FAUX : Le président de la CEI n’a pas été candidat aux élections législatives à Toumodi, en Côte d’Ivoire

Le nom de Coulibaly Kuibert ne figurait pas sur la liste définitive des candidats aux élections législatives de 2025.

Ce post TikTok affirmant que Coulibaly Kuibiert, président de la Commission électorale indépendante de Côte d’Ivoire (CEI), a été candidat aux élections législatives de décembre 2025 à Toumodi est FAUX.

La séquence d’une durée de 13 secondes montre une femme affirmant : « À Toumodi, figurez-vous que le président de la CEI est candidat pour ces élections législatives. Comment la CEI nous explique cela ? Monsieur Kuibiert Coulibaly, l’opposition ne va pas lutter contre la victoire du RHDP ». Sur la publication, on peut lire : « C’est Laurent Gbagbo qui avait raison et il aura toujours raison. Libérez le Fédéral Dabo Serge et tous les détenus d’opinion ».

PesaCheck a examiné cette publication et l’a trouvée fausse.

Cette publication intervient dans un contexte politique tendu, marqué par un débat récurrent sur la neutralité de la CEI. Depuis plusieurs années, l’opposition et de nombreux internautes accusent l’institution, et particulièrement son président, d’être trop proche du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Certaines décisions attribuées à Coulibaly Kuibiert, notamment le refus d’une nouvelle révision de la liste électorale avant la présidentielle de 2025, sont interprétées comme favorables au pouvoir. Ces perceptions alimentent régulièrement des déclarations dénonçant de supposés « dérapages » ou une posture jugée partisane.

Dans le cadre de cette vérification, PesaCheck a consulté la liste officielle des candidats aux élections législatives de décembre 2025 telle que publiée par la CEI.

Le nom de Coulibaly Kuibiert ne figure pas sur celle de Toumodi, ni sur aucune autre liste ayant participé à cette compétition électorale. Aucun document officiel, communiqué de parti politique ou déclaration administrative ne mentionne sa candidature à ces élections.

Par ailleurs, le RHDP a publié la liste de tous ses candidats au poste de député en Côte d’Ivoire, mais le nom de Kuibiert n’y figure pas, non plus.

Pour rappel, les élections législatives du 27 décembre 2025 en Côte d’Ivoire se sont déroulées sans la participation du PPA‑CI, le parti dirigé par Laurent Gbagbo, qui a officiellement annoncé son boycott du scrutin. Le parti a justifié sa décision par l’absence de « conditions d’élections crédibles » et un climat politique jugé « délétère » avec l’emprisonnement de plusieurs leaders politiques.

PesaCheck a examiné un post TikTok affirmant que Coulibaly Kuibiert, président de la CEI, a été candidat aux élections législatives de décembre 2025 à Toumodi, et l’a trouvé FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

La séquence d’une durée de 13 secondes montre une femme affirmant : « À Toumodi, figurez-vous que le président de la CEI est candidat pour ces élections législatives. Comment la CEI nous explique cela ? Monsieur Kuibiert Coulibaly, l’opposition ne va pas lutter contre la victoire du RHDP ». Sur la publication, on peut lire : « C’est Laurent Gbagbo qui avait raison et il aura toujours raison. Libérez le Fédéral Dabo Serge et tous les détenus d’opinion ».

PesaCheck a examiné cette publication et l’a trouvée fausse.

Cette publication intervient dans un contexte politique tendu, marqué par un débat récurrent sur la neutralité de la CEI. Depuis plusieurs années, l’opposition et de nombreux internautes accusent l’institution, et particulièrement son président, d’être trop proche du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Certaines décisions attribuées à Coulibaly Kuibiert, notamment le refus d’une nouvelle révision de la liste électorale avant la présidentielle de 2025, sont interprétées comme favorables au pouvoir. Ces perceptions alimentent régulièrement des déclarations dénonçant de supposés « dérapages » ou une posture jugée partisane.

Dans le cadre de cette vérification, PesaCheck a consulté la liste officielle des candidats aux élections législatives de décembre 2025 telle que publiée par la CEI.

Le nom de Coulibaly Kuibiert ne figure pas sur celle de Toumodi, ni sur aucune autre liste ayant participé à cette compétition électorale. Aucun document officiel, communiqué de parti politique ou déclaration administrative ne mentionne sa candidature à ces élections.

Par ailleurs, le RHDP a publié la liste de tous ses candidats au poste de député en Côte d’Ivoire, mais le nom de Kuibiert n’y figure pas, non plus.

Pour rappel, les élections législatives du 27 décembre 2025 en Côte d’Ivoire se sont déroulées sans la participation du PPA‑CI, le parti dirigé par Laurent Gbagbo, qui a officiellement annoncé son boycott du scrutin. Le parti a justifié sa décision par l’absence de « conditions d’élections crédibles » et un climat politique jugé « délétère » avec l’emprisonnement de plusieurs leaders politiques.

PesaCheck a examiné un post TikTok affirmant que Coulibaly Kuibiert, président de la CEI, a été candidat aux élections législatives de décembre 2025 à Toumodi, et l’a trouvé FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mardochée Boli et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah. 

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

Un prétendu communiqué du Procureur de la République dénonçant les insultes visant le journaliste ivoirien Daouda Coulibaly circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, le communiqué dénonçant les insultes contre le journaliste  Daouda Coulibaly n’émane pas du Procureur de la République près le tribunal d’Abidjan. Aucune source officielle n’a publié ce communiqué et Alertes 100, le centre technique de fact-checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (Anssi), a confirmé que ce communiqué est une fake news (fausse information).

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une publication postée le 06 janvier 20267 sur la page Facebook L’Afrique Nouvelles et souveraine prétend que le procureur de la république près le tribunal d’Abidjan a, par voie de communiqué, dénoncé les insultes et propos diffamatoires visant le journaliste ivoirien Daouda Coulibaly.

ANALYSE

Dans ce communiqué dénonçant la vague d’insultes et de propos diffamatoires visant le journaliste Daouda Coulibaly sur les réseaux sociaux, le procureur de la république relève que les auteurs s’exposent à des poursuites judiciaires et que la liberté d’expression ne justifie ni la haine ni l’atteinte à la dignité d’autrui.

Ce communiqué a suscité énormément d’engagements, générant sur cette publication plus de 1500 mentions “j’aime”, plus de 750 commentaires au-delà des 200 partages.

Pour renforcer la crédibilité  de son post, l’auteur a mentionné Alertes 100, centre technique de fact-checking de l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (Anssi), par ailleurs rattaché au ministère de l’intérieur,  et l’ Aip, l’agence ivoirienne de presse, un média de service public.

L’auteur de la publication a par ailleurs diffusé d’autres contenus similaires, accompagnés de la photo du procureur de la République, Braman Koné, notamment ici et ici, afin d’étayer l’idée qu’un communiqué officiel aurait effectivement été émis par ce dernier au sujet du journaliste Daouda Coulibaly.

Source: Capture d’écran de la publication
Source: Capture d’écran des commentaires

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Pour vérifier ces allégations nous avons procédé à des recherches sur la page du Ministère de la justice et des droits de l’homme, nous n’avons trouvé aucun résultat.

Nous avons ensuite contacté Alertes 100, le centre technique de fact-checking de l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Informations (Anssi), qui nous a confirmé que ce communiqué est un faux communiqué qui n’émane pas du Procureur de la République.

À ce jour, le seul communiqué exprimant un soutien à Daouda Coulibaly a été publié, le 31 décembre 2025 par la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Dans ce communiqué, la FIJ condamne fermement le harcèlement et les menaces proférés sur les réseaux sociaux à l’encontre de Daouda Coulibaly ainsi que de Jean-Claude Coulibaly, président de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).

Selon l’organisation, ces attaques font suite à leurs prises de position publiques et à leurs analyses critiques concernant la situation de la liberté de la presse au Burkina Faso.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Après toutes ces vérifications,  le communiqué prétendant que le procureur de la république près du tribunal d’Abidjan Braman Koné a dénoncé par voie de communiqué les insultes visant le journaliste Daouda Coulibaly est FAUX.

Ce communiqué a été publié dans le but de tromper les internautes et de crédibiliser une fausse information.

CONSEILS AUX LECTEURS  

  • Ne pas relayer les informations douteuses
  • Se Référer aux canaux officiels pour S’informer
  • Signaler et dénoncer toute publication mensongère auprès des autorités compétentes

Législatives 2025: Une fausse information relative à l’arrestation à Niamoué (Tiassalé) d’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko, en possession de cartes d’électeurs falsifiés circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, l’information relative à l’arrestation à Niamoué (département de Tiassalé) d’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko, en possession d’un important lot de cartes d’électeurs falsifiés, est fausse. Il ne s’agissait pas de fausses cartes d’électeurs mais plutôt du listing électoral de 2023 remis au superviseur du candidat. L’individu arrêté a été relaxé pour délit non établi selon les informations recueillies par l’agence ivoirienne de presse (Aip).

Par Victoire Kouamé

FAIT

 Une publication postée le 27 décembre 2025 sur la page Facebook Tiassalé Impact prétend qu’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko a été arrêté par la police avec un important lot de cartes d’électeurs falsifiés.

ANALYSE

Selon cette publication, diffusée sur la page Facebook Tiassalé Impact, à Niamoué dans le département de Tiassalé, un individu présenté comme proche d’Assalé, a été interpellé par la police en possession d’un important lot de cartes d’électeurs falsifiées.

La publication précise également qu’il s’agit d’un retraité et pasteur, et appelle à une hypervigilance, notamment de la part du camp Sanogo.

Sanogo Alpha est le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) aux postes de député à Tiassalé. Il est par ailleurs  un adversaire d’Assalé Tiémoko.

Source: Capture d’écran de la publication

Cette information a suscité de vives réactions et généré plus de 700 mentions “j’aime“, près de 2000 commentaires et une trentaine de partages sur la page de Tiassalé Impact.

Elle a été relayée avec des vidéos à l’appui sur plusieurs pages Facebook notamment ici ,ici et ici.

Source: Capture d’écran de la vidéo d’arrestation de l’individu

 VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

 Nous avons effectué des recherches sur les pages Facebook de la Commission électorale indépendante (CEI), et du Ministère de la justice et des droits de l’homme, nous n’avons trouvé aucune information.

Nous avons ensuite fait des recherches sur des médias locaux crédibles pour voir si l’information  a été traité et avons trouvé que

l’Agence ivoirienne de presse (Aip), un média de service public disposant de pigistes sur toute l’étendue de la Côte d’Ivoire, a apporté des éclairages sur cette situation.

Dans un article publié sur sa page Facebook, l’AIP indique que l’individu répondant au nom de  Aka  Flavien Honvo interpellée avec d’autres personnes, le 27 décembre 2025 dans le village de Niamoué, dans le département de Tiassalé, pour des faits de fraude présumée lors des élections législatives, a été remis en liberté, ainsi que les autres interpellés, à l’issue d’auditions menées par la police, en présence du substitut résident du procureur de la République, pour délit non établi.

Il ne s’agissait pas de fausses cartes d’électeurs mais plutôt d’une liste électorale de 2023, selon l’article publié par l’AIP.

L’information de la relaxation du sieur Aka Flavien Honvo, a été publiée plus tôt dans la journée par le candidat Assalé Tiémoko sur sa page Facebook.

De plus, dans une vidéo de 5 minutes 02 secondes diffusée sur la page Facebook  Enquête média dans la soirée du 27 décembre, Aka Flavien , superviseur du candidat Assalé Tiémoko raconte qu’il ne détenait pas des cartes d’électeurs mais plutôt un listing  de vote et confirme avoir été libéré à la suite d’une audition par le commissaire et le procureur de la république.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant qu’un proche du candidat Assalé Tiémoko a été arrêté avec un important lot de cartes d’électeurs falsifiés est fausse. L’individu du nom de Aka Flavien Honvo, superviseur du candidat Assalé Tiémoko ne détenait pas de cartes d’électeurs falsifiés et a été relaxé après des vérifications des autorités compétentes.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne relayer aucune information de sources non officielle surtout en période électorale
  • Se fier aux sources officielles pour toute information fiables et crédibles
  • Signaler et dénoncer les auteurs des fausses informations aux autorités compétentes

Côte d’Ivoire : de l’Assemblée nationale au parlement bicaméral

Deux mois après l’élection présidentielle ayant acté la réélection d’Alassane Ouattara, le collège électoral ivoirien est de nouveau convoqué le 27 décembre 2025 pour choisir les députés qui vont siéger à l’Assemblée nationale, l’une des plus anciennes institutions politiques du pays.

Par Anderson Diédri et Bakary Traoré (Eburnie Today)

L’assemblée nationale de Côte d’Ivoire représente le peuple, légifère, contrôle l’action du gouvernement et vote le budget. Son évolution est liée à l’histoire de la Côte d’Ivoire depuis son indépendance. La Côte d’Ivoire devient colonie française en 1893 et est administrée dans le cadre de l’AOF (Afrique occidentale française) à partir de 1904. Avant la Seconde Guerre mondiale, les Ivoiriens n’avaient pas de représentants directs en France. Un unique député, le Sénégalais Blaise Diagne, représentait l’ensemble des colonies de l’AOF.

Après la Conférence de Brazzaville (1944), une ordonnance du 22 août 1945 crée deux collèges électoraux dans les colonies, amorçant une représentation locale. Ces évolutions ouvrent la voie à la création des premières institutions pré-parlementaires que sont le Conseil général, l’Assemblée territoriale et l’Assemblée législative (1959). L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire est instituée par la Constitution ivoirienne du 31 octobre 1960. La première Assemblée est composée le 27 novembre 1960, avec 70 députés, tous Ivoiriens. Elle devient alors l’unique chambre du Parlement sous la Première République.

Une Assemblée nationale monocolore entre 1960 et 1990

Entre 1960 et 1990, la vie politique ivoirienne était animée et dominée par la pensée unique, celle du président Houphouët Boigny et le parti unique, le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), membre du RDA (Rassemblement démocratique africain). Durant cette période dominée par le PDCI-RDA, cinq législatures se succèdent.

Le président Philippe Yacé dirige l’Assemblée nationale de 1960 à 1980. Lui succède Henri Konan Bédié de 1980 à 1993, avant qu’il ne devienne président de la République. Les ères Philippe Yacé et Henri Konan Bédié sont marquées par une forte centralisation du pouvoir exercée par le PDCI et l’absence de pluralisme politique réel.

Mais les choses vont réellement changer avec le vent de la démocratie qui souffle sur le monde. Il n’y a pas que le Mur de Berlin qui tombe : les systèmes politiques monopartistes s’effritent et disparaissent avec l’ouverture démocratique et les bouleversements démocratique des années 1990.

La Côte d’Ivoire organise pour la première fois, en 1990 des élections législatives dans un système de multipartisme avec la participation de dix-neuf partis et groupements politiques dont dix-huit de l’opposition. Des partis comme le Front Populaire Ivoirien (FPI), le Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT), l’Union des Sociaux-Démocrates (USD), le Parti Républicain de Côte d’Ivoire (PRCI) et le Parti Socialiste Ivoirien (PSI) présentent des candidats.

Sur les 175 députés élus après les élections législatives de 1990, il y a deux candidats indépendants et 10 députés dont 9 du FPI et 1 du PIT. Une timide présence de l’opposition dans une Assemblée nationale encore dominée par le PDCI. L’institution va évoluer au rythme des tensions et querelles politiques en Côte d’Ivoire.

La présidence Bédié et le coup d’État militaire

À la mort du président Félix Houphouët-Boigny, le 7 décembre 1993, deux hommes se retrouvent en compétition directe pour lui succéder. Henri Konan Bédié, président de l’Assemblée nationale et dauphin constitutionnel et Alassane Ouattara, alors Premier ministre. Une dualité de légitimité explosive s’installe et va créer une longue rivalité politique entre les deux hommes. Henri Konan Bédié finit par s’imposer grâce au texte constitutionnel.

« La constitution, notre loi suprême, me confère dans cette dramatique situation, des responsabilités dont je mesure le poids, des responsabilités de chef de l’État. Je les assume dès maintenant. Je les assumerai dans le droit fil de celui qui en fut l’inspirateur et le pays sera gouverné. Le pays sera gouverné pour tous, Ivoiriens et étrangers vivant sur notre sol. À cette fin, je demande à tous de se mettre à ma disposition », indiquait sur les antennes de la télévision nationale Henri Konan Bédié le 7 décembre 1993.

Devenu président, Henri Konan Bédié cède son fauteuil de président de l’Assemblée nationale à Charles Bauza Donwahi qui va diriger la 8ème législature de 1993 à 1995. L’Assemblée nationale n’est plus monocolore : quelques partis d’opposition y sont représentés. En 1997, Charles Bauza Donwahi décède et est remplacé à la tête de l’institution par Émile Atta Brou dont le mandat est écourté par le coup d’Etat militaire du Général Robert Guéï en 1999. La neuvième législature de la première République censée s’achever en 2000 va s’écourter brusquement.

L’Assemblée nationale ivoirienne pourrait être renouvelée en décembre prochain. © SIA-KAMBOU / AFP

 La deuxième République et la marche vers le Parlement

Le coup d’État de 1999 marque une rupture majeure dans les activités de l’Assemblée nationale puisque, pour la première fois depuis 1960, sa dissolution est prononcée par les nouveaux maîtres d’Abidjan. Les putschistes annoncent également la suspension de la Constitution de 1960, du Conseil économique et social et du Conseil constitutionnel. Le pays est désormais dirigé par le Comité national de salut public (CNSP) avec à sa tête le général Robert Guéï. Les militaires dirigés par le général Guéï se présentent en réformateurs. L’une de leurs priorités est de doter la Côte d’Ivoire d’une nouvelle Constitution.

Le texte proposé par les militaires par référendum, le 23 juillet 2000, est adopté par le peuple. La Constitution est officiellement promulguée le 1er août 2000 par la loi n°2000-513. Cependant, il faudra attendre la fin de la crise post-électorale de 2000 pour que la Côte d’Ivoire puisse retrouver une Assemblée nationale.

L’élection présidentielle du 22 octobre 2000 est organisée après le coup d’État du 24 décembre 1999 et la transition militaire dirigée par le général Robert Guéï. Elle devait marquer le retour à un régime civil mais les militaires tentent de se maintenir au pouvoir. Face aux militaires, Laurent Gbagbo et le FPI est le seul parti politique majeur en compétition. La Commission électorale va déclarer Gbagbo vainqueur (59,36 % soit 1 065 597 voix).

Robert Guéï refuse de reconnaître sa défaite et fait dissoudre la Commission nationale électorale. Ensuite, il se proclame vainqueur via le ministère de l’Intérieur. Les partisans de Laurent Gbagbo descendent dans la rue et demandent le départ des militaires. Robert Guéï tente de se maintenir au pouvoir mais finalement sous la pression populaire le 25 octobre 2000, il fuit le pays. Le bilan humain de la crise est lourd : entre 150 et 300 morts (1, 2, 3).

Le retour à l’ordre constitutionnel et l’arrivée au palais présidentiel de Laurent Gbagbo vont permettre l’organisation de l’élection législative de décembre 2000.

La première législature de la deuxième République va officiellement siéger de 2001 à 2011. Mamadou Koulibaly préside l’Assemblée nationale durant une décennie traversée par une crise politico-militaire qui éclate en 2002 et une crise postélectorale fin 2010-début 2011. Le mandat des députés élus en 2000 est prolongé par décrets successifs et l’Assemblée nationale ne se renouvelle pas pendant plus de 10 ans, fonctionnant avec une légitimité affaiblie durant toute la crise. Après l’installation d’Alassane Ouattara en 2011, les législatives de décembre 2011 mettent fin à onze ans de blocage institutionnel et renouvellent enfin l’Assemblée.

Mamadou Koulibaly va céder son fauteuil à Guillaume Soro en 2012. L’ancien chef rebelle va diriger l’institution jusqu’en 2016, année d’une nouvelle réforme constitutionnelle en Côte d’Ivoire. Durant toute cette période, l’Assemblée nationale ivoirienne va fonctionner correctement en jouant un rôle politique important par l’adoption des lois, la promotion de la diplomatie parlementaire et les débats en commission sur des décisions importantes comme la réforme de la coopération militaire avec la France.

L’adoption d’une nouvelle Constitution en 2016 va consacrer le troisième République et crée un Parlement bicaméral composé du Sénat qui est la chambre haute et de l’Assemblée nationale, désormais chambre basse. En 2025, l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire compte 255 députés élus en 2021 pour 5 ans au scrutin majoritaire à un tour. Adama Bictogo, un homme d’affaires et membre influent du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) est l’actuel président de l’Assemblée nationale.

Cet article a été réalisé par Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.

Une image manipulée du président béninois Fabrice Talon ligoté et entre quatre murs circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, cette image prétendant  montrer le président béninois Patrice Talon ligoté entre quatre murs a été manipulée. Après des vérifications avec plusieurs outils,  les résultats révèlent une grande proportion d’usage de l’intelligence artificielle générative.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une image postée le 11 décembre 2025 sur X anciennement Twitter prétend montrer le président béninois Patrice Talon ligoté entre quatre murs.

ANALYSE

 Cette image a été publiée sur le compte Twitter Conseil Militaire pour la Refondation. Le texte qui accompagne l’image est le suivant : “Lorsqu’on vous dit que nous ne sommes pas en fuite et que le combat continue, vous ne nous croyez pas… alors observez”

Ce post a cumulé plus de 17 000 vues, 126 mentions “j’aime” et 12 reposts. 

Source: Capture d’écran du post sur X

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

 Nous avons d’abord entrepris une recherche d’images inversée via Google images, nous n’avons obtenu aucun résultat.

Nous avons ensuite soumis l’image à un outil de détection d’intelligence artificielle dénommé Ai or not, cet outil nous a révélé que l’image a probablement été générée par une intelligence artificielle (IA).

Source: Capture d’écran des résultats de Ai or not

Pour plus de précision nous avons interrogé l’outil undetectable IA qui a donné comme résultat que l’image a probablement été générée par IA avec seulement 1% d’image réelle.

Undetectable IA a une fonctionnalité intégrée dénommée Truthscan qui livre des résultats plus détaillés. Selon cette fonctionnalité l’image que nous vérifions est générée par l’intelligence artificielle à une proportion de 99%.

Source: Capture d’écran collage de Undetectable IA et sa fonction Truthscan

 Il convient de souligner que cette publication survient seulement quatre jours après la tentative de coup d’Etat avorté du 07 décembre 2025, menée par un groupe de militaire se faisant appelé Conseil Militaire pour la Refondation, dont l’objectif était de renverser le Président en exercice Patrice Talon.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

 L’image prétendant montrer le Président béninois Patrice Talon ligoté entre quatre murs a été générée par l’intelligence artificielle à une proportion de 99%. Elle a été publiée dans le but de tromper les internautes.

 CONSEILS AUX LECTEURS

  • Avoir un sens élevé de l’observation
  • S’informer à travers les canaux officiels
  • Ne pas relayer les informations de sources douteuses
  • Signaler et dénoncer les auteurs des fausses informations aux autorités compétentes

Une fausse information sur les réseaux sociaux indique que le Président du Bénin Patrice Talon a quitté urgemment son pays pour se réfugier au Nigéria, suite à la tentative de coup d’État du 07 décembre 2025

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, la publication prétendant que le Président de la République du Bénin Patrice Talon a quitté son pays pour se réfugier au Nigéria est fausse.

Il n’existe aucune information officielle sur un éventuel départ du président béninois, et plusieurs apparitions du président Talon à la télévision prouvent qu’il n’a pas quitté le Bénin après la tentative de coup d’État.

Par Victoire Kouamé 

FAIT

Une publication postée sur la page Facebook ILYass du Faso,  le 08 décembre 2025 prétend que le président de la république du Bénin, Patrice Talon a quitté son pays pour se réfugier au Nigeria, suite aux événements survenus au Bénin dimanche 07 Décembre 2025.

ANALYSE

Cette publication parue sur la Facebook ILYass du Faso dit en substance que Patrice Talon a quitté urgemment le Bénin pour se réfugier au Nigéria.

Elle a suscité de nombreux engagements et réactions, cumulant plus de milles mentions “j’aime”, une centaine de commentaires et 49 partages.

Cette publication est intervenue dans un contexte où le Bénin a subi une tentative de coup d’Etat le dimanche 07 décembre 2025.

Capture d’écran de la publication avec quelques commentaires

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie) 

Nous avons vérifié l’existence d’une information officielle évoquant un éventuel départ du président béninois Patrice Talon vers le Nigéria pour s’y réfugier. Aucune source officielle n’en fait mention.

De même, aucun média local, régional ou international tel que Jeune Afrique, France 24 n’a rapporté une quelconque fuite du chef de l’État béninois vers le Nigéria.

À titre de comparaison, ces mêmes médias avaient clairement indiqué le lieu de refuge du président Sissoko Umaro Embaló après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025 en Guinée-Bissau, dans des articles consultables ici  et ici.

Aussi, au soir du 07 décembre 2025, le président Patrice Talon s’est adressé au peuple béninois au sujet du coup d’Etat manqué lors du journal télévisé de 20 Heures retransmis sur la page Facebook de la télévision Nationale du Bénin, Bénin TV-SRTV.

72 heures après,le mercredi 10 décembre 2025, le président Patrice Talon a reçu une délégation de l’armée nigériane venue soutenir les Forces armées béninoises contre les mutins. Cette rencontre a fait l’objet d’un reportage sur la chaîne nationale béninoise.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant que le Président du Bénin Patrice Talon a quitté urgemment son pays pour se réfugier au Nigéria suite au coup d’Etat manqué du dimanche 7 décembre 2025 est fausse. Elle a été distillée pour créer la psychose et désinformer les internautes.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • S’informer uniquement sur les canaux officiels
  • Ne pas relayer les informations douteuses
  • Dénoncer et signaler les auteurs des comptes qui distillent les fausses nouvelles

Un faux communiqué attribué à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) annonçant les obsèques du général Chérif Ousmane circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, aucun communiqué officiel n’a été publié par la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne(RTI) sur des prétendus obsèques du général Chérif Ousmane. Les vérifications sur la page Facebook de la RTI et la récente apparition publique du général Chérif Ousmane prouvent que cette information est fausse.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une publication postée le 09 août 2025 sur Facebook prétend montrer un communiqué émanant de la RTI qui donne l’information des obsèques du général Chérif Ousmane à l’opinion publique.

ANALYSE

Cette publication postée sur la page Facebook dénommée IlYass du Faso s’énonce comme suit: Urgent: RTI vient de confirmer la mort ce Chérif Ousmane avec en commentaire la capture d’écran d’un communiqué avec le logo de la RTI info, la page d’information du groupe RTI.

Cette publication a suscité bon nombre d’engagement et de réactions cumulant plus d’un millier de mentions “j’aime”, plus de 200 commentaires et une quarantaine de partages.

Elle a été reprise par d’autres  pages Facebook notamment la page Facebook le digne fils du Faso.

Capture d’écran de la publication

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons entrepris des recherches sur les canaux digitaux de la RTI notamment sur page Facebook Rti , Rti 1et Rti info, nous n’avons trouvé aucun communiqué relatif aux obsèques de Chérif Ousmane.

Nous avons ensuite utilisé l’outil Fotoforensics pour vérifier l’authenticité de la page de la Rti d’où provient le communiqué. L’outil nous a révélé que la page à subi un montage notamment sur le logo du média.

Capture d’écran de l’outil Fotoforensics

Enfin , à l’occasion de la fête patronale du Groupement Ministériel des Moyens Généraux (GMMG) qui s’est tenu le mercredi 10 décembre 2025 au Ministère de la Défense à Abidjan-Plateau, le général Chérif Ousmane était présent. Une publication  sur la page Facebook  Rti info montre une image du général présent à cette fête. Plusieurs autres vidéos le montrant à cette fête ont été publiées sur des pages Facebook notamment ici et ici.

Notons qu’une rumeur persistante sur le décès de ce général avait été largement relayée sur les réseaux et plusieurs fois démentie par les autorités notamment par l’ Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) sur la page Alertes 100.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant montrer un communiqué émanant de la page Facebook de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) sur l’annonce des obsèques du général Chérif Ousmane est fausse. Elle a été publiée dans le but de manipuler l’opinion publique et de crédibiliser une rumeur persistante sur le décès du général Chérif Ousmane.

 CONSEILS AUX LECTEURS

  • Se fier uniquement aux informations de sources officielles
  • Ne pas se fier aux logos des structures et institution pour croire aux informations car ils peuvent être manipulés
  • Ne pas relayer les informations douteuses et dénoncer les auteurs auprès des autorités compétentes

Une fausse information au sujet de l’arrestation en France de David Ouattara, fils aîné du président ivoirien, circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, La publication prétendant que le fils aîné du Président ivoirien, Alassane Ouattara, a été arrêté en France en possession d’une somme colossale de sept milliards de francs CFA est fausse. Aucune source médiatique crédible ne corrobore cette information et les autorités compétentes confirment que cette information est fausse et relève d’une pure fabrication.

Par Fabrice Konandri

FAIT

Une publication circule sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, affirmant que le fils aîné du Président ivoirien, Alassane Ouattara, aurait été arrêté en France en possession d’une somme colossale de sept milliards de francs CFA.

ANALYSE

Cette publication devenue virale sur Tiktok a été diffusée par une page dénommée flash.info39, ayant plus de 19 000 followers.

Selon la vidéo publiée le 24 novembre  2025, le fils du président Alassane Ouattara a été arrêté en possession d’une somme de sept milliards de francs CFA pour faire un dépôt et serait entre les mains des autorités françaises.

Source: Capture d’écran de la publication

Cette publication a généré près de 18 600 ‘’j’aime’’, 303 commentaires, 1372 sauvegardes  et 4628 partages.

Cette publication fait suite à une rumeur ayant visé le premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, au sujet d’une supposée arrestation en France en possession d’une somme de 8 milliards de francs CFA”. L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a démenti cette rumeur, à travers sa page Alertes 100

Capture d’écran du démenti de l’ANSSI

Cette publication s’inscrit dans un schéma récurrent de désinformation politique visant à déstabiliser ou à discréditer les personnalités publiques et leur entourage. Les rumeurs portant sur des fortunes cachées, des arrestations secrètes et des sommes d’argent faramineuses sont des thèmes récurrents dans les infox qui circulent sur les plateformes moins régulées comme TikTok.

Aussi, la diffusion de rumeurs ciblées sur des membres de la famille présidentielle est une tactique courante des faussaires pour garantir la viralité du contenu.

VÉRIFICATIONS DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons d’abord entrepris des recherches sur Google via les mots clés : “ Arrestation en France du fils d’Alassane Ouattara en possession de 7 milliards ”, nous n’avons trouvé aucun résultat.

Ensuite, nous avons effectué des recherches sur les agences de presse et médias internationaux tels que AFP, Reuters, Le Monde, France 24, RFI, aucun d’eux n’a traité cette information.

Aussi, suite à nos recherches en ligne, aucune plateforme d’information ivoirienne de référence n’a publié ou relayé cette information. De plus, ni la Présidence ivoirienne, ni le ministère de l’Intérieur français, ni les services de police ou de justice français n’ont confirmé une telle arrestation ou saisie de fonds.

Contacté, la plateforme Alerte 100, centre technique de fact-checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (Anssi), a affirmé que cette publication est une fake news.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication  prétendant que  le fils d’Alassane Ouattara aurait été arrêté en France avec 7 milliards de F CFA est fausse. Elle ne repose sur aucun élément factuel vérifiable ni aucune source fiable. D’aileurs, la plateforme Alerte 100, engagée dans la lutte contre les fausses nouvelles a formellement démenti cette information. Cette publication est une information montée de toutes pièces visant à manipuler et à désinformer l’opinion publique.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne jamais partager une information sans vérifier
  • Informez-vous toujours auprès des sources crédibles.
  • Se fier uniquement aux informations de sources officielles
  • Signaler et dénoncer les auteurs de cette fausse information aux autorités compétentes

Une vidéo du Président ivoirien Alassane Ouattara, sortie de son contexte, annonce l’envoi imminent d’une force d’intervention militaire de la CEDEAO en Guinée Bissau pour rétablir le président déchu Emballo Cissoko

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Cette vidéo qui prétend que le Président de la République de  Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara annonce l’envoi imminent de soldats  de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en Guinée Bissau est hors contexte. Il s’agit d’une vidéo, diffusée le 10 août 2023, intervenant dans un contexte où l’ancien président du Niger Mohamed Bazoum venait d’être renversé à la suite d’un coup de force militaire.

Par Abou Adams

FAIT

Dans une vidéo publiée sur le réseau social Tiktok, le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, annonce une décision des membres  de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’envoyer une force d’intervention militaire en Guinée Bissau pour réinstaller à la tête du pays le président Embalo Sissoko, renversé par un coup d’Etat le 26 novembre 2025.

ANALYSE

Cette vidéo de 48 secondes diffusée sur Paris Fenix TV, montre le président ivoirien  faisant une déclaration. Dans cette déclaration, il affirme que la CEDEAO a décidé d’activer sa force d’intervention et de la déployer pour rétablir l’ordre constitutionnel. On l’entend également dire qu’il a déjà donné des instructions au Chef d’Etat major de l’armée ivoirienne, pour qu’il mobilise les troupes afin que la Côte d’Ivoire envoie un bataillon pour participer à cette mission.

L’auteur de la vidéo a pris le soin d’intégrer la capture d’écran d’un post de l’avatar Chris qui s’énonce comme suit :”Coup d’Etat en Guinée Bissau: Alassane  Ouattara  le vieux grigou va-t-il envoyer la force en attente ou anti-coup d’état pour sauver son fils Embalo, ce voyou déguisé en chef d’Etat? À lire sous peu.Chris Yapi ne ment pas”.

Capture d’écran de la vidéo

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Grâce à une recherche d’images inversée sur Google Lens, nous avons trouvé que  cette vidéo a été extraite d’une autre vidéo réalisée au lendemain du coup d’Etat au Niger en août 2023.

Pour trouver des éléments de contexte à cette vidéo, nous avons effectué une recherche sur Google à partir des mots clés: Alassane Ouattara annonce l’envoi d’un bataillon militaire de la CEDEAO. Nous avons retrouvé la vidéo originelle  qui montre plutôt une  déclaration faite par le Président Alassane Ouattara le jeudi 10 août 2023, sur la situation politique du Niger, après le coup de force qui venait de renverser l’ancien président Mohamed Bazoum.

Dans sa déclaration officielle postée sur la page Facebook de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire de , le président Alassane Ouattara avait effectivement annoncé que les chefs d’Etat avaient décidé d’actionner la force d’attente de la CEDEAO au Niger pour rétablir le Président Bazoum dans ses fonctions.

Capture d’écran de la déclaration du Président de la République, Alassane Ouattara.

Nous avons aussi entrepris des recherches sur la page officielle de la CEDEAO et nous n’avons trouvé , aucun communiqué officiel  relatif  à l’envoi d’une force militaire en Guinée Bissau.

Les Chefs d’Etat de la CEDEAO ont plutôt eu une réunion de crise en ligne pour plancher sur la situation. A l’issue de cette réunion, ils ont condamné par voie de communiqué ce coup de force et demandé au militaire qui venait de prendre le contrôle du pays de laisser le processus électoral qui était à la phase de la proclamation des résultats suivre son cours.

Par ailleurs, des indications sur la vidéo, notamment la capture d’écran de l’avatar Chris Yapi, les émoticônes et les rires en fond sonores,   montrent bien qu’il s’agit d’une spéculation sur les intentions du président ivoirien face à la situation préoccupante de la Guinée Bissau et non une information fiable.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Après les différentes vérifications, la vidéo prétendant que le Président Alassane Ouattara a annoncé l’envoie d’une force d’intervention militaire de la CEDEAO en Guinée Bissau est hors contexte . La vidéo a été sortie de son contexte pour manipuler l’opinion.

L’annonce de cette intervention militaire de la CEDEAO, relatée dans cette vidéo, n’a donc pas été faite à l’occasion du coup d’Etat que vient de connaître la Guinée Bissau.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne pas relayer pas les informations à caractère douteux
  • Se Référer uniquement aux informations de sources officielles sur les canaux officiels
  • Signaler les publications mensongères et leurs auteurs

Faux, cette vidéo de Jean Kacou Diagou garantissant des gains rapides via une application d’investissement est une deepfake

FAIT

Sur Facebook, un internaute a publié une vidéo affirmant que Jean Kacou Diagou, Président du Groupe NSIA, aurait encouragé les entrepreneurs ivoiriens à investir en ligne, en leur promettant des « bénéfices rapides » ainsi qu’un revenu minimum garanti de 910 000 F CFA par semaine à partir d’un apport initial de 140 000 F CFA.

ANALYSE 

Publiée le 09 novembre 2025, par le compte Facebook Kydordor, la vidéo montre  une interview accordée par le fondateur du Groupe NSIA Banque, Jean Kacou Diagou.

Dans cette séquence  de 3 min , Jean Kacou Diagou, semble motiver les jeunes, les entrepreneurs et ivoiriens ordinaires à investir en ligne via une application conçue par son  groupe. Le commentaire qui  accompagne  le post indique : « Facile à appliquer au quotidien. Testée par des milliers de personnes à travers le pays. Sans astuces compliquées ni promesses vides, Jean Kacou Diagou partage son expérience et révèle comment les Ivoiriens ordinaires peuvent transformer leur situation financière. »

VÉRIFICATION DES FAITS

Une recherche  d’image inversée avec l’outil Bing a orienté La Cellule Anti Fake News vers une vidéo sur ce  compte YouTube publiée le 26 décembre 2017 par le  Groupe NSIA Banque.

Dans cette interview, le président du Groupe NSIA, Jean Kacou Diagou, répond aux questions de la journaliste concernant son bilan à la tête du patronat ivoirien durant onze ans. 

Il aborde aussi  la collaboration entre l’État et les entreprises, ainsi que plusieurs initiatives dont il se dit particulièrement fier, notamment sa vision destinée à servir de boussole aux États.

La même recherche a également  permis d’identifier la vidéo sur le compte Dailymotion du média Jeune Afrique, qui corrobore l’information.

Une autre  recherche Facebook avec les mots-clés « Jean Kacou Dagou appelle à investir en ligne » a permis de retrouver un communiqué sur la page Facebook du Groupe NSIA  publié le 8 octobre 2025. 

La structure  apporte un démenti formel des propos tenus par son  premier responsable en ces termes : 

«Le Groupe NSIA informe le public, ses partenaires ainsi que l’ensemble de ses parties prenantes qu’il circule actuellement, sur les réseaux sociaux et divers canaux numériques, des communications frauduleuses attribuant à Monsieur Jean Kacou DIAGOU, Président du Groupe NSIA, le lancement d’un prétendu projet d’investissement en ligne. Le Groupe NSIA tient à préciser, avec la plus grande fermeté, que ces allégations sont fausses , mensongères et diffamatoires», peut-on lire. 

CONCLUSION 

Contrairement aux affirmations de la publication vérifiée, la vidéo diffusée ne correspond pas au contenu de l’entretien coproduit par Galaxy Presse et Jeune Afrique publié sur la chaîne YouTube du Groupe NSIA. Il s’agit d’une séquence manipulée, sortie de son contexte et générée à l’aide de l’intelligence artificielle.

Ce fact-check a été produit par Aymard Taou  dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.