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Fact-checking Fake News Virales (réseaux sociaux, WhatsApp, etc.) Sécurité & Criminalité

L’information d’une prétendue attaque contre une localité de la Côte d’Ivoire attribuée à des rebelles circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

 Faux, l’information selon laquelle une localité de la  Côte d’Ivoire a été attaquée par des rebelles est une infox. Il s’agit plutôt d’un conflit intercommunautaire à Gorodi dans le département de Zoukougbeu rapidement maîtrisé par les forces de l’ordre selon des informations recueillies auprès de Alertes 100, centre technique Fact checking de l’ Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’informations (Anssi).Des informations confirmées par M. Charles Séry Didier, président de la mutuelle de Gorodi.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une publication partagée sur le réseau social Tiktok prétend qu’un village de la Côte d’Ivoire a subi une attaque menée par des rebelles.

ANALYSE

Dans une vidéo diffusée sur TikTok le 3 février 2026 par un compte dénommé Divine, dont l’utilisatrice affirme qu’un village en Côte d’Ivoire aurait été, la veille, la cible d’une attaque menée par des rebelles.

A partir de la 31 ème seconde de la séquence vidéo, elle a affirmé ceci:

Je ne sais pas si vous avez entendu aussi, il y a un village qui a été attaqué hier soir par les rebelles. Les rebelles, on ne sait pas ils sont venus d’où, on ne sait pas ils sont quittés où, on ne sait pas qui les a envoyés. Donc vos provisions vous avez là, ne mangez pas deh… Gardez les provisions là, on ne sait jamais, on ne souhaite pas la guerre à la Côte d’Ivoire

Source: Capture d’écran de la vidéo tiktok

Cette information a également été relayée sur plusieurs pages Facebook, notamment Fils du Faucon Noir, Fenix TV Souleymane Gbagbo etc. évoquant une attaque à Gorodi, dans le département de Zoukougbeu avec des images d’une maison incendiée.

Source: Capture d’écran de la publication sur la Facebook Fils du Faucon Noir

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Pour vérifier ces allégations , nous avons d’abord pris contact avec Alertes 100, centre technique de Fact checking de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations (Anssi) qui nous a indiqué que l’information est fausse.

Selon Alertes 100, il s’agit plutôt d’un conflit intercommunautaire survenu dans une localité de  Zoukougbeu précisément à Gorodi, rapidement maîtrisé par les forces de l’ordre.

Par la suite, afin d’obtenir des éléments de contexte supplémentaires, nous avons contacté M.Charles Séry Didier, président de la mutuelle de Gorodi. Il nous a communiqué les informations suivantes:

“Les événements enregistrés dans notre village s’inscrivent dans un contexte social et culturel qu’il convient de présenter avec retenue et responsabilité.

Dans la nuit du samedi 31 janvier au dimanche 1er février 2026, des jeunes du village de Gorodi, participant à une expression culturelle traditionnelle connue sous le nom de Danse Panthère, ont effectué une parade funéraire à l’occasion de l’inhumation de l’un des leurs, conformément aux usages locaux.

Au cours de ce déplacement, des incompréhensions sont survenues entre certains participants à la parade et un membre de la confrérie des chasseurs Dozo, issu de la communauté allogène du village, présent sur l’itinéraire concerné.

Ces faits ont donné lieu à des altercations au cours desquelles le chasseur concerné a été brutalisé et son arme de chasse de type calibre 12 a été emportée.

Informées dans la matinée du dimanche 1er février 2026, les autorités villageoises ont estimé que certaines attitudes observées n’étaient pas conformes aux usages établis et étaient susceptibles de troubler l’ordre public.

Des démarches de conciliation ont alors été entreprises, aboutissant à la présentation d’excuses à la communauté allogène concernée, au versement d’une somme de vingt-deux mille (22 000) francs CFA à titre de geste symbolique de réparation, ainsi qu’à la restitution du fusil à son propriétaire .

Alors que le climat général semblait s’améliorer, de nouvelles tensions ont été signalées aux environs de 16 heures le même jour.

Malgré les initiatives de médiation conduites par la Mutuelle de Développement de Gorodi, avec l’accompagnement du Sous-préfet de Guéssabo et du député de Zoukougbeu, la situation a connu une évolution préoccupante en fin de journée.

Aux alentours de 20 heures 30, des détonations ont été entendues dans certaines zones du village, impliquant des armes de chasse de type calibre 12, sur une période estimée à environ deux heures.

Le rétablissement progressif du calme est intervenu à la suite de l’intervention et du déploiement de deux équipes de l’escadron de la gendarmerie de Daloa, dont l’action a contribué à la sécurisation du village.

Il est important de rappeler que les populations autochtones, allogènes et allochtones de Gorodi ont toujours vécu dans la bonne entente, le respect mutuel et la cohésion sociale, jusqu’à ces événements récents.

Le sentiment général au sein de nos populations est une profonde incompréhension face à cette montée soudaine de violence, perçue comme contraire aux valeurs de paix et de vivre-ensemble qui ont toujours prévalu entre nous.

Bilan provisoire matériel

– 01 habilitation de 03 pièces incendiée

– 04 magasins saccagés

– ⁠la mosquée du village saccagée

Bilan humain

– Onze (11) personnes blessées à la suite de tirs par arme à feu (fusils de calibre 12).

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Après vérifications de ces allégations sur une prétendue attaque rebelle contre un village de Côte d’Ivoire, les résultats ont confirmé que cette information est fausse. Il s’agit plutôt d’un conflit intercommunautaire survenu à Gorodi dans le département de Zoukougbeu, rapidement maîtrisé par les forces de l’ordre.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Vérifier la source des informations avant de les partager
  • Se fier uniquement aux informations de sources officielles
  • Dénoncer les auteurs des fausses informations auprès des autorités compétentes
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Fact-checking Santé & Médecine

Faux, Africa Cancer Foundation n’assure pas une prise en charge gratuite des femmes malades du cancer du sein

FAIT

Sur X (Twitter), une internaute a publié un message viral prétendant que les femmes atteintes du cancer du sein peuvent accéder à des soins gratuits.

ANALYSE 

Le 13 Janvier 2026, une internaute  a publié une image sur lequel est inscrit un message de solidarité et d’urgence sanitaire affirmant que toute femme atteinte du cancer du sein, à n’importe quel stade, pourrait bénéficier de soins médicaux gratuits, et invite à contacter l’adresse Dorothy@africacancerfoundation.org pour s’enregistrer. Il appelle également les internautes à partager massivement le message afin de sauver une vie. Le commentaire qui accompagne le post indique « Merci de partager ! ». Cette publication a suscité bon nombre d’engagement et de réactions cumulant soixante-quatorze mentions “j’aime”, et cinquante-cinq partages. Cette image a également été relayée sur plusieurs pages Facebook ici , Tiktok ici , Instagram ici.

VÉRIFICATION DES FAITS

Pour vérifier cette information, la cellule Anti Fake News a procédé à une recherche d’image inversée sur le moteur de recherche Google Lens . Les résultats ont révélé que les messages présentement diffusés avaient déjà fait l’objet d’une diffusion antérieure sur plusieurs plateformes numériques notamment sur X (twitter) et Facebook en 2023 puis sur Tiktok en 2025.

Une autre investigation avec les mots-clés « Africa Cancer Foundation » nous a conduit sur le site officiel de Africa Cancer Foundation (ACF), une organisation à but non lucratif basée à Nairobi, au Kenya. L’ACF œuvre pour une Afrique sans cancer en promouvant la prévention et en proposant des solutions globales aux personnes touchées par cette maladie en Afrique.

Après examen des informations publiées sur ce site, il ressort que le message qui est présentement diffusé à grande vitesse est obsolète.

Dans un communiqué de presse publié le 5 février 2024, l’ACF a formellement indiqué que « Malheureusement, aucune chirurgie gratuite n’est proposée cette année, car le financement n’est pas disponible. Le message qui circule est obsolète et n’est plus d’actualité ». 

Le message original envoyé au début de l’année 2022 sur WhatsApp par Mme Dorothy Nyong’o, membre du conseil d’administration de l’ACF, était le suivant « Cette année encore, nous réalisons 200 opérations gratuites du cancer du sein. Si vous connaissez quelqu’un qui a besoin d’une chirurgie mammaire, c’est absolument gratuit, y compris le séjour à l’hôpital. Veuillez transmettre le nom de la patiente avant le 7 mars à Dorothy Nyong’o. »

Ainsi ce message publié actuellement  est extrait d’un message authentique datant de 2022, mais délibérément manipulé et remis en circulation sur Internet en 2026 par une source inconnue.

L’ACF a, d’ailleurs, apporté un démenti le 9 janvier 2025 sur sa page Facebook  accompagné de conseils et invite les internautes à suivre @africacancerfoundation sur Instagram et Facebook et @AfriCF sur Twitter pour plus d’informations au fur et à mesure de leur publication.

En outre, contactée recement ce dimanche 01/02/2026 à ce sujet via la messagerie de leur page facebook,

Africa cancer foundation a infirmé ces rumeurs en ces termes « Veuillez  noter que le message circulant sur les réseaux sociaux concernant les chirurgies mammaires gratuites est obsolète. Ce programme a eu lieu en 2022 et nous n’avons pas de financement pour 2026. »

Par la suite, l’ACF a diffusé une vidéo explicative sur sa page Facebook le lundi 2 février 2026 pour apporter un correctif. Dans cette vidéo, une grande croix rouge apparaît sur les mentions « Chirurgies gratuites du sein » et « Opérations gratuites du sein », afin d’indiquer que cette information est fausse         et que ce service n’est pas proposé par la fondation. Le message qui accompagne cette vidéo est le suivant: « Un message obsolète et erroné circule actuellement en ligne. L’Africa Cancer Foundation tient à préciser qu’elle ne propose pas de chirurgies gratuites du cancer du sein. Pour obtenir des informations exactes sur notre travail et nos services, nous vous invitons à suivre nos plateformes officielles ou à nous contacter directement. »

CONCLUSION 

Ce message largement partagé sur X (Twitter) depuis janvier 2026 invitant les femmes atteintes de cancer de sein à s’enregistrer pour bénéficier d’une prise en charge gratuite de l’ACF est une information obsolète, réutilisée et manipulée par une source inconnue afin d’induire le public en erreur.

Ce fact-check a été produit par Ferlande N’Guessan dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake. 

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Article Fact-checking Santé & Médecine

Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Cocody traite t’il les AVC ischémique par un médicament spécial appelé “thrombolyse” ?

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Vrai, l’information selon laquelle le Centre Hospitalier Universitaire de Cocody traite les AVC par un médicament spécial appelé “thrombolyse” est confirmée. Une note d’information signée du directeur médical et scientifique du CHU de Cocody à l’endroit des urgences des hôpitaux MSHP-CMU détaille les conditions de ce traitement de l’AVC ischémique.

Par Landry Mensah

FAIT

Plusieurs publications sur les réseaux sociaux prétendent que le CHU de Cocody met à la disposition des patients un médicament efficace dans le traitement des AVC ischémiques appelé “thrombolyse”.

ANALYSE

Cette information largement publiée sur Facebook, Instagram, et dans  des groupes WhatsApp est énoncée de la manière suivante :

AVC : chaque minute compte.Bonne nouvelle! Le CHU de Cocody traite désormais les AVC ischémiques par un médicament spécial appelé “thrombolyse”, qui peut dissoudre le caillot responsable de l’AVC et sauver des vies. Mais  attention, ce traitement n’est efficace que si le patient arrive très vite à l’hôpital : dans les 4 heures 30 minutes maximum après le début des symptômes. Signes d’alerte à connaître (même un seul suffit), visage qui se déforme, bras ou jambe paralysé(e), difficulté à parler ou à comprendre, perte brutale de force ou de vision. Ce que chacun peut faire :ne pas attendre, ne pas donner de médicaments à la maison, amener immédiatement le malade aux urgences, demander un transfert urgent vers le CHU de Cocody. Parlez-en autour de vous !Un parent, un voisin, un collègue informé égal à une vie sauvée. L’AVC n’attend pas. Agissons vite”.

Source : Capture d’écran d’une publication sur Facebook

Cette information suscite un intérêt particulier auprès des populations qui ne cessent de la relayer sur leurs différents médias sociaux.

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons entrepris des démarches auprès  de la direction médicale et scientifique du CHU de Cocody pour vérifier l’information.

Nous avons contacté le docteur Kadjo du service neurologie ( service en charge  du traitement de l’AVC ischémique) qui a confirmé l’information concernant le traitement de l’AVC ischémique par la thrombolyse.

Par la suite, nous nous sommes rendus à la DMS au CHU de Cocody, précisément au service communication où nous avons  rencontré M. Diarrassouba Sam Amed, responsable de la communication digitale de l’établissement qui nous a fait voir une copie de la note d’information ci-dessous sur le traitement de l’AVC ischémique par la thrombolyse signée du directeur médical et scientifique.

Source : Capture d’écran de la note du directeur médical et scientifique

Nous avons par la suite entrepris des recherches sur la page Facebook officielle du CHU de Cocody. Nous y avons trouvé une publication postée le dimanche 18 janvier 2026 par le responsable de la communication digitale du CHU de Cocody faisant la promotion de la thrombolyse comme traitement de l’AVC ischémique.

Source: Capture d’écran de la publication

Selon Docteur Kadjo, médecin au service Neurologie du CHU de Cocody : « La thrombolyse intraveineuse, c’est un traitement d’urgence pour l’AVC ischémique. En gros, on injecte un médicament (comme l’altéplase ou la ténectéplase) qui va dissoudre le caillot coincé dans une artère du cerveau. Résultat : le sang peut circuler à nouveau, ce qui aide le cerveau à récupérer et limite les séquelles. »

Mais attention, c’est une vraie course contre la montre : il faut faire ce traitement le plus vite possible, idéalement dans les 4h30 après le début des symptômes, d’où l’importance d’être prompt dès constat.

Et ça ne se fait pas n’importe où : le patient doit être pris en charge dans une Unité Neuro-Vasculaire (UNV), avec une surveillance rapprochée pour vérifier que tout se passe bien ».

Selon lui, seulement les CHU de Cocody et de Bouaké disposent de ce traitement pour l’instant.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

L’information publiée sur les réseaux sociaux prétendant que le CHU de Cocody met à la disposition des patients atteints d’AVC ischémique un traitement efficace appelé “thrombolyse” est vérifiée et confirmée.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Prendre les informations avec beaucoup de réserves
  • Se fier uniquement aux informations de sources officielles
  • Ne pas se fier aux logos des structures et institution pour croire aux informations car ils peuvent être manipulés
  • Ne pas relayer les informations douteuses et dénoncer les auteurs auprès des autorités compétentes
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Fact-checking

FAUX : Coris Bank International Côte d’Ivoire n’a pas lancé un projet de construction immobilière à Songon

Charles Tianton, directeur des opérations de Coris Bank International Côte d’Ivoire, a démenti l’information.

Ce post Facebook affirmant que Coris Bank International Côte d’Ivoire a lancé un projet de construction immobilière à Songon, en Côte d’Ivoire, est FAUX.

Mis en ligne le 4 novembre 2025, le post lit : MARCHÉ TRÈS SÉRIEUX PROMOTION IMMOBILIÈRE POUR CORIS BANK. À SONGON (sous traitance). Construction de logements. Nombre de bâtiments : 500 logements Zone : SONGON Donner par tranche : 100 logements Mutuelle des agents de CORIS BANK

Type de maison : duplex 4 pièces et 5 pièces PAIEMENT : par situation. GARANTIE : BANQUE DU PROMOTEUR (CORIS BANK)…Villa duplex 5 pièces : 48 000 000 FCFA x 100 soit 4 milliards 800 millions. Le numéro à joindre pour les détails est le suivant : +225 0708704764 ».

PesaCheck a vérifié le post et l’a trouvé faux.

PesaCheck a recherché le numéro de téléphone indiqué dans le document sur TrueCaller et a découvert qu’il était enregistré sous le nom d’Affoué Annick Mobio.

Pour vérifier cette affirmation, PesaCheck a contacté, par téléphone, Charles Tianton, directeur des opérations chez Coris Bank International Côte d’Ivoire, qui a nié cette information.

« Il s’agit d’une fausse information! Ce projet n’émane ni de Coris Bank International ni d’aucune de ses filiales. Un démenti formel a été déjà publié à cet effet », a-t-il ajouté. Confère la capture d’écran ci-dessous.

La recherche Google avec des mots-clés « projet de construction immobilière à Songon par Coris Bank International Cote d’Ivoire » a permis de trouver le démenti précédent.

PesaCheck a vérifié un post Facebook affirmant que Coris Bank International Côte d’Ivoire a lancé un projet de construction immobilière à Songon et l’a trouvé FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Arsène Assogba et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

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Fact-checking

FAUX : Cette vidéo ne montre pas la maison du Général Shérif Ousmane en feu

L’état-major de l’armée ivoirienne a démenti cette information, la qualifiant de fausse.

Ce post Facebook, prétendant qu’un incendie s’est déclaré dans le domicile du Général Sherif Ousmane, en Côte d’Ivoire, est FAUX.

Dans la publication qui date du 14 octobre 2025, on peut voir une épaisse fumée noire s’échappant d’un lieu situé près d’une route et ces images sont accompagnées de ce texte : « Bouaké : La maison de Shérif Ousmane en question ».

PesaCheck a vérifié le post et l’a trouvé faux.

Pour vérifier l’affirmation, PesaCheck a contacté par téléphone l’état-major général de l’armée ivoirienne qui a affirmé que c’est une « Fake News ».

PesaCheck a aussi contacté via WhatsApp la responsable de la Communication du ministère de l’intérieur Marie Michelle Yao qui a, à son tour, qualifié l’information de fausse. Yao a ajouté que cette fake news a également circulé lors des élections présidentielles de 2025.

Une recherche d’images inversée avec Bing a permis de retrouver cette vidéo publiée sur TikTok le 10 octobre 2025. Elle informe qu’il s’agit d’un incendie qui s’est déclenché dans un dépôt de plastique à Bouaké (centre) sur l’axe habitat Gonfreville en allant à l’aéroport.

Une recherche sur Google Maps avec les mots-clés « Gonfreville Bouaké, Côte d’Ivoire », PesaCheck a pu localiser les deux endroits mentionnés.

Une recherche Google avec les mots-clés « incendie dans la maison de Shérif Ousmane » a orienté PesaCheck vers des démentis ici et ici qui indiquent que c’est une fausse information.

Shérif Ousmane a été nommé 10e Chef d’État-Major de l’Armée de Terre au cours d’une cérémonie tenue sur le site d’Akouédo le 5 janvier 2024. Il a été installé dans ses fonctions par le Chef d’État-Major Général des Armées, après sa nomination le 28 décembre 2023.

PesaCheck a vérifié un post prétendant montrer un incendie qui s’est déclaré dans le domicile du Général Sherif Ousmane et l’a trouvé FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mamady Kebe et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

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Article

FAUX : Cette vidéo ne montre pas des manœuvres militaires de l’armée ivoirienne

La vidéo a été enregistrée en avril 2025, lors de démonstrations des forces spéciales françaises au salon SOFINS 2025 en France.

Ce post Facebook prétendant montrer une vidéo des manœuvres militaires faites par l’armée ivoirienne est FAUX.

Dans la publication qui date du 1er décembre 2025, on voit une vidéo présentant des manœuvres militaires, ainsi que ce texte : « Défense: Un exercice des forces spéciales ivoiriennes ! #FlashInfo #PourUneGrandeCotedIvoire #JCIV ».

PesaCheck a vérifié le post et l’a trouvé faux.

Une recherche d’images inversée avec l’outil Bing a conduit PesaCheck vers ce compte LinkedIn, qui publie la même vidéo il y a 9 mois avec le texte suivant : « En immersion avec les Forces Spéciales lors du SOFINS 2025 » .

Une recherche Google avec « SOFINS » a révélé qu’il s’agit de l’acronyme de « Special Operations Forces Innovation Network Seminar », un salon militaire semestriel unique en Europe permettant aux forces spéciales françaises et étrangères de rencontrer des entreprises spécialisées dans les technologies et équipements dédiés.

PesaCheck a trouvé cet article publié le 24 avril 2025 sur le site web du ministère français des Armées et des Anciens combattants informant que la 7e édition du SOFINS s’est tenue du 1er au 3 avril 2025 au camp de Souges près de Bordeaux. L’objectif de cette édition était de présenter les dernières avancées technologiques pour assurer l’efficacité des forces spéciales sur le terrain.

Dans cette vidéo Youtube  publiée le 20 avril 2025, on peut clairement identifier les mêmes éléments français que dans la séquence que nous vérifions, notamment le conteneur vert sur lequel on peut lire l’inscription « Capital ».

PesaCheck a vérifié un post Facebook prétendant afficher une vidéo de manœuvre militaire de l’armée ivoirienne et l’a trouvé FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mamady Kebe et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

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Fact-checking

FAUX : Le président de la CEI n’a pas été candidat aux élections législatives à Toumodi, en Côte d’Ivoire

Le nom de Coulibaly Kuibert ne figurait pas sur la liste définitive des candidats aux élections législatives de 2025.

Ce post TikTok affirmant que Coulibaly Kuibiert, président de la Commission électorale indépendante de Côte d’Ivoire (CEI), a été candidat aux élections législatives de décembre 2025 à Toumodi est FAUX.

La séquence d’une durée de 13 secondes montre une femme affirmant : « À Toumodi, figurez-vous que le président de la CEI est candidat pour ces élections législatives. Comment la CEI nous explique cela ? Monsieur Kuibiert Coulibaly, l’opposition ne va pas lutter contre la victoire du RHDP ». Sur la publication, on peut lire : « C’est Laurent Gbagbo qui avait raison et il aura toujours raison. Libérez le Fédéral Dabo Serge et tous les détenus d’opinion ».

PesaCheck a examiné cette publication et l’a trouvée fausse.

Cette publication intervient dans un contexte politique tendu, marqué par un débat récurrent sur la neutralité de la CEI. Depuis plusieurs années, l’opposition et de nombreux internautes accusent l’institution, et particulièrement son président, d’être trop proche du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Certaines décisions attribuées à Coulibaly Kuibiert, notamment le refus d’une nouvelle révision de la liste électorale avant la présidentielle de 2025, sont interprétées comme favorables au pouvoir. Ces perceptions alimentent régulièrement des déclarations dénonçant de supposés « dérapages » ou une posture jugée partisane.

Dans le cadre de cette vérification, PesaCheck a consulté la liste officielle des candidats aux élections législatives de décembre 2025 telle que publiée par la CEI.

Le nom de Coulibaly Kuibiert ne figure pas sur celle de Toumodi, ni sur aucune autre liste ayant participé à cette compétition électorale. Aucun document officiel, communiqué de parti politique ou déclaration administrative ne mentionne sa candidature à ces élections.

Par ailleurs, le RHDP a publié la liste de tous ses candidats au poste de député en Côte d’Ivoire, mais le nom de Kuibiert n’y figure pas, non plus.

Pour rappel, les élections législatives du 27 décembre 2025 en Côte d’Ivoire se sont déroulées sans la participation du PPA‑CI, le parti dirigé par Laurent Gbagbo, qui a officiellement annoncé son boycott du scrutin. Le parti a justifié sa décision par l’absence de « conditions d’élections crédibles » et un climat politique jugé « délétère » avec l’emprisonnement de plusieurs leaders politiques.

PesaCheck a examiné un post TikTok affirmant que Coulibaly Kuibiert, président de la CEI, a été candidat aux élections législatives de décembre 2025 à Toumodi, et l’a trouvé FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

La séquence d’une durée de 13 secondes montre une femme affirmant : « À Toumodi, figurez-vous que le président de la CEI est candidat pour ces élections législatives. Comment la CEI nous explique cela ? Monsieur Kuibiert Coulibaly, l’opposition ne va pas lutter contre la victoire du RHDP ». Sur la publication, on peut lire : « C’est Laurent Gbagbo qui avait raison et il aura toujours raison. Libérez le Fédéral Dabo Serge et tous les détenus d’opinion ».

PesaCheck a examiné cette publication et l’a trouvée fausse.

Cette publication intervient dans un contexte politique tendu, marqué par un débat récurrent sur la neutralité de la CEI. Depuis plusieurs années, l’opposition et de nombreux internautes accusent l’institution, et particulièrement son président, d’être trop proche du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Certaines décisions attribuées à Coulibaly Kuibiert, notamment le refus d’une nouvelle révision de la liste électorale avant la présidentielle de 2025, sont interprétées comme favorables au pouvoir. Ces perceptions alimentent régulièrement des déclarations dénonçant de supposés « dérapages » ou une posture jugée partisane.

Dans le cadre de cette vérification, PesaCheck a consulté la liste officielle des candidats aux élections législatives de décembre 2025 telle que publiée par la CEI.

Le nom de Coulibaly Kuibiert ne figure pas sur celle de Toumodi, ni sur aucune autre liste ayant participé à cette compétition électorale. Aucun document officiel, communiqué de parti politique ou déclaration administrative ne mentionne sa candidature à ces élections.

Par ailleurs, le RHDP a publié la liste de tous ses candidats au poste de député en Côte d’Ivoire, mais le nom de Kuibiert n’y figure pas, non plus.

Pour rappel, les élections législatives du 27 décembre 2025 en Côte d’Ivoire se sont déroulées sans la participation du PPA‑CI, le parti dirigé par Laurent Gbagbo, qui a officiellement annoncé son boycott du scrutin. Le parti a justifié sa décision par l’absence de « conditions d’élections crédibles » et un climat politique jugé « délétère » avec l’emprisonnement de plusieurs leaders politiques.

PesaCheck a examiné un post TikTok affirmant que Coulibaly Kuibiert, président de la CEI, a été candidat aux élections législatives de décembre 2025 à Toumodi, et l’a trouvé FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mardochée Boli et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

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Un prétendu communiqué du Procureur de la République dénonçant les insultes visant le journaliste ivoirien Daouda Coulibaly circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, le communiqué dénonçant les insultes contre le journaliste  Daouda Coulibaly n’émane pas du Procureur de la République près le tribunal d’Abidjan. Aucune source officielle n’a publié ce communiqué et Alertes 100, le centre technique de fact-checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (Anssi), a confirmé que ce communiqué est une fake news (fausse information).

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une publication postée le 06 janvier 20267 sur la page Facebook L’Afrique Nouvelles et souveraine prétend que le procureur de la république près le tribunal d’Abidjan a, par voie de communiqué, dénoncé les insultes et propos diffamatoires visant le journaliste ivoirien Daouda Coulibaly.

ANALYSE

Dans ce communiqué dénonçant la vague d’insultes et de propos diffamatoires visant le journaliste Daouda Coulibaly sur les réseaux sociaux, le procureur de la république relève que les auteurs s’exposent à des poursuites judiciaires et que la liberté d’expression ne justifie ni la haine ni l’atteinte à la dignité d’autrui.

Ce communiqué a suscité énormément d’engagements, générant sur cette publication plus de 1500 mentions “j’aime”, plus de 750 commentaires au-delà des 200 partages.

Pour renforcer la crédibilité  de son post, l’auteur a mentionné Alertes 100, centre technique de fact-checking de l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (Anssi), par ailleurs rattaché au ministère de l’intérieur,  et l’ Aip, l’agence ivoirienne de presse, un média de service public.

L’auteur de la publication a par ailleurs diffusé d’autres contenus similaires, accompagnés de la photo du procureur de la République, Braman Koné, notamment ici et ici, afin d’étayer l’idée qu’un communiqué officiel aurait effectivement été émis par ce dernier au sujet du journaliste Daouda Coulibaly.

Source: Capture d’écran de la publication
Source: Capture d’écran des commentaires

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Pour vérifier ces allégations nous avons procédé à des recherches sur la page du Ministère de la justice et des droits de l’homme, nous n’avons trouvé aucun résultat.

Nous avons ensuite contacté Alertes 100, le centre technique de fact-checking de l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Informations (Anssi), qui nous a confirmé que ce communiqué est un faux communiqué qui n’émane pas du Procureur de la République.

À ce jour, le seul communiqué exprimant un soutien à Daouda Coulibaly a été publié, le 31 décembre 2025 par la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Dans ce communiqué, la FIJ condamne fermement le harcèlement et les menaces proférés sur les réseaux sociaux à l’encontre de Daouda Coulibaly ainsi que de Jean-Claude Coulibaly, président de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).

Selon l’organisation, ces attaques font suite à leurs prises de position publiques et à leurs analyses critiques concernant la situation de la liberté de la presse au Burkina Faso.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Après toutes ces vérifications,  le communiqué prétendant que le procureur de la république près du tribunal d’Abidjan Braman Koné a dénoncé par voie de communiqué les insultes visant le journaliste Daouda Coulibaly est FAUX.

Ce communiqué a été publié dans le but de tromper les internautes et de crédibiliser une fausse information.

CONSEILS AUX LECTEURS  

  • Ne pas relayer les informations douteuses
  • Se Référer aux canaux officiels pour S’informer
  • Signaler et dénoncer toute publication mensongère auprès des autorités compétentes
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Législatives 2025: Une fausse information relative à l’arrestation à Niamoué (Tiassalé) d’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko, en possession de cartes d’électeurs falsifiés circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, l’information relative à l’arrestation à Niamoué (département de Tiassalé) d’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko, en possession d’un important lot de cartes d’électeurs falsifiés, est fausse. Il ne s’agissait pas de fausses cartes d’électeurs mais plutôt du listing électoral de 2023 remis au superviseur du candidat. L’individu arrêté a été relaxé pour délit non établi selon les informations recueillies par l’agence ivoirienne de presse (Aip).

Par Victoire Kouamé

FAIT

 Une publication postée le 27 décembre 2025 sur la page Facebook Tiassalé Impact prétend qu’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko a été arrêté par la police avec un important lot de cartes d’électeurs falsifiés.

ANALYSE

Selon cette publication, diffusée sur la page Facebook Tiassalé Impact, à Niamoué dans le département de Tiassalé, un individu présenté comme proche d’Assalé, a été interpellé par la police en possession d’un important lot de cartes d’électeurs falsifiées.

La publication précise également qu’il s’agit d’un retraité et pasteur, et appelle à une hypervigilance, notamment de la part du camp Sanogo.

Sanogo Alpha est le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) aux postes de député à Tiassalé. Il est par ailleurs  un adversaire d’Assalé Tiémoko.

Source: Capture d’écran de la publication

Cette information a suscité de vives réactions et généré plus de 700 mentions “j’aime“, près de 2000 commentaires et une trentaine de partages sur la page de Tiassalé Impact.

Elle a été relayée avec des vidéos à l’appui sur plusieurs pages Facebook notamment ici ,ici et ici.

Source: Capture d’écran de la vidéo d’arrestation de l’individu

 VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

 Nous avons effectué des recherches sur les pages Facebook de la Commission électorale indépendante (CEI), et du Ministère de la justice et des droits de l’homme, nous n’avons trouvé aucune information.

Nous avons ensuite fait des recherches sur des médias locaux crédibles pour voir si l’information  a été traité et avons trouvé que

l’Agence ivoirienne de presse (Aip), un média de service public disposant de pigistes sur toute l’étendue de la Côte d’Ivoire, a apporté des éclairages sur cette situation.

Dans un article publié sur sa page Facebook, l’AIP indique que l’individu répondant au nom de  Aka  Flavien Honvo interpellée avec d’autres personnes, le 27 décembre 2025 dans le village de Niamoué, dans le département de Tiassalé, pour des faits de fraude présumée lors des élections législatives, a été remis en liberté, ainsi que les autres interpellés, à l’issue d’auditions menées par la police, en présence du substitut résident du procureur de la République, pour délit non établi.

Il ne s’agissait pas de fausses cartes d’électeurs mais plutôt d’une liste électorale de 2023, selon l’article publié par l’AIP.

L’information de la relaxation du sieur Aka Flavien Honvo, a été publiée plus tôt dans la journée par le candidat Assalé Tiémoko sur sa page Facebook.

De plus, dans une vidéo de 5 minutes 02 secondes diffusée sur la page Facebook  Enquête média dans la soirée du 27 décembre, Aka Flavien , superviseur du candidat Assalé Tiémoko raconte qu’il ne détenait pas des cartes d’électeurs mais plutôt un listing  de vote et confirme avoir été libéré à la suite d’une audition par le commissaire et le procureur de la république.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant qu’un proche du candidat Assalé Tiémoko a été arrêté avec un important lot de cartes d’électeurs falsifiés est fausse. L’individu du nom de Aka Flavien Honvo, superviseur du candidat Assalé Tiémoko ne détenait pas de cartes d’électeurs falsifiés et a été relaxé après des vérifications des autorités compétentes.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne relayer aucune information de sources non officielle surtout en période électorale
  • Se fier aux sources officielles pour toute information fiables et crédibles
  • Signaler et dénoncer les auteurs des fausses informations aux autorités compétentes
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Fact-checking Politique & Gouvernance

Côte d’Ivoire : de l’Assemblée nationale au parlement bicaméral

Deux mois après l’élection présidentielle ayant acté la réélection d’Alassane Ouattara, le collège électoral ivoirien est de nouveau convoqué le 27 décembre 2025 pour choisir les députés qui vont siéger à l’Assemblée nationale, l’une des plus anciennes institutions politiques du pays.

Par Anderson Diédri et Bakary Traoré (Eburnie Today)

L’assemblée nationale de Côte d’Ivoire représente le peuple, légifère, contrôle l’action du gouvernement et vote le budget. Son évolution est liée à l’histoire de la Côte d’Ivoire depuis son indépendance. La Côte d’Ivoire devient colonie française en 1893 et est administrée dans le cadre de l’AOF (Afrique occidentale française) à partir de 1904. Avant la Seconde Guerre mondiale, les Ivoiriens n’avaient pas de représentants directs en France. Un unique député, le Sénégalais Blaise Diagne, représentait l’ensemble des colonies de l’AOF.

Après la Conférence de Brazzaville (1944), une ordonnance du 22 août 1945 crée deux collèges électoraux dans les colonies, amorçant une représentation locale. Ces évolutions ouvrent la voie à la création des premières institutions pré-parlementaires que sont le Conseil général, l’Assemblée territoriale et l’Assemblée législative (1959). L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire est instituée par la Constitution ivoirienne du 31 octobre 1960. La première Assemblée est composée le 27 novembre 1960, avec 70 députés, tous Ivoiriens. Elle devient alors l’unique chambre du Parlement sous la Première République.

Une Assemblée nationale monocolore entre 1960 et 1990

Entre 1960 et 1990, la vie politique ivoirienne était animée et dominée par la pensée unique, celle du président Houphouët Boigny et le parti unique, le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), membre du RDA (Rassemblement démocratique africain). Durant cette période dominée par le PDCI-RDA, cinq législatures se succèdent.

Le président Philippe Yacé dirige l’Assemblée nationale de 1960 à 1980. Lui succède Henri Konan Bédié de 1980 à 1993, avant qu’il ne devienne président de la République. Les ères Philippe Yacé et Henri Konan Bédié sont marquées par une forte centralisation du pouvoir exercée par le PDCI et l’absence de pluralisme politique réel.

Mais les choses vont réellement changer avec le vent de la démocratie qui souffle sur le monde. Il n’y a pas que le Mur de Berlin qui tombe : les systèmes politiques monopartistes s’effritent et disparaissent avec l’ouverture démocratique et les bouleversements démocratique des années 1990.

La Côte d’Ivoire organise pour la première fois, en 1990 des élections législatives dans un système de multipartisme avec la participation de dix-neuf partis et groupements politiques dont dix-huit de l’opposition. Des partis comme le Front Populaire Ivoirien (FPI), le Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT), l’Union des Sociaux-Démocrates (USD), le Parti Républicain de Côte d’Ivoire (PRCI) et le Parti Socialiste Ivoirien (PSI) présentent des candidats.

Sur les 175 députés élus après les élections législatives de 1990, il y a deux candidats indépendants et 10 députés dont 9 du FPI et 1 du PIT. Une timide présence de l’opposition dans une Assemblée nationale encore dominée par le PDCI. L’institution va évoluer au rythme des tensions et querelles politiques en Côte d’Ivoire.

La présidence Bédié et le coup d’État militaire

À la mort du président Félix Houphouët-Boigny, le 7 décembre 1993, deux hommes se retrouvent en compétition directe pour lui succéder. Henri Konan Bédié, président de l’Assemblée nationale et dauphin constitutionnel et Alassane Ouattara, alors Premier ministre. Une dualité de légitimité explosive s’installe et va créer une longue rivalité politique entre les deux hommes. Henri Konan Bédié finit par s’imposer grâce au texte constitutionnel.

« La constitution, notre loi suprême, me confère dans cette dramatique situation, des responsabilités dont je mesure le poids, des responsabilités de chef de l’État. Je les assume dès maintenant. Je les assumerai dans le droit fil de celui qui en fut l’inspirateur et le pays sera gouverné. Le pays sera gouverné pour tous, Ivoiriens et étrangers vivant sur notre sol. À cette fin, je demande à tous de se mettre à ma disposition », indiquait sur les antennes de la télévision nationale Henri Konan Bédié le 7 décembre 1993.

Devenu président, Henri Konan Bédié cède son fauteuil de président de l’Assemblée nationale à Charles Bauza Donwahi qui va diriger la 8ème législature de 1993 à 1995. L’Assemblée nationale n’est plus monocolore : quelques partis d’opposition y sont représentés. En 1997, Charles Bauza Donwahi décède et est remplacé à la tête de l’institution par Émile Atta Brou dont le mandat est écourté par le coup d’Etat militaire du Général Robert Guéï en 1999. La neuvième législature de la première République censée s’achever en 2000 va s’écourter brusquement.

L’Assemblée nationale ivoirienne pourrait être renouvelée en décembre prochain. © SIA-KAMBOU / AFP

 La deuxième République et la marche vers le Parlement

Le coup d’État de 1999 marque une rupture majeure dans les activités de l’Assemblée nationale puisque, pour la première fois depuis 1960, sa dissolution est prononcée par les nouveaux maîtres d’Abidjan. Les putschistes annoncent également la suspension de la Constitution de 1960, du Conseil économique et social et du Conseil constitutionnel. Le pays est désormais dirigé par le Comité national de salut public (CNSP) avec à sa tête le général Robert Guéï. Les militaires dirigés par le général Guéï se présentent en réformateurs. L’une de leurs priorités est de doter la Côte d’Ivoire d’une nouvelle Constitution.

Le texte proposé par les militaires par référendum, le 23 juillet 2000, est adopté par le peuple. La Constitution est officiellement promulguée le 1er août 2000 par la loi n°2000-513. Cependant, il faudra attendre la fin de la crise post-électorale de 2000 pour que la Côte d’Ivoire puisse retrouver une Assemblée nationale.

L’élection présidentielle du 22 octobre 2000 est organisée après le coup d’État du 24 décembre 1999 et la transition militaire dirigée par le général Robert Guéï. Elle devait marquer le retour à un régime civil mais les militaires tentent de se maintenir au pouvoir. Face aux militaires, Laurent Gbagbo et le FPI est le seul parti politique majeur en compétition. La Commission électorale va déclarer Gbagbo vainqueur (59,36 % soit 1 065 597 voix).

Robert Guéï refuse de reconnaître sa défaite et fait dissoudre la Commission nationale électorale. Ensuite, il se proclame vainqueur via le ministère de l’Intérieur. Les partisans de Laurent Gbagbo descendent dans la rue et demandent le départ des militaires. Robert Guéï tente de se maintenir au pouvoir mais finalement sous la pression populaire le 25 octobre 2000, il fuit le pays. Le bilan humain de la crise est lourd : entre 150 et 300 morts (1, 2, 3).

Le retour à l’ordre constitutionnel et l’arrivée au palais présidentiel de Laurent Gbagbo vont permettre l’organisation de l’élection législative de décembre 2000.

La première législature de la deuxième République va officiellement siéger de 2001 à 2011. Mamadou Koulibaly préside l’Assemblée nationale durant une décennie traversée par une crise politico-militaire qui éclate en 2002 et une crise postélectorale fin 2010-début 2011. Le mandat des députés élus en 2000 est prolongé par décrets successifs et l’Assemblée nationale ne se renouvelle pas pendant plus de 10 ans, fonctionnant avec une légitimité affaiblie durant toute la crise. Après l’installation d’Alassane Ouattara en 2011, les législatives de décembre 2011 mettent fin à onze ans de blocage institutionnel et renouvellent enfin l’Assemblée.

Mamadou Koulibaly va céder son fauteuil à Guillaume Soro en 2012. L’ancien chef rebelle va diriger l’institution jusqu’en 2016, année d’une nouvelle réforme constitutionnelle en Côte d’Ivoire. Durant toute cette période, l’Assemblée nationale ivoirienne va fonctionner correctement en jouant un rôle politique important par l’adoption des lois, la promotion de la diplomatie parlementaire et les débats en commission sur des décisions importantes comme la réforme de la coopération militaire avec la France.

L’adoption d’une nouvelle Constitution en 2016 va consacrer le troisième République et crée un Parlement bicaméral composé du Sénat qui est la chambre haute et de l’Assemblée nationale, désormais chambre basse. En 2025, l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire compte 255 députés élus en 2021 pour 5 ans au scrutin majoritaire à un tour. Adama Bictogo, un homme d’affaires et membre influent du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) est l’actuel président de l’Assemblée nationale.

Cet article a été réalisé par Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.