Faux, La publication prétendant que le fils aîné du Président ivoirien, Alassane Ouattara, a été arrêté en France en possession d’une somme colossale de sept milliards de francs CFA est fausse. Aucune source médiatique crédible ne corrobore cette information et les autorités compétentes confirment que cette information est fausse et relève d’une pure fabrication.
Par Fabrice Konandri
FAIT
Une publication circule sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, affirmant que le fils aîné du Président ivoirien, Alassane Ouattara, aurait été arrêté en France en possession d’une somme colossale de sept milliards de francs CFA.
ANALYSE
Cette publication devenue virale sur Tiktok a été diffusée par une page dénommée flash.info39, ayant plus de 19 000 followers.
Selon la vidéo publiée le 24 novembre 2025, le fils du président Alassane Ouattara a été arrêté en possession d’une somme de sept milliards de francs CFA pour faire un dépôt et serait entre les mains des autorités françaises.
Source: Capture d’écran de la publication
Cette publication a généré près de 18 600 ‘’j’aime’’, 303 commentaires, 1372 sauvegardes et 4628 partages.
Cette publication fait suite à une rumeur ayant visé le premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, au sujet d’une supposée arrestation en France en possession d’une somme de 8 milliards de francs CFA”. L’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a démenti cette rumeur, à travers sa page Alertes 100
Capture d’écran du démenti de l’ANSSI
Cette publication s’inscrit dans un schéma récurrent de désinformation politique visant à déstabiliser ou à discréditer les personnalités publiques et leur entourage. Les rumeurs portant sur des fortunes cachées, des arrestations secrètes et des sommes d’argent faramineuses sont des thèmes récurrents dans les infox qui circulent sur les plateformes moins régulées comme TikTok.
Aussi, la diffusion de rumeurs ciblées sur des membres de la famille présidentielle est une tactique courante des faussaires pour garantir la viralité du contenu.
VÉRIFICATIONS DES FAITS (Méthodologie)
Nous avons d’abord entrepris des recherches sur Google via les mots clés : “ Arrestation en France du fils d’Alassane Ouattara en possession de 7 milliards ”, nous n’avons trouvé aucun résultat.
Ensuite, nous avons effectué des recherches sur les agences de presse et médias internationaux tels que AFP, Reuters, Le Monde, France 24, RFI, aucun d’eux n’a traité cette information.
Aussi, suite à nos recherches en ligne, aucune plateforme d’information ivoirienne de référence n’a publié ou relayé cette information. De plus, ni la Présidence ivoirienne, ni le ministère de l’Intérieur français, ni les services de police ou de justice français n’ont confirmé une telle arrestation ou saisie de fonds.
Contacté, la plateforme Alerte 100, centre technique de fact-checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (Anssi), a affirmé que cette publication est une fake news.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
La publication prétendant que le fils d’Alassane Ouattara aurait été arrêté en France avec 7 milliards de F CFA est fausse. Elle ne repose sur aucun élément factuel vérifiable ni aucune source fiable. D’aileurs, la plateforme Alerte 100, engagée dans la lutte contre les fausses nouvelles a formellement démenti cette information. Cette publication est une information montée de toutes pièces visant à manipuler et à désinformer l’opinion publique.
CONSEILS AUX LECTEURS
Ne jamais partager une information sans vérifier
Informez-vous toujours auprès des sources crédibles.
Se fier uniquement aux informations de sources officielles
Signaler et dénoncer les auteurs de cette fausse information aux autorités compétentes
Cette vidéo qui prétend que le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara annonce l’envoi imminent de soldats de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en Guinée Bissau est hors contexte. Il s’agit d’une vidéo, diffusée le 10 août 2023, intervenant dans un contexte où l’ancien président du Niger Mohamed Bazoum venait d’être renversé à la suite d’un coup de force militaire.
Par Abou Adams
FAIT
Dans une vidéo publiée sur le réseau social Tiktok, le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, annonce une décision des membres de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’envoyer une force d’intervention militaire en Guinée Bissau pour réinstaller à la tête du pays le président Embalo Sissoko, renversé par un coup d’Etat le 26 novembre 2025.
ANALYSE
Cette vidéo de 48 secondes diffusée sur Paris Fenix TV, montre le président ivoirien faisant une déclaration. Dans cette déclaration, il affirme que la CEDEAO a décidé d’activer sa force d’intervention et de la déployer pour rétablir l’ordre constitutionnel. On l’entend également dire qu’il a déjà donné des instructions au Chef d’Etat major de l’armée ivoirienne, pour qu’il mobilise les troupes afin que la Côte d’Ivoire envoie un bataillon pour participer à cette mission.
L’auteur de la vidéo a pris le soin d’intégrer la capture d’écran d’un post de l’avatar Chris qui s’énonce comme suit :”Coup d’Etat en Guinée Bissau: Alassane Ouattara le vieux grigou va-t-il envoyer la force en attente ou anti-coup d’état pour sauver son fils Embalo, ce voyou déguisé en chef d’Etat? À lire sous peu.Chris Yapi ne ment pas”.
Capture d’écran de la vidéo
VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)
Grâce à une recherche d’images inversée sur Google Lens, nous avons trouvé que cette vidéo a été extraite d’une autre vidéo réalisée au lendemain du coup d’Etat au Niger en août 2023.
Pour trouver des éléments de contexte à cette vidéo, nous avons effectué une recherche sur Google à partir des mots clés: Alassane Ouattara annonce l’envoi d’un bataillon militaire de la CEDEAO. Nous avons retrouvé la vidéo originelle qui montre plutôt une déclaration faite par le Président Alassane Ouattara le jeudi 10 août 2023, sur la situation politique du Niger, après le coup de force qui venait de renverser l’ancien président Mohamed Bazoum.
Dans sa déclaration officielle postée sur la page Facebook de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire de , le président Alassane Ouattara avait effectivement annoncé que les chefs d’Etat avaient décidé d’actionner la force d’attente de la CEDEAO au Niger pour rétablir le Président Bazoum dans ses fonctions.
Capture d’écran de la déclaration du Président de la République, Alassane Ouattara.
Nous avons aussi entrepris des recherches sur la page officielle de la CEDEAO et nous n’avons trouvé , aucun communiqué officiel relatif à l’envoi d’une force militaire en Guinée Bissau.
Les Chefs d’Etat de la CEDEAO ont plutôt eu une réunion de crise en ligne pour plancher sur la situation. A l’issue de cette réunion, ils ont condamné par voie de communiqué ce coup de force et demandé au militaire qui venait de prendre le contrôle du pays de laisser le processus électoral qui était à la phase de la proclamation des résultats suivre son cours.
Par ailleurs, des indications sur la vidéo, notamment la capture d’écran de l’avatar Chris Yapi, les émoticônes et les rires en fond sonores, montrent bien qu’il s’agit d’une spéculation sur les intentions du président ivoirien face à la situation préoccupante de la Guinée Bissau et non une information fiable.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Après les différentes vérifications, la vidéo prétendant que le Président Alassane Ouattara a annoncé l’envoie d’une force d’intervention militaire de la CEDEAO en Guinée Bissau est hors contexte . La vidéo a été sortie de son contexte pour manipuler l’opinion.
L’annonce de cette intervention militaire de la CEDEAO, relatée dans cette vidéo, n’a donc pas été faite à l’occasion du coup d’Etat que vient de connaître la Guinée Bissau.
CONSEILS AUX LECTEURS
Ne pas relayer pas les informations à caractère douteux
Se Référer uniquement aux informations de sources officielles sur les canaux officiels
Signaler les publications mensongères et leurs auteurs
Sur Facebook, un internaute a publié une vidéo affirmant que Jean Kacou Diagou, Président du Groupe NSIA, aurait encouragé les entrepreneurs ivoiriens à investir en ligne, en leur promettant des « bénéfices rapides » ainsi qu’un revenu minimum garanti de 910 000 F CFA par semaine à partir d’un apport initial de 140 000 F CFA.
ANALYSE
Publiée le 09 novembre 2025, par le compte Facebook Kydordor, la vidéo montre une interview accordée par le fondateur du Groupe NSIA Banque, Jean Kacou Diagou.
Dans cette séquence de 3 min , Jean Kacou Diagou, semble motiver les jeunes, les entrepreneurs et ivoiriens ordinaires à investir en ligne via une application conçue par son groupe. Le commentaire qui accompagne le post indique : « Facile à appliquer au quotidien. Testée par des milliers de personnes à travers le pays. Sans astuces compliquées ni promesses vides, Jean Kacou Diagou partage son expérience et révèle comment les Ivoiriens ordinaires peuvent transformer leur situation financière. »
VÉRIFICATION DES FAITS
Une recherche d’image inversée avec l’outil Bing a orienté La Cellule Anti Fake News vers une vidéo sur ce compte YouTube publiée le 26 décembre 2017 par le Groupe NSIA Banque.
Dans cette interview, le président du Groupe NSIA, Jean Kacou Diagou, répond aux questions de la journaliste concernant son bilan à la tête du patronat ivoirien durant onze ans.
Il aborde aussi la collaboration entre l’État et les entreprises, ainsi que plusieurs initiatives dont il se dit particulièrement fier, notamment sa vision destinée à servir de boussole aux États.
La même recherche a également permis d’identifier la vidéo sur le compte Dailymotion du média Jeune Afrique, qui corrobore l’information.
La structure apporte un démenti formel des propos tenus par son premier responsable en ces termes :
«Le Groupe NSIA informe le public, ses partenaires ainsi que l’ensemble de ses parties prenantes qu’il circule actuellement, sur les réseaux sociaux et divers canaux numériques, des communications frauduleuses attribuant à Monsieur Jean Kacou DIAGOU, Président du Groupe NSIA, le lancement d’un prétendu projet d’investissement en ligne. Le Groupe NSIA tient à préciser, avec la plus grande fermeté, que ces allégations sont fausses , mensongères et diffamatoires», peut-on lire.
CONCLUSION
Contrairement aux affirmations de la publication vérifiée, la vidéo diffusée ne correspond pas au contenu de l’entretien coproduit par Galaxy Presse et Jeune Afrique publié sur la chaîne YouTube du Groupe NSIA. Il s’agit d’une séquence manipulée, sortie de son contexte et générée à l’aide de l’intelligence artificielle.
Ce fact-check a été produit par Aymard Taou dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.
Sur TikTok, une page a publié une vidéo prétendant montrer Olivia Yacé a été secouée par un accident de la circulation après son retour au pays.
ANALYSE
Le 26 novembre, la page Kolani.kool a publié une vidéo montrant une voiture endommagée à la suite d’un accident, accompagnée de l’image d’une reine de beauté ivoirienne. La légende associée à la publication affirme : « La Miss Côte d’Ivoire, mademoiselle Olivia Yacé, est sous le choc après un accident ».
À la suite de ce résultat, Miss Côte d’Ivoire 2021 avait annoncé son retour prochain en Côte d’Ivoire. Sa prestation remarquable a suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes estimaient que la couronne aurait dû lui revenir. C’est dans ce contexte d’engouement populaire que la vidéo publiée par la page Kolani.kool a circulé, alimentant une rumeur infondée autour d’un supposé accident.
VÉRIFICATION DES FAITS
Pour vérifier cette information, la Cellule Anti Fake News a procédé à une recherche d’image inversée avec l’outil Bing, qui a permis de contextualiser les deux images contenues dans la publication en vérification. La première photo est publiée par cette page Instagram le 29 juin 2025, informant qu’il s’agit de Fatima Koné, Miss Côte d’Ivoire 2025.
Quant à la deuxième photo, elle est retrouvée dans cet article du 14 mars 2017 qui traitait d’une question de droit des assurances à Marseille. Une information corroborée ici.
Une autre recherche menée sur Facebook avec les mots-clés « Olivia Yacé victime d’un grave accident » n’a révélé aucune information crédible relative à ce prétendu accident.
En outre, Olivia Yacé est arrivée en Côte d’Ivoire le samedi 29 novembre 2025 à l’Aéroport International Félix Houphouët-Boigny, comme l’indiquent des médias locaux tels qu’Abidjan.net et RTI Info. Cette arrivée publique, dans de bonnes conditions, confirme qu’elle n’a été victime d’aucun accident après son retour au pays.
CONCLUSION
Contrairement aux affirmations véhiculées, cette vidéo ne montre en aucun cas Olivia Yacé victime d’un grave accident. Après vérification, il s’agit d’une fausse information. Les images diffusées dans la vidéo sont sorties de leur contexte et n’ont aucun lien avec Olivia Yacé.
Ce fact-check a été produit par Aymard Taou dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.
Faux, ce communiqué attribué au procureur de la république Monsieur Braman Koné sur la disparition du général chérif Ousmane est une infox. Il n’existe aucune communication officielle du procureur à ce sujet et Alerte 100, le centre technique de Fact checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a confirmé que c’est un faux communiqué.
Par Victoire Kouamé
FAIT
Un post partagé sur la page Facebook Côte d’Ivoire ma patrie le 14 novembre 2025 a relayé un prétendu communiqué signé du procureur de la république Braman Koné, informant la population sur une supposée disparition du général chérif Ousmane.
ANALYSE
Ce post partagé sur la plateforme Présidentielle 2025: Laurent Gbagbo candidat du Ppa.ci, une plateforme de 60.000 membres, a cumulé plus de 500 mentions “j’aime”, des centaines de commentaires et plus d’une vingtaine de partages.
Source: capture d’écran de la publicationSource: Capture d’écran des commentaires
Notons que depuis plusieurs jours de nombreuses publications (1,2,3) avaient prétendu à la disparition de ce général de l’armée. Une rumeur selon les autorités démentie par l’ Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) sur la page Alertes 100.
Pour avoir de plus amples informations, nous avons contacté Alerte 100, centre technique de Fact -checking de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) qui nous a confirmé que ce communiqué est un faux. Cette information est une fausse information, a souligné l’Agence.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Le post prétendant relayer un communiqué du procureur de la république Braman Koné sur la disparition du général chérif Ousmane est faux. Ce faux communiqué a été publié dans le but de tromper l’opinion publique.
CONSEILS AUX LECTEURS
Se fier aux informations de sources officielles
Ne relayer aucune information douteuses
Signaler et dénoncer les auteurs de cette fausse information aux autorités compétentes
La vidéo montre la station de péage d’Attinguié qui a pris feu en avril 2022.
Cette publication TikTok prétendant montrer une station de péage en feu le 22 octobre 2025 sur l’autoroute du nord de la Côte d’Ivoire est FAUSSE.
La publication montre une station de péage en feu accompagnée d’une inscription disant : « 22–10–2025: Péage en feu, autoroute du nord. Voilà les résultats de la dictature de Dramane Ouattara. Mercredi 22 Octobre ».
PesaCheck a examiné la publication et a conclu qu’elle est fausse.
Cette publication intervient dans un contexte électoral en Côte d’Ivoire marqué par des manifestations spontanées dans plusieurs localités du pays. Des manifestants ont détruit des urnes électorales et certains rapports font état d’un village incendié et de plusieurs personnes tuées.
Une recherche Google de mots-clés « péage d’Attinguié en feu » a mis en évidence plusieurs publications reprenant la vidéo en 2022, ici, ici et ici.
Selon la Radio-télévision ivoirienne (RTI), l’incident remonte au 19 avril 2022, lorsqu’une voiture s’est embrasée en début de soirée à la station de péage d’Attinguié, au nord-ouest d’Abidjan. Les flammes se sont rapidement étendues aux cabines voisines, avant d’être maîtrisées par les sapeurs-pompiers militaires. Le ministère de l’Équipement et de l’Entretien routier avait alors confirmé l’information sur sa page officielle.
La recherche de mots-clés « péage en feu en 2025, autoroute du nord » révèle qu’il n’y a pas eu de péage en feu en 2025 sur l’autoroute du Nord.
PesaCheck a examiné une publication prétendant montrer une station de péage en feu le 22 octobre 2025 sur l’autoroute du nord en Côte d’Ivoire et l’a trouvée FAUSSE.
. . .
Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.
Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mardochée Boli et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck,Doreen Wainainah.
PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé parCatherine Gicheru etJustin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent:Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement.PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitezpesacheck.org.
Dans ladite vidéo, le Chef de l’État ivoirien évoque plutôt l’envoi des troupes ivoiriennes au Niger, après le coup d’État ayant renversé le président Bazoum.
Cette publication sur Threads avec une vidéo prétendant montrer le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, annonçant une intervention militaire au Nigeria pour contrer une prétendue attaque des États-Unis contre le pays est FAUSSE.
« Alassane Ouattara annonce une intervention au Nigeria pour combattre les troupes américaines qui viendront attaquer le Nigeria. Merci Papa n’a bataillon », lit le post publié le 3 novembre 2025.
Le post est accompagné d’une vidéo de 37 secondes qui montre Ouattara, debout derrière un pupitre, qui a de part et d’autre les drapeaux de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Côte d’Ivoire.
Il semble faire un discours et dit ceci : « La Côte d’Ivoire fournira un bataillon et a pris toutes les dispositions financières pour que l’opération, si elle doit durer trois mois, les provisions soient faites sur le plan budgétaire pour que nos soldats et nos officiers qui participeront à cette opération ne manquent de rien. La Côte d’Ivoire est prête et je viens de donner instruction au chef d’État-major général des armées de commencer la mobilisation générale de ses troupes pour leur participation à la CEDEAO. Je voudrais indiquer que ces décisions sont collectives… ».
PesaCheck a vérifié le post et a conclu qu’il est faux.
Une recherche d’images inversées avec Yandex découlant de cette capture d’écran prise dans l’élément audio visuel analysé a mené PesaCheck vers cette vidéo mise en ligne le 10 août 2023. Elle est présentée comme la déclaration du président ivoirien à la presse le jeudi 10 août 2023, au terme du Sommet extraordinaire de la CEDEAO, sur la situation politique au Niger. La séquence allant de la minute 6:10 à 7:47 est identique à celle en vérification.
Sur la base de ce résultat, PesaCheck a lancé une recherche Google avec les mots-clés « Déclaration de Ouattara sur l’envoi des troupes au Niger », qui a mené à ce reportage d’Africa24tv du 11 août 2023. Celui-ci indique qu’Ouattara a annoncé l’envoi d’un bataillon militaire composé de 850 à 1 100 soldats au Niger, à la suite du coup d’État ayant renversé le président Mohamed Bazoum. La même information est également partagée ici et ici.
Par contre, la recherche Google avec des mots-clés « Ouattara envoie des troupes au Nigeria pour combattre les Américains » n’a abouti à aucun résultat crédible.
Cette affirmation est apparue après que le président américain Donald Trump a menacé d’envoyer des troupes au Nigeria pour combattre les groupes islamistes armés.
PesaCheck a examiné un post sur Threads avec une vidéo prétendant montrer le président ivoirien Alassane Ouattara annonçant une intervention militaire au Nigeria pour contrer une prétendue attaque des États-Unis contre le pays, et l’a trouvé FAUX.
. . .
Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.
Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyocket éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par le rédacteur principal à PesaCheck,Stephen Ndegwa.
PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.
FAUX : Ce site prétendant offrir 40 000 F CFA aux usagers, au nom de l’entreprise JUMIA est une arnaque. Après les recherches sur le site et les vérifications auprès du service client de l’entreprise, les résultats confirment qu’il s’agit d’une tentative d’arnaque. L’entreprise soutient que cette offre ne vient pas de leur service.
Par Victoire Kouamé
FAIT
Un lien transféré de nombreuses fois via whatsapp prétend que l’entreprise Jumia offre 40 000 aux usagers à l’occasion de “Jumia anniversaire cadeau”.
ANALYSE
En un clic sur le lien apparaît un message de félicitation accompagné d’un questionnaire avec entête Jumia, sur l’âge et le genre des utilisateurs. Après avoir sélectionné les réponses, un autre message de félicitation s’affiche au bout du processus.
Capture d’écran de la première page du site
Ensuite, apparaissent plusieurs coffrets cadeaux dont l’utilisateur dispose de trois tentatives pour essayer d’ouvrir le bon afin d’obtenir les 40 000 F CFA.
Plusieurs commentaires accompagnent cette action, mais il est impossible de vérifier l’authenticité et le profil de ces utilisateurs.
Capture d’écran des commentaires
Après avoir ouvert le bon coffret cadeaux, un autre message vient indiquer que pour recevoir les 40 000 FCFA, il faut partager le lien via whatsapp avec 5 groupes ou 20 amis et entrer une adresse personnelle pour terminer l’inscription.
Cette action ne donnera aucune suite.
VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)
Nous avons d’abord effectué une recherche avec les mots clés “ jumia anniversaire cadeau 40 000 “et nous n’avons trouvé aucune offre semblable.
Nous avons procédé à des vérifications en faisant des recherches sur le domaine du site avec l’outil whois.com pour avoir des informations sur les titulaires de ce site. Les résultats ont montré que les informations concernant les auteurs de ce site sont privées au lieu de fournir des informations précises sur l’entreprise Jumia. Cette stratégie typique aux sites d’arnaque révèle que ce site est inauthentique.
Capture d’écran de la recherche avec Whois
Nous avons également effectué des recherches avec l’outil VirusTotal pour voir des informations relatives à la sécurité du site. Cette recherche a révélé que ce site est suspect.
Capture d’écran de la recherche avec VirusTotal
Nous avons enfin contacté le service client de Jumia via whatsapp nous a confirmé que ce site est un site d’arnaque et que leur entreprise n’est point affiliée à ce site. Le service client nous a en effet exhorté à contacter la Plateforme de lutte contre la Cybercriminalité (PLCC) pour dénoncer la tentative d’arnaque.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Le site internet prétendant offrir 40 000 F CFA aux usagers au nom de l’entreprise Jumia est un canular. Il a été mis en place dans l’objectif d’arnaquer les citoyens et internautes au moyen de la technique de l’hameçonnage qui exige généralement des utilisateurs de partager le lien d’une offre à plusieurs personnes ou dans plusieurs groupes whatsapp.
CONSEILS AUX LECTEURS
Ne cliquez sur aucun lien suspect
Toujours vérifier et se renseigner sur les canaux officiels de la structure ( site, page Facebook)
Ne pas partager ce type de lien suspect à ses contacts comme recommandé
Signaler l’arnaque à l’entreprise et auprès des autorités compétentes
Faux, la publication qui prétend que Abidjan envoie des armes aux terroristes à la frontière Côte d’Ivoire-Burkina est une infox. Les différentes vérifications ont plutôt montré qu’il s’agit d’un montage. La publication d’origine du média Jeune Afrique ne fait pas mention de cette information.
Par Victoire Kouamé
FAIT
Dans une publication partagée sur le profil Facebook Serges Patrice Paré le 01 Novembre 2025, une couverture d’un article du magazine Jeune Afrique prétend que Abidjan envoie des armes aux terroristes.
ANALYSE
Cette publication a cumulé environ 500 mentions j’aime, une vingtaine de commentaires et 16 partages
La publication est énoncée comme suit: “Jeune Afrique vient de mettre le derrière de la Côte d’Ivoire dehors pour soutien aux terroristes”. La publication est accompagnée en commentaire de la capture d’écran d’une publication d’un article sur la page Facebook de Jeune Afrique.
La titraille de la publication se décline comme suit : Côte d’Ivoire-Burkina Faso : ce que l’on sait des derniers incidents à la frontière et sur l’image d’illustration : “Abidjan envoie des armes aux terroristes. Ce que l’on sait des derniers incidents à la frontière.”
Source: Capture d’écran de la publication
Les commentaires ont pour la plupart ironisé en affirmant que Jeune Afrique a écrit l’article parce qu’ “ils n’ont pas reçu leur versement du mois”.
Source : Capture d’écran des commentaires de la publication
VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)
Nous avons procédé à l’analyse de la capture d’écran de la prétendue publication de Jeune Afrique sur Facebook avec l’outil Fotoforensics. Nous avons constaté des incohérences au niveau du sous titre “Abidjan envoie des armes aux terroristes” qui paraît un plus foncé que les autres parties du texte.
Les indices visuels nous ont ensuite fait remarquer que le sous titre “Abidjan envoie des armes aux terroristes” est placé de façon disproportionnée par rapport au dernier sous titre, laissant entrevoir un montage .
Pour en savoir davantage , nous sommes allés sur la page Facebook officielle de Jeune Afrique pour vérifier si la publication s’y trouve. Nous avons retrouvé une publication avec le lien d’un article datant du 01 novembre 2025 qui ressemble à des détails près à celle que nous vérifions, sauf que le sous titre sur l’image d’illustration ”Abidjan envoie des armes aux terroristes” n’apparaît pas sur la publication d’origine.
Source: Capture d’écran de la publication sur la page Facebook de Jeune Afrique
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
La publication de Serges Patrice Paré montrant une capture d’écran d’un article publié sur la page Facebook de Jeune Afrique, prétendant que Abidjan envoie des armes aux terroristes est fausse. C’est une publication qui a fait l’objet de montage pour manipuler dans l’objectif de tromper et manipuler l’opinion publique.
CONSEILS AUX LECTEURS
Ne pas partager cette information mensongère
Ne pas relayer une information sans avoir vérifier
Aller sur la page officiel des médias ou organisations pour vérifier toute information censée provenir de ces médias ou organisations
Développer son sens de l’esprit critique en questionnant d’abord la véracité de l’information et sa source
Signaler l’auteur de cette publication et le dénoncer aux autorités compétentes
Cet article examine trois affirmations publiques faites par le ministre porte-parole du gouvernement ivoirien Amadou Coulibaly.
Azil Momar Lo, Africa Check
Dans un entretien diffusé par le média français France 24, le 22 octobre 2025 à quelques jours de la présidentielle ivoirienne, le ministre ivoirien de la Communication et porte-parole du gouvernement de Côte d’Ivoire, Amadou Coulibaly, a fait une série de déclarations portant sur des sujets tels que la sécurité et la démographie.
Amadou Coulibaly sur France 24, le 22 octobre 2025. Capture d’écran effectuée sur le compte YouTube de la chaîne française
Amadou Coulibaly s’est d’abord exprimé au sujet des effectifs de policiers en Côte d’Ivoire qui, selon lui, ont augmenté depuis l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir en 2011. « Nous avons réussi à réduire le ratio de policiers par habitant. On avait, en 2011, un policier pour 1 600 habitants. Aujourd’hui nous avons un policier pour 421 habitants », a-t-il affirmé.
Puis, vers la fin de l’interview, le ministre ivoirien de la Communication a déclaré que la Côte d’Ivoire abrite « environ 3 millions » de ressortissants burkinabé. Il a tenu ces propos alors qu’il répondait à une question concernant des accusations portées par le Capitaine Ibrahim Traoré, le président de la transition au Burkina Faso, envers les autorités ivoiriennes qu’il a accusées « d’héberger les opposants » de son pays et de « servir de base arrière aux terroristes qui frappent le Burkina Faso ».
Capture effectuée sur le site de Radio France International
Dans sa réponse, Coulibaly a indiqué que la Côte d’Ivoire « n’a aucun intérêt à déstabiliser un pays voisin » (le Burkina Faso, NDLR), dont la population résidente en Côte d’Ivoire « représente environ 3 millions d’habitants ».
Dans cet article, nous examinons ces différentes affirmations concernant respectivement le ratio de policiers par habitant d’abord en 2011, le ratio d’aujourd’hui et enfin le nombre de ressortissants du Burkina Faso vivant en Côte d’Ivoire selon les données disponibles.
Sur quelles preuves s’appuient les affirmations d’Amadou Coulibaly ?
Nous nous sommes rapprochés de la cellule de communication du ministère ivoirien de la Communication pour connaître la source des données d’Amadou Coulibaly. Malgré nos relances, nous n’avons pas obtenu de réponse jusqu’à la mise en ligne de cet article. Il sera mis à jour si le ministère de la Communication nous fait parvenir des précisions.
Déclaration 1 : « En 2011, la Côte d’Ivoire avait un ratio d’un policier pour 1 600 habitants »
Verdict : globalement correct
Les plateformes gouvernementales ivoiriennes mettent à disposition du public le « Bilan complet du gouvernement de Côte d’Ivoire 2011-2025 ». Ce document, présenté comme « la brochure officielle du bilan des actions menées par le Gouvernement de Côte d’Ivoire de 2011 à 2025 », détaille les différentes réalisations de l’actuel président Alassane Ouattara arrivé au pouvoir en 2011 et réélu pour un quatrième mandat consécutif au terme de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Ce document a été mis en ligne sur le réseau social X, le 18 septembre 2025, par le gouvernement ivoirien.
Dans ce bilan, apparaît le ratio de policier par habitant au sein de la population urbaine. Ainsi, en 2011, ce ratio était d’un policier pour 1 680 habitants, selon le document.
Capture d’écran réalisée à la page 24 du Bilan complet du gouvernement de Côte d’Ivoire 2011-2025
Nous avons adressé un courrier électronique à l’Agence nationale de statistique (ANStat) de Côte d’Ivoire pour nous enquérir de ses données sur la question. Mais nos questions n’ont pas encore obtenu de réponse. Notre article sera mis à jour si l’ANStat nous fait parvenir des précisions.
L’expert sénégalais Elimane Sall, consultant et formateur en défense, paix et sécurité, explique que la source qui fait autorité au niveau international pour les données brutes sur les effectifs de police par pays est l’Enquête sur les tendances de la criminalité et le fonctionnement des systèmes de justice pénale de l’ONU (UN-CTS en Anglais, pour »United Nations Surveys on Crime Trends and the Operations of Criminal Justice »). « C’est la source primaire à laquelle se réfèrent la plupart des bases de données universitaires et des rapports internationaux », fait savoir l’expert.
Cette enquête annuelle est administrée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Elle fournit un aperçu des tendances et des interrelations entre les différents éléments du système de justice pénale afin de favoriser la prise de décisions éclairées dans le domaine administratif, à l’échelle nationale et internationale. Sur sa plateforme, l’ONUDC avertit que les statistiques sur la criminalité communiquées dans le cadre de l’UN-CTS concernent principalement les crimes signalés et/ou détectés. Il convient donc d’interpréter ces données avec prudence et de faire preuve de circonspection lors des comparaisons entre pays.
Des policiers anti-émeutes ivoiriens bloquent l’accès au palais de justice d’Abidjan, le 24 avril 2025. ISSOUF SANOGO / AFP
Nous avons contacté l’ONUDC qui nous a redirigé vers son portail de données dans lequel les données collectées dans le cadre de l’UN-CTS sont publiées. Cependant, pour 2011, les données pour la Côte d’Ivoire, ainsi que celles de plusieurs autres pays, sont absentes. La seule donnée disponible pour la Côte d’Ivoire remonte à 2008. Pour cette année, avec un personnel de 15 770 policiers recensés, la Côte d’Ivoire affichait un ratio de 73,30 policiers pour 100 000 habitants. Ce qui représente 1 policier pour 1364 habitants.
La plateforme Our World in Data, également recommandée par Elimane Sall, agrège et contextualise des données internationales, y compris le ratio policier/1000 personnes. Mais pour la Côte d’Ivoire, elle ne dispose pas de données concernant l’année 2011.
En l’absence de réponse de l’ANStat et en raison d’un manque de sources indépendantes, nous avons évalué cette déclaration à la lumière de la seule source publique disponible qui émane du gouvernement ivoirien.
Par conséquent, cette affirmation d’Amadou Coulibaly est globalement correcte.
Déclaration 2 : « Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire a un ratio d’un (01) policier pour 421 habitants»
Verdict : exagéré
Selon la brochure officielle du bilan des actions menées par le Gouvernement de Côte d’Ivoire de 2011 à 2025 mentionnée plus haut, le ratio est d’un policier pour 509 habitants en 2024.
Selon la brochure, le ratio de gendarme/habitant est passé de 1/1385 en 2011 à 1/1210 en 2024/2025.
Quant au ratio de policiers par habitant, il est passé de 1/1 680 en 2011 à 1/509 en 2024/2025.
Ce ratio d’un policier pour 509 habitants en 2024/2025 indiqué par les données gouvernementales est donc légèrement plus important que le ratio d’un policier pour 421 habitants mentionné par Amadou Coulibaly.
Par ailleurs, le ratio de policier par habitant est aussi mentionné dans le Projet de loi finances portant budget de l’Etat pour l’année 2025, publié par le Ministère des Finances et du Budget de Côte d’Ivoire. La section du document consacrée aux activités du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité fait le point sur le ratio de fonctionnaires de Police sur population urbaine, en indiquant un ratio d’un policier pour 601 habitants pour 2023.
Mais le document précise que la cible de la Côte d’Ivoire pour l’année 2025 est d’un policier pour 509 habitants.
Nos recherches sur le portail de données de l’ONUDC ont été infructueuses. Pour la Côte d’Ivoire, les dernières statistiques datent de 2008.
De la même manière, les données les plus récentes de la plateforme Our World in Data pour la Côte d’Ivoire remontent à 2008.
Eu égard aux données disponibles, la déclaration du porte-parole rapportant qu’aujourd’hui la Côte d’Ivoire a un ratio d’un policier pour 421 habitants est exagérée. Les données publiques les plus actuelles font état d’un ratio d’un policier pour 509 habitants en 2024/2025.
Il n’existe pas de ratio standard international sur le nombre de policiers par habitants
Dans son Info Finder, la version anglaise de sa base d’agrégation de sources fiables, Africa Check renseigne qu’il n’existe pas de ratio standard officiel en termes d’effectifs de policiers par habitant. Ce que confirme Elimane Sall, expert et formateur sénégalais en défense, paix et sécurité
« Il n’existe pas de ratio universellement reconnu par des organismes comme les Nations Unies (ONU) ou Interpol que tous les États membres seraient tenus d’atteindre », note-t-il.
Elimane Sall détaille que cela s’explique par plusieurs facteurs complexes. Il souligne d’abord le « contexte sécuritaire spécifique ». Le ratio « idéal » dépend intrinsèquement des menaces spécifiques (criminalité organisée, extrémisme violent, sécurité post-conflit, etc.), de la géographie (densité de population, zones urbaines vs. rurales) et de la structure même de la force (police nationale, gendarmerie, polices municipales, etc.) de chaque pays.
Ce spécialiste met également l’accent sur l’« approche de la sécurité », pour dire que « l’approche moderne de la sécurité insiste davantage sur la gouvernance, la légitimité, l’efficacité et le respect des droits de l’homme que sur le simple volume des effectifs. Avoir plus de policiers ne signifie pas nécessairement une meilleure sécurité », estime-t-il.
Enfin, Elimane Sall mentionne le facteur «définition variable ». « La définition d’un « policier » varie d’un pays à l’autre (inclusion ou non de la gendarmerie, des agents de soutien, des douanes, etc.), rendant l’établissement d’une norme unique difficile », conclut-il.
Déclaration 3 : Il y a environ « 3 millions » de ressortissants du Burkina Faso vivant en Côte d’Ivoire
Verdict : sous-estimé
En Côte d’Ivoire, le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2021 (RGPH 2021) dont les chiffres définitifs ont été publiés en juillet 2022 rapporte les dernières statistiques officielles sur le nombre de personnes de nationalité étrangère résidant dans le pays.
Le Tableau 8 de cette étude d’envergure nationale précise de manière détaillée la répartition de la population non ivoirienne par nationalité en 1998 et en 2021.
Comme on peut le voir sur le tableau ci-dessus, en 2021, l’effectif des ressortissants du Burkina Faso est de 4 056 444 personnes. Ce chiffre était de 2 238 548 en 1998 selon la même source.
Le chiffre de 4 056 444 est supérieur à celui indiqué par le porte-parole du gouvernement (« environ 3 millions »).
En conclusion, l’estimation d’Amadou Coulibaly concernant le nombre de Burkinabè en Côte d’Ivoire est en dessous de ce que révèlent les données publiques disponibles sur le sujet.