Bénéficiaire du Programme de Bourse de Code for Africa à travers le projet GIZ SIREWA CheckDesks, avec l’appui de l’African Fact-Checking Alliance (AFCA), nous partageons à travers cet article le parcours et l’expérience impactant de la Cellule Anti-fake News tout au long de cette opportunité.
Bien plus qu’une simple bourse, cette expérience a représenté pour notre organisation une véritable immersion professionnelle dans l’univers du fact-checking, de l’investigation numérique et de la lutte contre les manipulations de l’information.
Pendant dix (10) mois, du 1er août 2025 au 31 mai 2026, cette initiative nous a permis de renforcer durablement nos capacités techniques, méthodologiques et éditoriales. Grâce à cet accompagnement, nous avons acquis de nouvelles compétences qui enrichissent aujourd’hui notre travail quotidien de lutte contre la désinformation en Côte d’Ivoire, tout en consolidant notre engagement en faveur d’une information fiable, vérifiée et responsable.
La formation sur les techniques de vérification des faits.
Le programme a débuté par une formation intensive de six semaines autour des modules clés qui ont étendu notre compréhension du fact-checking et des mécanismes de désinformation. Ce sont entre autre « l’Introduction à la vérification des faits, la présentation d’une vérification des faits, Plagiat: directives éthiques à l’ère numérique, Introduction à la sécurité numérique, Opérations d’influence et comportement inauthentique coordonné, Mise en place d’infrastructures pour les enquêtes de l’IMI et la Cartographie des réseaux »
Pour Kaberu TAIRU, Coordinateur général de la Cellule Anti Fake News ayant participé au programme, l’un des principaux acquis reste le développement d’une nouvelle approche analytique. « Aujourd’hui, nous analysons les contenus viraux avec beaucoup plus de rigueur. La formation nous a appris à croiser les sources, à utiliser des outils OSINT (Open Source Intelligence) et surtout à mieux comprendre les mécanismes de propagation de la désinformation sur les réseaux sociaux . »
Au-delà des formations, cette bourse a profondément transformé les méthodes de travail de la Cellule Anti Fake News. Les compétences acquises pendant le programme sont aujourd’hui utilisées quotidiennement dans nos activités de veille numérique, de vérification des contenus viraux et de sensibilisation des citoyens.
Cette montée en compétences a également permis à notre organisation de structurer davantage son approche éditoriale et organisationnelle.
La mise en place d’un bureau interne de vérification des faits
L’un des résultats les plus concrets de cette expérience a été la mise en place d’un bureau interne de vérification des faits au sein de la Cellule Anti Fake News dirigé par Ferlande N’Guessan, cheffe de projet au sein de la Cellule Anti Fake News et représentante de l’organisation dans le cadre du programme CheckDesks..
En effet, À l’issue de la phase de formation, la cellule Anti Fake News avait pour mission de produire et publier un minimum de deux articles de Fact-checking par mois durant les périodes de septembre, octobre et novembre 2025, puis de janvier à avril 2026.
Cette dynamique a permis de renforcer l’organisation interne des productions de fact-checking et d’assurer un suivi plus rigoureux des investigations et publications.
Pour se faire, notre équipe a bénéficié de l’accompagnement d’un mentor, Mamady Kébé, journaliste fact-checker et expert en vérification des faits dont l’encadrement a joué un rôle majeur dans le renforcement de nos capacités rédactionnelles, méthodologiques et analytiques.
Au-delà des aspects techniques, notre mentor Mamady Kébé nous a transmis des réflexes professionnels essentiels : « Toujours privilégier les sources primaires, croiser systématiquement les informations et les archiver avant publication, documenter chaque étape de vérification et garder une posture de neutralité dans le traitement des sujets sensibles. » , a-t-il expliqué.
Ses conseils sur la rigueur éditoriale, la patience dans les investigations numériques et l’importance de la crédibilité dans le travail du fact-checker ont profondément marqué notre équipe.
Pour Ferlande N’Guessan, représentante de la Cellule Anti Fake News dans le programme :
« Cette bourse nous a permis de professionnaliser davantage notre approche du fact-checking. Nous avons appris à travailler avec plus de méthode, plus de rigueur et surtout avec une meilleure maîtrise des outils d’investigation numérique. »
Aymard Taou, journaliste fact-checker au sein de la Cellule souligne également l’impact humain et professionnel du mentorat : « Le suivi régulier du mentor nous a beaucoup aidés. Ses retours sur nos productions nous ont permis de corriger nos erreurs, d’améliorer notre écriture et d’être plus exigeants dans nos recherches. »
Treize productions de fact-checking réalisées et une audience en forte croissance
Grâce aux compétences acquises et à l’accompagnement technique reçu, la Cellule Anti Fake News a produit treize (13) articles de vérification des faits avant la fin du programme.
Ces productions ont porté sur plusieurs thématiques sensibles, notamment les questions politiques ; les enjeux sécuritaires ; les sujets économiques ; ainsi que les problématiques sociales.
Au-delà du volume de production, ces articles ont contribué à renforcer la visibilité de la Cellule auprès du public. Les contenus publiés ont permis de fournir des informations vérifiées dans un contexte marqué par la désinformation, tout en renforçant l’accès des citoyens à des sources fiables et leur esprit critique face aux contenus trompeurs.
L’impact de ces productions se reflète également dans les performances enregistrées sur le site web de la Cellule. Depuis le début du programme, les articles publiés généraient en moyenne près de 150 lecteurs. À ce jour, cette audience dépasse les 500 lecteurs, traduisant ainsi une progression des plus remarquables de l’audience depuis le lancement du programme. Cette augmentation significative du trafic témoigne non seulement de l’intérêt croissant du public pour nos contenus, mais aussi de la pertinence des sujets traités et de la qualité du travail réalisé. Elle démontre également que les compétences acquises dans le cadre du programme ont permis d’améliorer la production éditoriale, la diffusion des contenus et l’engagement des lecteurs autour des enjeux liés à la lutte contre la désinformation.
Une expérience humaine et professionnelle enrichissante
Comme toute expérience d’apprentissage, le programme a également été marqué par plusieurs défis : difficultés de connexion internet pendant certaines sessions, accès limité à certaines sources d’information ou encore complexité de certaines investigations numériques.
Malgré cela, l’accompagnement des formateurs, des mentors et des équipes de Code for Africa a permis de maintenir une dynamique d’apprentissage continue.
Une gratitude envers les partenaires et acteurs du programme
La Cellule Anti Fake News adresse ses sincères remerciements à Code for Africa, à la GIZ, à l’AFCA, aux différents formateurs, mentors et partenaires ayant contribué à la réussite de cette initiative.
La lutte contre la désinformation étant un travail de longue haleine qui nécessite de la rigueur, de la collaboration et un engagement constant, les compétences acquises durant cette bourse serviront dans nos rédactions et dans nos communautés.
Ferlande N’Guessan
Cellule Anti Fake News

