Faux : Cette vidéo affirmant qu’Oliva Yacé a subi un accident est trompeuse

FAIT

Sur TikTok, une page a publié une vidéo prétendant montrer Olivia Yacé a été secouée par un accident de la circulation après son retour au pays. 

ANALYSE

 Le 26 novembre, la page Kolani.kool a publié une vidéo montrant une voiture endommagée à la suite d’un accident, accompagnée de l’image d’une reine de beauté ivoirienne. La légende associée à la publication affirme : « La Miss Côte d’Ivoire, mademoiselle Olivia Yacé, est sous le choc après un accident ».

Cette publication intervient après la brillante participation d’Olivia Yacé au concours international de beauté Miss Univers, dont la finale s’est tenue le 20 novembre dernier. Représentante de la Côte d’Ivoire à cette édition, Olivia Yacé  a terminé 4ᵉ dauphine, une performance largement saluée par les internautes.

À la suite de ce résultat, Miss Côte d’Ivoire 2021 avait annoncé son retour prochain en Côte d’Ivoire. Sa prestation remarquable a suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes estimaient que la couronne aurait dû lui revenir. C’est dans ce contexte d’engouement populaire que la vidéo publiée par la page Kolani.kool a circulé, alimentant une rumeur infondée autour d’un supposé accident.

VÉRIFICATION DES FAITS

Pour vérifier cette information,  la Cellule Anti Fake News a procédé à une recherche d’image inversée avec l’outil  Bing,  qui a permis de contextualiser les deux images contenues dans la publication en vérification. La première photo  est publiée par cette page Instagram  le 29 juin 2025,  informant  qu’il s’agit de   Fatima Koné,  Miss Côte d’Ivoire 2025.

Quant à la deuxième photo, elle est retrouvée dans cet article  du 14 mars 2017 qui traitait d’une question de droit des assurances à Marseille. Une information corroborée ici.

Une autre recherche menée sur Facebook avec les mots-clés « Olivia Yacé victime d’un grave accident » n’a révélé aucune information crédible relative à ce prétendu accident.

En outre, Olivia Yacé est  arrivée en Côte d’Ivoire le samedi 29 novembre 2025 à l’Aéroport International Félix Houphouët-Boigny, comme l’indiquent  des médias locaux tels qu’Abidjan.net et RTI Info. Cette arrivée publique, dans de bonnes conditions, confirme qu’elle n’a été victime d’aucun accident après son retour au pays.

CONCLUSION 

Contrairement aux affirmations véhiculées, cette vidéo ne montre en aucun cas Olivia Yacé victime d’un grave accident. Après vérification, il s’agit d’une fausse information. Les images diffusées dans la vidéo sont sorties de leur contexte et n’ont aucun lien avec Olivia Yacé.

Ce fact-check a été produit par Aymard Taou  dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.

Un Faux communiqué sur la disparition du général chérif Ousmane est attribué au procureur de la république près du tribunal de première instance d’Abidjan

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

 Faux, ce communiqué attribué au procureur de la république Monsieur Braman Koné sur la disparition du général chérif Ousmane est une infox. Il n’existe aucune communication officielle du procureur à ce sujet et Alerte 100, le centre technique de Fact checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a confirmé que c’est un faux communiqué.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Un post partagé sur la page Facebook Côte d’Ivoire ma patrie le 14 novembre 2025 a relayé un prétendu communiqué signé du procureur de la république Braman Koné, informant la population sur une supposée disparition du général chérif Ousmane.

ANALYSE

Ce post partagé sur la plateforme Présidentielle 2025: Laurent Gbagbo candidat du Ppa.ci, une plateforme de 60.000 membres, a cumulé plus de 500 mentions “j’aime”, des centaines de commentaires et plus d’une vingtaine de partages.

Source: capture d’écran de la publication
Source: Capture d’écran des commentaires

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie )

Nous avons entrepris des recherches sur la page Facebook officielle du Ministère de la justice et des droits de l’homme,  nous n’avons trouvé aucun communiqué du procureur de la république relatif à la disparition du général chérif Ousmane. Aussi, les pages Facebook des Forces Armées de Côte d’Ivoire, et du  Ministère de l’intérieur et de la sécurité de Côte d’Ivoire , n’ont révélé aucune information au sujet de la disparition du général chérif Ousmane.

Notons que depuis plusieurs jours de nombreuses publications (1,2,3)  avaient prétendu à la disparition de ce général de l’armée. Une rumeur selon les autorités démentie par l’ Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) sur la page Alertes 100.

Pour avoir de plus amples informations, nous avons contacté Alerte 100, centre technique de Fact -checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) qui nous a confirmé que ce communiqué est un faux. Cette information est une fausse information, a souligné l’Agence.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Le post prétendant relayer un communiqué du procureur de la république Braman Koné sur la disparition du général chérif Ousmane est faux. Ce faux communiqué a été publié dans le but de tromper l’opinion publique.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Se fier aux informations de sources officielles
  • Ne relayer aucune information douteuses
  • Signaler et dénoncer les auteurs de cette fausse information aux autorités compétentes

FAUX : Cette vidéo montrant une station de péage en feu en Côte d’Ivoire n’a pas été tournée en octobre 2025

La vidéo montre la station de péage d’Attinguié qui a pris feu en avril 2022.

Cette publication TikTok prétendant montrer une station de péage en feu le 22 octobre 2025 sur l’autoroute du nord de la Côte d’Ivoire est FAUSSE.

La publication montre une station de péage en feu accompagnée d’une inscription disant : « 22–10–2025: Péage en feu, autoroute du nord. Voilà les résultats de la dictature de Dramane Ouattara. Mercredi 22 Octobre ».

PesaCheck a examiné la publication et a conclu qu’elle est fausse.

Cette publication intervient dans un contexte électoral en Côte d’Ivoire marqué par des manifestations spontanées dans plusieurs localités du pays. Des manifestants ont détruit des urnes électorales et certains rapports font état d’un village incendié et de plusieurs personnes tuées.

Cependant, la recherche d’images inversées via Bing image, à partir d’une capture de la vidéo, a révélé qu’elle montre un feu qui s’est déclaré au péage d’Attinguié, au nord-ouest d’Abidjan, en avril 2022.

Une recherche Google de mots-clés « péage d’Attinguié en feu » a mis en évidence plusieurs publications reprenant la vidéo en 2022, ici, ici et ici.

Selon la Radio-télévision ivoirienne (RTI), l’incident remonte au 19 avril 2022, lorsqu’une voiture s’est embrasée en début de soirée à la station de péage d’Attinguié, au nord-ouest d’Abidjan. Les flammes se sont rapidement étendues aux cabines voisines, avant d’être maîtrisées par les sapeurs-pompiers militaires. Le ministère de l’Équipement et de l’Entretien routier avait alors confirmé l’information sur sa page officielle.

La recherche de mots-clés « péage en feu en 2025, autoroute du nord » révèle qu’il n’y a pas eu de péage en feu en 2025 sur l’autoroute du Nord.

PesaCheck a examiné une publication prétendant montrer une station de péage en feu le 22 octobre 2025 sur l’autoroute du nord en Côte d’Ivoire et l’a trouvée FAUSSE.

Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mardochée Boli et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

FAUX : Cette vidéo ne montre pas le président Ouattara annonçant une intervention militaire de la Côte d’Ivoire au Nigeria

Dans ladite vidéo, le Chef de l’État ivoirien évoque plutôt l’envoi des troupes ivoiriennes au Niger, après le coup d’État ayant renversé le président Bazoum.

Cette publication sur Threads avec une vidéo prétendant montrer le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, annonçant une intervention militaire au Nigeria pour contrer une prétendue attaque des États-Unis contre le pays est FAUSSE.

« Alassane Ouattara annonce une intervention au Nigeria pour combattre les troupes américaines qui viendront attaquer le Nigeria. Merci Papa n’a bataillon », lit le post publié le 3 novembre 2025.

Le post est accompagné d’une vidéo de 37 secondes qui montre Ouattara, debout derrière un pupitre, qui a de part et d’autre les drapeaux de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Côte d’Ivoire.

Il semble faire un discours et dit ceci : « La Côte d’Ivoire fournira un bataillon et a pris toutes les dispositions financières pour que l’opération, si elle doit durer trois mois, les provisions soient faites sur le plan budgétaire pour que nos soldats et nos officiers qui participeront à cette opération ne manquent de rien. La Côte d’Ivoire est prête et je viens de donner instruction au chef d’État-major général des armées de commencer la mobilisation générale de ses troupes pour leur participation à la CEDEAO. Je voudrais indiquer que ces décisions sont collectives… ».

PesaCheck a vérifié le post et a conclu qu’il est faux.

Une recherche d’images inversées avec Yandex découlant de cette capture d’écran prise dans l’élément audio visuel analysé a mené PesaCheck vers cette vidéo mise en ligne le 10 août 2023. Elle est présentée comme la déclaration du président ivoirien à la presse le jeudi 10 août 2023, au terme du Sommet extraordinaire de la CEDEAO, sur la situation politique au Niger. La séquence allant de la minute 6:10 à 7:47 est identique à celle en vérification.

Sur la base de ce résultat, PesaCheck a lancé une recherche Google avec les mots-clés « Déclaration de Ouattara sur l’envoi des troupes au Niger », qui a mené à ce reportage d’Africa24tv du 11 août 2023. Celui-ci indique qu’Ouattara a annoncé l’envoi d’un bataillon militaire composé de 850 à 1 100 soldats au Niger, à la suite du coup d’État ayant renversé le président Mohamed Bazoum. La même information est également partagée ici et ici.

Par contre, la recherche Google avec des mots-clés « Ouattara envoie des troupes au Nigeria pour combattre les Américains » n’a abouti à aucun résultat crédible.

Cette affirmation est apparue après que le président américain Donald Trump a menacé d’envoyer des troupes au Nigeria pour combattre les groupes islamistes armés.

PesaCheck a examiné un post sur Threads avec une vidéo prétendant montrer le président ivoirien Alassane Ouattara annonçant une intervention militaire au Nigeria pour contrer une prétendue attaque des États-Unis contre le pays, et l’a trouvé FAUX.

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Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par le rédacteur principal à PesaCheck, Stephen Ndegwa.

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

Attention à l’arnaque : l’entreprise de vente en ligne JUMIA n’offre pas 40 000 F CFA aux usagers de son site internet

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

FAUX : Ce site prétendant offrir 40 000 F CFA aux usagers, au nom de l’entreprise JUMIA est une arnaque. Après les recherches sur le site et les vérifications auprès du service client de l’entreprise, les résultats confirment qu’il s’agit d’une tentative d’arnaque. L’entreprise soutient que cette offre ne vient pas de leur service.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Un lien transféré de nombreuses fois via whatsapp prétend que l’entreprise Jumia offre 40 000  aux usagers à l’occasion de “Jumia anniversaire cadeau”.

ANALYSE

En un clic sur le lien apparaît un message de félicitation accompagné d’un questionnaire avec entête Jumia, sur l’âge et le genre des utilisateurs. Après avoir sélectionné les réponses, un autre message de félicitation s’affiche au bout du processus.

Capture d’écran de la première page du site

Ensuite, apparaissent plusieurs coffrets cadeaux dont l’utilisateur dispose de trois tentatives pour essayer d’ouvrir le bon afin d’obtenir les 40 000 F CFA.

Plusieurs commentaires accompagnent cette action, mais il est impossible de vérifier l’authenticité et le profil de ces utilisateurs.

Capture d’écran des commentaires

Après avoir ouvert le bon coffret cadeaux, un autre message vient indiquer que pour recevoir les 40 000 FCFA, il faut partager le lien via whatsapp avec 5 groupes ou 20 amis et entrer une adresse personnelle pour terminer l’inscription.

Cette action ne donnera aucune suite.

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons d’abord effectué une recherche avec les mots clés “ jumia anniversaire cadeau 40 000 “et nous n’avons trouvé aucune offre semblable.

Les recherches sur le site officiel  et la page Facebook officielle de Jumia Côte d’Ivoire n’ont rien donné.

Nous avons procédé à des vérifications en faisant des recherches sur le domaine du site avec l’outil whois.com pour avoir des informations sur les titulaires de ce site. Les résultats ont montré que les informations concernant les auteurs de ce site sont privées au lieu de fournir des informations précises sur l’entreprise Jumia. Cette stratégie typique aux sites d’arnaque révèle que ce site est inauthentique.

Capture d’écran de la recherche avec Whois

Nous avons également effectué des recherches avec l’outil VirusTotal pour voir des informations relatives à la sécurité du site. Cette recherche a révélé que ce site est suspect.

Capture d’écran de la recherche avec VirusTotal

Nous avons enfin contacté le service client de Jumia via whatsapp nous a confirmé que ce site est un site d’arnaque et que leur entreprise n’est point affiliée à ce site. Le service client nous a en effet exhorté à contacter la Plateforme de lutte contre la Cybercriminalité (PLCC) pour dénoncer la tentative d’arnaque.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Le site internet prétendant offrir 40 000 F CFA aux usagers au nom de l’entreprise Jumia est un canular. Il a été mis en place dans l’objectif d’arnaquer les citoyens et internautes au moyen de la technique de l’hameçonnage qui exige généralement des utilisateurs de partager le lien d’une offre à plusieurs personnes ou dans plusieurs groupes whatsapp.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne cliquez  sur aucun lien suspect
  • Toujours vérifier et se renseigner sur les canaux officiels de la structure ( site, page Facebook)
  • Ne pas partager ce type de lien suspect à ses contacts comme recommandé
  • Signaler l’arnaque à l’entreprise et auprès des autorités compétentes

Une fausse couverture manipulée d’un article du magazine Jeune Afrique utilisé pour prétendre que Abidjan envoie des armes aux terroristes à la frontière Côte d’Ivoire-Burkina.

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, la publication qui prétend que Abidjan envoie des armes aux terroristes à la frontière Côte d’Ivoire-Burkina est une infox. Les différentes vérifications ont plutôt montré qu’il s’agit d’un montage. La publication d’origine du média Jeune Afrique ne fait pas mention de cette information.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Dans une publication partagée sur  le profil Facebook Serges Patrice Paré le 01 Novembre 2025, une couverture d’un article du magazine Jeune Afrique prétend que Abidjan envoie des armes aux terroristes.

ANALYSE

Cette publication a cumulé environ 500 mentions j’aime, une vingtaine de commentaires et 16 partages

La publication est énoncée comme suit: “Jeune Afrique vient de mettre le derrière de la Côte d’Ivoire dehors pour soutien aux terroristes”. La publication est accompagnée en commentaire de la capture d’écran d’une publication d’un article sur la page Facebook de Jeune Afrique.

La titraille de la publication se décline comme suit : Côte d’Ivoire-Burkina Faso : ce que l’on sait des derniers incidents à la frontière et sur l’image d’illustration : “Abidjan envoie des armes aux terroristes. Ce que l’on sait des derniers incidents à la frontière.”

Source: Capture d’écran de la publication

Les commentaires ont pour la plupart ironisé en affirmant que Jeune Afrique a écrit l’article parce qu’ “ils n’ont pas reçu leur versement du mois”.

Source : Capture d’écran des commentaires de la publication

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons procédé à l’analyse de la capture d’écran de la prétendue publication de Jeune Afrique sur Facebook avec l’outil Fotoforensics. Nous avons constaté des incohérences au niveau du sous titre “Abidjan envoie des armes aux terroristes” qui paraît un plus foncé que les autres parties du texte.

Les indices visuels nous ont ensuite fait remarquer que le sous titre “Abidjan envoie des armes aux terroristes” est placé de façon disproportionnée par rapport au dernier sous titre, laissant entrevoir un montage .

Pour en savoir davantage , nous sommes allés sur la page Facebook officielle de Jeune Afrique pour vérifier si la publication s’y trouve. Nous avons retrouvé une publication avec le lien d’un article datant du 01 novembre 2025 qui ressemble à des détails près à celle que nous vérifions, sauf que le sous titre sur l’image d’illustration ”Abidjan envoie des armes aux terroristes” n’apparaît pas sur la publication d’origine.

 

Source: Capture d’écran de la publication sur la page Facebook de Jeune Afrique

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

 

La publication de Serges Patrice Paré montrant une capture d’écran d’un article publié sur la page Facebook de Jeune Afrique, prétendant que Abidjan envoie des armes aux terroristes est fausse. C’est une publication qui a fait l’objet de montage pour manipuler dans l’objectif de tromper et manipuler l’opinion publique.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne pas partager cette information mensongère
  • Ne pas relayer une information sans avoir vérifier
  • Aller sur la page officiel des médias ou organisations pour vérifier toute information censée provenir de ces médias ou organisations
  • Développer son sens de l’esprit critique en questionnant d’abord la véracité de l’information et sa source
  • Signaler l’auteur de cette publication et le dénoncer aux autorités compétentes
  • Avoir le sens de l’observation

Les affirmations du porte-parole du gouvernement ivoirien sur le ratio policier par habitant et sur le nombre de burkinabè en Côte d’Ivoire sont-ils exacts ?

Cet article examine trois affirmations publiques faites par le ministre porte-parole du gouvernement ivoirien Amadou Coulibaly.

Azil Momar Lo, Africa Check

Dans un entretien diffusé par le média français France 24, le 22 octobre 2025 à quelques jours de la présidentielle ivoirienne, le ministre ivoirien de la Communication et porte-parole du gouvernement de Côte d’Ivoire, Amadou Coulibaly, a fait une série de déclarations portant sur des sujets tels que la sécurité et la démographie.

Amadou Coulibaly sur France 24, le 22 octobre 2025. Capture d’écran effectuée sur le compte YouTube de la chaîne française

Amadou Coulibaly s’est d’abord exprimé au sujet des effectifs de policiers en Côte d’Ivoire qui, selon lui, ont augmenté depuis l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir en 2011. « Nous avons réussi à réduire le ratio de policiers par habitant. On avait, en 2011, un policier pour 1 600 habitants. Aujourd’hui nous avons un policier pour 421 habitants », a-t-il affirmé.

Puis, vers la fin de l’interview, le ministre ivoirien de la Communication a déclaré que la Côte d’Ivoire abrite « environ 3 millions » de ressortissants burkinabé. Il a tenu ces propos alors qu’il répondait à une question concernant des accusations portées par le Capitaine Ibrahim Traoré, le président de la transition au Burkina Faso, envers les autorités ivoiriennes qu’il a accusées « d’héberger les opposants » de son pays et de « servir de base arrière aux terroristes qui frappent le Burkina Faso ».

Capture effectuée sur le site de Radio France International

Dans sa réponse, Coulibaly a indiqué que la Côte d’Ivoire « n’a aucun intérêt à déstabiliser un pays voisin » (le Burkina Faso, NDLR), dont la population résidente en Côte d’Ivoire « représente environ 3 millions d’habitants ».

Dans cet article, nous examinons ces différentes affirmations concernant respectivement le ratio de policiers par habitant d’abord en 2011, le ratio d’aujourd’hui et enfin le nombre de ressortissants du Burkina Faso vivant en Côte d’Ivoire selon les données disponibles.

Sur quelles preuves s’appuient les affirmations d’Amadou Coulibaly ?

Nous nous sommes rapprochés de la cellule de communication du ministère ivoirien de la Communication pour connaître la source des données d’Amadou Coulibaly. Malgré nos relances, nous n’avons pas obtenu de réponse jusqu’à la mise en ligne de cet article. Il sera mis à jour si le ministère de la Communication nous fait parvenir des précisions. 

Déclaration 1 : « En 2011, la Côte d’Ivoire avait un ratio d’un policier pour 1 600 habitants »

Verdict : globalement correct

Les plateformes gouvernementales ivoiriennes mettent à disposition du public le « Bilan complet du gouvernement de Côte d’Ivoire 2011-2025 ». Ce document, présenté comme « la brochure officielle du bilan des actions menées par le Gouvernement de Côte d’Ivoire de 2011 à 2025 », détaille les différentes réalisations de l’actuel président Alassane Ouattara arrivé au pouvoir en 2011 et réélu pour un quatrième mandat consécutif au terme de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Ce document a été mis en ligne sur le réseau social X, le 18 septembre 2025, par le gouvernement ivoirien.

Dans ce bilan, apparaît le ratio de policier par habitant au sein de la population urbaine. Ainsi, en 2011, ce ratio était d’un policier pour 1 680 habitants, selon le document.

Capture d’écran réalisée à la page 24 du Bilan complet du gouvernement de Côte d’Ivoire 2011-2025

Nous avons adressé un courrier électronique à l’Agence nationale de statistique (ANStat) de Côte d’Ivoire pour nous enquérir de ses données sur la question. Mais nos questions n’ont pas encore obtenu de réponse. Notre article sera mis à jour si l’ANStat nous fait parvenir des précisions.

L’expert sénégalais Elimane Sall, consultant et formateur en défense, paix et sécurité, explique que la source qui fait autorité au niveau international pour les données brutes sur les effectifs de police par pays est l’Enquête sur les tendances de la criminalité et le fonctionnement des systèmes de justice pénale de l’ONU (UN-CTS en Anglais, pour  »United Nations Surveys on Crime Trends and the Operations of Criminal Justice »). « C’est la source primaire à laquelle se réfèrent la plupart des bases de données universitaires et des rapports internationaux », fait savoir l’expert.

Cette enquête annuelle est administrée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Elle fournit un aperçu des tendances et des interrelations entre les différents éléments du système de justice pénale afin de favoriser la prise de décisions éclairées dans le domaine administratif, à l’échelle nationale et internationale. Sur sa plateforme, l’ONUDC avertit que les statistiques sur la criminalité communiquées dans le cadre de l’UN-CTS concernent principalement les crimes signalés et/ou détectés. Il convient donc d’interpréter ces données avec prudence et de faire preuve de circonspection lors des comparaisons entre pays.

Des policiers anti-émeutes ivoiriens bloquent l’accès au palais de justice d’Abidjan, le 24 avril 2025. ISSOUF SANOGO / AFP

Nous avons contacté l’ONUDC qui nous a redirigé vers son portail de données dans lequel les données collectées dans le cadre de l’UN-CTS sont publiées. Cependant, pour 2011, les données pour la Côte d’Ivoire, ainsi que celles de plusieurs autres pays, sont absentes. La seule donnée disponible pour la Côte d’Ivoire remonte à 2008. Pour cette année, avec un personnel de 15 770 policiers recensés, la Côte d’Ivoire affichait un ratio de 73,30 policiers pour 100 000 habitants. Ce qui représente 1 policier pour 1364 habitants.

La plateforme Our World in Data, également recommandée par Elimane Sall, agrège et contextualise des données internationales, y compris le ratio policier/1000 personnes. Mais pour la Côte d’Ivoire, elle ne dispose pas de données concernant l’année 2011.

En l’absence de réponse de l’ANStat et en raison d’un manque de sources indépendantes, nous avons évalué cette déclaration à la lumière de la seule source publique disponible qui émane du gouvernement ivoirien.

Par conséquent, cette affirmation d’Amadou Coulibaly est globalement correcte.

Déclaration 2 : « Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire a un ratio d’un (01) policier pour 421 habitants »

Verdict : exagéré

Selon la brochure officielle du bilan des actions menées par le Gouvernement de Côte d’Ivoire de 2011 à 2025 mentionnée plus haut, le ratio est d’un policier pour 509 habitants en 2024.

Ces mêmes données sont reprises en détails par une brochure publiée sur la plateforme gouvernementale bilan.gouv.ci, qui est logée sur le site du gouvernement de Côte d’Ivoire gouv.ci.

Source: bilan.gouv.ci

Selon la brochure, le ratio de gendarme/habitant est passé de 1/1385 en 2011 à 1/1210 en 2024/2025.

Quant au ratio de policiers par habitant, il est passé de 1/1 680 en 2011 à 1/509 en 2024/2025.

Ce ratio d’un policier pour 509 habitants en 2024/2025 indiqué par les données gouvernementales est donc légèrement plus important que le ratio d’un policier pour 421 habitants mentionné par Amadou Coulibaly.

Par ailleurs, le ratio de policier par habitant est aussi mentionné dans le Projet de loi finances portant budget de l’Etat pour l’année 2025, publié par le Ministère des Finances et du Budget de Côte d’Ivoire. La section du document consacrée aux activités du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité fait le point sur le ratio de fonctionnaires de Police sur population urbaine, en indiquant un ratio d’un policier pour 601 habitants pour 2023.

Mais le document précise que la cible de la Côte d’Ivoire pour l’année 2025 est d’un policier pour 509 habitants.

Nos recherches sur le portail de données de l’ONUDC ont été infructueuses. Pour la Côte d’Ivoire, les dernières statistiques datent de 2008.

De la même manière, les données les plus récentes de la plateforme Our World in Data pour la Côte d’Ivoire remontent à 2008.

Eu égard aux données disponibles, la déclaration du porte-parole rapportant qu’aujourd’hui la Côte d’Ivoire a un ratio d’un policier pour 421 habitants est exagérée. Les données publiques les plus actuelles font état d’un ratio d’un policier pour 509 habitants en 2024/2025.

Il n’existe pas de ratio standard international sur le nombre de policiers par habitants

Dans son Info Finder, la version anglaise de sa base d’agrégation de sources fiables, Africa Check renseigne qu’il n’existe pas de ratio standard officiel en termes d’effectifs de policiers par habitant. Ce que confirme Elimane Sall, expert et formateur sénégalais en défense, paix et sécurité

« Il n’existe pas de ratio universellement reconnu par des organismes comme les Nations Unies (ONU) ou Interpol que tous les États membres seraient tenus d’atteindre », note-t-il.

Elimane Sall détaille que cela s’explique par plusieurs facteurs complexes. Il souligne d’abord le « contexte sécuritaire spécifique ». Le ratio « idéal » dépend intrinsèquement des menaces spécifiques (criminalité organisée, extrémisme violent, sécurité post-conflit, etc.), de la géographie (densité de population, zones urbaines vs. rurales) et de la structure même de la force (police nationale, gendarmerie, polices municipales, etc.) de chaque pays.

Ce spécialiste met également l’accent sur l’« approche de la sécurité », pour dire que « l’approche moderne de la sécurité insiste davantage sur la gouvernance, la légitimité, l’efficacité et le respect des droits de l’homme que sur le simple volume des effectifs. Avoir plus de policiers ne signifie pas nécessairement une meilleure sécurité », estime-t-il.

Enfin, Elimane Sall mentionne le facteur «définition variable ». « La définition d’un « policier » varie d’un pays à l’autre (inclusion ou non de la gendarmerie, des agents de soutien, des douanes, etc.), rendant l’établissement d’une norme unique difficile », conclut-il.

Déclaration 3 : Il y a environ « 3 millions » de ressortissants du Burkina Faso vivant en Côte d’Ivoire

Verdict : sous-estimé 

En Côte d’Ivoire, le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2021 (RGPH 2021) dont les chiffres définitifs ont été publiés en juillet 2022 rapporte les dernières statistiques officielles sur le nombre de personnes de nationalité étrangère résidant dans le pays.

Le Tableau 8 de cette étude d’envergure nationale précise de manière détaillée la répartition de la population non ivoirienne par nationalité en 1998 et en 2021.

Comme on peut le voir sur le tableau ci-dessus, en 2021, l’effectif des ressortissants du Burkina Faso est de 4 056 444 personnes. Ce chiffre était de 2 238 548 en 1998 selon la même source.

Le chiffre de 4 056 444 est supérieur à celui indiqué par le porte-parole du gouvernement (« environ 3 millions »).

En conclusion, l’estimation d’Amadou Coulibaly concernant le nombre de Burkinabè en Côte d’Ivoire est en dessous de ce que révèlent les données publiques disponibles sur le sujet.

Cet article a été réalisé par Africa Check, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.

Côte d’Ivoire / Présidentielle : Une fausse information alarmante publiée sur facebook pour faire croire en un soulèvement du peuple contre les dirigeants ivoiriens

VERDICT ET CODE DE FIABILITÉ

FAUX, L’information selon laquelle le peuple ivoirien se serait vengé contre les dirigeants de la Côte d’Ivoire à travers des attaques contre les forces de l’ordre et des stations brûlées n’est pas avérée. Après nos recherches à travers les mot-clés tels que «insurrection nationale généralisée ce matin » et «attaques contre les forces de l’ordre et stations brûlée» publiés dans le message Facebook, aucun média crédible et aucune source politique ou sécuritaire officielle n’a relayé une telle information.

FAIT

Selon une information publiée le lundi 20 octobre qui circule sur les réseaux, le peuple ivoirien se serait vengé le lundi 20 octobre 2025 contre les dirigeants ivoiriens, à travers des attaques contre les forces de l’ordre et des stations brûlées. L’information rédigée dans un français approximatif a été publiée sur Facebook, à partir du compte «Agossou Konoura». Dans cette publication, l’internaute affirme que le peuple a dit non au 4ème mandat d’Alassane Ouattara qui se croyait malin en maintenant les forces de l’ordre à tout prix pour bâillonner le peuple.

ANALYSE 

Le lundi 20 octobre 2025, une publication relayée sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook via le compte «Agossou Konoura », a suscité 3,4 mille mentions ‘‘J’aime’’ , 641 commentaires et 221 partages en moins de 24 heures. Accompagnée d’images montrant des forces de l’ordre sur le terrain, des véhicules en feu et une personne sûrement accidentée couchée, la publication a provoqué des commentaires favorables à la crédibilité apparente de cette infox mais aussi sceptiques quant à la fiabilité de ce message.

Source : Capture de la publication

Ainsi, publiée comme une alerte urgente, cette publication, telle que orientée, attire l’attention du peuple béninois, qui se prépare également pour une élection présidentielle en avril 2026, afin de l’inciter à se mobiliser face au régime au pouvoir comme en Côte d’Ivoire. On peut lire en substance dans cette publication : « (…) Ce matin le peuple s’est venger contre les dirigeants de la Côte d’Ivoire. Les attaques contre les forces de l’ordre, les stations brûlées, victime des forces armées les blocages partout… Ce que je ne souhaite pas pour le Bénin mon pays. Je attire l’attention des dirigeants afin de réfléchir et jouer le rôle d’un père de famille pour tout éviter. Car la force appartient au peuple et non à votre décision. respecter le peuple , sans le peuple le pays n’existe pas. »

C’est vrai que depuis la validation de la candidature du candidat du parti au pouvoir (RHDP) par le Conseil constitutionnel pour un quatrième mandat jugé illégal par l’opposition, il y a des foyers de violence locale, des affrontements ponctuels, des arrestations et une forte tension politique. Mais après des recherches auprès de sources (médias crédibles et déclarations officielles d’autorité policières et politiques), il n’y a pas eu de soulèvement national ce lundi matin (20 octobre 2025) comme le message l’annonce de façon urgente. 

VÉRIFICATION DES FAITS (MÉTHODOLOGIE)

L’analyse de la photo d’ouverture qui accompagne le message, à l’aide de Google Reverse Image Search, montre clairement qu’il s’agit d’une image de l’AFP sortie du contexte de sa première publication il y a 8 ans (23 mai 2017), pour illustrer un article sur des affrontements entre soldats démobilisés et policiers à Bouaké ayant causé trois morts. On peut lire dans cet article le chapeau suivant : « Bouaké (Côte d’Ivoire) – Trois personnes ont été tuées mardi lors d’affrontements à Bouaké (centre) entre policiers et ex-rebelles démobilisés qui bloquaient l’entrée de la ville, réclamant des primes similaires à celles des mutins qui ont ébranlé la Côte d’Ivoire la semaine dernière, a constaté un journaliste de l’AFP ».

Par ailleurs, après nos recherches toujours sur Google Reverse Image Search, les deux photos montrant un incendie avec une fumée épaisse utilisée dans cette publication mensongère, sont les images d’un poids lourd qui a pris feu sur le parking d’un supermarché, dans la ville de Mouchard en France. L’incendie s’est propagé à une station-service et à plusieurs véhicules.

Enfin, la photo montrant un individu couché au sol comme une victime de la prétendue insurrection populaire, est une vieille image d’un sergent de police qui a tenté de se suicider le 9 septembre 2023, à Yopougon en se tirant une balle dans la tête non loin de son appartement. La photo a été publiée sur des sites web sérieux comme 7info.ci et linfodrome.com.

Source : Capture de l’article sur l’infodrome.com

Il y a certes des manifestations de l’opposition contre le quatrième mandat du président sortant et le rejet des candidatures de grandes figures de l’opposition (le président du PPA-CI Laurent Gbagbo et le président PDCI Tidjane Thiam) par le Conseil Constitutionnel, malgré des interdictions officielles des meetings et autres rassemblements sur les voies publiques, mais cela ne suffit pas à prouver qu’un soulèvement massif a eu lieu le lundi 20 octobre contre les dirigeants ivoirien. L’idée que les forces de l’ordre « sont maintenues à tout prix pour faire taire » est une affirmation gratuite. On a certes, des cas de dispersion et de répressions de manifestations, mais pas jusqu’à présent d’éléments crédibles prouvant une répression systématique à l’échelle nationale ce jour précis.

Aussi, aucune source sécuritaire ou politique crédible n’a fait cas depuis cette publication d’un soulèvement populaire que l’on pourrait qualifier d’une vengeance du peuple contre les dirigeants ivoiriens. 

CONCLUSION

Cette nouvelle publiée à une période électorale sensible marquée par des tensions politiques et des violences, est fausse. Elle s’inscrit, on ne sait pour quelle raison qui motive l’auteur, dans une stratégie de désinformation et de manipulation de l’opinion tant béninoise qu’ivoirienne. La publication semble de façon exagérée mettre de l’huile sur le feu afin d’en rajouter à la situation déjà tendue dans laquelle se trouve le processus électoral, en faisant un mélange d’éléments vrais (contestations, manifestations, tensions) avec des affirmations amplifiées ou non confirmées (insurrection massive, attaques généralisées).

Cet article a été réalisé par par Abou Adams, Pressivoire.com, dans le cadre de la Situation Room Virtuelle de veille électorale mise en place, en partenariat avec la Cellule Anti Fake News (CAFN), mobilisant des fact-checkers, journalistes et veilleurs numériques.

Imbroglio sur le nombre de décès enregistrés lors des manifestations en lien avec la présidentielle ivoirienne de 2025

De nombreuses informations sont relayées sur les réseaux sociaux et parfois par les acteurs politiques et des institutions sur les différents incidents qui ont émaillé le processus électoral en vue de la présidentielle du 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire. En l’absence d’une communication officielle précise, il est difficile de se retrouver dans ces chiffres qui sont avancés. Éclairage sur ces incidents rapportés, en particulier sur le nombre de décès enregistrés.

Anderson Diedri, Eburnie Today

En début de soirée du 25 octobre 2025, le jour du scrutin, alors que les populations attendaient les premiers résultats de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, livrait ses premières analyses sur les antennes des télévisions nationales. Il a expliqué que le scrutin s’est globalement bien déroulé dans l’ensemble malgré des incidents signalés dans certaines localités du pays. Il a exprimé sa satisfaction d’avoir dénombrer moins de pertes en vie humaines lors de cette élection, alors que les périodes électorales sont généralement des périodes de tensions socio-politiques en Côte d’Ivoire.

« Voyez-vous à chaque fois, qu’à l’occasion d’une élection, il y a mort d’hommes, nous prenons ça pour notre compte, même si ce n’est pas directement lié à la Commission électorale indépendante parce que nous on ne tue pas. Mais c’est toujours regrettable que l’occasion de l’opération dont vous avez la responsabilité constitue une cause mortifère au point d’affecter la vie des citoyens. Il y a, à un moment donné, un regret. Donc, aujourd’hui, je suis un homme plus ou moins heureux parce qu’en dehors du cas malheureux dans la zone de l’Agneby-Tiassa où l’un de nos frères d’armes a perdu la vie, je crois qu’on n’a pas dénombré de mort sur toute l’étendue du territoire. Ce qui est une bonne chose pour nous. Nous sommes satisfaits de cela », a déclaré Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, comme le rapporte cette publication de la chaîne de télévision ivoirienne NCI à partir de la 13ème minute (13’45).

Le président de la CEI fasaiit référence au décès, survenu le 20 octobre 2025, du Sous-lieutenant Klenon Lassina Daniogo, un officier de gendarmerie en service à l’escadron d’Agboville au cours d’une mission de sécurisation.

Ce décès est-il effectivement le seul enregistré au cours des manifestations en lien avec la présidentielle ivoirienne de 2025 ?

Décompte des chiffres réels des incidents 

Si, au moment de la mise en ligne de cet article, il n’y avait pas encore eu de communication officielle précise et détaillée faisant le bilan de l’ensemble des incidents, en particulier sur le nombre de décès, un recensement a été effectué par la Coalition Anti Dohi sur la base des communiqués et déclarations de la justice, de la police, de la gendarmerie, d’institutions étatiques, des partis politiques et des témoignages sur le terrain. Ce décompte fait état d’une dizaine de morts.

Dans un contexte marqué par des manifestations de l’opposition, et alors que le Front Commun, une coalition de partis politiques de l’opposition dirigée par le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), a annoncé une marche, le 11 octobre 2025, pour réclamer « (la) démocratie, (la) justice et (la) paix ».

En réponse, Andjou Koua, le préfet du département d’Abidjan, a publié un arrêté interdisant « toute marche le 11 octobre 2025 sur toute l’étendue du territoire du département d’Abidjan » pour « la préservation de l’ordre public en cette période particulière de la campagne électorale pour l’élection présidentielle ». Puis, un arrêté conjoint, pris le 17 octobre 2025 par les ministres de la Défense Téné Birahima Ouattara et de l’Intérieur et de la Sécurité Vagondo Diomandé, a ajouté que « les meetings et manifestations publiques des partis ou groupements politiques sont interdits sur toute l’étendue du territoire national, à l’exception de ceux qui s’inscrivent dans le cadre de la participation au processus électoral relatif à l’élection du Président de la République du 25 octobre 2025 ».

Cependant, le Front Commun a maintenu son mot d’ordre, ouvrant la voie à des interventions des forces de l’ordre. Plusieurs incidents ont été enregistrés.

La police arrête un manifestant lors d’affrontements avec des partisans de l’opposition à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le samedi 11 octobre 2025. AP Photo/Diomande Ble Blonde

Dans une déclaration faite le 27 octobre 2025 par sa présidente Namizata Sangaré, le Conseil national des droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDH) a dressé un bilan de la situation préélectorale entre le 11 et le 21 octobre 2025. Il fait état de six morts survenus lors des manifestations de l’opposition. « Suite aux interventions des forces de l’ordre, plus de 700 personnes ont été interpellées selon les autorités et contre lesquelles des procédures judiciaires ont été ouvertes. Six autres ont perdu la vie dont deux dans la région du Sud-Comoé, une dans la région de l’Agneby-Tiassa (Grand Yapo), une à Daloa et deux à Yamoussoukro », a annoncé le CNDH, sans plus de détails.

Selon un communiqué du procureur de la République de Toumodi, une personne nommée Paul Kacou Konan (46 ans) est décédée, le 21 octobre 2025, d’un traumatisme crânien, après avoir reçu une pierre à la tête alors qu’il aidait la gendarmerie à lever des barricades dressées par des « individus » dans le village de Kami (commune de Yamoussoukro).

En outre, comme l’a indiqué le président de la CEI, la gendarmerie nationale a confirmé, dans communiqué, la mort du Sous-lieutenant Klenon Lassina Daniogo, le 20 octobre 2025, après avoir reçu des tirs « à l’épaule et à l’abdomen » lors d’une patrouille de sécurisation à Grand Yapo sur l’axe Agboville-Azaguié. Une enquête a été ouverte pour « élucider les circonstances de ce drame ».

Le 19 octobre 2025, un homme du nom de Marc Géraude Kprohi (34 ans) a également perdu la vie. Selon le communiqué du procureur de la République de Daloa, il a été arrêté ce jour-là avec huit autres personnes à l’occasion d’une opération de démantèlement de barricades érigées entre les villages de Bla et Tchébléguhé sur l’axe Daloa-Issia. Il est mort lors de son évacuation au Centre hospitalier régional (CHR) de Daloa, après avoir constaté un « état d’essoufflement » au cours de son « interrogatoire » à la brigade de gendarmerie de Daloa. Une enquête a été ouverte pour connaître les « causes » du décès. Selon cet article du média ivoirien Linfodrome, daté du 21 octobre 2025, sur des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, la mort de Marc Géraude Kprohi s’inscrit dans le cadre d’« incidents (survenus) dans un climat politique particulièrement tendu, à quelques jours de la présidentielle du 25 octobre 2025 ».

Capture d’écran de l’article du média Linfodrome sur le décès Marc Géraude Kprohi à Daloa

Autre décès signalé en lien avec ce contexte électoral, celui d’Ernest Christophe Allouan (22 ans), le 13 octobre 2025. La Police nationale a expliqué, dans un communiqué, qu’il a été atteint à la mâchoire par une balle tirée par « des individus non identifiés circulant à bord d’un véhicule 4×4 », lors d’une manifestation à Bonoua. Il a succombé à ses blessures dans la soirée au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville à Abidjan où il avait été évacué. Une enquête a été ouverte par la direction de la Police criminelle « afin de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame et d’identifier les auteurs ». Dans une dépêche de l’Agence ivoirienne de presse datée du 14 octobre 2025, « des manifestations de jeunes dans les rues de Bonoua visant, selon eux, à s’opposer à protester contre un quatrième mandat du candidat du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à la présidentielle, Alassane Ouattara, et la réaction des forces de l’ordre ont paralysé les activités dans certains quartiers de la ville de Bonoua, lundi 13 octobre 2025 ».

Capture d’écran de la dépêche de l’Agence ivoirienne de presse

Dans un communiqué daté du 15 octobre 2025, le PPA-CI dirigé par Laurent Gbagbo, dressant un bilan « provisoire » des événements, a indiqué « deux personnes décédées » dont Ernest Christophe Allouan et « un bébé de deux ans, qui a été étouffé par les gaz lacrymogènes d’une grenade lancée par les forces de l’ordre dans une cour dans le village d’Abié dans le département d’Adzopé ».

Contactée par la Coalition Anti Dohi, le 28 octobre 2025, Augustine Asseuhin Agoua, la grand-mère a témoigné que le bébé de « trois mois » (et non deux ans comme annoncé par le PPA-CI) est décédé après avoir inhalé du gaz lacrymogène lancé par les forces de l’ordre lors d’une intervention au petit matin du 14 octobre 2025. L’enfant étant malade, il n’a pas supporté le gaz lacrymogène, estime-t-elle : « Je n’ai pas l’argent. Quand ça s’est passé, je n’ai eu personne pour venir à mon aide. Donc je ne suis pas partie à l’hôpital. La maman du bébé est actuellement malade ».

S’agissant des événements survenus le jour du scrutin, le 25 octobre 2025, le CNDH a indiqué que ses observateurs « ont rapporté avoir été informés de pertes en vie humaine à Nahio, dans la région du Haut-Sassandra et des violences contre des personnes, y compris des éléments des forces de l’ordre et des agents électoraux ». Sans plus de précision.

Dans une déclaration faite le 26 octobre (ici et ici), le Front Commun a dit avoir noté « trois morts et vingt-neuf blessés » à Grand-Nahio, « quatre morts, 67 blessés graves et 5 maisons incendiés », à Niamayo et dans le village de Didakouadioblé à Toumodi. Le « jeune N’Guessan Kouadio Richard, 13 ans seulement, tué par balle alors qu’il n’était pas mêlé d’aucune manière à une quelconque manifestation », a rapporté le Front Commun.

Après vérification, plusieurs habitants assurent qu’il n’y a pas de village nommé Didakouadioblé à Toumodi, mais plutôt Didakouadiokro et Didablé. Contacté le 28 octobre 2025, le chef intérimaire du village de Didablé, Yao Kra, a expliqué à la Coalition Anti Dohi qu’ « il n’y a rien eu à Didablé. Il n’y a pas eu d’incident. Rien ne s’est passé ici. Le vote s’est passé tranquillement ».

Franck Abel Kouamé, le président des jeunes Didakouadiokro, joint également, suite aux incidents dans le village, quatre jeunes ont été interpellés le 25 octobre 2025 en fin de journée par la police (trois de Didakouadiokro et un de Didayaokro). Un blessé « grave » a été évacué à Toumodi, puis à Bouaké pour des soins. Lorsque les « lacrymogènes ont été lancés, ça l’a tapé sur la tête », a-t-il rapporté.

Selon Edouardo Kouadio, un membre de la famille, il s’agit de Romaric N’Goran, 17 ans. « On était ici. Les forces de l’ordre ont lancé des lacrymogènes. Il était à la maison et ça l’a tapé au niveau de la tête. Il a été évacué d’abord au centre de santé de Didablé. Vers minuit-1h du matin, ça n’allait pas, donc on l’a envoyé à Toumodi. C’est de Toumodi qu’on l’a envoyé à Bouaké. Ça va un peu chez lui », a-t-il témoigné.

Concernant les événements à Nahio, contacté les 27 et 28 octobre 2025, un fonctionnaire et un habitant sur place, Zirihi Onané, ont confirmé la mort de trois personnes. Il s’agit de Digbeu Gouaméné Faras (ancien ambulancier de Nahio), Douamé Zely Guimos (un chef de quartier) et Micheline Ballié. Un bilan également rapporté par le site d’information ivoirien Linfodrome. Ces témoignages font état de 21 blessés et 25 maisons incendiées. Les autorités administratives se sont rendues à Nahio au lendemain des événements pour appeler à l’apaisement. Zirihi Onané, dont la maison a été aussi « calcinée », explique que ces affrontements violents ont eu lieu le jour du scrutin, lorsqu’un groupe de jeunes a tenté d’empêcher le déroulement des votes.

Dans la soirée du 28 octobre 2025, un communiqué du procureur de la République d’Issia a confirmé nos recherches, précisant qu’à Nahio, « les affrontements ont fait trois (03) morts, causé des blessures à dix-neuf (19) personnes et entrainé la destruction de nombreux biens ». Une enquête a été ouverte à pour « situer les responsabilités ».

En somme, contrairement aux déclarations du président de la Commission électorale indépendante indiquant, le 25 octobre 2025,  qu’en dehors de l’officier de gendarmerie décédé le 20 octobre 2025 à Agboville, « on n’a pas dénombré de mort sur toute l’étendue du territoire » lors du processus électoral, les données collectées et recoupées par la Coalition Anti Dohi indiquent qu’une dizaine de personnes ont perdu la vie au cours de la période indiquée.

Cet article a été réalisé par le média ivoirien Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.

Côte d’Ivoire : non, des « insurgés » n’ont ni pris d’assaut l’aéroport de Korhogo, ni incendié un hélicoptère

Les publications que nous examinons dans cet article détournent des événements réels survenus en Côte d’Ivoire pour diffuser de fausses informations. Bien qu’un hélicoptère MI-24D se soit écrasé à l’aéroport de Korhogo, le 27 octobre 2025, aucune attaque liée à une insurrection contre les autorités n’est à l’origine de l’incident.

Raymond Dibi, Agence Ivoirienne de Presse

En Côte d’Ivoire, les résultats provisoires de l’élection présidentielle tenue le 25 octobre 2025 ont été publiés par la Commission Électorale Indépendante (CEI), le 27 octobre 2025. Le Président sortant Alassane Ouattara, candidat à sa propre réélection, a été élu provisoirement après avoir obtenu 89,77 % des voix. Le même jour où ces résultats provisoires ont été proclamés, une publication du compte Amadou Maiga, suivi par plus de 72 000 abonnés, a affirmé : « URGENT : Les insurgés ont pris d’assaut l’aéroport de Korhogo. Un hélicoptère MI-24 incendié. »

Capture d’écran de la publication du compte Amadou Maiga

Le mot « insurgé » vient du verbe « s’insurger », qui signifie se révolter ou se soulever contre l’autorité en place. Autrement dit, les insurgés sont des personnes qui prennent part à une insurrection, c’est-à-dire une révolte armée ou violente dirigée contre le pouvoir établi.

Le post Facebook ci-dessus fait donc croire que des « insurgés » auraient attaqué l’aéroport de Korhogo et incendié un hélicoptère militaire.

Au moment de la mise en ligne de cet article, la publication comptait un millier de mentions  »J’aime »’, plus de 100 commentaires et une soixantaine de partages. Elle a notamment été amplifiée par plusieurs autres comptes Facebook (1, 2, 3, 4 ).

Contexte de la publication que nous examinons

La publication que nous examinons détourne des événements réels survenus en Côte d’Ivoire pour propager de fausses informations.

En effet, le 27 octobre 2025, jour de la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle ivoirienne de 2025, un hélicoptère de type MI-24D de l’armée ivoirienne s’est écrasé sans faire de victime à l’aéroport de Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire. D’où l’usage des termes « les insurgés ont pris d’assaut l’aéroport de Korhogo » et « un hélicoptère MI-24 incendié » par le post Facebook.

Capture d’écran d’un article du publié sur le média ivoirien Fraternité Matin, le 27 octobre 2025

Le même jour, le 27 octobre 2025, le journaliste ivoirien Fernand Dédeh a rapporté sur Facebook que des tirs ont été entendus en territoire burkinabé, à proximité de la frontière ivoirienne, dans la zone de Téhini (Nord-Est). Il a rapporté cette information en même temps que le crash de l’hélicoptère de MI-24D de l’armée ivoirienne. Ces deux informations évoquant le domaine de la défense et de la sécurité ont pu alimenter des craintes et fake news sur les réseaux sociaux.

Capture d’écran de la publication de Fernand Dédeh

D’après les données cartographiques de Google en 2025, environ 250 kilomètres, pour quatre heures de route en voiture, séparent les localités de Korhogo et Téhini.

Capture d’écran Google Maps

Ce qui s’est réellement passé à l’aéroport de Korhogo

Dans le détail, un communiqué officiel de l’État-major général des armées de Côte d’Ivoire publié, le 27 octobre 2025, explique que, le même jour, aux environs de 13h00, un hélicoptère MI-24D des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) a subi une panne technique au décollage sur la piste de l’aéroport de Korhogo. L’appareil a effectué « un posé d’urgence, sans faire de victime parmi les membres d’équipage ni au sein du personnel présent sur la zone aéroportuaire ».

Le communiqué n’évoque aucune trace d’incendie ou d’attaque qui serait à l’origine de l’incident, contrairement à ce qu’indique la publication de la page Facebook Amadou Maiga.

Capture d’écran du communiqué officiel du ministère d’État, ministère de la Défense, annonçant qu’un hélicoptère MI-24D des Forces armées de Côte d’Ivoire a subi une panne technique au décollage.

Au moment de la mise en ligne de cet article, aucun canal officiel de communication du gouvernement ivoirien, aucun journaliste ou média crédible, n’a confirmé une prétendue prise d’assaut de l’aéroport de Korhogo par des insurgés, le 27 octobre 2025.

Cet article a été réalisé par l’Agence ivoirienne de presse, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.