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Un faux communiqué attribué à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) annonçant les obsèques du général Chérif Ousmane circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, aucun communiqué officiel n’a été publié par la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne(RTI) sur des prétendus obsèques du général Chérif Ousmane. Les vérifications sur la page Facebook de la RTI et la récente apparition publique du général Chérif Ousmane prouvent que cette information est fausse.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une publication postée le 09 août 2025 sur Facebook prétend montrer un communiqué émanant de la RTI qui donne l’information des obsèques du général Chérif Ousmane à l’opinion publique.

ANALYSE

Cette publication postée sur la page Facebook dénommée IlYass du Faso s’énonce comme suit: Urgent: RTI vient de confirmer la mort ce Chérif Ousmane avec en commentaire la capture d’écran d’un communiqué avec le logo de la RTI info, la page d’information du groupe RTI.

Cette publication a suscité bon nombre d’engagement et de réactions cumulant plus d’un millier de mentions “j’aime”, plus de 200 commentaires et une quarantaine de partages.

Elle a été reprise par d’autres  pages Facebook notamment la page Facebook le digne fils du Faso.

Capture d’écran de la publication

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons entrepris des recherches sur les canaux digitaux de la RTI notamment sur page Facebook Rti , Rti 1et Rti info, nous n’avons trouvé aucun communiqué relatif aux obsèques de Chérif Ousmane.

Nous avons ensuite utilisé l’outil Fotoforensics pour vérifier l’authenticité de la page de la Rti d’où provient le communiqué. L’outil nous a révélé que la page à subi un montage notamment sur le logo du média.

Capture d’écran de l’outil Fotoforensics

Enfin , à l’occasion de la fête patronale du Groupement Ministériel des Moyens Généraux (GMMG) qui s’est tenu le mercredi 10 décembre 2025 au Ministère de la Défense à Abidjan-Plateau, le général Chérif Ousmane était présent. Une publication  sur la page Facebook  Rti info montre une image du général présent à cette fête. Plusieurs autres vidéos le montrant à cette fête ont été publiées sur des pages Facebook notamment ici et ici.

Notons qu’une rumeur persistante sur le décès de ce général avait été largement relayée sur les réseaux et plusieurs fois démentie par les autorités notamment par l’ Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) sur la page Alertes 100.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant montrer un communiqué émanant de la page Facebook de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) sur l’annonce des obsèques du général Chérif Ousmane est fausse. Elle a été publiée dans le but de manipuler l’opinion publique et de crédibiliser une rumeur persistante sur le décès du général Chérif Ousmane.

 CONSEILS AUX LECTEURS

  • Se fier uniquement aux informations de sources officielles
  • Ne pas se fier aux logos des structures et institution pour croire aux informations car ils peuvent être manipulés
  • Ne pas relayer les informations douteuses et dénoncer les auteurs auprès des autorités compétentes
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Un Faux communiqué sur la disparition du général chérif Ousmane est attribué au procureur de la république près du tribunal de première instance d’Abidjan

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

 Faux, ce communiqué attribué au procureur de la république Monsieur Braman Koné sur la disparition du général chérif Ousmane est une infox. Il n’existe aucune communication officielle du procureur à ce sujet et Alerte 100, le centre technique de Fact checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a confirmé que c’est un faux communiqué.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Un post partagé sur la page Facebook Côte d’Ivoire ma patrie le 14 novembre 2025 a relayé un prétendu communiqué signé du procureur de la république Braman Koné, informant la population sur une supposée disparition du général chérif Ousmane.

ANALYSE

Ce post partagé sur la plateforme Présidentielle 2025: Laurent Gbagbo candidat du Ppa.ci, une plateforme de 60.000 membres, a cumulé plus de 500 mentions “j’aime”, des centaines de commentaires et plus d’une vingtaine de partages.

Source: capture d’écran de la publication
Source: Capture d’écran des commentaires

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie )

Nous avons entrepris des recherches sur la page Facebook officielle du Ministère de la justice et des droits de l’homme,  nous n’avons trouvé aucun communiqué du procureur de la république relatif à la disparition du général chérif Ousmane. Aussi, les pages Facebook des Forces Armées de Côte d’Ivoire, et du  Ministère de l’intérieur et de la sécurité de Côte d’Ivoire , n’ont révélé aucune information au sujet de la disparition du général chérif Ousmane.

Notons que depuis plusieurs jours de nombreuses publications (1,2,3)  avaient prétendu à la disparition de ce général de l’armée. Une rumeur selon les autorités démentie par l’ Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) sur la page Alertes 100.

Pour avoir de plus amples informations, nous avons contacté Alerte 100, centre technique de Fact -checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) qui nous a confirmé que ce communiqué est un faux. Cette information est une fausse information, a souligné l’Agence.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Le post prétendant relayer un communiqué du procureur de la république Braman Koné sur la disparition du général chérif Ousmane est faux. Ce faux communiqué a été publié dans le but de tromper l’opinion publique.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Se fier aux informations de sources officielles
  • Ne relayer aucune information douteuses
  • Signaler et dénoncer les auteurs de cette fausse information aux autorités compétentes
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FAUX : Cette vidéo ne montre pas le président Ouattara annonçant une intervention militaire de la Côte d’Ivoire au Nigeria

Dans ladite vidéo, le Chef de l’État ivoirien évoque plutôt l’envoi des troupes ivoiriennes au Niger, après le coup d’État ayant renversé le président Bazoum.

Cette publication sur Threads avec une vidéo prétendant montrer le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, annonçant une intervention militaire au Nigeria pour contrer une prétendue attaque des États-Unis contre le pays est FAUSSE.

« Alassane Ouattara annonce une intervention au Nigeria pour combattre les troupes américaines qui viendront attaquer le Nigeria. Merci Papa n’a bataillon », lit le post publié le 3 novembre 2025.

Le post est accompagné d’une vidéo de 37 secondes qui montre Ouattara, debout derrière un pupitre, qui a de part et d’autre les drapeaux de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Côte d’Ivoire.

Il semble faire un discours et dit ceci : « La Côte d’Ivoire fournira un bataillon et a pris toutes les dispositions financières pour que l’opération, si elle doit durer trois mois, les provisions soient faites sur le plan budgétaire pour que nos soldats et nos officiers qui participeront à cette opération ne manquent de rien. La Côte d’Ivoire est prête et je viens de donner instruction au chef d’État-major général des armées de commencer la mobilisation générale de ses troupes pour leur participation à la CEDEAO. Je voudrais indiquer que ces décisions sont collectives… ».

PesaCheck a vérifié le post et a conclu qu’il est faux.

Une recherche d’images inversées avec Yandex découlant de cette capture d’écran prise dans l’élément audio visuel analysé a mené PesaCheck vers cette vidéo mise en ligne le 10 août 2023. Elle est présentée comme la déclaration du président ivoirien à la presse le jeudi 10 août 2023, au terme du Sommet extraordinaire de la CEDEAO, sur la situation politique au Niger. La séquence allant de la minute 6:10 à 7:47 est identique à celle en vérification.

Sur la base de ce résultat, PesaCheck a lancé une recherche Google avec les mots-clés « Déclaration de Ouattara sur l’envoi des troupes au Niger », qui a mené à ce reportage d’Africa24tv du 11 août 2023. Celui-ci indique qu’Ouattara a annoncé l’envoi d’un bataillon militaire composé de 850 à 1 100 soldats au Niger, à la suite du coup d’État ayant renversé le président Mohamed Bazoum. La même information est également partagée ici et ici.

Par contre, la recherche Google avec des mots-clés « Ouattara envoie des troupes au Nigeria pour combattre les Américains » n’a abouti à aucun résultat crédible.

Cette affirmation est apparue après que le président américain Donald Trump a menacé d’envoyer des troupes au Nigeria pour combattre les groupes islamistes armés.

PesaCheck a examiné un post sur Threads avec une vidéo prétendant montrer le président ivoirien Alassane Ouattara annonçant une intervention militaire au Nigeria pour contrer une prétendue attaque des États-Unis contre le pays, et l’a trouvé FAUX.

.  .  .

Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par le rédacteur principal à PesaCheck, Stephen Ndegwa.

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

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Une fausse couverture manipulée d’un article du magazine Jeune Afrique utilisé pour prétendre que Abidjan envoie des armes aux terroristes à la frontière Côte d’Ivoire-Burkina.

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, la publication qui prétend que Abidjan envoie des armes aux terroristes à la frontière Côte d’Ivoire-Burkina est une infox. Les différentes vérifications ont plutôt montré qu’il s’agit d’un montage. La publication d’origine du média Jeune Afrique ne fait pas mention de cette information.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Dans une publication partagée sur  le profil Facebook Serges Patrice Paré le 01 Novembre 2025, une couverture d’un article du magazine Jeune Afrique prétend que Abidjan envoie des armes aux terroristes.

ANALYSE

Cette publication a cumulé environ 500 mentions j’aime, une vingtaine de commentaires et 16 partages

La publication est énoncée comme suit: “Jeune Afrique vient de mettre le derrière de la Côte d’Ivoire dehors pour soutien aux terroristes”. La publication est accompagnée en commentaire de la capture d’écran d’une publication d’un article sur la page Facebook de Jeune Afrique.

La titraille de la publication se décline comme suit : Côte d’Ivoire-Burkina Faso : ce que l’on sait des derniers incidents à la frontière et sur l’image d’illustration : “Abidjan envoie des armes aux terroristes. Ce que l’on sait des derniers incidents à la frontière.”

Source: Capture d’écran de la publication

Les commentaires ont pour la plupart ironisé en affirmant que Jeune Afrique a écrit l’article parce qu’ “ils n’ont pas reçu leur versement du mois”.

Source : Capture d’écran des commentaires de la publication

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons procédé à l’analyse de la capture d’écran de la prétendue publication de Jeune Afrique sur Facebook avec l’outil Fotoforensics. Nous avons constaté des incohérences au niveau du sous titre “Abidjan envoie des armes aux terroristes” qui paraît un plus foncé que les autres parties du texte.

Les indices visuels nous ont ensuite fait remarquer que le sous titre “Abidjan envoie des armes aux terroristes” est placé de façon disproportionnée par rapport au dernier sous titre, laissant entrevoir un montage .

Pour en savoir davantage , nous sommes allés sur la page Facebook officielle de Jeune Afrique pour vérifier si la publication s’y trouve. Nous avons retrouvé une publication avec le lien d’un article datant du 01 novembre 2025 qui ressemble à des détails près à celle que nous vérifions, sauf que le sous titre sur l’image d’illustration ”Abidjan envoie des armes aux terroristes” n’apparaît pas sur la publication d’origine.

 

Source: Capture d’écran de la publication sur la page Facebook de Jeune Afrique

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

 

La publication de Serges Patrice Paré montrant une capture d’écran d’un article publié sur la page Facebook de Jeune Afrique, prétendant que Abidjan envoie des armes aux terroristes est fausse. C’est une publication qui a fait l’objet de montage pour manipuler dans l’objectif de tromper et manipuler l’opinion publique.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne pas partager cette information mensongère
  • Ne pas relayer une information sans avoir vérifier
  • Aller sur la page officiel des médias ou organisations pour vérifier toute information censée provenir de ces médias ou organisations
  • Développer son sens de l’esprit critique en questionnant d’abord la véracité de l’information et sa source
  • Signaler l’auteur de cette publication et le dénoncer aux autorités compétentes
  • Avoir le sens de l’observation
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Imbroglio sur le nombre de décès enregistrés lors des manifestations en lien avec la présidentielle ivoirienne de 2025

De nombreuses informations sont relayées sur les réseaux sociaux et parfois par les acteurs politiques et des institutions sur les différents incidents qui ont émaillé le processus électoral en vue de la présidentielle du 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire. En l’absence d’une communication officielle précise, il est difficile de se retrouver dans ces chiffres qui sont avancés. Éclairage sur ces incidents rapportés, en particulier sur le nombre de décès enregistrés.

Anderson Diedri, Eburnie Today

En début de soirée du 25 octobre 2025, le jour du scrutin, alors que les populations attendaient les premiers résultats de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, livrait ses premières analyses sur les antennes des télévisions nationales. Il a expliqué que le scrutin s’est globalement bien déroulé dans l’ensemble malgré des incidents signalés dans certaines localités du pays. Il a exprimé sa satisfaction d’avoir dénombrer moins de pertes en vie humaines lors de cette élection, alors que les périodes électorales sont généralement des périodes de tensions socio-politiques en Côte d’Ivoire.

« Voyez-vous à chaque fois, qu’à l’occasion d’une élection, il y a mort d’hommes, nous prenons ça pour notre compte, même si ce n’est pas directement lié à la Commission électorale indépendante parce que nous on ne tue pas. Mais c’est toujours regrettable que l’occasion de l’opération dont vous avez la responsabilité constitue une cause mortifère au point d’affecter la vie des citoyens. Il y a, à un moment donné, un regret. Donc, aujourd’hui, je suis un homme plus ou moins heureux parce qu’en dehors du cas malheureux dans la zone de l’Agneby-Tiassa où l’un de nos frères d’armes a perdu la vie, je crois qu’on n’a pas dénombré de mort sur toute l’étendue du territoire. Ce qui est une bonne chose pour nous. Nous sommes satisfaits de cela », a déclaré Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, comme le rapporte cette publication de la chaîne de télévision ivoirienne NCI à partir de la 13ème minute (13’45).

Le président de la CEI fasaiit référence au décès, survenu le 20 octobre 2025, du Sous-lieutenant Klenon Lassina Daniogo, un officier de gendarmerie en service à l’escadron d’Agboville au cours d’une mission de sécurisation.

Ce décès est-il effectivement le seul enregistré au cours des manifestations en lien avec la présidentielle ivoirienne de 2025 ?

Décompte des chiffres réels des incidents 

Si, au moment de la mise en ligne de cet article, il n’y avait pas encore eu de communication officielle précise et détaillée faisant le bilan de l’ensemble des incidents, en particulier sur le nombre de décès, un recensement a été effectué par la Coalition Anti Dohi sur la base des communiqués et déclarations de la justice, de la police, de la gendarmerie, d’institutions étatiques, des partis politiques et des témoignages sur le terrain. Ce décompte fait état d’une dizaine de morts.

Dans un contexte marqué par des manifestations de l’opposition, et alors que le Front Commun, une coalition de partis politiques de l’opposition dirigée par le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), a annoncé une marche, le 11 octobre 2025, pour réclamer « (la) démocratie, (la) justice et (la) paix ».

En réponse, Andjou Koua, le préfet du département d’Abidjan, a publié un arrêté interdisant « toute marche le 11 octobre 2025 sur toute l’étendue du territoire du département d’Abidjan » pour « la préservation de l’ordre public en cette période particulière de la campagne électorale pour l’élection présidentielle ». Puis, un arrêté conjoint, pris le 17 octobre 2025 par les ministres de la Défense Téné Birahima Ouattara et de l’Intérieur et de la Sécurité Vagondo Diomandé, a ajouté que « les meetings et manifestations publiques des partis ou groupements politiques sont interdits sur toute l’étendue du territoire national, à l’exception de ceux qui s’inscrivent dans le cadre de la participation au processus électoral relatif à l’élection du Président de la République du 25 octobre 2025 ».

Cependant, le Front Commun a maintenu son mot d’ordre, ouvrant la voie à des interventions des forces de l’ordre. Plusieurs incidents ont été enregistrés.

La police arrête un manifestant lors d’affrontements avec des partisans de l’opposition à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le samedi 11 octobre 2025. AP Photo/Diomande Ble Blonde

Dans une déclaration faite le 27 octobre 2025 par sa présidente Namizata Sangaré, le Conseil national des droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDH) a dressé un bilan de la situation préélectorale entre le 11 et le 21 octobre 2025. Il fait état de six morts survenus lors des manifestations de l’opposition. « Suite aux interventions des forces de l’ordre, plus de 700 personnes ont été interpellées selon les autorités et contre lesquelles des procédures judiciaires ont été ouvertes. Six autres ont perdu la vie dont deux dans la région du Sud-Comoé, une dans la région de l’Agneby-Tiassa (Grand Yapo), une à Daloa et deux à Yamoussoukro », a annoncé le CNDH, sans plus de détails.

Selon un communiqué du procureur de la République de Toumodi, une personne nommée Paul Kacou Konan (46 ans) est décédée, le 21 octobre 2025, d’un traumatisme crânien, après avoir reçu une pierre à la tête alors qu’il aidait la gendarmerie à lever des barricades dressées par des « individus » dans le village de Kami (commune de Yamoussoukro).

En outre, comme l’a indiqué le président de la CEI, la gendarmerie nationale a confirmé, dans communiqué, la mort du Sous-lieutenant Klenon Lassina Daniogo, le 20 octobre 2025, après avoir reçu des tirs « à l’épaule et à l’abdomen » lors d’une patrouille de sécurisation à Grand Yapo sur l’axe Agboville-Azaguié. Une enquête a été ouverte pour « élucider les circonstances de ce drame ».

Le 19 octobre 2025, un homme du nom de Marc Géraude Kprohi (34 ans) a également perdu la vie. Selon le communiqué du procureur de la République de Daloa, il a été arrêté ce jour-là avec huit autres personnes à l’occasion d’une opération de démantèlement de barricades érigées entre les villages de Bla et Tchébléguhé sur l’axe Daloa-Issia. Il est mort lors de son évacuation au Centre hospitalier régional (CHR) de Daloa, après avoir constaté un « état d’essoufflement » au cours de son « interrogatoire » à la brigade de gendarmerie de Daloa. Une enquête a été ouverte pour connaître les « causes » du décès. Selon cet article du média ivoirien Linfodrome, daté du 21 octobre 2025, sur des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, la mort de Marc Géraude Kprohi s’inscrit dans le cadre d’« incidents (survenus) dans un climat politique particulièrement tendu, à quelques jours de la présidentielle du 25 octobre 2025 ».

Capture d’écran de l’article du média Linfodrome sur le décès Marc Géraude Kprohi à Daloa

Autre décès signalé en lien avec ce contexte électoral, celui d’Ernest Christophe Allouan (22 ans), le 13 octobre 2025. La Police nationale a expliqué, dans un communiqué, qu’il a été atteint à la mâchoire par une balle tirée par « des individus non identifiés circulant à bord d’un véhicule 4×4 », lors d’une manifestation à Bonoua. Il a succombé à ses blessures dans la soirée au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville à Abidjan où il avait été évacué. Une enquête a été ouverte par la direction de la Police criminelle « afin de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame et d’identifier les auteurs ». Dans une dépêche de l’Agence ivoirienne de presse datée du 14 octobre 2025, « des manifestations de jeunes dans les rues de Bonoua visant, selon eux, à s’opposer à protester contre un quatrième mandat du candidat du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à la présidentielle, Alassane Ouattara, et la réaction des forces de l’ordre ont paralysé les activités dans certains quartiers de la ville de Bonoua, lundi 13 octobre 2025 ».

Capture d’écran de la dépêche de l’Agence ivoirienne de presse

Dans un communiqué daté du 15 octobre 2025, le PPA-CI dirigé par Laurent Gbagbo, dressant un bilan « provisoire » des événements, a indiqué « deux personnes décédées » dont Ernest Christophe Allouan et « un bébé de deux ans, qui a été étouffé par les gaz lacrymogènes d’une grenade lancée par les forces de l’ordre dans une cour dans le village d’Abié dans le département d’Adzopé ».

Contactée par la Coalition Anti Dohi, le 28 octobre 2025, Augustine Asseuhin Agoua, la grand-mère a témoigné que le bébé de « trois mois » (et non deux ans comme annoncé par le PPA-CI) est décédé après avoir inhalé du gaz lacrymogène lancé par les forces de l’ordre lors d’une intervention au petit matin du 14 octobre 2025. L’enfant étant malade, il n’a pas supporté le gaz lacrymogène, estime-t-elle : « Je n’ai pas l’argent. Quand ça s’est passé, je n’ai eu personne pour venir à mon aide. Donc je ne suis pas partie à l’hôpital. La maman du bébé est actuellement malade ».

S’agissant des événements survenus le jour du scrutin, le 25 octobre 2025, le CNDH a indiqué que ses observateurs « ont rapporté avoir été informés de pertes en vie humaine à Nahio, dans la région du Haut-Sassandra et des violences contre des personnes, y compris des éléments des forces de l’ordre et des agents électoraux ». Sans plus de précision.

Dans une déclaration faite le 26 octobre (ici et ici), le Front Commun a dit avoir noté « trois morts et vingt-neuf blessés » à Grand-Nahio, « quatre morts, 67 blessés graves et 5 maisons incendiés », à Niamayo et dans le village de Didakouadioblé à Toumodi. Le « jeune N’Guessan Kouadio Richard, 13 ans seulement, tué par balle alors qu’il n’était pas mêlé d’aucune manière à une quelconque manifestation », a rapporté le Front Commun.

Après vérification, plusieurs habitants assurent qu’il n’y a pas de village nommé Didakouadioblé à Toumodi, mais plutôt Didakouadiokro et Didablé. Contacté le 28 octobre 2025, le chef intérimaire du village de Didablé, Yao Kra, a expliqué à la Coalition Anti Dohi qu’ « il n’y a rien eu à Didablé. Il n’y a pas eu d’incident. Rien ne s’est passé ici. Le vote s’est passé tranquillement ».

Franck Abel Kouamé, le président des jeunes Didakouadiokro, joint également, suite aux incidents dans le village, quatre jeunes ont été interpellés le 25 octobre 2025 en fin de journée par la police (trois de Didakouadiokro et un de Didayaokro). Un blessé « grave » a été évacué à Toumodi, puis à Bouaké pour des soins. Lorsque les « lacrymogènes ont été lancés, ça l’a tapé sur la tête », a-t-il rapporté.

Selon Edouardo Kouadio, un membre de la famille, il s’agit de Romaric N’Goran, 17 ans. « On était ici. Les forces de l’ordre ont lancé des lacrymogènes. Il était à la maison et ça l’a tapé au niveau de la tête. Il a été évacué d’abord au centre de santé de Didablé. Vers minuit-1h du matin, ça n’allait pas, donc on l’a envoyé à Toumodi. C’est de Toumodi qu’on l’a envoyé à Bouaké. Ça va un peu chez lui », a-t-il témoigné.

Concernant les événements à Nahio, contacté les 27 et 28 octobre 2025, un fonctionnaire et un habitant sur place, Zirihi Onané, ont confirmé la mort de trois personnes. Il s’agit de Digbeu Gouaméné Faras (ancien ambulancier de Nahio), Douamé Zely Guimos (un chef de quartier) et Micheline Ballié. Un bilan également rapporté par le site d’information ivoirien Linfodrome. Ces témoignages font état de 21 blessés et 25 maisons incendiées. Les autorités administratives se sont rendues à Nahio au lendemain des événements pour appeler à l’apaisement. Zirihi Onané, dont la maison a été aussi « calcinée », explique que ces affrontements violents ont eu lieu le jour du scrutin, lorsqu’un groupe de jeunes a tenté d’empêcher le déroulement des votes.

Dans la soirée du 28 octobre 2025, un communiqué du procureur de la République d’Issia a confirmé nos recherches, précisant qu’à Nahio, « les affrontements ont fait trois (03) morts, causé des blessures à dix-neuf (19) personnes et entrainé la destruction de nombreux biens ». Une enquête a été ouverte à pour « situer les responsabilités ».

En somme, contrairement aux déclarations du président de la Commission électorale indépendante indiquant, le 25 octobre 2025,  qu’en dehors de l’officier de gendarmerie décédé le 20 octobre 2025 à Agboville, « on n’a pas dénombré de mort sur toute l’étendue du territoire » lors du processus électoral, les données collectées et recoupées par la Coalition Anti Dohi indiquent qu’une dizaine de personnes ont perdu la vie au cours de la période indiquée.

Cet article a été réalisé par le média ivoirien Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.

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Côte d’Ivoire : non, des « insurgés » n’ont ni pris d’assaut l’aéroport de Korhogo, ni incendié un hélicoptère

Les publications que nous examinons dans cet article détournent des événements réels survenus en Côte d’Ivoire pour diffuser de fausses informations. Bien qu’un hélicoptère MI-24D se soit écrasé à l’aéroport de Korhogo, le 27 octobre 2025, aucune attaque liée à une insurrection contre les autorités n’est à l’origine de l’incident.

Raymond Dibi, Agence Ivoirienne de Presse

En Côte d’Ivoire, les résultats provisoires de l’élection présidentielle tenue le 25 octobre 2025 ont été publiés par la Commission Électorale Indépendante (CEI), le 27 octobre 2025. Le Président sortant Alassane Ouattara, candidat à sa propre réélection, a été élu provisoirement après avoir obtenu 89,77 % des voix. Le même jour où ces résultats provisoires ont été proclamés, une publication du compte Amadou Maiga, suivi par plus de 72 000 abonnés, a affirmé : « URGENT : Les insurgés ont pris d’assaut l’aéroport de Korhogo. Un hélicoptère MI-24 incendié. »

Capture d’écran de la publication du compte Amadou Maiga

Le mot « insurgé » vient du verbe « s’insurger », qui signifie se révolter ou se soulever contre l’autorité en place. Autrement dit, les insurgés sont des personnes qui prennent part à une insurrection, c’est-à-dire une révolte armée ou violente dirigée contre le pouvoir établi.

Le post Facebook ci-dessus fait donc croire que des « insurgés » auraient attaqué l’aéroport de Korhogo et incendié un hélicoptère militaire.

Au moment de la mise en ligne de cet article, la publication comptait un millier de mentions  »J’aime »’, plus de 100 commentaires et une soixantaine de partages. Elle a notamment été amplifiée par plusieurs autres comptes Facebook (1, 2, 3, 4 ).

Contexte de la publication que nous examinons

La publication que nous examinons détourne des événements réels survenus en Côte d’Ivoire pour propager de fausses informations.

En effet, le 27 octobre 2025, jour de la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle ivoirienne de 2025, un hélicoptère de type MI-24D de l’armée ivoirienne s’est écrasé sans faire de victime à l’aéroport de Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire. D’où l’usage des termes « les insurgés ont pris d’assaut l’aéroport de Korhogo » et « un hélicoptère MI-24 incendié » par le post Facebook.

Capture d’écran d’un article du publié sur le média ivoirien Fraternité Matin, le 27 octobre 2025

Le même jour, le 27 octobre 2025, le journaliste ivoirien Fernand Dédeh a rapporté sur Facebook que des tirs ont été entendus en territoire burkinabé, à proximité de la frontière ivoirienne, dans la zone de Téhini (Nord-Est). Il a rapporté cette information en même temps que le crash de l’hélicoptère de MI-24D de l’armée ivoirienne. Ces deux informations évoquant le domaine de la défense et de la sécurité ont pu alimenter des craintes et fake news sur les réseaux sociaux.

Capture d’écran de la publication de Fernand Dédeh

D’après les données cartographiques de Google en 2025, environ 250 kilomètres, pour quatre heures de route en voiture, séparent les localités de Korhogo et Téhini.

Capture d’écran Google Maps

Ce qui s’est réellement passé à l’aéroport de Korhogo

Dans le détail, un communiqué officiel de l’État-major général des armées de Côte d’Ivoire publié, le 27 octobre 2025, explique que, le même jour, aux environs de 13h00, un hélicoptère MI-24D des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) a subi une panne technique au décollage sur la piste de l’aéroport de Korhogo. L’appareil a effectué « un posé d’urgence, sans faire de victime parmi les membres d’équipage ni au sein du personnel présent sur la zone aéroportuaire ».

Le communiqué n’évoque aucune trace d’incendie ou d’attaque qui serait à l’origine de l’incident, contrairement à ce qu’indique la publication de la page Facebook Amadou Maiga.

Capture d’écran du communiqué officiel du ministère d’État, ministère de la Défense, annonçant qu’un hélicoptère MI-24D des Forces armées de Côte d’Ivoire a subi une panne technique au décollage.

Au moment de la mise en ligne de cet article, aucun canal officiel de communication du gouvernement ivoirien, aucun journaliste ou média crédible, n’a confirmé une prétendue prise d’assaut de l’aéroport de Korhogo par des insurgés, le 27 octobre 2025.

Cet article a été réalisé par l’Agence ivoirienne de presse, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.

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Fact-checking Politique & Gouvernance Sécurité & Criminalité

La ville de Farabougou a-t-elle été prise en otage par les groupes armés terroristes et libérée par les forces armées maliennes en 2025 ?

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Hors Contexte, cette vidéo date de 2020, Aucun média officiel ne mentionne la libération de la ville de Farabougou par les forces armées maliennes (FAMa) en 2025.

FAIT

Après plusieurs attaques simultanées visant les installations des Forces Armées Maliennes (FAMa) dans certaines villes maliennes, une publication largement partagée sur les réseaux sociaux dont Facebook prétend montrer la ville de « Farabougou pris en otage par les groupes de bandits armés », est libérée  par les forces armées maliennes  (FAMa). Mais, c’est de l’intox, les images ont été détournées de leur contexte.

ANALYSE

Une vidéo (lien archivé ici) publiée sur la page Facebook de Télé Mali porte la légende suivante : « #Urgent : Farabougou pris en otage par les groupes bandits armés, a été libéré totalement par les FAMa . Suivez tous les détails dans cette vidéo ». La publication a accumulé des centaines de milliers de vues, des commentaires et des partages.

Source : Capture de la publication

Elle prétend montrer le reportage de l’Office de Radio et Télévision du Mali (ORTM) sur la libération de Farabougou par les forces armées maliennes suite à l’annonce des attaques simultanées contre les emprises de Forces Armées Maliennes (FAMa) , le 19 août 2025 (lien archivé ici). Mais en réalité, la vidéo est sortie de son contexte et a été filmée en octobre 2020 . Aucun média officiel ne mentionne aussi que cette ville a été libérée par les forces armées maliennes en 2025.

Source : Capture de la page Facebook des Forces Armées Maliennes (FAMa)

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Une recherche sur Google (lien archivé ici), avec des mots-clés « vidéo de la présence des FAMA dans le village de Farabougou » nous oriente  vers le  compte Facebook officiel de l’ORTM publié le 23 octobre 2020. La description indique ceci : « CLIP1-Presence des FAMA dans le village de Farabougou »  (lien archivé ici). On retrouve aussi plusieurs articles sur la libération de Farabougou datant de 2020 dont le site web de  l’ORTM  et le studiotamani (lien archivé respectivement ici et).

Capture d’écran de l’ancienne vidéo de l’armée malienne à Farabougou, sur le compte officiel Facebook de l’ORTM, 26 octobre 2020

Ces articles mentionnent la présence du Colonel Assimi Goïta alors du vice-président de la transition à l’époque et le colonel Didier Dembélé, ainsi que d’autres officiers maliens lors de la libération de Farabougou en octobre 2020.

Capture d’écran de l’article de l’ORTM, 16/09/2025.

Les blocus du village de Farabougou en 2020 par les groupes armés terroristes jusqu’à sa libération par les forces armées maliennes , a fait une campagne médiatique importante au niveau national et international comme précisé ici et (lien archivé respectivement ici et ) . Pour rappel, cette opération a été dirigée par le vice-président de la transition, le colonel Assimi Goïta, actuellement le Président de la Transition, Chef de l’État depuis 2021 (lien archivé ici).

Conclusion

Cette publication montrant la ville de Farabougou prise en otage par les groupes armés et libéré par les FAMa est hors contexte.  Aucun média officiel ne mentionne la libération de Farabougou par les forces armées maliennes (FAMa) en 2025.

Ce fact-check a été produit par Mahamadou ISSIAKA  dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.

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Fact-checking Politique & Gouvernance Sécurité & Criminalité

Côte d’Ivoire : Un faux communiqué attribué au Procureur de la République près du tribunal de première instance d’Abidjan

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

FAUX, Il s’agit d’une information entièrement fabriquée, sans aucun fondement officiel.

FAIT

Depuis quelques jours, une publication virale circule sur Facebook, prétendant relayer un communiqué émanant du Procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan. Ce faux document inviterait les citoyens à ne pas participer à une collecte de fonds en ligne initiée par l’activiste Koukougnon Christ Yvon, connu sous le pseudonyme Johnny Pacheco.

ANALYSE

Le 25 septembre 2025, la page Brutal Réalité a publié sur Facebook (lien archivé ici) un prétendu communiqué attribué au Procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan, déclarant que les citoyens devaient s’abstenir de participer à la collecte lancée par Johnny Pacheco.

Source : Capture de la publication

Le post inclut une capture d’écran d’un communiqué portant les logos du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, d’Orange et de Wave, ainsi qu’une signature  du Procureur de la République.  La publication a recueilli plus de 1100 likes en plus de 460 commentaires et 112 partages.

Pour rappel, Koukougnon Christ Yvon, alias Johnny Pacheco, est un cyberactiviste ivoirien autrefois proche du pouvoir, mais désormais en conflit avec ce dernier, qu’il accuse de lui causer des ennuis.

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Des recherches sur Google (lien archivé ici) à partir des mots-clés « faux communiqués du ministère de la Justice ivoirien » ont conduit vers plusieurs médias, notamment PesaCheck  et Afriquesur7, qui ont produit des articles de vérification à ce sujet.

« Ce communiqué ne vient pas de moi. C’est un faux document et nous avons publié un démenti sur notre page Facebook », a affirmé Koné Braman, Procureur de la République de Côte d’Ivoire, contacté par PesaCheck.

Capture du faux communiqué attribué au Procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan, 25/09/2025
Capture du démenti du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, 25/09/2025

Sur la page Facebook s’écrit «Ministère de la Justice et des Drolts de l’Homme » au lieu de « Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme ». Plusieurs autres  éléments confirment le caractère mensonger du document, notamment la présence de fautes d’orthographe, comme « infomation » au lieu de « information »,  « Drolt » au lieu de « Droits » et « près letribunal » au lieu de « près le tribunal ». Un style d’écriture maladroit et un ton non institutionnel, très éloignés des communiqués officiels ;L’absence de publication officielle sur les canaux habituels du ministère.

Comparaison entre le faux (1) et le vrai (2) communiqué du Procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan?

À ces incohérences, on peut ajouter : signature floue (cachet officiel) et mal positionné, fautes dans l’intitulé et ton alarmiste contraire au style administratif tandis que le vrai communiqué, lui, utilise une mise en page soignée, une signature authentifiée et nette, bien positionner et un ton neutre.

Capture d’écran : le faux communiqué (1) à gauche et le vrai communiqué (2) à droite du Procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan

CONCLUSION

L’analyse des éléments disponibles confirme que le communiqué attribué au Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme dont le Procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan concernant la collecte de fonds de Johnny Pacheco est faux.

Ce fact-check a été produit par Mahamadou ISSIAKA  dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake

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Sécurité Nationale: Une fausse information circule autour d’un prétendu hélicoptère ivoirien abattu par des hommes armés à Korhogo

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, cette publication qui prétend qu’un hélicoptère ivoirien a été abattu à Korhogo par des hommes armés est fausse.

Il s’agit plutôt d’une panne technique au décollage d’un hélicoptère militaire qui a effectué un posé d’urgence sans faire de victime. Un communiqué des forces armées de Côte d’Ivoire confirme cet incident.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une publication partagée le  27 octobre 2025 sur la page Facebook Légion AES prétend qu’un hélicoptère ivoirien a été abattu à Korhogo par des hommes armés.

Cette publication accompagnée des images d’épaves de l’engin s’énonce comme suit:

URGENT :Côte d’Ivoire : Un hélicoptère a été abattu à Korhogo par des hommes armés.

Selon des sources proches du dossier, il s’agirait d’un groupe se réclamant des « Patriotes », affirmant vouloir libérer la Côte d’Ivoire des mains du dictateur Alassane Ouattara.

ANALYSE

La publication a rapidement suscité plusieurs engagements et réactions allant jusqu’à plus de 350 mentions “j’aime”, 40 commentaires et 17 partages.

Capture d’écran de la publication

Cette même information diversement traitée, a fait l’objet de plusieurs publications sur Facebook notamment les pages Agence de presse régionale, l’Ivoirien, Tingin-binga etc.

Capture d’écran des commentaires de la publication de Légion AES

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons d’abord effectué une recherche d’image inversée via Google Lens avec des images d’épaves de l’hélicoptère publiées par Légion AES. Nous n’avons trouvé aucune correspondance pour la première image. L’analyse de la seconde image a permis de savoir qu’il s’agit d’une image qui date du  10 septembre 2021. Elle se réfère à un crash du Mi 24, un hélicoptère d’attaque de l’armée ivoirienne, en mission de reconnaissance sur la ligne frontalière nord.

Le quotidien Frat MAT a publié un communiqué de presse de l’armée sur ce crash consultable ici.

Aussi, pour avoir de plus amples  d’informations, nous avons joint au téléphone Coulibaly Sam, président des jeunes de valeurs de Korhogo. S’exprimant à titre personnel, Coulibaly Sam nous a signifié que la journée du lundi 27 octobre était calme comme d’habitude à Korhogo. “ Nous n’avons pas entendu de coup de feu ni de bruit d’explosion hier dans la ville. Tout le monde vaquait à ses occupations. Nous sommes étonnés de savoir que cette information ait fait grand bruit sur les réseaux sociaux alors que ce n’est pas le cas ici à Korhogo, pour vous dire qu’il n’y a rien eu comme manœuvre de coup de feu ici à Korhogo ici“, a-t-il déclaré.

Nous avons ensuite retrouvé Un communiqué de l’Etat major de l’armée publié le 27 octobre 2025 sur la page Facebook Forces armées de Côte d’Ivoire, indiquant qu’un hélicoptère militaire ivoirien a subi une panne technique au décollage, sur la piste de l’aéroport de Korhogo. Selon ce communiqué l’hélicoptère a effectué un posé d’urgence sans faire de victime parmi les membres d’équipage, ni au sein du personnel présent sur la zone aéroportuaire.

L’état major a par ailleurs salué le professionnalisme de l’équipage dont la maîtrise et le sang froid ont permis d’éviter un drame.

Capture du communiqué

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant qu’un hélicoptère ivoirien a été abattu à Korhogo par des hommes armés est fausse. Elle a été publiée dans le but de créer la peur et la psychose au lendemain des élections présidentielles.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne pas relayer des informations mensongères
  • Se référer aux informations de sources officielles sur les canaux officiels
  • Signaler les publications mensongères et leurs auteurs
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Article Sécurité & Criminalité

Arnaques financières en ligne : une menace qui pèse sur les économies africaines

Par Esaïe EDOH

Le développement rapide de la digitalisation en Afrique n’est pas sans conséquences. Il s’accompagne de la prolifération des arnaques financières en ligne, favorisées par une vulnérabilité numérique d’une population en quête d’opportunités économiques, mais souvent mal outillée pour vérifier l’information [ajouter lien vers une étude sur la littératie numérique en Afrique].

Cette forme d’escroquerie prend des formes variées et cible de plus en plus les jeunes, les petites entreprises et les investisseurs inexpérimentés.

L’essor numérique : entre promesses et périls

L’Afrique est aujourd’hui l’un des continents où la croissance de l’accès à Internet est la plus rapide. Selon l’Union internationale des télécommunications, plus de 570 millions d’Africains ont désormais accès à Internet, un chiffre qui continue de progresser
Cet essor, porteur d’espoirs en matière d’éducation numérique, de commerce et d’innovation, expose aussi une large part de la population à des pratiques frauduleuses de plus en plus sophistiquées.

Des formes d’arnaques en pleine mutation

Les arnaques financières en ligne se présentent sous diverses formes : promesses d’investissement à rendement garanti, plateformes de trading fictives, ventes pyramidales déguisées, crypto-monnaies sans fondement, faux prêts bancaires, usurpations d’identité bancaire.

Dans tous les cas, le principe est le même : appâter la victime avec des promesses de gains faciles, puis disparaître une fois les fonds transférés.

Des promesses de richesse rapide qui séduisent

Leur succès repose sur une réalité socio-économique bien connue : taux de chômage élevé, dominance du secteur informel, accès limité au financement. Dans ce contexte, les promesses de gains élevés en peu de temps trouvent une oreille attentive.

De nombreux jeunes diplômés sans emploi tombent dans le piège d’un « investissement miracle » promu via les réseaux sociaux par des influenceurs ou de faux experts en finance.

Des campagnes marketing bien rodées

Ces plateformes frauduleuses imitent les sites des institutions financières, affichent de faux témoignages et diffusent des vidéos mettant en scène des Africains soi-disant devenus riches en quelques semaines. En réalité, il s’agit de montages frauduleux hébergés à l’étranger, inaccessibles dès que les fonds sont encaissés.

Une coopération encore trop faible

Les autorités africaines sont conscientes du problème mais peinent à suivre le rythme de l’innovation frauduleuse. Le manque de régulation spécifique et de coordination entre pays entrave la lutte.

Certains États ont mis en place des cellules de lutte contre la cybercriminalité
et lancé des campagnes de sensibilisation. Mais ces initiatives peinent à toucher les zones rurales et les populations peu alphabétisées.

Le rôle ambivalent des influenceurs et réseaux sociaux

Facebook, WhatsApp, Instagram, TikTok… Ces réseaux sont devenus les canaux de diffusion privilégiés des arnaques. Des influenceurs – parfois complices, parfois dupes – relaient sans vérification les messages de ces fraudeurs.

Malgré les appels à la modération des contenus liés à l’investissement, les grandes plateformes tardent à réagir sans cadre législatif contraignant.

La lutte contre les fake news comme levier d’action

Pour inverser la tendance, il est urgent de :

1. Renforcer l’éducation numérique et la culture de vérification de l’information.

2. Opérationnaliser des structures de fact-checking locales, à l’image de la Cellule Anti Fake News, pour vérifier les promesses suspectes.

3. Outiller les régulateurs à surveiller les plateformes suspectes et coopérer avec les acteurs du numérique à l’échelle nationale et internationale.

Conclusion

Face à la montée des arnaques financières en ligne, la prévention et l’éducation aux médias doivent devenir des priorités. Car c’est en outillant les citoyens que l’on protégera durablement les économies africaines contre ces pratiques frauduleuses.