Sécurité Nationale: Une fausse information circule autour d’un prétendu hélicoptère ivoirien abattu par des hommes armés à Korhogo

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, cette publication qui prétend qu’un hélicoptère ivoirien a été abattu à Korhogo par des hommes armés est fausse.

Il s’agit plutôt d’une panne technique au décollage d’un hélicoptère militaire qui a effectué un posé d’urgence sans faire de victime. Un communiqué des forces armées de Côte d’Ivoire confirme cet incident.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une publication partagée le  27 octobre 2025 sur la page Facebook Légion AES prétend qu’un hélicoptère ivoirien a été abattu à Korhogo par des hommes armés.

Cette publication accompagnée des images d’épaves de l’engin s’énonce comme suit:

URGENT :Côte d’Ivoire : Un hélicoptère a été abattu à Korhogo par des hommes armés.

Selon des sources proches du dossier, il s’agirait d’un groupe se réclamant des « Patriotes », affirmant vouloir libérer la Côte d’Ivoire des mains du dictateur Alassane Ouattara.

ANALYSE

La publication a rapidement suscité plusieurs engagements et réactions allant jusqu’à plus de 350 mentions “j’aime”, 40 commentaires et 17 partages.

Capture d’écran de la publication

Cette même information diversement traitée, a fait l’objet de plusieurs publications sur Facebook notamment les pages Agence de presse régionale, l’Ivoirien, Tingin-binga etc.

Capture d’écran des commentaires de la publication de Légion AES

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons d’abord effectué une recherche d’image inversée via Google Lens avec des images d’épaves de l’hélicoptère publiées par Légion AES. Nous n’avons trouvé aucune correspondance pour la première image. L’analyse de la seconde image a permis de savoir qu’il s’agit d’une image qui date du  10 septembre 2021. Elle se réfère à un crash du Mi 24, un hélicoptère d’attaque de l’armée ivoirienne, en mission de reconnaissance sur la ligne frontalière nord.

Le quotidien Frat MAT a publié un communiqué de presse de l’armée sur ce crash consultable ici.

Aussi, pour avoir de plus amples  d’informations, nous avons joint au téléphone Coulibaly Sam, président des jeunes de valeurs de Korhogo. S’exprimant à titre personnel, Coulibaly Sam nous a signifié que la journée du lundi 27 octobre était calme comme d’habitude à Korhogo. “ Nous n’avons pas entendu de coup de feu ni de bruit d’explosion hier dans la ville. Tout le monde vaquait à ses occupations. Nous sommes étonnés de savoir que cette information ait fait grand bruit sur les réseaux sociaux alors que ce n’est pas le cas ici à Korhogo, pour vous dire qu’il n’y a rien eu comme manœuvre de coup de feu ici à Korhogo ici“, a-t-il déclaré.

Nous avons ensuite retrouvé Un communiqué de l’Etat major de l’armée publié le 27 octobre 2025 sur la page Facebook Forces armées de Côte d’Ivoire, indiquant qu’un hélicoptère militaire ivoirien a subi une panne technique au décollage, sur la piste de l’aéroport de Korhogo. Selon ce communiqué l’hélicoptère a effectué un posé d’urgence sans faire de victime parmi les membres d’équipage, ni au sein du personnel présent sur la zone aéroportuaire.

L’état major a par ailleurs salué le professionnalisme de l’équipage dont la maîtrise et le sang froid ont permis d’éviter un drame.

Capture du communiqué

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant qu’un hélicoptère ivoirien a été abattu à Korhogo par des hommes armés est fausse. Elle a été publiée dans le but de créer la peur et la psychose au lendemain des élections présidentielles.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne pas relayer des informations mensongères
  • Se référer aux informations de sources officielles sur les canaux officiels
  • Signaler les publications mensongères et leurs auteurs

Arnaques financières en ligne : une menace qui pèse sur les économies africaines

Par Esaïe EDOH

Le développement rapide de la digitalisation en Afrique n’est pas sans conséquences. Il s’accompagne de la prolifération des arnaques financières en ligne, favorisées par une vulnérabilité numérique d’une population en quête d’opportunités économiques, mais souvent mal outillée pour vérifier l’information [ajouter lien vers une étude sur la littératie numérique en Afrique].

Cette forme d’escroquerie prend des formes variées et cible de plus en plus les jeunes, les petites entreprises et les investisseurs inexpérimentés.

L’essor numérique : entre promesses et périls

L’Afrique est aujourd’hui l’un des continents où la croissance de l’accès à Internet est la plus rapide. Selon l’Union internationale des télécommunications, plus de 570 millions d’Africains ont désormais accès à Internet, un chiffre qui continue de progresser
Cet essor, porteur d’espoirs en matière d’éducation numérique, de commerce et d’innovation, expose aussi une large part de la population à des pratiques frauduleuses de plus en plus sophistiquées.

Des formes d’arnaques en pleine mutation

Les arnaques financières en ligne se présentent sous diverses formes : promesses d’investissement à rendement garanti, plateformes de trading fictives, ventes pyramidales déguisées, crypto-monnaies sans fondement, faux prêts bancaires, usurpations d’identité bancaire.

Dans tous les cas, le principe est le même : appâter la victime avec des promesses de gains faciles, puis disparaître une fois les fonds transférés.

Des promesses de richesse rapide qui séduisent

Leur succès repose sur une réalité socio-économique bien connue : taux de chômage élevé, dominance du secteur informel, accès limité au financement. Dans ce contexte, les promesses de gains élevés en peu de temps trouvent une oreille attentive.

De nombreux jeunes diplômés sans emploi tombent dans le piège d’un « investissement miracle » promu via les réseaux sociaux par des influenceurs ou de faux experts en finance.

Des campagnes marketing bien rodées

Ces plateformes frauduleuses imitent les sites des institutions financières, affichent de faux témoignages et diffusent des vidéos mettant en scène des Africains soi-disant devenus riches en quelques semaines. En réalité, il s’agit de montages frauduleux hébergés à l’étranger, inaccessibles dès que les fonds sont encaissés.

Une coopération encore trop faible

Les autorités africaines sont conscientes du problème mais peinent à suivre le rythme de l’innovation frauduleuse. Le manque de régulation spécifique et de coordination entre pays entrave la lutte.

Certains États ont mis en place des cellules de lutte contre la cybercriminalité
et lancé des campagnes de sensibilisation. Mais ces initiatives peinent à toucher les zones rurales et les populations peu alphabétisées.

Le rôle ambivalent des influenceurs et réseaux sociaux

Facebook, WhatsApp, Instagram, TikTok… Ces réseaux sont devenus les canaux de diffusion privilégiés des arnaques. Des influenceurs – parfois complices, parfois dupes – relaient sans vérification les messages de ces fraudeurs.

Malgré les appels à la modération des contenus liés à l’investissement, les grandes plateformes tardent à réagir sans cadre législatif contraignant.

La lutte contre les fake news comme levier d’action

Pour inverser la tendance, il est urgent de :

1. Renforcer l’éducation numérique et la culture de vérification de l’information.

2. Opérationnaliser des structures de fact-checking locales, à l’image de la Cellule Anti Fake News, pour vérifier les promesses suspectes.

3. Outiller les régulateurs à surveiller les plateformes suspectes et coopérer avec les acteurs du numérique à l’échelle nationale et internationale.

Conclusion

Face à la montée des arnaques financières en ligne, la prévention et l’éducation aux médias doivent devenir des priorités. Car c’est en outillant les citoyens que l’on protégera durablement les économies africaines contre ces pratiques frauduleuses.