Présidentielle ivoirienne de 2025 : comprendre le parrainage

À l’approche de la présidentielle du 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire, les candidats doivent recueillir des parrainages citoyens entre le 1er juillet et le 26 août. Cette étape du processus électoral vise à garantir que les prétendants à la magistrature suprême disposent d’un ancrage territorial significatif. Explications.

Par Valdez Onanina, Africa Check


Le parrainage n’est pas une nouveauté dans l’histoire électorale ivoirienne. Il a été introduit pour la première fois en 1994, et appliqué lors de l’élection présidentielle de 1995. Toutefois, ce mécanisme a été supprimé en 2000, avant d’être réintroduit en 2020.


Avant d’atteindre l’étape cruciale du parrainage citoyen, le processus électoral de la présidentielle ivoirienne de 2025 a déjà franchi plusieurs étapes. La Commission électorale indépendante (CEI) a supervisé l’actualisation et la publication de la liste électorale définitive qui compte à peu près 8,7 millions d’électeurs inscrits sur environ 32 millions d’habitants que compte le pays.


Le parrainage électoral est une caution donnée ou accordée par des élus ou par des citoyens à une personne afin de lui permettre d’être candidate à une élection. Cette caution est matérialisée par une signature. En Côte d’Ivoire, le mode de parrainage retenu est le parrainage citoyen, c’est à dire celui donné par des électeurs, à l’exclusion du parrainage par des élus, explique la CEI qui précise que « le parrainage ne concerne que l’élection du Président de la République ».
D’après la CEI, le parrainage citoyen constitue « un élément particulier de recevabilité de la candidature à l’élection du Président de la République ». Ce mécanisme poursuit plusieurs objectifs essentiels : « limiter les candidatures fantaisistes, autoriser la participation à l’élection présidentielle des candidats disposant d’une implantation ou une assise nationale ».


Cadre juridique et critères d’éligibilité du parrainage citoyen


Le parrainage citoyen pour l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire repose sur plusieurs articles du Code électoral ivoirien en vigueur (ordonnance n° 2020-356 du 08 avril 2020 portant révision du code électoral, NDLR). Il s’agit des articles 25, 51, 53, 54 et 56  qui encadrent les conditions de recevabilité des candidatures, en précisant que tout candidat doit être soutenu par une liste d’électeurs représentant au moins 1 % de l’électorat local dans 50 % des régions ou districts autonomes, soit au minimum 17 entités territoriales. En 2025, la Côte d’Ivoire est organisée en 12 districts ordinaires et deux districts autonomes – Abidjan et Yamoussoukro – qui ne sont pas divisés en régions. Les districts ordinaires sont divisés en 31 régions. Chaque région constitue une entité administrative et une collectivité territoriale, dotée d’un chef-lieu et d’un conseil régional.

© Commission électorale indépendante (2025)

L’article 25 de la loi électorale ivoirienne définit les conditions générales d’éligibilité, tandis que les articles 51 à 56 détaillent les modalités de déclaration de candidature, les pièces justificatives à fournir, et les exigences liées au parrainage.

En clair, avant de recueillir des parrainages, un candidat doit d’abord satisfaire à une série de conditions légales qui encadrent son éligibilité : être de nationalité ivoirienne, être âgé d’au moins 35 ans, être inscrit sur la liste électorale et jouir pleinement de ses droits civils et politiques. Cette étape préalable vise notamment à garantir que seuls les citoyens enregistrés pourront participer au scrutin. Ce n’est qu’une fois cette validation institutionnelle obtenue que les candidats sont autorisés à entamer la collecte des parrainages, prévue entre le 1er juillet et le 26 août 2025, en vue du dépôt officiel de leur candidature.

Le décret n°2025-494 du 18 juin 2025 fixe les modalités d’organisation de la collecte des signatures pour le parrainage en vue de l’élection présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. Ce texte précise les conditions techniques, humaines et logistiques du parrainage citoyen dans le cadre de la présidentielle prévue le 25 octobre 2025. On note notamment (Article 7) qu’« un électeur ne peut parrainer qu’un candidat. Conformément au Code électoral, la collecte des parrainages est interdite dans les cantonnements militaires, paramilitaires, dans les services militaires, paramilitaires, ainsi que dans les établissements de santé ».

En outre, la collecte s’effectue exclusivement sur la base de la liste électorale définitive de 2025. Chaque candidat doit désigner un coordonnateur central, électeur lui-même, chargé de superviser l’opération et d’assurer l’interface avec la CEI. À l’échelle régionale et dans les districts autonomes d’Abidjan et Yamoussoukro, des collecteurs sont mandatés pour coordonner la collecte locale. Le décret encadre également les outils utilisés (kits numériques, formulaires papier, fichiers Excel), les responsabilités des acteurs, les délais de transmission, ainsi que les frais à la charge des candidats, à l’exception des kits fournis par la CEI. Le guide du parrainage produit et publié par la CEI en vue de cette élection fournit des informations détaillées sur les notions et les modalités de ce parrainage.

Le Conseil constitutionnel est l’organe garant de la régularité du processus présidentiel en Côte d’Ivoire. Il reçoit les dossiers de candidature, vérifie la conformité des pièces, notamment les parrainages citoyens, et établit la liste définitive des candidats. En cas de contestation, il tranche en dernier ressort, assurant ainsi le respect des règles constitutionnelles et électorales.

Organisation pratique de la collecte des parrainages pour la présidentielle 2025


Le calendrier de la collecte des parrainages est fixé par la CEI. Cette période offre aux candidats une fenêtre de 57 jours pour réunir les signatures requises, conformément aux exigences du Code électoral. L’opération s’appuie sur la liste électorale définitive en vue de garantir que chaque parrainage provient d’un citoyen inscrit et éligible, conformément aux dispositions de l’article 2 du décret n°2025-494 du 18 juin 2025 fixant les modalités d’organisation de la collecte des signatures pour le parrainage en vue de l’élection présidentielle ivoirienne d’octobre 2025.

Des hommes cherchent leurs noms sur les listes électorales, ici le 18 mars 2025 à Abidjan, pour l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. © Sia Kambou / AFP

Chaque candidat désigne un coordinateur central chargé de superviser la collecte et d’assurer la liaison avec la CEI. À l’échelle régionale et des districts autonomes, des collecteurs sont mobilisés pour coordonner les opérations sur le terrain. Ils sont eux-mêmes appuyés par des collecteurs délégués locaux, répartis dans les communes, sous-préfectures et villages. Tous ces acteurs doivent impérativement être inscrits sur la liste électorale dans la zone où ils interviennent, afin de garantir leur légitimité et leur connaissance du terrain.


La CEI a introduit l’utilisation de kits numériques biométriques. Chaque candidat à la candidature reçoit une centaine de kits, composés de tablettes permettant l’enregistrement sécurisé des données des électeurs (empreintes digitales, photo, signature). Dans les zones où la connectivité est limitée ou inexistante, des fichiers Excel sont utilisés comme solution alternative, et des formulaires papier sont prévus en cas de panne ou d’enclavement. « Sur la liste des électeurs parrainant un candidat à la candidature à l’élection du Président de la République, il est indiqué, pour chaque électeur parrain, son numéro d’électeur, ses nom, prénoms, date et lieu de naissance, la région ou le district autonome d’inscription, le numéro de sa carte d’électeur ou les références de toute pièce ayant servi au recensement électoral et sa signature », peut-on lire à l’article 9 du décret n°2025-494 du 18 juin 2025 fixant les modalités d’organisation de la collecte des signatures pour le parrainage en vue de ce scrutin.


De même source, les registres de collecte de parrainage en format papier du candidat à la candidature à l’élection du Président de la République, le fichier Excel consolidé de ses parrainages non authentifiés par la biométrie, ainsi que les kits ayant servi pour le recueil des parrainages, sont déposés au Secrétariat Permanent de la Commission Electorale Indépendante, avec l’ensemble du dossier de candidature.


La CEI réceptionne les dossiers une fois la collecte achevée, puis les transmet au Conseil constitutionnel. C’est le Conseil constitutionnel qui procède à la vérification des parrainages, en s’assurant de leur authenticité, de leur unicité et du respect du quota requis.


Par exemple, en cas de double parrainage, seul le premier parrainage enregistré est retenu, et les suivants sont annulés sans possibilité de régularisation. De même, les parrainages recueillis dans des lieux interdits, tels que les casernes ou les établissements hospitaliers, sont automatiquement rejetés, d’après la loi.

Cet article a été réalisé par Africa Check, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : une coalition d’acteurs de l’information s’engage pour l’intégrité de l’information

Abidjan, le 12 juillet 2025 – Dans un contexte de montée des discours de haine et de la désinformation en ligne à l’approche de l’élection présidentielle ivoirienne, des organisations de la société civile et des médias spécialisés annoncent la création de la coalition pour l’intégrité de l’information en Côte d’Ivoire dans le cadre de la présidentielle prévue en octobre 2025. Cette initiative stratégique est mise en œuvre sous le leadership éditorial d’Africa Check, avec pour objectif de garantir un accès fiable à l’information pendant cette période électorale cruciale.

Baptisée « Coalition Anti Dohi« , cette initiative réunit des médias ivoiriens spécialisés dans la vérification des faits – Abidjan Fact Check, Le Média Citoyen, la Cellule Anti Fake News (AFIN), Eburnie Today, et Ivoire Check (Repprelci) – ainsi que quatre organisations de la société civile : Ovillage, Amazoon du Web, Wikimedia Côte d’Ivoire et Les Bénévoles de l’EMI. Ensemble, ces entités s’engagent à produire plus d’une centaine de contenus éditoriaux et audiovisuels – articles, fiches, vidéos explicatives – afin de prévenir les dérives informationnelles, tout en renforçant l’esprit critique des citoyens.

« Ce travail de veille, de pédagogie et de collaboration est une réponse directe à une menace bien réelle. Dans le tumulte électoral, la désinformation fragilise nos institutions, polarise les débats et érode la confiance. En tant qu’acteurs de l’information, nous avons le devoir d’agir. En Côte d’Ivoire, comme ailleurs, la démocratie ne tient que si l’on en défend les fondements : l’intégrité, la transparence et le droit de chacun à une information fiable. », souligne Valdez Onanina, rédacteur en chef du bureau francophone d’Africa Check.

La coalition est soutenue par le projet « Renforcer la Fiabilité de l’Information en Afrique » co-financé par le Ministère allemand de la Coopération Économique et du Développement (BMZ) et l’Union Européenne, et mis en œuvre par la GIZ en coopération avec le Ministère de la Communication de Côte d’Ivoire. Le projet soutient une diversité d’acteurs des médias et respecte l’indépendance journalistique et la souveraineté des acteurs. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la coalition.

Lancée officiellement ce 12 juillet, l’initiative se déploiera jusqu’en décembre 2025, selon une méthodologie collaborative. Un rapport final d’analyse permettra de dresser un état des lieux de la désinformation électorale et de formuler des recommandations concrètes pour préserver l’intégrité du débat public en Côte d’Ivoire.

Contact : coalitionantidohi@gmail.com

Blogueur, influenceur, activiste : Mieux comprendre ces profils numériques en Côte d’Ivoire

(Et pourquoi leur rôle est essentiel dans la lutte contre la désinformation)

Pourquoi faut-il clarifier les rôles ?

En Côte d’Ivoire, les termes blogueur, influenceur et activiste sont souvent confondus. Pourtant, ces profils jouent des rôles différents et complémentaires dans l’espace numérique. La montée en puissance des influenceurs à polémique a entaché l’image globale de ceux qui créent du contenu de manière constructive. Il est donc urgent de clarifier ces notions pour réhabiliter les créateurs positifs — et surtout, comprendre leur rôle dans un combat central aujourd’hui : la lutte contre la désinformation.

Le blogueur : un créateur de contenu à vocation informative ou éducative

Un blogueur publie du contenu régulier autour de sujets variés : éducation, citoyenneté, entrepreneuriat, environnement, culture, etc. Il agit comme passeur de savoir, souvent avec rigueur et documentation. Il agit généralement avec un regard critique, un souci de fond et une démarche éditoriale construite.

Objectif : Informer, documenter, éduquer — et parfois corriger les fausses idées circulant en ligne.

Blogueur = premier rempart contre la désinformation, car il s’appuie sur des sources, des faits, des analyses.


> Exemples : un blog sur les droits des femmes, sur l’entrepreneuriat local ou sur l’environnement urbain à Abidjan.


L’influenceur : celui ou celle qui agit sur les comportements

Entre audience et responsabilité

L’influenceur, quant à lui, est une personne qui a acquis une large communauté sur les réseaux sociaux (Instagram, Facebook, TikTok…) et qui peut influencer les comportements ou les opinions de ses abonnés. Il peut promouvoir des produits, des styles de vie ou des causes.

L’influenceur peut modeler les opinions et les comportements. Il est donc en première ligne face à la propagation de fake news, qu’il relaie parfois par ignorance, sensationnalisme ou effet de buzz.

Mais à l’inverse, certains influenceurs engagés participent activement à la diffusion d’informations vérifiées, à des campagnes citoyennes ou de santé publique.

Mais en Côte d’Ivoire, cette catégorie est souvent associée à :

– des polémiques publiques (insultes, clashs, fake news),

– des buzz artificiels pour gagner en visibilité,

– des contenus superficiels ou provocateurs.

Or, tous les influenceurs ne sont pas dans cette logique. Certains promeuvent la lecture, l’artisanat, la santé mentale, l’entrepreneuriat… avec professionnalisme et impact positif.

Objectif : Mobiliser, divertir, vendre, inspirer… selon les cas.

Risque : Lorsque l’éthique est absente, l’influence devient un levier de désinformation massive.

L’activiste numérique : le militant du web

Entre mobilisation et vigilance

L’activiste agit pour des causes : droits humains, transparence, égalité, etc. Son rôle est essentiel, mais il peut aussi tomber dans la surinterprétation, l’émotion ou la manipulation, ce qui alimente des désinformations ciblées.

Objectif : Dénoncer, éveiller les consciences, alerter.
Encas de dérive, un activisme mal encadré peut nourrir des discours anxiogènes, sensationnalistes ou partiaux.

> Exemple : un activiste peut dénoncer des cas de déguerpissements illégaux, militer pour les droits des personnes handicapées, ou demander plus de transparence dans la gouvernance.

Où se situe le malentendu en Côte d’Ivoire ?

Ces dernières années, certains influenceurs ivoiriens — très visibles — se sont illustrés par des comportements outranciers, des propos violents ou des vidéos dégradantes. Cela a conduit une partie de la population à assimiler tous les créateurs de contenu à ces dérives.

Résultat : les blogueurs sérieux, les activistes responsables et les influenceurs positifs souffrent de cette confusion.
Pire encore, cela freine parfois leur accès à des financements, des partenariats ou leur reconnaissance dans les médias et institutions.

La désinformation : un défi majeur pour tous

En Côte d’Ivoire, comme ailleurs, la prolifération des fake news sur les réseaux sociaux menace :

– la cohésion sociale (rumeurs communautaires, fausses alertes),

– la démocratie (intox pendant les élections),

– la santé publique (désinformation sur les vaccins ou les pandémies),

– la crédibilité des médias et des institutions.

Face à cela, les blogueurs, influenceurs et activistes responsables ont un rôle déterminant à jouer. Ils peuvent :

– corriger les fausses informations,

– éduquer leur audience à l’esprit critique,

– rediriger vers des sources fiables,

– refuser de relayer sans vérifier.

Que dit la loi ?

La loi n°2022-979 considère que tout créateur de contenu dépassant 25 000 abonnés est un acteur de la communication audiovisuelle. 

– les propos haineux,

– les intox,

– les contenus trompeurs ou non sourcés.

Il peut être sanctionné si ses propos mettent en danger l’ordre public ou la paix sociale.                   À ce stade, ils sont soumis aux mêmes règles que les médias traditionnels :

– ne pas inciter à la haine,

– respecter la vie privée,

– protéger les mineurs,

– préserver la paix sociale.

Cette loi vise à encadrer sans censurer, mais elle appelle aussi les créateurs de contenu à une prise de responsabilité.


Valorisons les créateurs engagés

Heureusement, la Côte d’Ivoire regorge de blogueurs et influenceurs engagés dans la vérification des faits, l’éducation aux médias et la formation numérique.

Exemples d’initiatives positives :

– Formations au fact-checking,

– Création de chartes de bonne conduite (comme celle signée avec la HACA),

– Réseaux de sentinelles du numérique dans les communautés. 

En tant que citoyens du numérique, nous avons un rôle à jouer pour :

– faire la différence entre contenu toxique et contenu utile,

– soutenir les blogueurs et influenceurs qui apportent de la valeur,

– encourager l’éthique et la déontologie sur les plateformes.


Les créateurs de contenu ivoiriens peuvent être de puissants agents de changement, passeurs de savoir, accélérateurs de développement. À condition qu’on ne les enferme pas tous dans les mêmes cases.

En conclusion

La lutte contre la désinformation est l’un des plus grands défis de notre ère numérique. Elle ne peut être menée efficacement sans l’implication des créateurs de contenu.                                                                     Cela suppose :

– que le public fasse la différence entre influence toxique et engagement sincère,

– que les institutions soutiennent les créateurs responsables,

– que ces derniers s’engagent dans une démarche éthique, constructive et éducative.

Les blogueurs, influenceurs et activistes ne sont pas les ennemis du numérique. Ils en sont les gardiens potentiels — à condition d’être formés, responsabilisés et soutenus.

Il est temps de déconstruire les stéréotypes : tous les influenceurs ne sont pas polémiques, et tous les blogueurs ne font pas du « buzz ». L’univers numérique est riche, divers, et prometteur.

👉 Aux institutions : accompagnez les créateurs au lieu de les stigmatiser.
👉 Aux citoyens : suivez, partagez, encouragez les voix utiles.
👉 Aux créateurs eux-mêmes : portez haut les standards d’éthique et d’exemplarité.

Arnaques financières en ligne : une menace qui pèse sur les économies africaines

Par Esaïe EDOH

Le développement rapide de la digitalisation en Afrique n’est pas sans conséquences. Il s’accompagne de la prolifération des arnaques financières en ligne, favorisées par une vulnérabilité numérique d’une population en quête d’opportunités économiques, mais souvent mal outillée pour vérifier l’information [ajouter lien vers une étude sur la littératie numérique en Afrique].

Cette forme d’escroquerie prend des formes variées et cible de plus en plus les jeunes, les petites entreprises et les investisseurs inexpérimentés.

L’essor numérique : entre promesses et périls

L’Afrique est aujourd’hui l’un des continents où la croissance de l’accès à Internet est la plus rapide. Selon l’Union internationale des télécommunications, plus de 570 millions d’Africains ont désormais accès à Internet, un chiffre qui continue de progresser
Cet essor, porteur d’espoirs en matière d’éducation numérique, de commerce et d’innovation, expose aussi une large part de la population à des pratiques frauduleuses de plus en plus sophistiquées.

Des formes d’arnaques en pleine mutation

Les arnaques financières en ligne se présentent sous diverses formes : promesses d’investissement à rendement garanti, plateformes de trading fictives, ventes pyramidales déguisées, crypto-monnaies sans fondement, faux prêts bancaires, usurpations d’identité bancaire.

Dans tous les cas, le principe est le même : appâter la victime avec des promesses de gains faciles, puis disparaître une fois les fonds transférés.

Des promesses de richesse rapide qui séduisent

Leur succès repose sur une réalité socio-économique bien connue : taux de chômage élevé, dominance du secteur informel, accès limité au financement. Dans ce contexte, les promesses de gains élevés en peu de temps trouvent une oreille attentive.

De nombreux jeunes diplômés sans emploi tombent dans le piège d’un « investissement miracle » promu via les réseaux sociaux par des influenceurs ou de faux experts en finance.

Des campagnes marketing bien rodées

Ces plateformes frauduleuses imitent les sites des institutions financières, affichent de faux témoignages et diffusent des vidéos mettant en scène des Africains soi-disant devenus riches en quelques semaines. En réalité, il s’agit de montages frauduleux hébergés à l’étranger, inaccessibles dès que les fonds sont encaissés.

Une coopération encore trop faible

Les autorités africaines sont conscientes du problème mais peinent à suivre le rythme de l’innovation frauduleuse. Le manque de régulation spécifique et de coordination entre pays entrave la lutte.

Certains États ont mis en place des cellules de lutte contre la cybercriminalité
et lancé des campagnes de sensibilisation. Mais ces initiatives peinent à toucher les zones rurales et les populations peu alphabétisées.

Le rôle ambivalent des influenceurs et réseaux sociaux

Facebook, WhatsApp, Instagram, TikTok… Ces réseaux sont devenus les canaux de diffusion privilégiés des arnaques. Des influenceurs – parfois complices, parfois dupes – relaient sans vérification les messages de ces fraudeurs.

Malgré les appels à la modération des contenus liés à l’investissement, les grandes plateformes tardent à réagir sans cadre législatif contraignant.

La lutte contre les fake news comme levier d’action

Pour inverser la tendance, il est urgent de :

1. Renforcer l’éducation numérique et la culture de vérification de l’information.

2. Opérationnaliser des structures de fact-checking locales, à l’image de la Cellule Anti Fake News, pour vérifier les promesses suspectes.

3. Outiller les régulateurs à surveiller les plateformes suspectes et coopérer avec les acteurs du numérique à l’échelle nationale et internationale.

Conclusion

Face à la montée des arnaques financières en ligne, la prévention et l’éducation aux médias doivent devenir des priorités. Car c’est en outillant les citoyens que l’on protégera durablement les économies africaines contre ces pratiques frauduleuses.

La diffusion de faux sondages : une technique pour influencer l’opinion publique

En période électorale, les sondages représentent des indicateurs majeurs dans la compréhension des dynamiques politiques. Ils orientent les choix stratégiques des partis, influencent les médias et, surtout, façonnent l’opinion publique. Mais que se passe-t-il lorsque ces sondages sont manipulés ou totalement inventés ? La réponse est simple : la démocratie s’en trouve affaiblie.

Des chiffres trompeurs pour créer une fausse réalité

Les faux sondages sont souvent publiés sur les réseaux sociaux ou diffusés via des plateformes peu fiables. Ils sont généralement accompagnés de logos officiels ou de graphiques qui leur donnent une apparence crédible. Leur but est clair : faire croire à la population qu’un candidat est largement favori, qu’un autre est en chute libre, ou qu’un troisième n’a aucune chance. Cela peut entraîner un phénomène psychologique connu sous le nom de biais de conformité, où les électeurs finissent par soutenir celui qu’ils perçoivent comme le « gagnant probable ».

Une stratégie de manipulation politique

Certains acteurs politiques utilisent délibérément ces faux sondages pour semer le doute, orienter les débats publics et déstabiliser leurs adversaires. C’est une technique de désinformation bien rodée, qui joue sur les émotions et l’ignorance de certains électeurs face aux mécanismes des enquêtes d’opinion. En manipulant les chiffres, on manipule aussi les esprits.

Les faux sondages électoraux sont devenus un outil de manipulation politique en Afrique, visant à influencer l’opinion publique et à semer la confusion. 

Voici quelques exemples récents documentés :

Sénégal – Présidentielle de 2024

En mars 2024, un prétendu sondage attribué à l’institut français OpinionWay a circulé sur les réseaux sociaux, plaçant le candidat Amadou Ba en tête.  Cependant, OpinionWay a démenti avoir réalisé ce sondage, le qualifiant de faux.  Cette désinformation visait à manipuler l’opinion publique en faveur d’un candidat spécifique  .

Un autre faux sondage, attribué à un institut inexistant, a été diffusé en faveur du candidat Bassirou Diomaye Faye.  Selon Africa Check, cette publication provenait d’un compte lié à une opération de propagande associée au groupe Wagner  .

Cameroun – Présidentielle de 2025

En avril 2025, un sondage prétendument réalisé par la plateforme française Politic Data a été partagé sur les réseaux sociaux, plaçant le parti au pouvoir, le RDPC, en tête avec 65 % des intentions de vote.  L’Union Démocratique du Cameroun (UDC) a dénoncé ce sondage comme étant faux, soulignant qu’il n’avait aucune base méthodologique et visait à influencer l’opinion publique  .


Comores – Élections de 2024

Aux Comores, en janvier 2024, une prolifération de faux sondages a été observée sur les réseaux sociaux, émanant des partisans de divers candidats, dont le président sortant Azali Assoumani.  Ces sondages, sans fondement réel, visaient à tromper l’opinion publique et à influencer les perceptions internationales sur le déroulement des élections.

Un danger pour la cohésion sociale et la stabilité du pays

Les conséquences de ces manipulations sont graves : elles alimentent la méfiance envers les institutions, provoquent des tensions entre groupes politiques ou communautaires, et fragilisent le processus électoral. Dans certains cas, des résultats erronés peuvent même engendrer des protestations violentes après l’annonce des résultats officiels.                            

Manipulation de l’opinion publique : en présentant des résultats fictifs, ces sondages peuvent influencer les intentions de vote.

Démobilisation des électeurs : en créant une impression de victoire inévitable d’un candidat, ils peuvent décourager la participation électorale.

Tensions sociales : en exacerbant les divisions politiques et ethniques, ils peuvent conduire à des conflits post-électoraux.

Comment se protéger contre les faux sondages ?

1. Vérifiez toujours la source : seuls les instituts reconnus et accrédités sont habilités à publier des sondages fiables.


2. Soyez vigilant face aux visuels partagés en ligne : l’apparence professionnelle ne garantit pas l’authenticité.


3. Consultez les méthodologies : un vrai sondage indique toujours l’échantillon, la marge d’erreur et la période de réalisation.


4. Signalez les publications mensongères aux plateformes ou aux organisations de fact-checking.


Conclusion

Les faux sondages ne sont pas de simples erreurs : ce sont des outils délibérés de manipulation de masse. En les dénonçant et en sensibilisant les citoyens, la Cellule Anti Fake News contribue à défendre la vérité, à préserver la paix et à renforcer la démocratie.

Le fact-checking en Côte d’Ivoire : Enjeux et défis

Chaque année, le 2 avril, le monde célèbre la Journée Internationale du Fact-Checking, une occasion de mettre en lumière le rôle essentiel des vérificateurs de faits dans la lutte contre la désinformation. En Côte d’Ivoire, où les fake news prolifèrent sur les réseaux sociaux et dans certains médias, le fact-checking est devenu un levier stratégique pour garantir une information fiable et de qualité. Cependant, cette pratique journalistique essentielle se heurte à plusieurs défis qu’il convient d’examiner.


Pourquoi le fact-checking est crucial en Côte d’Ivoire ?

La montée en puissance du numérique et des plateformes sociales a transformé la manière dont l’information est diffusée et consommée. Si cette évolution a facilité l’accès à l’information, elle a aussi favorisé la propagation rapide des fausses nouvelles, parfois avec des conséquences graves sur la cohésion sociale et la démocratie.

En Côte d’Ivoire, les fake news ont notamment été utilisées pour manipuler l’opinion publique lors des périodes électorales, amplifier des tensions communautaires ou encore diffuser de fausses informations sur des sujets sensibles comme la santé et l’économie. Face à ce phénomène, les journalistes fact-checkers jouent un rôle essentiel en apportant des éléments de vérification basés sur des sources fiables et des méthodes rigoureuses.

Les défis du fact-checking en Côte d’Ivoire

1. Accès limité aux sources officielles

L’un des principaux obstacles rencontrés par les fact-checkers ivoiriens est la difficulté d’accéder à des données officielles fiables et actualisées. Malgré la loi sur l’accès à l’information, plusieurs institutions publiques restent réticentes à fournir des documents ou des statistiques qui permettraient de vérifier des faits contestés.

2. Manque de financement et de formation

Le fact-checking nécessite des ressources humaines et financières importantes pour enquêter, analyser et produire des contenus rigoureux. Or, de nombreuses initiatives locales manquent de soutien, ce qui limite leur capacité à couvrir un large éventail de sujets. Par ailleurs, les formations en fact-checking restent encore insuffisantes, bien que des efforts aient été faits ces dernières années.

3. La viralité des fake news face à la lenteur de la vérification

Les fausses informations se propagent beaucoup plus vite que les corrections apportées par les fact-checkers. Un mécanisme de réponse rapide est donc nécessaire pour limiter l’impact des fake news avant qu’elles ne causent des dommages irréversibles.

4. Résistance du public et influence des réseaux sociaux

Malgré les efforts des fact-checkers, une partie de la population reste méfiante à l’égard des médias traditionnels et des initiatives de vérification des faits. L’influence des leaders d’opinion, influenceurs et groupes partisans sur les réseaux sociaux complique encore plus la tâche, car beaucoup préfèrent croire des contenus sensationnalistes plutôt que des vérifications factuelles.

Quelles solutions pour renforcer le fact-checking en Côte d’Ivoire ?

Pour améliorer l’impact du fact-checking en Côte d’Ivoire, plusieurs actions doivent être envisagées :

Renforcer l’accès aux données publiques : Une meilleure application de la loi sur l’accès à l’information est essentielle pour permettre aux journalistes d’avoir les éléments nécessaires à leurs vérifications.

Développer des formations spécialisées : Intégrer le fact-checking dans les écoles de journalisme et organiser des sessions de renforcement des capacités pour les professionnels des médias.

Éduquer le public aux médias et à l’information : Sensibiliser les citoyens à l’importance de la vérification des faits et à la manière d’identifier les fake news.

Créer des partenariats entre médias, plateformes et institutions : Travailler avec Facebook, WhatsApp et d’autres réseaux sociaux pour limiter la diffusion des fausses nouvelles et donner plus de visibilité aux corrections.

Encourager l’innovation technologique : Développer des outils numériques adaptés au contexte local pour automatiser et accélérer la vérification des faits.

Conclusion

Le fact-checking est aujourd’hui un pilier fondamental du journalisme en Côte d’Ivoire. Face à l’ampleur de la désinformation, il est impératif que les acteurs du secteur – médias, institutions, société civile et citoyens – collaborent pour promouvoir une culture de l’information vérifiée et responsable. En cette Journée Internationale du Fact-Checking, la Cellule Anti Fake News (CAFN) réaffirme son engagement à lutter contre la désinformation et à promouvoir une presse libre, crédible et rigoureuse.

L’information est un droit, la vérité une responsabilité. Restons vigilants et engagés pour un espace médiatique plus sain !

Poisson d’avril : Quand l’humour frôle la désinformation

Chaque année, le 1er avril, le monde entier célèbre la tradition du poisson d’avril, une journée dédiée aux canulars et aux blagues en tout genre. Médias, entreprises et particuliers rivalisent d’ingéniosité pour piéger leurs amis, collègues ou abonnés. Mais dans un monde où la désinformation se propage déjà à grande vitesse, cette journée soulève une question essentielle : où tracer la ligne entre humour et fausse information ?


Le poisson d’avril : une vieille tradition qui perdure

L’origine du poisson d’avril remonte à plusieurs siècles et varie selon les pays. En France, par exemple, il serait lié à la réforme du calendrier en 1564, qui déplaça le Nouvel An du 1er avril au 1er janvier. Certains continuaient à fêter l’ancienne date et se voyaient offrir de faux cadeaux, souvent en forme de poisson.

Aujourd’hui, les blagues du 1er avril ont pris une dimension numérique, avec des canulars viraux partagés sur les réseaux sociaux et même des entreprises ou médias qui participent au jeu en publiant de fausses annonces spectaculaires.

Quand la blague devient problématique

Si le poisson d’avril est une tradition bon enfant, il peut aussi devenir une arme à double tranchant. Dans un contexte où la désinformation et les fake news sont omniprésentes, certains canulars peuvent induire en erreur et semer la confusion.

Les fausses annonces officielles : Des rumeurs trompeuses sur des décisions politiques, économiques ou sanitaires peuvent causer des réactions disproportionnées.

Les canulars dangereux : Certaines blagues, notamment celles qui touchent aux médicaments, à la santé ou à la sécurité, peuvent avoir de graves conséquences.

L’effet de confusion : Lorsque les citoyens sont déjà confrontés à des flux d’informations contradictoires, une blague peut parfois être prise au sérieux et alimenter des théories du complot.


Comment profiter du 1er avril sans tomber dans la désinformation ?

Pour que le poisson d’avril reste un moment de légèreté, voici quelques conseils :
✅ Toujours préciser qu’il s’agit d’une blague : Une mention explicite en fin de publication permet d’éviter toute confusion.
✅ Éviter les sujets sensibles : Santé, sécurité, politique… Mieux vaut rester dans l’humour léger.
✅ Ne pas relayer une information sans vérification : Avant de partager un canular, vérifiez s’il n’a pas déjà été pris au sérieux par certains internautes.

Conclusion

Le 1er avril est une occasion de sourire et de s’amuser, mais dans une ère où la désinformation est un véritable fléau, il est essentiel de manier l’humour avec responsabilité. Le fact-checking reste une nécessité, même le jour du poisson d’avril !

➡️ Alors, avez-vous été piégé aujourd’hui ? Partagez avec nous les canulars les plus drôles (et responsables) que vous avez vus !

L’impact de la désinformation sur les droits des femmes

Avec la contribution de Rebecca KOFFI (Bénévole)

Dans un monde de plus en plus connecté, l’information circule rapidement, mais avec elle, la désinformation prend également de l’ampleur. La désinformation constitue une menace croissante pour les droits des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest. En diffusant de fausses informations, elle influence négativement les perceptions sociétales, entrave l’accès à la justice et renforce les inégalités existantes.

1. Comment la désinformation affecte les droits des femmes ?

La désinformation et la perception des droits des femmes

Les stéréotypes de genre sont souvent entretenus par des campagnes de désinformation qui minimisent les violences basées sur le genre ou dénigrent les initiatives en faveur de l’égalité. En propageant des idées fausses sur les droits des femmes, certains groupes alimentent la résistance aux réformes et aux progrès en matière d’égalité.

L’impact sur l’accès à la justice et à l’information fiable

De nombreuses victimes de violences basées sur le genre n’osent pas porter plainte par peur des représailles ou parce qu’elles sont mal informées sur leurs droits. La diffusion de fausses informations sur les procédures judiciaires ou sur les conséquences de ces violences dissuade encore plus les femmes de rechercher justice et protection.

La désinformation peut aussi aggraver les violences basées sur le genre en minimisant leur impact ou en discréditant les victimes. Certaines rumeurs tentent de remettre en question la gravité des violences faites aux femmes ou d’accuser ces dernières d’en être responsables.

Conséquences sur la santé et l’éducation

La désinformation impacte aussi la santé des femmes en propageant des mythes sur les soins de santé reproductive et en dissuadant certaines de recourir à des services médicaux essentiels. De même, des idées erronées sur l’éducation des filles peuvent contribuer à un taux de scolarisation plus bas, privant ainsi les jeunes filles de chances égales d’accéder à un avenir meilleur.

De nombreuses fausses informations ciblent la santé des femmes, en particulier la santé reproductive. Des rumeurs circulent régulièrement sur l’inefficacité ou les dangers des contraceptifs, des vaccins contre le papillomavirus (HPV) ou encore de l’avortement médicalisé, créant de la peur et de la méfiance.

2. Pourquoi ces fake news circulent-elles autant ?

La viralité des contenus émotionnels

Les fake news jouent souvent sur les émotions, notamment la peur et la colère, pour se propager rapidement. Les plateformes comme Facebook, WhatsApp et TikTok favorisent ces contenus, car ils génèrent plus d’engagement que les informations vérifiées.

L’instrumentalisation politique et sociale

Certaines campagnes de désinformation sont intentionnelles et orchestrées par des groupes politiques ou religieux extrémistes pour influencer l’opinion publique et freiner l’émancipation des femmes.


Le manque d’éducation aux médias et à l’information

Beaucoup de personnes partagent des fake news sans les vérifier, faute de compétences en analyse de l’information. Le manque d’accès à des sources fiables aggrave le problème.

3. Quelles solutions face à la désinformation sur les droits des femmes ?

Pour contrer cette menace, il est essentiel de renforcer l’éducation aux médias et à l’information, d’encourager les initiatives de fact-checking et de promouvoir des campagnes de sensibilisation basées sur des faits vérifiés. Les médias, les organisations de la société civile et les institutions publiques doivent collaborer pour garantir l’accès à des informations fiables et précises sur les droits des femmes.

Renforcer le fact-checking et la sensibilisation

Des organisations comme Africa Check, Dubawa et la Cellule Anti Fake News (CAFN) jouent un rôle clé dans la vérification des faits. Il est crucial d’amplifier leur travail et de promouvoir une éducation aux médias dès le plus jeune âge.

Encourager une législation contre la désinformation nuisible

Les gouvernements doivent adopter des lois qui protègent les droits des femmes tout en évitant la censure de l’information. La régulation des plateformes numériques est aussi essentielle pour limiter la diffusion de fake news.

Promouvoir des récits alternatifs positifs

Les médias doivent mettre en avant des histoires inspirantes de femmes leaders et combattre les récits toxiques par des contenus positifs et éducatifs.

Conclusion

En résumé, la désinformation constitue un frein majeur à l’autonomisation des femmes et à l’égalité des genres. La désinformation sur les droits des femmes a un impact considérable sur la perception et l’application de ces droits en Afrique.  Face à ce fléau, la lutte passe par l’éducation, la vérification des faits et un engagement collectif pour un internet plus fiable et respectueux des droits des femmes.          Une action concertée est nécessaire pour rétablir la vérité et garantir un environnement informatif respectueux des droits de toutes et de tous.

Pourquoi les fake news se propagent-elles si vite ?

Les fake news, ou fausses informations, circulent aujourd’hui plus rapidement et plus largement que jamais. Que ce soit sur les réseaux sociaux, les applications de messagerie ou même dans certains médias, ces informations trompeuses touchent des millions de personnes en un temps record. Mais pourquoi se propagent-elles si vite ? Quels sont les mécanismes qui favorisent leur diffusion ? Décryptage.

1. L’émotion, moteur de la viralité

Les fake news jouent souvent sur les émotions fortes : peur, colère, indignation ou surprise. Une étude du MIT a démontré que les fausses informations sont 70% plus susceptibles d’être partagées que les vraies, car elles déclenchent des réactions instantanées. Lorsqu’un contenu choque ou scandalise, il pousse l’utilisateur à le partager rapidement, sans prendre le temps de vérifier sa véracité.

Exemple : Lors de crises sanitaires ou politiques, les rumeurs alarmistes sur des prétendus complots ou dangers sont largement partagées avant d’être démenties.


2. L’effet de confirmation : nous croyons ce que nous voulons croire

L’un des biais cognitifs qui expliquent la diffusion rapide des fake news est l’effet de confirmation. Ce phénomène nous pousse à privilégier les informations qui confirment nos croyances ou opinions préexistantes.

Ainsi, une personne ayant des doutes sur un gouvernement sera plus encline à croire et partager une rumeur négative à son sujet, sans même la vérifier.

Exemple : Durant les élections, des rumeurs circulent souvent sur des fraudes électorales fictives, car elles alimentent les croyances de certaines personnes sur l’illégitimité d’un candidat.

Image générée par l’intelligence artificielle


3. La vitesse des réseaux sociaux : un amplificateur sans filtre

Les algorithmes des plateformes sociales favorisent la viralité des contenus les plus engageants, sans nécessairement vérifier leur exactitude. Plus une publication est partagée, likée ou commentée, plus elle est mise en avant.

De plus, sur les réseaux sociaux, la rapidité prime sur la fiabilité : les utilisateurs réagissent immédiatement sans vérifier, et les corrections arrivent souvent trop tard, après que le mal soit fait.

Exemple : Une fausse citation attribuée à une personnalité peut être partagée des milliers de fois en quelques heures avant que les médias ou les fact-checkers ne la démentent.


4. Le manque de culture numérique et de vérification

Beaucoup d’internautes ne prennent pas le temps de vérifier une information avant de la partager. L’absence de culture numérique et de réflexes de vérification explique en partie la propagation massive des fake news.

Peu de personnes connaissent les outils de fact-checking comme Google Reverse Image, InVID ou les sites spécialisés comme Africa Check. De plus, certains médias peu scrupuleux ne prennent pas toujours le soin de vérifier leurs sources avant de publier.

Exemple : Une image hors contexte, réutilisée pour illustrer une fausse information, peut tromper des milliers de personnes qui ne pensent pas à la rechercher sur Google Images pour vérifier son origine.


5. Le rôle des messageries privées : une diffusion incontrôlée

Contrairement aux réseaux sociaux où des mécanismes de modération peuvent être mis en place, les applications de messagerie comme WhatsApp, Telegram ou Messenger sont des espaces fermés où les fake news se propagent rapidement et de manière incontrôlée.

Les messages y sont souvent transmis par des proches, ce qui leur confère une crédibilité artificielle. On fait davantage confiance à un message reçu d’un ami ou d’un membre de la famille qu’à une publication anonyme sur Internet.

Exemple : Durant la pandémie de Covid-19, de nombreuses fausses informations sur des prétendus traitements miracles ont circulé dans des groupes WhatsApp, atteignant des milliers de personnes avant d’être démenties par les experts.


Comment ralentir la propagation des fake news ?

Face à ce phénomène, chaque internaute a un rôle à jouer :

✅ Vérifier avant de partager : Toujours croiser les sources avant de diffuser une information.
✅ Se méfier des titres sensationnalistes : Une information exagérée ou alarmiste est souvent fausse.
✅ Utiliser des outils de fact-checking : Google Reverse Image, Snopes, Africa Check…
✅ Suivre des médias et fact-checkers de confiance : Privilégier les sources reconnues pour leur rigueur.
✅ Sensibiliser son entourage : Aider ses proches à développer des réflexes de vérification.

Conclusion

Les fake news se propagent rapidement parce qu’elles exploitent nos émotions, nos biais cognitifs et les failles des réseaux sociaux. Elles représentent un réel danger pour la démocratie, la santé publique et la cohésion sociale. Être un internaute responsable, c’est prendre le temps de vérifier avant de partager.

📢 Et vous, quelles sont les fake news que vous avez déjà crues avant de découvrir la vérité ? Partagez votre expérience en commentaire !



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Non, il n’existe aucun formulaire de demande du Fonds national d’autonomisation de la jeunesse 2025

Avec la participation de TOUKPA Ismaël (Bénévole)

FAIT

Un message circulant sur les réseaux sociaux (Principalement sur WhatsApp) affirme que le formulaire de demande du Fonds national d’autonomisation de la jeunesse 2025 est disponible, offrant des subventions de 150 000 à 700 000 FCFA aux citoyens âgés de 13 à 65 ans, avec un lien pour postuler.

Capture d’écran de l’annonce sur WhatsApp

VERDICT & COTE DE FIABILITÉ

❌ Faux : L’information est complètement fausse.
Le lien fourni mène à un site frauduleux imitant un programme d’autonomisation des jeunes, sans lien officiel avec le gouvernement ivoirien.



ANALYSE

Cette annonce virale circule sur les réseaux sociaux affirmant que le Fonds national d’autonomisation de la jeunesse 2025 a lancé un programme de subventions pour les citoyens ivoiriens. Selon cette publication, les jeunes de 13 à 65 ans peuvent postuler en ligne pour obtenir entre 150 000 et 700 000 FCFA afin de financer leurs entreprises ou leurs études. L’annonce précise que les paiements ont déjà commencé et encourage les internautes à cliquer sur un lien suspect (https://hd.ke/AUTONOMISATION-DES-JEUNES) pour soumettre leur candidature. 

Cette fausse annonce peut tromper des milliers de jeunes à la recherche d’opportunités économiques.
👉Elle pourrait exposer leurs données personnelles à des cybercriminels ou entraîner des pertes financières si des frais d’inscription étaient demandés.
👉 Elle risque de discréditer les véritables initiatives gouvernementales d’autonomisation des jeunes.

Cette fausse information peut conduire les citoyens à divulguer leurs informations personnelles sur des sites frauduleux, les exposant à des risques d’escroquerie ou de vol d’identité.


🔍VÉRIFICATION DES FAITS (MÉTHODOLOGIE)

L’annonce a été publiée de façon anonyme et partagée dans les groupes WhatsApp.
🔹 Aucune communication officielle n’a été trouvée sur le site du Ministère de la Jeunesse (www.jeunesse.gouv.ci) ni sur le portail gouvernemental (www.gouv.ci).

URL suspecte : Le lien https://hd.ke/ n’est pas un domaine officiel du gouvernement ivoirien (qui utilise .gouv.ci).

L’analyse du lien fourni avec VirusTotal à révélé un site non sécurisé et suspect.

Résultat de l’analyse sur Virus Total


Historique d’arnaques similaires : Des publications frauduleuses avec des formats quasi identiques ont circulé ces dernières années en Côte d’Ivoire, souvent pour du phishing.


CONCLUSION & RECOMMANDATIONS

Cette annonce est fausse et vise à tromper les internautes. Aucune subvention de ce type n’a été annoncée officiellement par le gouvernement ivoirien.

Conseils aux lecteurs
🔹 Ne cliquez pas sur le lien suspect.
🔹 Ne partagez pas cette publication.
🔹 Consultez toujours les sites officiels du gouvernement pour vérifier les annonces de programmes sociaux.
🔹 Signalez cette fausse information aux autorités compétentes et aux plateformes sociales.



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