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Un faux communiqué attribué à la présidence ivoirienne annonçant à tort le décès du chef de l’Etat, circule en ligne

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ 

Faux : Le communiqué annonçant le décès du président Alassane Ouattara attribué à la présidence de la république est une infox. Aucun communiqué officiel émanant de la présidence n’annonce le décès du président Alassane Ouattara.

Par  Victoire Kouamé 

FAIT

Une publication diffusée sur TikTok le 21 mars 2026 prétend qu’un communiqué supposément émis par la présidence de la République annonce la mort du président Alassane Ouattara. 

ANALYSE 

La publication prétendant qu’un communiqué de la présidence de la République de Côte d’Ivoire annonce le décès du président Alassane Ouattara, a été diffusée par le compte TikTok « L’Œil révolutionnaire ».

Cette publication s’accompagne d’un  arrière-plan montrant le plateau du journal de France 24, avec l’inscription : « Édition spéciale : décès d’Alassane Ouattara, le président ivoirien s’est éteint à Paris ».

Voici le contenu intégral de la publication :

Urgent-CÔTE D’IVOIRE Une information de dernière minute nous parvient à l’instant : la présidence de la République de Côte d’Ivoire vient d’annoncer, par voie de communiqué officiel, le décès du président Alassane Ouattara .

 Le chef de l’État ivoirien, âgé de 84 ans, s’est éteint cet après-midi à l’Hôpital Américain de Neuilly, près de Paris, où il avait été admis en urgence il y a quelques jours pour ce que son entourage qualifiait initialement de « fatigue généralisée ». » « Alassane Ouattara, figure centrale de la vie politique ouest-africaine, dirigeait la Côte d’Ivoire depuis 2011. Son décès intervient alors qu’il effectuait un séjour privé dans la capitale française. À Abidjan, l’émotion est vive et les regards se tournent désormais vers les dispositions constitutionnelles pour assurer la transition au sommet de l’État. »  « Nous rejoignons tout de suite notre correspondant à Abidjan. La ville retient son souffle après cette annonce qui marque la fin d’une ère. Nous reviendrons dans quelques instants sur le parcours de celui que ses partisans surnommaient « Ado », de ses débuts au FMI jusqu’à la reconstruction économique de la Côte d’Ivoire. » 

 

Source: Capture d’écran de la publication

Cette publication a suscité un fort engagement, avec plus de 19 000 mentions « J’aime », environ un millier de commentaires et plus de 5 000 partages.

Les rumeurs ou les fausses nouvelles  annonçant la mort du chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, s’inscrivent dans un phénomène récurrent, souvent observé lors de ses déplacements à l’étranger.

En effet, le mercredi 18 mars 2026, le président ivoirien a quitté Abidjan pour un séjour en France, un contexte qui a une nouvelle fois favorisé la circulation des spéculations.

Un facteur déterminant réside dans la gestion de l’information officielle: lorsque la communication autour de la santé ou des déplacements du président est perçue comme peu transparente ou insuffisante, elle crée un vide informationnel.

 Ce manque d’informations ouvre la voie à de nombreuses supputations, souvent exploitées par des acteurs de la désinformation pour diffuser des rumeurs infondées.

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons consulté les canaux officiels de la présidence de la République de Côte d’Ivoire, sans trouver le moindre communiqué annonçant le décès du président Alassane Ouattara.

De même, les médias de service public ivoiriens, notamment RTI Info et Agence ivoirienne de Presse (AIP), n’ont diffusé aucune information allant dans ce sens.

Enfin, nos vérifications sur la page de France 24 n’ont révélé aucune publication faisant état d’un quelconque décès du président ivoirien.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 

La publication prétendant qu’un communiqué annonçant le décès du président Alassane Ouattara a été émis par la présidence de la république de Côte d’Ivoire est une infox. 

Elle s’inscrit dans une logique de manipulation de l’opinion publique et est susceptible de porter atteinte à la stabilité du pouvoir ainsi qu’à l’équilibre institutionnel. 

BON À SAVOIR 

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com .

      Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

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Article Fact-checking Politique & Gouvernance

FAUX, L’AMBASSADE DE CÔTE D’IVOIRE EN ISRAËL N’A PAS ÉTÉ TOUCHÉE NI DÉTRUITE PAR DES FRAPPES IRANIENNES.

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, Ce post affirmant  que l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël à été détruite  après la frappe de l’Iran et que l’ambassadeur Feni Kouakou serait mort avec une dizaine de personnes est complètement faux. L’image du bâtiment détruit ne correspond pas à l’immeuble qui abrite l’ambassade de Côte d’ivoire en Israël. De plus, M. Feni Kouakou dans un communiqué a déclaré le 1er mars qu’aucun ressortissant ivoirien, aucune autorité ivoirienne ou aucun bien appartenant à une personne physique ou morale de nationalité ivoirienne n’a été touché par les bombardements.

FAIT

Les États-Unis et Israël ont mené une attaque conjointe contre l’Iran le 28 février, tuant le guide suprême Ali Khamenei. En représailles, l’Iran a lancé des frappes contre Israël et plusieurs pays du Golfe abritant des bases américaines. Suite à ces événements, de nombreuses publications notamment celle-ci circulent sur les réseaux sociaux annonçant la destruction des bureaux de  l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël et la mort d’une dizaine de personnes.

ANALYSE 

Dans une vidéo diffusée le 1er mars 2026 sur la page Tiktok de foudogg2, l’utilisateur pointe du doigt l’image du bâtiment collé en haut la vidéo en incitant les abonnés Tiktok à regarder et affirme en ces termes « Très très très urgent et super urgent. Les gars, en Israël et en Côte d’Ivoire, regardez ça, c’est l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël. L’ambassadeur a été tué par les frappes iraniennes là où je vous parle. L’Iran bombarde Israël très fort. L’ambassade de la Côte d’Ivoire en Israël a été bombardée, et l’ambassadeur et ses compagnons ont tous été tués.» Il invite par la suite les utilisateurs Tiktok à s’abonner pour ne rien rater de l’actualité « Alors les gars, n’oubliez pas de vous abonner pour ne pas perdre mes prochaines vidéos. Et cette nuit, ça va être sérieux parce que l’Iran a également bombardé d’autres pays, il a bombardé Chypre. Il a dit, tous les pays où il y a des bases militaires américaines seront touchés. Il y a 3 bases américaines en Côte d’Ivoire, elles seront touchées. Il y en a au Bénin, il sera également touché.»       

Source : Capture d’écran de la vidéo Tiktok de foudogg2 , publiée le 02/03/2026

Cette publication a suscité bon nombre d’engagements et de réactions cumulant cinquante-huit mille neuf cents (58.900) mentions “j’aime”, deux mille cent dix commentaires (2.110) et onze mille trois cents partages (11.300). Cette rumeur à également été publiée sur plusieurs pages Facebook ici, ici et Tiktok ici.

VÉRIFICATION DES FAITS

Pour vérifier cette information, une recherche sur google effectuée en premier sur le site officiel de l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël nous a permis de démentir formellement cette rumeur par un communiqué publié le 1er mars 2016. Dans ce communiqué signé par l’ambassadeur Feni KOUAKOU, il est dit entre autre: « Suite à l’escalade militaire qui embrase actuellement toute la région, et à des informations erronées publiées à travers les réseaux sociaux, l’Ambassade de Côte d’Ivoire en Israël qui suit de très près l’évolution de la situation, en liaison avec les responsables de la communauté ivoirienne, voudrait rassurer l’ensemble de ses compatriotes sur le sort des ressortissants ivoiriens établis sur le territoire israélien. En effet, à ce jour, aucun ressortissant ivoirien, aucune autorité ivoirienne ou aucun bien appartenant à une personne physique ou morale de nationalité ivoirienne n’a été touché par les bombardements…». Cela dit, ni l’ambassadeur Féni Kouakou, ni une dizaine de personnes n’ont été tués, et l’ambassade n’a pas été détruite comme mentionné dans la rumeur.

Communiqué officiel de l’ambassade de Côte d’ivoire en Israël suite au bombardement

D’ailleurs le bâtiment visible sur cette vidéo  ne correspond pas à celui qui abrite réellement l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël. D’après le site officiel de l’ambassade, ses bureaux sont situés au sein de l’immeuble Atrium Building, à Jabotinsky Street 2A, Ramat Gan. Une vérification effectuée sur le site officiel de cet immeuble et sur google maps montre clairement que son architecture est très différente de celle du bâtiment présenté dans l’image largement relayée sur les réseaux sociaux .

Capture d’écran comparant l’Atrium Building abritant l’ambassade de Côte d’ivoire en Israël et le supposé bâtiment présenté comme l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël détruite.

Une recherche complémentaire effectuée nous a conduit sur la page facebook officiel de Alertes 100, le centre technique de fact-checking de L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information(ANSSI) qui a publié une alerte indiquant que « Des publications non fondées largement diffusées sur les réseaux sociaux prétendent que l’Ambassadeur de la Côte d’Ivoire en Israël serait décédé à Tel Aviv à la suite d’une frappe de missiles iraniens (…) est fausse. Après vérification auprès des canaux diplomatiques et des sources officielles compétentes, aucun incident de cette nature n’a eu lieu. Cette rumeur vise à semer la panique et à manipuler l’opinion publique dans un contexte international sensible ».

Capture d’écran du démenti de Alertes 100 concernant la mort de l’ambassadeur Feni Kouakou

Par ailleurs, à l’aide de l’outil de détection Hive Modération , nous avons procédé à une analyse de l’image du bâtiment détruit et le résultat révèle qu’elle a été 99,9 %  générée par une intelligence artificielle.

De même, l’image soumis sur google Lens, dans  la section ‘’ À propos de cette image’’ , il est mentionné qu’elle a été creer avec l’intelligence artificielle de Google

Capture d’écran des résultats de l’analyse réalisée sur Hive Modération
Capture d’écran du résultats de la recherche réalisée sur  Google Lens

CONCLUSION

Au regard des éléments vérifiés, l’information largement diffusée sur les réseaux sociaux affirmant que l’ambassade de Côte d’Ivoire en Israël aurait été détruite par une frappe iranienne et que l’ambassadeur Féni Kouakou serait décédé avec une dizaine de personnes est totalement fausse.

BON À SAVOIR 

Pour éviter de tomber dans le piège des fausses informations, nous vous invitons à consulter régulièrement la page de la Cellule Anti Fake News et à et signalez toute information suspecte ou douteuse ici ou celluleantifakenews@gmail.com .

      Ensemble, restons vigilants et contribuons à la lutte contre la désinformation.

Ce fact-check a été produit par Ferlande N’Guessan dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.

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FAUX : Cette image ne montre pas des avions achetés pour la gendarmerie ivoirienne

Il s’agit des Pilatus PC-9 de l’armée de l’air irlandaise en formation de vol le 9 septembre 2013.

Ce post TikTok prétendant montrer des avions achetés pour la gendarmerie ivoirienne est FAUX.

Publiée le 5 février 2026, la vidéo montre deux avions de chasse de couleur grise en plein air. Le texte accompagnant la vidéo lit : « Bonne nouvelle pour la gendarmerie ivoirienne, 16 avions achetés Gg-7H pour le contrôle de tours de contrôle de l’armée ivoirienne frontière ivoiro malienne burkinabête (sic) ».

PesaCheck a vérifié le post et l’a trouvé faux.

Une recherche d’images inversée avec Bing a orienté PesaCheck vers cette plateforme, qui informe qu’il s’agit des Pilatus PC-9 de l’armée de l’air irlandaise en vol lors d’une formation le 9 septembre 2013.

On retrouve la même image sur ce site qui indique une série de photographies de Pilatus PC-9 de l’Air Corps, formant la section Eagle. La formation est menée par le commandant d’escadron Derek Bolger, avec le capitaine Paul Fahy en Eagle 2, le lieutenant Patrick Mullan en Eagle 3 et le capitaine Kevin Phipps en Eagle 4.

L’information est corroborée ici.

Une comparaison entre les drapeaux de la Côte d’Ivoire et de l’Irlande révèle une différence visible. Le drapeau irlandais se compose de trois bandes verticales, comme le drapeau de la Côte d’Ivoire. La différence réside dans les couleurs : vert, blanc et orange pour le drapeau irlandais et orange, blanc et vert pour le drapeau ivoirien.

Drapeau Irlandais Vs. Drapeau Ivoirien

Cette publication apparaît alors que le 4 février 2026, l’Union européenne a remis un lot d’équipements d’une valeur de 1,231 million d’euros (environ 808 millions de FCFA) à la Gendarmerie nationale ivoirienne, lors d’une cérémonie à la caserne d’Agban (Abidjan). Ce don, dans le cadre de l’Initiative EUSDI GoG pour le Golfe de Guinée, inclut du matériel de sécurité individuelle, des mégaphones, des équipements radio et forensic, deux groupes électrogènes et des tronçonneuses, visant à renforcer les capacités face aux menaces du Sahel.

PesaCheck a vérifié un post TikTok prétendant montrer des avions achetés pour la gendarmerie ivoirienne et l’a trouvé FAUX.


Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. 

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. 

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. 

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mamady Kebe et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par le rédacteur principal à PesaCheck, Stephen Ndegwa.

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

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Législatives 2025: Une fausse information relative à l’arrestation à Niamoué (Tiassalé) d’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko, en possession de cartes d’électeurs falsifiés circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, l’information relative à l’arrestation à Niamoué (département de Tiassalé) d’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko, en possession d’un important lot de cartes d’électeurs falsifiés, est fausse. Il ne s’agissait pas de fausses cartes d’électeurs mais plutôt du listing électoral de 2023 remis au superviseur du candidat. L’individu arrêté a été relaxé pour délit non établi selon les informations recueillies par l’agence ivoirienne de presse (Aip).

Par Victoire Kouamé

FAIT

 Une publication postée le 27 décembre 2025 sur la page Facebook Tiassalé Impact prétend qu’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko a été arrêté par la police avec un important lot de cartes d’électeurs falsifiés.

ANALYSE

Selon cette publication, diffusée sur la page Facebook Tiassalé Impact, à Niamoué dans le département de Tiassalé, un individu présenté comme proche d’Assalé, a été interpellé par la police en possession d’un important lot de cartes d’électeurs falsifiées.

La publication précise également qu’il s’agit d’un retraité et pasteur, et appelle à une hypervigilance, notamment de la part du camp Sanogo.

Sanogo Alpha est le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) aux postes de député à Tiassalé. Il est par ailleurs  un adversaire d’Assalé Tiémoko.

Source: Capture d’écran de la publication

Cette information a suscité de vives réactions et généré plus de 700 mentions “j’aime“, près de 2000 commentaires et une trentaine de partages sur la page de Tiassalé Impact.

Elle a été relayée avec des vidéos à l’appui sur plusieurs pages Facebook notamment ici ,ici et ici.

Source: Capture d’écran de la vidéo d’arrestation de l’individu

 VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

 Nous avons effectué des recherches sur les pages Facebook de la Commission électorale indépendante (CEI), et du Ministère de la justice et des droits de l’homme, nous n’avons trouvé aucune information.

Nous avons ensuite fait des recherches sur des médias locaux crédibles pour voir si l’information  a été traité et avons trouvé que

l’Agence ivoirienne de presse (Aip), un média de service public disposant de pigistes sur toute l’étendue de la Côte d’Ivoire, a apporté des éclairages sur cette situation.

Dans un article publié sur sa page Facebook, l’AIP indique que l’individu répondant au nom de  Aka  Flavien Honvo interpellée avec d’autres personnes, le 27 décembre 2025 dans le village de Niamoué, dans le département de Tiassalé, pour des faits de fraude présumée lors des élections législatives, a été remis en liberté, ainsi que les autres interpellés, à l’issue d’auditions menées par la police, en présence du substitut résident du procureur de la République, pour délit non établi.

Il ne s’agissait pas de fausses cartes d’électeurs mais plutôt d’une liste électorale de 2023, selon l’article publié par l’AIP.

L’information de la relaxation du sieur Aka Flavien Honvo, a été publiée plus tôt dans la journée par le candidat Assalé Tiémoko sur sa page Facebook.

De plus, dans une vidéo de 5 minutes 02 secondes diffusée sur la page Facebook  Enquête média dans la soirée du 27 décembre, Aka Flavien , superviseur du candidat Assalé Tiémoko raconte qu’il ne détenait pas des cartes d’électeurs mais plutôt un listing  de vote et confirme avoir été libéré à la suite d’une audition par le commissaire et le procureur de la république.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant qu’un proche du candidat Assalé Tiémoko a été arrêté avec un important lot de cartes d’électeurs falsifiés est fausse. L’individu du nom de Aka Flavien Honvo, superviseur du candidat Assalé Tiémoko ne détenait pas de cartes d’électeurs falsifiés et a été relaxé après des vérifications des autorités compétentes.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne relayer aucune information de sources non officielle surtout en période électorale
  • Se fier aux sources officielles pour toute information fiables et crédibles
  • Signaler et dénoncer les auteurs des fausses informations aux autorités compétentes
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Côte d’Ivoire : de l’Assemblée nationale au parlement bicaméral

Deux mois après l’élection présidentielle ayant acté la réélection d’Alassane Ouattara, le collège électoral ivoirien est de nouveau convoqué le 27 décembre 2025 pour choisir les députés qui vont siéger à l’Assemblée nationale, l’une des plus anciennes institutions politiques du pays.

Par Anderson Diédri et Bakary Traoré (Eburnie Today)

L’assemblée nationale de Côte d’Ivoire représente le peuple, légifère, contrôle l’action du gouvernement et vote le budget. Son évolution est liée à l’histoire de la Côte d’Ivoire depuis son indépendance. La Côte d’Ivoire devient colonie française en 1893 et est administrée dans le cadre de l’AOF (Afrique occidentale française) à partir de 1904. Avant la Seconde Guerre mondiale, les Ivoiriens n’avaient pas de représentants directs en France. Un unique député, le Sénégalais Blaise Diagne, représentait l’ensemble des colonies de l’AOF.

Après la Conférence de Brazzaville (1944), une ordonnance du 22 août 1945 crée deux collèges électoraux dans les colonies, amorçant une représentation locale. Ces évolutions ouvrent la voie à la création des premières institutions pré-parlementaires que sont le Conseil général, l’Assemblée territoriale et l’Assemblée législative (1959). L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire est instituée par la Constitution ivoirienne du 31 octobre 1960. La première Assemblée est composée le 27 novembre 1960, avec 70 députés, tous Ivoiriens. Elle devient alors l’unique chambre du Parlement sous la Première République.

Une Assemblée nationale monocolore entre 1960 et 1990

Entre 1960 et 1990, la vie politique ivoirienne était animée et dominée par la pensée unique, celle du président Houphouët Boigny et le parti unique, le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), membre du RDA (Rassemblement démocratique africain). Durant cette période dominée par le PDCI-RDA, cinq législatures se succèdent.

Le président Philippe Yacé dirige l’Assemblée nationale de 1960 à 1980. Lui succède Henri Konan Bédié de 1980 à 1993, avant qu’il ne devienne président de la République. Les ères Philippe Yacé et Henri Konan Bédié sont marquées par une forte centralisation du pouvoir exercée par le PDCI et l’absence de pluralisme politique réel.

Mais les choses vont réellement changer avec le vent de la démocratie qui souffle sur le monde. Il n’y a pas que le Mur de Berlin qui tombe : les systèmes politiques monopartistes s’effritent et disparaissent avec l’ouverture démocratique et les bouleversements démocratique des années 1990.

La Côte d’Ivoire organise pour la première fois, en 1990 des élections législatives dans un système de multipartisme avec la participation de dix-neuf partis et groupements politiques dont dix-huit de l’opposition. Des partis comme le Front Populaire Ivoirien (FPI), le Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT), l’Union des Sociaux-Démocrates (USD), le Parti Républicain de Côte d’Ivoire (PRCI) et le Parti Socialiste Ivoirien (PSI) présentent des candidats.

Sur les 175 députés élus après les élections législatives de 1990, il y a deux candidats indépendants et 10 députés dont 9 du FPI et 1 du PIT. Une timide présence de l’opposition dans une Assemblée nationale encore dominée par le PDCI. L’institution va évoluer au rythme des tensions et querelles politiques en Côte d’Ivoire.

La présidence Bédié et le coup d’État militaire

À la mort du président Félix Houphouët-Boigny, le 7 décembre 1993, deux hommes se retrouvent en compétition directe pour lui succéder. Henri Konan Bédié, président de l’Assemblée nationale et dauphin constitutionnel et Alassane Ouattara, alors Premier ministre. Une dualité de légitimité explosive s’installe et va créer une longue rivalité politique entre les deux hommes. Henri Konan Bédié finit par s’imposer grâce au texte constitutionnel.

« La constitution, notre loi suprême, me confère dans cette dramatique situation, des responsabilités dont je mesure le poids, des responsabilités de chef de l’État. Je les assume dès maintenant. Je les assumerai dans le droit fil de celui qui en fut l’inspirateur et le pays sera gouverné. Le pays sera gouverné pour tous, Ivoiriens et étrangers vivant sur notre sol. À cette fin, je demande à tous de se mettre à ma disposition », indiquait sur les antennes de la télévision nationale Henri Konan Bédié le 7 décembre 1993.

Devenu président, Henri Konan Bédié cède son fauteuil de président de l’Assemblée nationale à Charles Bauza Donwahi qui va diriger la 8ème législature de 1993 à 1995. L’Assemblée nationale n’est plus monocolore : quelques partis d’opposition y sont représentés. En 1997, Charles Bauza Donwahi décède et est remplacé à la tête de l’institution par Émile Atta Brou dont le mandat est écourté par le coup d’Etat militaire du Général Robert Guéï en 1999. La neuvième législature de la première République censée s’achever en 2000 va s’écourter brusquement.

L’Assemblée nationale ivoirienne pourrait être renouvelée en décembre prochain. © SIA-KAMBOU / AFP

 La deuxième République et la marche vers le Parlement

Le coup d’État de 1999 marque une rupture majeure dans les activités de l’Assemblée nationale puisque, pour la première fois depuis 1960, sa dissolution est prononcée par les nouveaux maîtres d’Abidjan. Les putschistes annoncent également la suspension de la Constitution de 1960, du Conseil économique et social et du Conseil constitutionnel. Le pays est désormais dirigé par le Comité national de salut public (CNSP) avec à sa tête le général Robert Guéï. Les militaires dirigés par le général Guéï se présentent en réformateurs. L’une de leurs priorités est de doter la Côte d’Ivoire d’une nouvelle Constitution.

Le texte proposé par les militaires par référendum, le 23 juillet 2000, est adopté par le peuple. La Constitution est officiellement promulguée le 1er août 2000 par la loi n°2000-513. Cependant, il faudra attendre la fin de la crise post-électorale de 2000 pour que la Côte d’Ivoire puisse retrouver une Assemblée nationale.

L’élection présidentielle du 22 octobre 2000 est organisée après le coup d’État du 24 décembre 1999 et la transition militaire dirigée par le général Robert Guéï. Elle devait marquer le retour à un régime civil mais les militaires tentent de se maintenir au pouvoir. Face aux militaires, Laurent Gbagbo et le FPI est le seul parti politique majeur en compétition. La Commission électorale va déclarer Gbagbo vainqueur (59,36 % soit 1 065 597 voix).

Robert Guéï refuse de reconnaître sa défaite et fait dissoudre la Commission nationale électorale. Ensuite, il se proclame vainqueur via le ministère de l’Intérieur. Les partisans de Laurent Gbagbo descendent dans la rue et demandent le départ des militaires. Robert Guéï tente de se maintenir au pouvoir mais finalement sous la pression populaire le 25 octobre 2000, il fuit le pays. Le bilan humain de la crise est lourd : entre 150 et 300 morts (1, 2, 3).

Le retour à l’ordre constitutionnel et l’arrivée au palais présidentiel de Laurent Gbagbo vont permettre l’organisation de l’élection législative de décembre 2000.

La première législature de la deuxième République va officiellement siéger de 2001 à 2011. Mamadou Koulibaly préside l’Assemblée nationale durant une décennie traversée par une crise politico-militaire qui éclate en 2002 et une crise postélectorale fin 2010-début 2011. Le mandat des députés élus en 2000 est prolongé par décrets successifs et l’Assemblée nationale ne se renouvelle pas pendant plus de 10 ans, fonctionnant avec une légitimité affaiblie durant toute la crise. Après l’installation d’Alassane Ouattara en 2011, les législatives de décembre 2011 mettent fin à onze ans de blocage institutionnel et renouvellent enfin l’Assemblée.

Mamadou Koulibaly va céder son fauteuil à Guillaume Soro en 2012. L’ancien chef rebelle va diriger l’institution jusqu’en 2016, année d’une nouvelle réforme constitutionnelle en Côte d’Ivoire. Durant toute cette période, l’Assemblée nationale ivoirienne va fonctionner correctement en jouant un rôle politique important par l’adoption des lois, la promotion de la diplomatie parlementaire et les débats en commission sur des décisions importantes comme la réforme de la coopération militaire avec la France.

L’adoption d’une nouvelle Constitution en 2016 va consacrer le troisième République et crée un Parlement bicaméral composé du Sénat qui est la chambre haute et de l’Assemblée nationale, désormais chambre basse. En 2025, l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire compte 255 députés élus en 2021 pour 5 ans au scrutin majoritaire à un tour. Adama Bictogo, un homme d’affaires et membre influent du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) est l’actuel président de l’Assemblée nationale.

Cet article a été réalisé par Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.

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Une image manipulée du président béninois Fabrice Talon ligoté et entre quatre murs circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, cette image prétendant  montrer le président béninois Patrice Talon ligoté entre quatre murs a été manipulée. Après des vérifications avec plusieurs outils,  les résultats révèlent une grande proportion d’usage de l’intelligence artificielle générative.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une image postée le 11 décembre 2025 sur X anciennement Twitter prétend montrer le président béninois Patrice Talon ligoté entre quatre murs.

ANALYSE

 Cette image a été publiée sur le compte Twitter Conseil Militaire pour la Refondation. Le texte qui accompagne l’image est le suivant : “Lorsqu’on vous dit que nous ne sommes pas en fuite et que le combat continue, vous ne nous croyez pas… alors observez”

Ce post a cumulé plus de 17 000 vues, 126 mentions “j’aime” et 12 reposts. 

Source: Capture d’écran du post sur X

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

 Nous avons d’abord entrepris une recherche d’images inversée via Google images, nous n’avons obtenu aucun résultat.

Nous avons ensuite soumis l’image à un outil de détection d’intelligence artificielle dénommé Ai or not, cet outil nous a révélé que l’image a probablement été générée par une intelligence artificielle (IA).

Source: Capture d’écran des résultats de Ai or not

Pour plus de précision nous avons interrogé l’outil undetectable IA qui a donné comme résultat que l’image a probablement été générée par IA avec seulement 1% d’image réelle.

Undetectable IA a une fonctionnalité intégrée dénommée Truthscan qui livre des résultats plus détaillés. Selon cette fonctionnalité l’image que nous vérifions est générée par l’intelligence artificielle à une proportion de 99%.

Source: Capture d’écran collage de Undetectable IA et sa fonction Truthscan

 Il convient de souligner que cette publication survient seulement quatre jours après la tentative de coup d’Etat avorté du 07 décembre 2025, menée par un groupe de militaire se faisant appelé Conseil Militaire pour la Refondation, dont l’objectif était de renverser le Président en exercice Patrice Talon.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

 L’image prétendant montrer le Président béninois Patrice Talon ligoté entre quatre murs a été générée par l’intelligence artificielle à une proportion de 99%. Elle a été publiée dans le but de tromper les internautes.

 CONSEILS AUX LECTEURS

  • Avoir un sens élevé de l’observation
  • S’informer à travers les canaux officiels
  • Ne pas relayer les informations de sources douteuses
  • Signaler et dénoncer les auteurs des fausses informations aux autorités compétentes
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Fact-checking Politique & Gouvernance

Une fausse information sur les réseaux sociaux indique que le Président du Bénin Patrice Talon a quitté urgemment son pays pour se réfugier au Nigéria, suite à la tentative de coup d’État du 07 décembre 2025

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, la publication prétendant que le Président de la République du Bénin Patrice Talon a quitté son pays pour se réfugier au Nigéria est fausse.

Il n’existe aucune information officielle sur un éventuel départ du président béninois, et plusieurs apparitions du président Talon à la télévision prouvent qu’il n’a pas quitté le Bénin après la tentative de coup d’État.

Par Victoire Kouamé 

FAIT

Une publication postée sur la page Facebook ILYass du Faso,  le 08 décembre 2025 prétend que le président de la république du Bénin, Patrice Talon a quitté son pays pour se réfugier au Nigeria, suite aux événements survenus au Bénin dimanche 07 Décembre 2025.

ANALYSE

Cette publication parue sur la Facebook ILYass du Faso dit en substance que Patrice Talon a quitté urgemment le Bénin pour se réfugier au Nigéria.

Elle a suscité de nombreux engagements et réactions, cumulant plus de milles mentions “j’aime”, une centaine de commentaires et 49 partages.

Cette publication est intervenue dans un contexte où le Bénin a subi une tentative de coup d’Etat le dimanche 07 décembre 2025.

Capture d’écran de la publication avec quelques commentaires

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie) 

Nous avons vérifié l’existence d’une information officielle évoquant un éventuel départ du président béninois Patrice Talon vers le Nigéria pour s’y réfugier. Aucune source officielle n’en fait mention.

De même, aucun média local, régional ou international tel que Jeune Afrique, France 24 n’a rapporté une quelconque fuite du chef de l’État béninois vers le Nigéria.

À titre de comparaison, ces mêmes médias avaient clairement indiqué le lieu de refuge du président Sissoko Umaro Embaló après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025 en Guinée-Bissau, dans des articles consultables ici  et ici.

Aussi, au soir du 07 décembre 2025, le président Patrice Talon s’est adressé au peuple béninois au sujet du coup d’Etat manqué lors du journal télévisé de 20 Heures retransmis sur la page Facebook de la télévision Nationale du Bénin, Bénin TV-SRTV.

72 heures après,le mercredi 10 décembre 2025, le président Patrice Talon a reçu une délégation de l’armée nigériane venue soutenir les Forces armées béninoises contre les mutins. Cette rencontre a fait l’objet d’un reportage sur la chaîne nationale béninoise.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant que le Président du Bénin Patrice Talon a quitté urgemment son pays pour se réfugier au Nigéria suite au coup d’Etat manqué du dimanche 7 décembre 2025 est fausse. Elle a été distillée pour créer la psychose et désinformer les internautes.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • S’informer uniquement sur les canaux officiels
  • Ne pas relayer les informations douteuses
  • Dénoncer et signaler les auteurs des comptes qui distillent les fausses nouvelles
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Fact-checking Politique & Gouvernance Sécurité & Criminalité

Un faux communiqué attribué à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) annonçant les obsèques du général Chérif Ousmane circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, aucun communiqué officiel n’a été publié par la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne(RTI) sur des prétendus obsèques du général Chérif Ousmane. Les vérifications sur la page Facebook de la RTI et la récente apparition publique du général Chérif Ousmane prouvent que cette information est fausse.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une publication postée le 09 août 2025 sur Facebook prétend montrer un communiqué émanant de la RTI qui donne l’information des obsèques du général Chérif Ousmane à l’opinion publique.

ANALYSE

Cette publication postée sur la page Facebook dénommée IlYass du Faso s’énonce comme suit: Urgent: RTI vient de confirmer la mort ce Chérif Ousmane avec en commentaire la capture d’écran d’un communiqué avec le logo de la RTI info, la page d’information du groupe RTI.

Cette publication a suscité bon nombre d’engagement et de réactions cumulant plus d’un millier de mentions “j’aime”, plus de 200 commentaires et une quarantaine de partages.

Elle a été reprise par d’autres  pages Facebook notamment la page Facebook le digne fils du Faso.

Capture d’écran de la publication

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons entrepris des recherches sur les canaux digitaux de la RTI notamment sur page Facebook Rti , Rti 1et Rti info, nous n’avons trouvé aucun communiqué relatif aux obsèques de Chérif Ousmane.

Nous avons ensuite utilisé l’outil Fotoforensics pour vérifier l’authenticité de la page de la Rti d’où provient le communiqué. L’outil nous a révélé que la page à subi un montage notamment sur le logo du média.

Capture d’écran de l’outil Fotoforensics

Enfin , à l’occasion de la fête patronale du Groupement Ministériel des Moyens Généraux (GMMG) qui s’est tenu le mercredi 10 décembre 2025 au Ministère de la Défense à Abidjan-Plateau, le général Chérif Ousmane était présent. Une publication  sur la page Facebook  Rti info montre une image du général présent à cette fête. Plusieurs autres vidéos le montrant à cette fête ont été publiées sur des pages Facebook notamment ici et ici.

Notons qu’une rumeur persistante sur le décès de ce général avait été largement relayée sur les réseaux et plusieurs fois démentie par les autorités notamment par l’ Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) sur la page Alertes 100.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant montrer un communiqué émanant de la page Facebook de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) sur l’annonce des obsèques du général Chérif Ousmane est fausse. Elle a été publiée dans le but de manipuler l’opinion publique et de crédibiliser une rumeur persistante sur le décès du général Chérif Ousmane.

 CONSEILS AUX LECTEURS

  • Se fier uniquement aux informations de sources officielles
  • Ne pas se fier aux logos des structures et institution pour croire aux informations car ils peuvent être manipulés
  • Ne pas relayer les informations douteuses et dénoncer les auteurs auprès des autorités compétentes
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Fact-checking Politique & Gouvernance

Une fausse information au sujet de l’arrestation en France de David Ouattara, fils aîné du président ivoirien, circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, La publication prétendant que le fils aîné du Président ivoirien, Alassane Ouattara, a été arrêté en France en possession d’une somme colossale de sept milliards de francs CFA est fausse. Aucune source médiatique crédible ne corrobore cette information et les autorités compétentes confirment que cette information est fausse et relève d’une pure fabrication.

Par Fabrice Konandri

FAIT

Une publication circule sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, affirmant que le fils aîné du Président ivoirien, Alassane Ouattara, aurait été arrêté en France en possession d’une somme colossale de sept milliards de francs CFA.

ANALYSE

Cette publication devenue virale sur Tiktok a été diffusée par une page dénommée flash.info39, ayant plus de 19 000 followers.

Selon la vidéo publiée le 24 novembre  2025, le fils du président Alassane Ouattara a été arrêté en possession d’une somme de sept milliards de francs CFA pour faire un dépôt et serait entre les mains des autorités françaises.

Source: Capture d’écran de la publication

Cette publication a généré près de 18 600 ‘’j’aime’’, 303 commentaires, 1372 sauvegardes  et 4628 partages.

Cette publication fait suite à une rumeur ayant visé le premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, au sujet d’une supposée arrestation en France en possession d’une somme de 8 milliards de francs CFA”. L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a démenti cette rumeur, à travers sa page Alertes 100

Capture d’écran du démenti de l’ANSSI

Cette publication s’inscrit dans un schéma récurrent de désinformation politique visant à déstabiliser ou à discréditer les personnalités publiques et leur entourage. Les rumeurs portant sur des fortunes cachées, des arrestations secrètes et des sommes d’argent faramineuses sont des thèmes récurrents dans les infox qui circulent sur les plateformes moins régulées comme TikTok.

Aussi, la diffusion de rumeurs ciblées sur des membres de la famille présidentielle est une tactique courante des faussaires pour garantir la viralité du contenu.

VÉRIFICATIONS DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons d’abord entrepris des recherches sur Google via les mots clés : “ Arrestation en France du fils d’Alassane Ouattara en possession de 7 milliards ”, nous n’avons trouvé aucun résultat.

Ensuite, nous avons effectué des recherches sur les agences de presse et médias internationaux tels que AFP, Reuters, Le Monde, France 24, RFI, aucun d’eux n’a traité cette information.

Aussi, suite à nos recherches en ligne, aucune plateforme d’information ivoirienne de référence n’a publié ou relayé cette information. De plus, ni la Présidence ivoirienne, ni le ministère de l’Intérieur français, ni les services de police ou de justice français n’ont confirmé une telle arrestation ou saisie de fonds.

Contacté, la plateforme Alerte 100, centre technique de fact-checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (Anssi), a affirmé que cette publication est une fake news.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication  prétendant que  le fils d’Alassane Ouattara aurait été arrêté en France avec 7 milliards de F CFA est fausse. Elle ne repose sur aucun élément factuel vérifiable ni aucune source fiable. D’aileurs, la plateforme Alerte 100, engagée dans la lutte contre les fausses nouvelles a formellement démenti cette information. Cette publication est une information montée de toutes pièces visant à manipuler et à désinformer l’opinion publique.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne jamais partager une information sans vérifier
  • Informez-vous toujours auprès des sources crédibles.
  • Se fier uniquement aux informations de sources officielles
  • Signaler et dénoncer les auteurs de cette fausse information aux autorités compétentes
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Fact-checking Politique & Gouvernance

Une vidéo du Président ivoirien Alassane Ouattara, sortie de son contexte, annonce l’envoi imminent d’une force d’intervention militaire de la CEDEAO en Guinée Bissau pour rétablir le président déchu Emballo Cissoko

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Cette vidéo qui prétend que le Président de la République de  Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara annonce l’envoi imminent de soldats  de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en Guinée Bissau est hors contexte. Il s’agit d’une vidéo, diffusée le 10 août 2023, intervenant dans un contexte où l’ancien président du Niger Mohamed Bazoum venait d’être renversé à la suite d’un coup de force militaire.

Par Abou Adams

FAIT

Dans une vidéo publiée sur le réseau social Tiktok, le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, annonce une décision des membres  de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’envoyer une force d’intervention militaire en Guinée Bissau pour réinstaller à la tête du pays le président Embalo Sissoko, renversé par un coup d’Etat le 26 novembre 2025.

ANALYSE

Cette vidéo de 48 secondes diffusée sur Paris Fenix TV, montre le président ivoirien  faisant une déclaration. Dans cette déclaration, il affirme que la CEDEAO a décidé d’activer sa force d’intervention et de la déployer pour rétablir l’ordre constitutionnel. On l’entend également dire qu’il a déjà donné des instructions au Chef d’Etat major de l’armée ivoirienne, pour qu’il mobilise les troupes afin que la Côte d’Ivoire envoie un bataillon pour participer à cette mission.

L’auteur de la vidéo a pris le soin d’intégrer la capture d’écran d’un post de l’avatar Chris qui s’énonce comme suit :”Coup d’Etat en Guinée Bissau: Alassane  Ouattara  le vieux grigou va-t-il envoyer la force en attente ou anti-coup d’état pour sauver son fils Embalo, ce voyou déguisé en chef d’Etat? À lire sous peu.Chris Yapi ne ment pas”.

Capture d’écran de la vidéo

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Grâce à une recherche d’images inversée sur Google Lens, nous avons trouvé que  cette vidéo a été extraite d’une autre vidéo réalisée au lendemain du coup d’Etat au Niger en août 2023.

Pour trouver des éléments de contexte à cette vidéo, nous avons effectué une recherche sur Google à partir des mots clés: Alassane Ouattara annonce l’envoi d’un bataillon militaire de la CEDEAO. Nous avons retrouvé la vidéo originelle  qui montre plutôt une  déclaration faite par le Président Alassane Ouattara le jeudi 10 août 2023, sur la situation politique du Niger, après le coup de force qui venait de renverser l’ancien président Mohamed Bazoum.

Dans sa déclaration officielle postée sur la page Facebook de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire de , le président Alassane Ouattara avait effectivement annoncé que les chefs d’Etat avaient décidé d’actionner la force d’attente de la CEDEAO au Niger pour rétablir le Président Bazoum dans ses fonctions.

Capture d’écran de la déclaration du Président de la République, Alassane Ouattara.

Nous avons aussi entrepris des recherches sur la page officielle de la CEDEAO et nous n’avons trouvé , aucun communiqué officiel  relatif  à l’envoi d’une force militaire en Guinée Bissau.

Les Chefs d’Etat de la CEDEAO ont plutôt eu une réunion de crise en ligne pour plancher sur la situation. A l’issue de cette réunion, ils ont condamné par voie de communiqué ce coup de force et demandé au militaire qui venait de prendre le contrôle du pays de laisser le processus électoral qui était à la phase de la proclamation des résultats suivre son cours.

Par ailleurs, des indications sur la vidéo, notamment la capture d’écran de l’avatar Chris Yapi, les émoticônes et les rires en fond sonores,   montrent bien qu’il s’agit d’une spéculation sur les intentions du président ivoirien face à la situation préoccupante de la Guinée Bissau et non une information fiable.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Après les différentes vérifications, la vidéo prétendant que le Président Alassane Ouattara a annoncé l’envoie d’une force d’intervention militaire de la CEDEAO en Guinée Bissau est hors contexte . La vidéo a été sortie de son contexte pour manipuler l’opinion.

L’annonce de cette intervention militaire de la CEDEAO, relatée dans cette vidéo, n’a donc pas été faite à l’occasion du coup d’Etat que vient de connaître la Guinée Bissau.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne pas relayer pas les informations à caractère douteux
  • Se Référer uniquement aux informations de sources officielles sur les canaux officiels
  • Signaler les publications mensongères et leurs auteurs