine à Odienné. Les coordonnées 9° 30′ 05″ Nord, 7° 33′ 45″ Ouest ». En bas, l’image montre un individu en tenue traditionnelle regardant fixement la caméra.

PesaCheck a examiné la publication et l’a trouvée fausse.

Pour rappel, le projet d’installation d’un dispositif militaire américain en Côte d’Ivoire n’est pas une invention. Suite au retrait forcé des troupes américaines du Niger, exigé par les autorités nigériennes, Washington cherche à repositionner ses forces en Afrique de l’Ouest pour continuer la lutte contre les groupes terroristes.

En juillet 2024, plusieurs médias dont Le Monde ont rapporté que les autorités ivoiriennes ont donné leur accord de principe pour l’installation d’une base de drones près d’Odienné, dans le nord-ouest du pays.

Cependant, l’image montrée dans la publication n’est pas réelle. Une recherche d’images inversée sur Yandex révèle qu’elle a circulé sur d’autres réseaux sociaux début février 2026 avant d’être reprise sur TikTok le 1er mars 2026. Sur Facebook, la personne ayant publié cette image a explicitement reconnu dans la légende qu’il s’agissait d’une création par intelligence artificielle destinée à illustrer l’actualité, et non d’une véritable photographie.

L’analyse technique vient confirmer cet aveu. Soumise à l’outil de détection Sight Engine (comme le montre la capture d’écran ci-dessous), l’image est évaluée comme étant générée à 99 pour cent par l’intelligence artificielle.

Visuellement, l’image présente des défauts typiques associés au contenu généré par l’IA. Le texte figurant sur le grand panneau bleu à l’entrée de la « base » comporte des caractères illisibles et déformés, et les contours des véhicules militaires manquent de clarté logique.

Enfin, les coordonnées GPS fournies dans la publication (9° 30′ 05″ Nord, 7° 33′ 45″ Ouest) pour prouver l’emplacement de cette prétendue forteresse ne correspondent pas du tout à une zone militaire isolée.

Une vérification de ces points sur Google Earth (en convertissant en degrés décimaux : 9.501389, -7.5625) démontre qu’elles pointent directement sur une rue animée en plein cœur du centre-ville d’Odienné, à proximité immédiate de la Mairie et d’autres bâtiments civils.

PesaCheck a examiné une publication TikTok prétendant montrer l’image de la nouvelle base militaire américaine à Odienné en Côte d’Ivoire, et l’a trouvée FAUSSE.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mardochée Boli  et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

FAUX, L’AMBASSADE DE CÔTE D’IVOIRE EN ISRAËL N’A PAS ÉTÉ TOUCHÉE NI DÉTRUITE PAR DES FRAPPES IRANIENNES.

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, Ce post affirmant  que l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël à été détruite  après la frappe de l’Iran et que l’ambassadeur Feni Kouakou serait mort avec une dizaine de personnes est complètement faux. L’image du bâtiment détruit ne correspond pas à l’immeuble qui abrite l’ambassade de Côte d’ivoire en Israël. De plus, M. Feni Kouakou dans un communiqué a déclaré le 1er mars qu’aucun ressortissant ivoirien, aucune autorité ivoirienne ou aucun bien appartenant à une personne physique ou morale de nationalité ivoirienne n’a été touché par les bombardements.

FAIT

Les États-Unis et Israël ont mené une attaque conjointe contre l’Iran le 28 février, tuant le guide suprême Ali Khamenei. En représailles, l’Iran a lancé des frappes contre Israël et plusieurs pays du Golfe abritant des bases américaines. Suite à ces événements, de nombreuses publications notamment celle-ci circulent sur les réseaux sociaux annonçant la destruction des bureaux de  l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël et la mort d’une dizaine de personnes.

ANALYSE 

Dans une vidéo diffusée le 1er mars 2026 sur la page Tiktok de foudogg2, l’utilisateur pointe du doigt l’image du bâtiment collé en haut la vidéo en incitant les abonnés Tiktok à regarder et affirme en ces termes « Très très très urgent et super urgent. Les gars, en Israël et en Côte d’Ivoire, regardez ça, c’est l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël. L’ambassadeur a été tué par les frappes iraniennes là où je vous parle. L’Iran bombarde Israël très fort. L’ambassade de la Côte d’Ivoire en Israël a été bombardée, et l’ambassadeur et ses compagnons ont tous été tués.» Il invite par la suite les utilisateurs Tiktok à s’abonner pour ne rien rater de l’actualité « Alors les gars, n’oubliez pas de vous abonner pour ne pas perdre mes prochaines vidéos. Et cette nuit, ça va être sérieux parce que l’Iran a également bombardé d’autres pays, il a bombardé Chypre. Il a dit, tous les pays où il y a des bases militaires américaines seront touchés. Il y a 3 bases américaines en Côte d’Ivoire, elles seront touchées. Il y en a au Bénin, il sera également touché.»       

Source : Capture d’écran de la vidéo Tiktok de foudogg2 , publiée le 02/03/2026

Cette publication a suscité bon nombre d’engagements et de réactions cumulant cinquante-huit mille neuf cents (58.900) mentions “j’aime”, deux mille cent dix commentaires (2.110) et onze mille trois cents partages (11.300). Cette rumeur à également été publiée sur plusieurs pages Facebook ici, ici et Tiktok ici.

VÉRIFICATION DES FAITS

Pour vérifier cette information, une recherche sur google effectuée en premier sur le site officiel de l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël nous a permis de démentir formellement cette rumeur par un communiqué publié le 1er mars 2016. Dans ce communiqué signé par l’ambassadeur Feni KOUAKOU, il est dit entre autre: « Suite à l’escalade militaire qui embrase actuellement toute la région, et à des informations erronées publiées à travers les réseaux sociaux, l’Ambassade de Côte d’Ivoire en Israël qui suit de très près l’évolution de la situation, en liaison avec les responsables de la communauté ivoirienne, voudrait rassurer l’ensemble de ses compatriotes sur le sort des ressortissants ivoiriens établis sur le territoire israélien. En effet, à ce jour, aucun ressortissant ivoirien, aucune autorité ivoirienne ou aucun bien appartenant à une personne physique ou morale de nationalité ivoirienne n’a été touché par les bombardements…». Cela dit, ni l’ambassadeur Féni Kouakou, ni une dizaine de personnes n’ont été tués, et l’ambassade n’a pas été détruite comme mentionné dans la rumeur.

Communiqué officiel de l’ambassade de Côte d’ivoire en Israël suite au bombardement

D’ailleurs le bâtiment visible sur cette vidéo  ne correspond pas à celui qui abrite réellement l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël. D’après le site officiel de l’ambassade, ses bureaux sont situés au sein de l’immeuble Atrium Building, à Jabotinsky Street 2A, Ramat Gan. Une vérification effectuée sur le site officiel de cet immeuble et sur google maps montre clairement que son architecture est très différente de celle du bâtiment présenté dans l’image largement relayée sur les réseaux sociaux .

Capture d’écran comparant l’Atrium Building abritant l’ambassade de Côte d’ivoire en Israël et le supposé bâtiment présenté comme l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël détruite.

Une recherche complémentaire effectuée nous a conduit sur la page facebook officiel de Alertes 100, le centre technique de fact-checking de L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information(ANSSI) qui a publié une alerte indiquant que « Des publications non fondées largement diffusées sur les réseaux sociaux prétendent que l’Ambassadeur de la Côte d’Ivoire en Israël serait décédé à Tel Aviv à la suite d’une frappe de missiles iraniens (…) est fausse. Après vérification auprès des canaux diplomatiques et des sources officielles compétentes, aucun incident de cette nature n’a eu lieu. Cette rumeur vise à semer la panique et à manipuler l’opinion publique dans un contexte international sensible ».

Capture d’écran du démenti de Alertes 100 concernant la mort de l’ambassadeur Feni Kouakou

Par ailleurs, à l’aide de l’outil de détection Hive Modération , nous avons procédé à une analyse de l’image du bâtiment détruit et le résultat révèle qu’elle a été 99,9 %  générée par une intelligence artificielle.

De même, l’image soumis sur google Lens, dans  la section ‘’ À propos de cette image’’ , il est mentionné qu’elle a été creer avec l’intelligence artificielle de Google

Capture d’écran des résultats de l’analyse réalisée sur Hive Modération
Capture d’écran du résultats de la recherche réalisée sur  Google Lens

CONCLUSION

Au regard des éléments vérifiés, l’information largement diffusée sur les réseaux sociaux affirmant que l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël aurait été détruite par une frappe iranienne et que l’ambassadeur Féni Kouakou serait décédé avec une dizaine de personnes est totalement fausse.

BON À SAVOIR 

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com .

      Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

Ce fact-check a été produit par Ferlande N’Guessan dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.