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Côte d’Ivoire : l’espérance de vie a dépassé 59 ans contrairement aux déclarations de plusieurs personnalités politiques

Des responsables du parti PDCI-RDA, en l’occurrence Tidjane Thiam et Dr Estelle Gisèle Kabrang ont déclaré que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans. Ce chiffre est caduc, car les données disponibles les plus récentes montrent que l’espérance de vie a évolué.

Azil Momar Lô, Africa Check

Dans le contexte de l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, des cadres du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain) ont à plusieurs reprises déclaré que « l’espérance de vie est de 59 ans » en Côte d’Ivoire.

C’est le cas de Dr Estelle Gisèle Kabrang qui l’a affirmé au cours de l’émission Autrement politique partagée sur la chaîne YouTube PDCI TV le 17 août 2025. Cette cadre du PDCI-RDA est la 3e adjointe au maire de la commune de Ouellé et Présidente de l’Union des femmes du PDCI-Urbaine du département de Ouellé.

Nous avons adressé des questions à Dr Estelle Gisèle Kabrang pour connaître la source de cette statistique. Mais jusqu’à la mise en ligne de cet article, nos messages n’ont pas reçu de réponse. Cet article sera actualisé si nous recevons des précisions dans ce sens.

En revanche, à travers des recherches sur internet, nous avons retrouvé une déclaration similaire faite par le président du PDCI-RDA Tidjane Thiam le 31 mars 2025 :  au cours d’ une interview accordée à TV5 Monde, Thiam a affirmé que « l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans selon la Banque mondiale ». Par la suite, plusieurs médias ivoiriens et internationaux se sont fait l’écho de cette déclaration de Thiam qui avait alimenté des débats et controverses autour de l’espérance de vie en Côte d’Ivoire.

Tidjane Thiam, invité du journal Afrique sur TV5 Monde en mars 2025. (Capture d’écran)

De plus, le 5 septembre 2025, au cours d’une interview en anglais avec la célèbre société médiatique et financière américaine Bloomberg, Tidjane Thiam a de nouveau réitéré que l’espérance de vie se situe à 59 ans en Côte d’Ivoire, cette fois-ci en donnant comme année de référence 2022. « Je n’accepte pas que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire soit de près de 59 ans en 2022. J’en ai honte. Je me bats vraiment pour que les gens aient une vie décente », a-t-il affirmé. Sa déclaration a par la suite été reprise sur les réseaux sociaux.

Thiam a été exclu de la course à la présidentielle ivoirienne prévue en octobre 2025 à la suite d’une décision de justice. Le tribunal de première instance du Plateau à Abidjan a ordonné sa radiation de la liste électorale, estimant n’était plus Ivoirien au moment de son inscription en 2022. Cette décision, survenue à six mois du scrutin, a été contestée par Thiam et son parti, qui ont dénoncé une manœuvre politique.

 

Une donnée peu probante

Nos recherches documentaires ont permis de retrouver en ligne des références à une espérance de vie de 59 ans en Côte d’Ivoire, comme évoqué par des responsables du PDCI-RDA.

La plateforme statistique Statista indique, pour les années 2019 et 2020, une espérance de vie de 59 ans pour la Côte d’Ivoire. Cette même statistique pour le pays est aussi donnée par l’Université de Sherbrooke, au Canada.

Statista et Sherbrooke ont toutes les deux mentionné comme source la Banque mondiale. Mais, les données que nous avons consultées sur le site de la Banque mondiale rapportent une espérance de vie de 60 ans pour les années 2019 et 2020 en Côte d’Ivoire. La Banque mondiale cite plusieurs sources dont la Division des Nations Unies pour la population 2009 et les Perspectives relatives à la population mondiale : révision de 2008.

Cyrille Gnalega est démographe-statisticien ivoirien travaillant à l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF) de Côte d’Ivoire. Il a confirmé à la Coalition Anti Dohi que l’espérance de vie « a dépassé 59 % en Côte d’Ivoire » étant donné que cette donnée était déjà à « environ 61% en 2021 », d’après l’Agence nationale de la statistique (ANStat) de Côte d’Ivoire.

Selon Gnalega, en 2014, année où l’avant dernier Recensement général de de la population de Côte d’Ivoire (RGPH 2014) a été réalisé, l’espérance de vie était en deçà de 59 ans (NDLR: le RGPH 2014 le confirme, avec une espérance de vie à la naissance estimée à 55,8 ans en 2014).

Que disent les données les plus récentes sur l’espérance de vie en Côte d’Ivoire ?

 En effet, comme l’a signifié Cyrille Gnalega, d’après le dernier Recensement général de la population de Côte d’Ivoire réalisé en 2021 (RGPH 2021), piloté par l’ANStat, l’espérance de vie se situait à 61,2% cette année-là.

Selon les dernières données de la Banque mondiale datant de 2023, l’espérance de vie à la naissance est de 62 ans en Côte d’Ivoire pour les années 2022 et 2023.

L’ANStat précise sur son site internet qu’en 2025, l’espérance de vie est de 62,6 ans. Ce chiffre était de 62,3 en 2024.

Dans le détail, l’historique de l’espérance de vie au cours des dix dernières années s’établit comme suit, selon un document téléchargeable sur le site de l’ANStat.

Facteurs explicatifs de l’évolution de l’espérance de vie en Côte d’Ivoire

Cyrille Gnalega rappelle qu’en 2014, lorsque l’espérance de vie en Côte d’Ivoire était estimée à 59 ans ou moins (d’après les données de l’ANStat), le pays sortait tout juste d’une période de crise.

NB : De fin 2010 à avril 2011, l’élection de l’actuel président, Alassane Ouattara, alors contestée par son rival Laurent Gbagbo, avait plongé le pays dans une violente crise postélectorale qui avait secoué le pays, occasionnant d’importants troubles et quelque 3000 morts.

Le  démographe-statisticien ajoute que vers les années 2014, à cause des nombreux décès liés à la crise, les infrastructures « n’étaient pas le champ d’action des dirigeants qui étaient plus focalisés sur la gestion de la crise. Beaucoup d’actions ont été mises en stand-by ». Donc, les conditions n’étaient pas favorables à l’accroissement considérable de l’espérance de vie. Toutefois, explique Gnalega, « en 2021, la crise étant finie, les dirigeants ont eu plus de temps de pouvoir se consacrer à tout ce qui est infrastructures de santé ».

Par exemple, détaille-t-il, de nouveaux hôpitaux ont été construits et il y a également eu un regain d’activités économiques. Conséquemment, beaucoup d’indicateurs se sont améliorés, selon lui.

L’expert a par ailleurs évoqué la possibilité d’une baisse au niveau d’autres indicateurs clés tels que la prévalence du VIH Sida et du paludisme en Côte d’Ivoire. Les données disponibles confirment en effet une tendance baissière de ces deux indicateurs en Côte d’Ivoire.

Pour le VIH Sida, selon la Feuille de route nationale pour la prévention du VIH 2024 – 2026 publiée par le Ministère ivoirien de la Santé en juin 2024, on note une baisse des nouvelles infections de 66 % entre 2010 et 2022. Les décès dus au Sida étaient de 9 952 en 2022 alors qu’en 2010, le nombre de décès était de 35 000, selon une fiche d’information d’Africa Check.

Pour le paludisme, des chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) repris par la Banque mondiale rapportent l’incidence du paludisme (pour 1 000 personnes) pour la Côte d’Ivoire. Cette incidence était de 457,8 /1000 en 2010, contre 278,3/1000 en 2020, et  266,4/1000 en 2022. Selon le Programme national de lutte contre le paludisme en Côte d’Ivoire, la mortalité liée au paludisme a connu globalement une baisse sur la période 2016-2019 avec 3 340 décès enregistrés en 2016 contre 3 104 en 2019.

Conclusion : la déclaration selon laquelle l’espérance de vie est de 59 ans en Côte d’Ivoire est incorrecte

Des responsables du PDCI-RDA, notamment Tidjane Thiam et Dr Estelle Gisèle Kabrang, ont affirmé que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans. Dr Kabrang n’a pas précisé la source de cette donnée malgré nos sollicitations. De son côté, Tidjane Thiam a cité la Banque mondiale comme source lors de deux interventions médiatiques distinctes, en se référant à l’année 2022.

Les chiffres les plus récents de l’Agence nationale de statistique (ANStat) indiquent une espérance de vie à la naissance de 61,7 ans en 2022 et de 62,6 ans en 2025. Ces données officielles, plus actuelles et précises, sont nettement supérieures aux 59 ans avancés par les cadres du PDCI-RDA.

En conséquence, la déclaration selon laquelle l’espérance de vie est de 59 ans en Côte d’Ivoire est incorrecte.

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Présidentielle ivoirienne de 2025 : cette vidéo virale sur une prétendue fraude en faveur d’Alassane Ouattara est trompeuse

Une rumeur sur les réseaux sociaux prétend que le vote pour la présidentielle du 25 octobre 2025 a débuté en avance, suggérant une fraude en faveur d’Alassane Ouattara. En réalité, il s’agit d’une vidéo montrant des spécimens de bulletins utilisés à des fins pédagogiques par des militants.

Par Anderson Diédri, Eburnie Today

Dans une publication (archivée ici) faite sur Facebook le 19 octobre 2025, Oxymore de Woody un cyberactiviste proche de l’opposition ivoirienne vivant en France, a écrit : « Je vous avais dit que le RDR avait commencé à voter !!! Voilà ça oh ceux-là quoi !! il y’aura vraiment pas élection (sic) ». Oxymore de Woody est suivi par près de 315 mille comptes sur Facebook.

Le RDR (pour Rassemblement des Républicains), le parti d’Alassane Ouattara, s’est mué en Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) en 2018 avec une coalition d’autres partis politiques dont l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), le Mouvement des forces d’avenir (MFA), l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI), le Parti ivoirien des travailleurs (PIT), le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, a quitté cette coalition depuis août 2018).

La publication de Oxymore de Woody est accompagnée d’une vidéo dans laquelle on voit une dame assise, tenant un spécimen de bulletin de vote et un stylo. Cette dernière coche la case qui correspond au choix du président sortant Alassane Ouattara, candidat du RHDP. Sur les instructions d’une jeune fille, visiblement militante du RDHP, cette dernière semble apprendre comment voter pour le candidat de son choix le 25 octobre 2025, date prévue pour l’élection présidentielle ivoirienne.

Les échanges dans la vidéo sont essentiellement en malinké, une langue parlée majoritairement dans le nord de la Côte d’Ivoire. « J’ai vu maintenant », acquiesce la dame, vêtue en tissu pagne et portant un foulard sur la tête, avant de cocher la case correspondant au candidat Alassane Ouattara, devant les explications de la jeune militante, habillée d’un tee-shirt orange. Celle-ci explique : « 1, 2, 3, 4 ne sont pas dedans », faisant allusion aux autres candidats, avant de conclure : « ADO ou rien ».  Pour rappel, cinq candidats sont en lice pour la présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire.

Capture d’écran de la publication de Oxymore de Woody sur Facebook, effectuée le 22 octobre
Capture d’écran de la publication de Zone Presse sur Instagram, effectuée le 22 octobre

Vidéo virale et débat controversé

Cette vidéo est devenue rapidement virale, cumulant plus de 935 000 vues, plus de 2 200 commentaires et 2 300 partages sur Facebook à la date du 22 octobre 2025. La vidéo a été également publiée sur TikTok par le compte oxymoredewoody (archivé ici) et reprise sur Instagram par zonepresse, (archivé ici) qui se présente comme un « média indépendant » mais qui diffuse sur les réseaux sociaux des contenus plusieurs fois épinglés comme étant trompeurs.

La vidéo a créé la confusion et suscité la controverse au regard des commentaires sur la publication. En effet, sur Facebook, les internautes sont partagés. « On appelle ça apprendre à voter avec les spécimens », réagi l’un d’eux. « Maintenant pour ce que vous voyez dans la vidéo, ce sont des spécimens (ou exemplaires) de bulletins qui sont donnés à tous les candidats pour montrer à leurs électeurs comment faire le choix puisqu’il y a une manière de votre pour éviter les bulletins nuls. Evitez les propagandes inutiles », renchérit un autre. Certains soulignent que les spécimens de bulletin de vote ont toujours existé pour mieux préparer les électeurs au vote et tentent d’expliquer le processus de vote, quand un autre livre son témoignage : « Peut-être que ce sont des spécimens pour apprendre à voter aux parents. Puisque j’avais déjà participé à ces genres d’exercices dans ma région pour mieux expliquer le vote à nos parents du village ».

D’autres internautes y voient par contre une volonté de tricherie. « Arrêtez de raconter des balivernes. Le RDRHDP est un parti de FRAUDEURS », s’insurge l’un d’eux. « Oui bien vrai que c’est écrit dessus spécimens mais ce spécimen est écrit à l’arrière des photos des candidats et non pas sur les visages des candidats. Donc c’est une distraction, une tricherie déguisée… », estime un autre. « C’est interdit par le procureur, alors pourquoi le faire ? », croit savoir un autre.

De quoi s’agit-il dans cette vidéo ?

En analysant la vidéo publiée sur Facebook à l’aide de l’outil InVID, nous avons effectué une recherche inversée par image. Celle-ci nous a permis de retrouver la même séquence sur deux autres plateformes : TikTok, via le compte oxymoredewoody, et Instagram, via zonepresse, grâce au moteur de recherche visuel Google Lens. Aucun autre élément contextuel ou source complémentaire n’a été identifié pour cette vidéo. Toutefois, les étalages bien visibles en arrière-plan suggèrent que la scène a été filmée dans un marché.

Contacté par la Coalition Anti Dohi, le 20 octobre 2025, Inza Kigbafory, chef du service Communication de la Commission électorale indépendante (CEI), a déclaré à propos de cette vidéo que « ce sont des spécimens qu’on donne aux candidats pour apprendre à voter à leurs militants. Rien d’illégal ». « C’est la loi qui prescrit qu’il faut mettre à disposition des candidats des affiches et des spécimens de bulletin de vote », a-t-il ajouté.

En outre, le 7 octobre 2025, chaque candidat à l’élection présidentielle a reçu 100 000 affiches et 10 000 spécimens. À cette occasion, Ibrahime Kuibiert-Coulibaly, président de la CEI, a expliqué les objectifs de cette action. « Pour ce qui est du peuple, il faut qu’il sache à qui il va donner son pouvoir. C’est pour cette raison que l’un des objectifs de cette rencontre, c’est de remettre des affiches des candidats pour que le peuple puisse savoir qui est candidat, mettre un visage sur un nom (…) Pour éviter l’erreur sur la personne, la loi autorise donc un contact visuel entre le peuple, détenteur du pouvoir, et celui à qui il va donner son pouvoir, à travers donc ces affiches. C’est tout le sens. Donc voilà le premier objectif », fait-il observer avant de continuer : « Le deuxième objectif c’est comment je dois donner mon pouvoir à celui que j’aurais choisi, c’est comment voter. Voilà pourquoi en plus des affiches, on vous remet un spécimen de bulletin pour que vous alliez vers la population, candidat que vous êtes, leur apprendre à voter ».

Capture d’écran d’un spécimen de bulletin de vote sur le site Abidjan.net, effectuée le 22 octobre

Ce que dit la loi électorale

Sur la base de l’ordonnance n° 2020-356 du 08 avril 2020 portant révision du code électoral, plusieurs décrets ont été pris le 30 juillet 2025 fixant notamment la date du premier tour de l’élection présidentielle au samedi 25 octobre 2025 sur le territoire ivoirien et à l’étranger, la période de campagne électorale allant du 10 au 23 octobre 2025 et les spécifications techniques des affiches et bulletins de vote. En tout cas, « il est interdit d’apposer des affiches, de signer, d’envoyer ou de distribuer des bulletins de vote, circulaires ou professions de foi dans l’intérêt d’un candidat ou liste de candidats en dehors de la période réglementaire de campagne », stipule l’article 31 du code électoral.

L’article 22 du code électoral indique : « l’Etat prend à sa charge le coût d’impression des affiches, des enveloppes et des bulletins uniques de vote, les frais d’expédition de ces documents, ainsi que tous les frais relatifs aux opérations de vote. Les spécifications techniques ainsi que le nombre des affiches, enveloppes et bulletins de vote sont fixées par décret en Conseil des ministres sur proposition de la Commission chargée des élections ».

Interrogée sur les dispositions qui fondent la distribution de spécimens aux candidats, la CEI nous a renvoyé au décret n° 2025-654 du 30 juillet 2025 définissant les spécifications techniques des matériels et documents électoraux et déterminant le nombre des affiches et des bulletins de vote. Ce décret précise en son article 2 que « pour l’élection présidentielle, les élections parlementaires et les élections locales, le nombre de bulletins de vote, par bureau de vote, est égal au nombre d’électeurs figurant sur la liste d’émargement du bureau de vote, majoré de 10 %. Le nombre d’affiches électorales est le suivant : 100 000 exemplaires par candidat pour chaque tour pour l’élection du président de la république, 300 exemplaires par candidat pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale, 300 exemplaires par candidat pour l’élection des sénateurs, 300 exemplaires par candidat pour les élections locales ».

À l’analyse, la distribution de spécimens aux candidats pour sensibiliser les électeurs n’est pas explicitement mentionnée. C’est d’ailleurs ce que souligne Athena Yapi, juriste au département juridique, genre et cohésion sociale à l’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (OIDH). « Après lecture de cet article 2, je ne vois pas de façon expresse qu’il a été mentionné les spécimens. Donc pour moi, il y a un vide juridique (…) Du coup, il y a un problème. Il faut peut-être légiférer en la matière, prendre une circulaire ou bien essayer d’amender cet article 2 et introduire là-dedans une clause qui fait référence aux spécimens pour pouvoir essayer de lever tout équivoque concernant cette situation », fait-elle observer.

La chargée de programme à l’OIDH suggère de renforcer la sensibilisation à travers la Commission électorale indépendante, mais aussi bien les partis politiques que les organisations de la société civile pour expliquer aux populations « c’est quoi un spécimen, à quoi ça sert et quelle est la différence entre un spécimen et le bulletin de vote ».

Athena Yapi rappelle que lors des élections présidentielles de 2020, une situation similaire s’était présentée à Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire. Une publication sur Facebook montrant des personnes avec des spécimens en leur possession avait suffi à certains pour conclure qu’il s’agissait de fraude. Lors de son monitoring, l’OIDH avait à l’époque expliqué qu’il s’agissait en réalité de spécimens de bulletins de vote. C’est ce même débat qui revient aujourd’hui encore. « C’est dire que c’est quelque chose qui est récurrent, donc il faut faire attention. Il faut vraiment mettre l’accent dessus pour qu’on puisse essayer de lever tout quiproquo concernant les spécimens », recommande-t-elle.

Une pratique habituelle

Dans les faits, la distribution de spécimens est une pratique habituelle à chaque élection. Ainsi, la Commission électorale indépendante a procédé le 7 octobre 2025, à la remise des spécimens de bulletins de vote et des affiches de campagne aux représentants des cinq candidats que sont Alassane Ouattara, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello, Henriette Lagou et Jean-Louis Billon.

Ce fut également le cas lors de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Les représentants des candidats Alassane Ouattara et Bertin Konan Kouadio avaient réceptionné le 9 octobre 2020 ces documents, les candidats Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan, également figurant parmi les quatre candidats retenus pour l’élection par le Conseil constitutionnel, ayant boycotté le scrutin.

Ces spécimens de bulletins de vote avaient été également distribués le 6 octobre 2015 aux 10 candidats ou à leurs représentants lors de l’élection présidentielle du 25 octobre 2015 et aussi le 7 octobre 2010 aux 14 candidats retenus pour l’élection présidentielle de 2010.

En résumé, la distribution de spécimens de bulletins de vote aux candidats est une pratique habituelle lors des élections présidentielles en Côte d’Ivoire. La vidéo virale qui laisse croire à une fraude électorale en faveur du pouvoir est donc trompeuse. Il s’agit en réalité de spécimens de bulletins de vote utilisés par les candidats pour sensibiliser et former leurs électeurs au bon déroulement du vote.

Cet article a été réalisé par le média ivoirien Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.

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Article Fake News Virales (réseaux sociaux, WhatsApp, etc.)

Faux, le président Ouattara n’accorde aucune subvention de 85.000 FCFA aux citoyens

Source : Radio Canada

VERDICT ET COTE DE FIABILITÉ

Faux : Cette information est une arnaque et lien fourni conduit à un site permettant de capter les données personnelles.  Le site s’affiche aucune données officielles en lien avec la présidence de la république ou l’État de Côte d’Ivoire

Par Fabrice KONANDRI


FAIT

Une fausse information diffusée sur internet invite les populations a soumissionné via un lien à un fonds de développement pour l’octroi d’une subvention de 85.000 FCFA.


ANALYSE

La publication circule sur internet annonçant un fonds de développement 2025 du président Alassane Ouattara qui octroie une subvention de 85.000 FCFA.  Sur cette page, les commentaires enregistrés encouragent les internautes à s’inscrire en poursuivant leur inscription.

Capture de message sur WhatsApp avec le lien suspect

Cette publication est une arnaque visant à appater la frange de la population en quête de gain facile. Elle vise à subtiliser les données personnelles des souscripteurs.


VÉRIFICATIONS DES FAITS (MÉTHODOLOGIE)

La publication est faite sur une page anonyme. Il est écrit : “ Bonjour!
Bienvenue à SUBVENTION DU FONDS DE DEVELOPPEMENT 2025 DU PRESIDENT ALASSANE OUTTARA DE 85 000 CFA POUR LES CITOYENS, pour favoriser le développement cette année, le PRÉSIDENT ALASSANE OUTTARA distribue 85 000 CFA.
Répondez aux questions ci-dessous pour réclamer Prix en espèces de 85 000 CFA”.

Capture d’écran de la publication

La page ne comporte aucune mention officielle. Le lien proposé ne ramène à aucune plateforme officielle de l’Etat de Côte d’Ivoire. Ni de la présidence de la République, facebook, ni de la  page officielle du président Alassane Ouattara. Une vérification du site officiel de l’Agence l’emploi jeune en Côte d’Ivoire ne donne aucune information de cette nature ainsi que la page officielle du ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’insertion Professionnelle et du Service Civique.

Des commentaires sur cette page pour renforcer l’arnaque

Une fausse information de la même nature a circulé en début d’année.


CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Cette prétendue annonce est une tromperie destinée à induire les utilisateurs en erreur. Le gouvernement ivoirien n’a fait aucune déclaration officielle concernant une subvention de ce genre.


Conseils  aux lecteurs :
– N’ouvrez pas le lien douteux. Il est probablement malveillant.
– Ne relayez pas cette publication mensongère à votre entourage.
– Vérifiez toujours les informations concernant les aides ou programmes sociaux directement sur les plateformes officielles de l’État
– Signalez cette fausse nouvelle aux organismes appropriés ainsi qu’aux réseaux sociaux concernés.

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Article Rapports d’analyse des tendances

Présidentielle ivoirienne de 2025 : du rôle des médias ivoiriens contre la désinformation

La désinformation constitue un enjeu critique à l’approche des élections d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire, notamment en raison de sa propagation rapide sur les réseaux sociaux. Pour prévenir les risques de tensions et de violences, plusieurs initiatives ont été mises en place afin de former et sensibiliser les citoyens, ainsi que les professionnels des médias, acteurs essentiels dans la chaîne de l’information.


Traoré Bakary & Martine Zogbé – Eburnie Today


Depuis près d’une dizaine d’années, l’écosystème informationnel de la Côte d’Ivoire fait face à au moins deux types de menaces. Les manipulations domestiques de l’information et les manipulations étrangères de l’information (FIMI). La première est essentiellement menée par des acteurs se présentant comme des influenceurs proches des chapelles politiques et la seconde est orchestrée principalement par des pages et comptes localisés en dehors de la Côte d’Ivoire, notamment dans des pays voisins  (1, 2, 3).


Ces deux menaces ont poussé les autorités ivoiriennes à accentuer la lutte contre la désinformation à travers une vaste campagne nationale de sensibilisation dénommée En ligne tous responsables et un renforcement du cadre législatif à travers l’article 65 de la loi n°2013-451 sur la cybercriminalité et l’article 372 du Code pénal ivoirien, qui prévoient des sanctions allant de six mois à deux ans d’emprisonnement et une amende d’un à cinq millions de francs CFA pour la diffusion de fausses informations.


En dépit de cette offensive portée par le gouvernement et ses partenaires dont l’Ambassade des Etats Unis en Côte d’Ivoire et l’Union Européenne, force est de constater que le phénomène des fausses informations mêlé aux discours de haine gagne en puissance notamment dans le contexte électoral.


« Il y a une tendance accrue de la désinformation notamment sur les réseaux sociaux et cela constitue un défi important pour les médias ivoiriens dans le contexte électoral. Il s’agit du défi de la rigueur dans le traitement et la diffusion de l’information pour contrer les fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux », a souligné Alafé Wakili, commissaire général de Abidjan Media Forum 2025.


Lors d’une brève interview accordée Eburnie Today, le 18 septembre 2025 durant le forum, il a rappelé l’impact de la désinformation et ses dangers pour la stabilité d’un processus électoral. Il s’agit, entre autres, « de la crise de confiance envers les institutions, le trouble à l’ordre public, les offenses aux hommes politiques et au chef de l’Etat ou l’instauration d’un climat de panique ».


Créer la psychose et l’inquiétude


La désinformation en période électorale ivoirienne se manifeste souvent par de fausses déclarations, des images et vidéos sorties de leur contexte, des rumeurs anxiogènes (enlèvement d’homme politique), de faux contenus médiatiques ou des publications mensongères sur la santé des candidats à la présidentielle.. L’intelligence artificielle (IA) est également de plus en plus utilisée pour créer des contenus trompeurs.


Des rumeurs sur l’arrivée de 700 militaires français en Côte d’Ivoire pour sécuriser les élections, sur un affrontement entre partisans d’Alassane Ouattara et de Tidjane Thiam ou encore sur l’ingérence de la France dans les élections ivoiriennes sont autant d’exemples diffusés pour créer l’inquiétude et la confusion autour de la présidentielle. Ces fausses informations circulent dans le même écosystème que les informations crédibles partagées par les médias. Dans ce contexte, comment arriver à distinguer la vraie information de la fausse ?


« Il faut tout simplement que les journalistes apprennent à certifier l’information : j’entends par certifier l’information proposer une information vraie, sourcée, crédible et capable d’être vérifiée par le citoyen. La prolifération des fake-news sonne l’heure de gloire du journalisme professionnel qui permet aux hommes de médias de se distinguer des autres faiseurs d’information qui aujourd’hui pullulent sur internet », explique Alain Ahimou, journaliste indépendant et fondateur du média citoyen Micro Libre.


Alain Ahimou reste convaincu que la désinformation en période électorale ne cible pas seulement les populations : elle cible aussi et surtout les journalistes et les médias. « Si un homme politique veut vendre du faux aux électeurs, l’une des manières de rendre crédible sa politique de manipulation de l’information c’est de la faire endosser par des médias. Le journaliste, pour des raisons partisanes ou économiques, devient un relai de la fausse information », soutient le journaliste.


Le professionnel des médias, désormais ciblé par la désinformation, doit éviter de se faire prendre aux pièges de la manipulation car des contenus faux diffusés par les médias peuvent être lourds de conséquences lors d’un processus électoral. Cela est encore plus vrai dans un pays comme la Côte d’Ivoire où la presse, politiquement marquée, a contribué à exacerber les tensions comme le rappelle Dr Waliyu Karimu dans sa thèse « Pacifier la presse écrite en Côte d’Ivoire. Analyse de deux décennies de tentatives de professionnalisation des quotidiens ivoiriens depuis 1990 ».


« L’un des premiers pièges que les professionnels des médias doivent éviter est celui de la rapidité dans le traitement de l’information. Le piège de vouloir être le premier à diffuser l’information, la course au scoop. Il faut prendre le temps de bien vérifier les informations, de les recouper et de les sourcer avant de les diffuser », précise Dr David Youant, enseignant-chercheur en journalisme et patron du groupe de presse Alerte-info.


La précipitation dans le traitement de l’information s’est de nouveau matérialisée lors d’un dossier judiciaire impliquant un cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), le 1er octobre 2025. Alors que plusieurs sites d’information en ligne avaient annoncé l’arrestation et la mise sous mandat de dépôt d’Odette Lorougnon pour propos xénophobes, le ministère ivoirien de la Justice et des droits de l’homme a démenti l’information.

le site l’infodrome a retiré son article relatif à Odette Lorougnon

Le bureau du procureur a même émis un communiqué contredisant les médias trop pressés et précisant que le cadre du PPA-CI a plutôt été placé sous contrôle judiciaire.

Veille et formation pour contrer les fausses informations


Les deux institutions chargées du monitoring des médias ivoiriens, conscientes des dérives liées aux fausses informations ont décidé de renforcer le monitoring des médias et de miser sur la formation. L’Autorité nationale de la presse (ANP) et la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) travaillent à assainir le milieu des médias notamment face à la menace des fausses informations. L’ANP a lancé l’application « J’alerte ANP.CI ».


« C’est un outil de veille citoyenne. Un dispositif qui permet à chaque lecteur de presse de signaler d’éventuelles transgressions aux règles éthiques et déontologiques du métier. Une information inexacte ou déséquilibrée, un propos haineux ou discriminant, une image choquante, une information qui porte atteinte à la vie privée, une image non floutée qui viole la présomption d’innocence ou les droits d’auteur. En quelques clics, le lecteur pourra alerter le régulateur de manière structurée et responsable », a expliqué Koné Samba, président de l’ANP.


Cette veille citoyenne s’impose car en 2024, l’ANP a enregistré vingt-sept (27) saisines contre trente-quatre (34) saisines en 2023 pour des faits d’atteinte à l’image et à l’honorabilité, fausse information, déséquilibre de l’information ou atteinte à la confraternité. « Avec toutes ces dérives que nous observons, ces chiffres pourraient être à la hausse pour la presse d’où la nécessité de mieux former les journalistes pour comprendre les enjeux de l’information en période électorale » propose Alain Ahimou. Le journaliste indique « qu’en l’absence d’une initiative de monitoring des réseaux sociaux, le nombre de cas de discours de haine, de désinformation et d’atteinte à l’image et à l’honorabilité des acteurs politique risque d’être élevé mais restera inconnu ».


La formation, c’est justement la stratégie utilisée par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) pour améliorer la qualité des contenus des médias et lutter contre la désinformation. À travers le projet sur « Le traitement de l’information par les radios privées non commerciales en période électorale », l’institution veut aider les acteurs des médias à produire des contenus équilibrés tout en garantissant un accès gratuit aux médias publics pour les partis politiques. En s’associant à des structures comme la Commission Electorale Indépendante (CEI) et l’entreprise Meta (Facebook, Instagram et WhatsApp), la HACA veut encourager une meilleure modération des réseaux sociaux, une bonne régulation des médias et accompagner un journalisme responsable en période électorale qui évite le piège de la désinformation.

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DÉCRYPTAGE : comprendre le taux de chômage polémique de 2,3 % en Côte d’Ivoire

Dans une émission diffusée le 17 août 2025, le PDCI, un des principaux partis politiques ivoiriens, remet en cause le taux officiel de chômage en Côte d’Ivoire jugé peu crédible face à la réalité du terrain. Cet article étudie en détail la méthodologie de cette statistique controversée.

Azil Momar Lô, Africa Check


Le 17 août 2025, le PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain) a partagé sur ses réseaux sociaux l’émission Autrement politique, diffusée sur sa chaîne YouTube PDCI TV.

Dans cette émission, Dr Osman Chérif, le secrétaire national aux affaires extérieures de la jeunesse urbaine du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (JPDCI), a exprimé des doutes sur le taux de chômage annoncé à « 2,6 % en Côte d’Ivoire ». Il a remis en question la méthode utilisée pour calculer ce chiffre, estimant qu’elle ne respecte pas les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT), et a jugé ce taux trop bas au regard du chômage croissant dans le pays.

Dans ladite vidéo, également relayée sur X par Tidjane Thiam le président du PDCI-RDA, plusieurs cadres de cette formation politique s’expriment sur la vie politique en Côte d’Ivoire et les enjeux de la présidentielle du 25 octobre 2025.

Ce débat offre à la Coalition Anti Dohi l’occasion d’analyser en profondeur le taux de chômage en Côte d’Ivoire. Cet article examine sa méthodologie, les normes statistiques en jeu, les recommandations de l’OIT, et propose des comparaisons avec d’autres pays africains.

Quelle est la définition du chômage en Côte d’Ivoire?

Dans un courrier électronique adressé à la Coalition Anti Dohi, l’Agence nationale de la statistique (ANStat) de Côte d’Ivoire a indiqué que la méthodologie nationale ivoirienne est alignée sur les normes internationales du Bureau International du Travail (BIT), telles qu’adoptées lors des 19e et 21e Conférences Internationales des Statisticiens du Travail (CIST). Le BIT assure le secrétariat de l’Organisation internationale du travail (OIT).

D’après l’ANStat, « en Côte d’Ivoire, une personne est considérée comme étant au chômage si elle remplit simultanément les conditions suivantes relatives à :
– l’âge (avoir au moins 16 ans, conformément au Code du travail du 20 juillet 2015, qui fixe l’âge légal d’admission au travail);
– l’absence d’emploi (ne pas avoir travaillé contre rémunération ou gain au cours des 7 jours précédant l’enquête);
– la recherche active (avoir entrepris des démarches de recherche d’emploi);
et la disponibilité (être disponible pour occuper un emploi dans les 15 jours qui suivent l’enquête si une opportunité se présentait) ».

Ces explications de l’ANStat sont confirmées par le BIT qui souligne, par ailleurs, qu’il s’agit de la définition internationale stricte, et la Côte d’Ivoire applique les normes les plus récentes, qui sont également utilisées par son office national de statistique.

En résumé, la Côte d’Ivoire et le BIT appliquent une définition stricte internationale du chômage qui met l’accent sur des critères tels que l’absence d’emploi et la recherche active d’emploi par le chômeur, entre autres. Cette définition obéit aux normes les plus récentes adoptées par le BIT.

À l’instar de la Côte d’Ivoire, d’autres pays ouest africains tels que le Mali et le Niger, mettent aussi en pratique cette définition du chômage selon les normes de l’OIT.

D’autres pays africains comme le Sénégal, bien que s’alignant sur ces normes, indiquent que « cette définition standard du chômage, qui met l’accent sur le critère de recherche de travail pourrait s’avérer restrictive dans des pays où les moyens conventionnels de recherche de travail sont peu appropriés et le marché du travail largement inorganisé ». En effet, au Sénégal, le taux de chômage (élargi) est appliqué à une composante de la main-d’œuvre potentielle. Ainsi, « les personnes sans emploi, qui sont disponibles, mais ne recherchent pas un emploi pour certaines raisons jugées indépendantes de leur volonté sont comptées parmi les chômeurs », expliquait l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) du Sénégal dans un article d’Africa Check daté de 2021.

En Afrique du Sud, la méthodologie de calcul du taux de chômage prend en compte les personnes découragées dans la recherche d’un emploi.

Le taux de chômage en Côte d’Ivoire dans le détail

En Côte d’Ivoire, l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM 2021-2022), dont la collecte des données s’est réalisée de novembre 2021 à juillet 2022, est l’étude la plus récente selon l’ANStat. L’Enquête Nationale sur l’Emploi (ENE), démarrée en 2024 dans le cadre de la Réforme du dispositif de production, d’analyse et de diffusion des statistiques sur l’emploi étaient toujours en cours et ses premiers résultats officiels n’avaient pas encore été publiés au moment de la mise en ligne de cet article, d’après les informations reçues de l’ANStat.

L’EHCVM 2021-2022 rapporte ainsi des taux de chômage de 3,1% en 2019 contre 3,4 % en 2018. La taille de l’échantillon a été fixée à 13 008 ménages, légèrement supérieure à celle de l’ENV 2015 qui était de 12 900 ménages, lit-on dans l’étude.

Si au niveau national ivoirien les derniers chiffres sont ceux de l’EHCVM 2021-2022, les chiffres plus récents provenant d’ILOSTAT, la base de données du BIT sur le travail, rapportent des taux plus bas : 2,6 % en 2021 et 2,3 % en 2022.

La statistique de 2,6 % en 2021 correspond à celle mentionnée par le cadre du PDCI Dr Osman Chérif se référait. Contacté par la Coalition Anti Dohi à propos de la source de ce chiffre qu’il a mentionnée, Osman Chérif a suggéré de vérifier sur les pages officielles du gouvernement.
Nous n’avons pas retrouvé un taux de chômage de 2,6 % émanant directement du gouvernement ivoirien. Mais, en plus des données du BIT mentionnées plus haut, un document d’UMOA-Titres indique également un taux de chômage de 2,6 % en 2015, 2016 et 2017.

Pour les années précédentes, ILOSTAT rapporte des taux de chômage de 2,9 % en 2019 et 3,2 % en 2017.

L’ANStat, qui confirme ces chiffres tirés de la base de données du BIT, explique que le taux de chômage publié par ILOSTAT pour l’année 2022 (2,3 %) « repose sur les microdonnées produites par l’ANStat à partir de l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM 2021-2022) ». L’agence statistique ivoirienne juge les statistiques du BIT correctes et comparables aux siennes, mais renseigne qu’« à des fins d’harmonisation internationale, le BIT utilise comme population de référence les 15 ans et plus, tandis que la Côte d’Ivoire retient les 16 ans et plus, conformément à son cadre légal ».

Que renseigne un taux de chômage si bas et comment l’interpréter ?

Selon les normes internationales définies par le BIT, le taux de chômage est la part des personnes au chômage en pourcentage de la main-d’œuvre. En détail, cela signifie que les chômeurs comprennent toutes les personnes en âge de travailler qui étaient sans travail au cours de la période de référence ( c’est-à-dire qui n’avaient pas d’emploi salarié ou indépendant), qui sont actuellement disponibles pour travailler et qui sont à la recherche d’un emploi. Cette définition est donc celle du « taux chômage au sens strict du BIT ». Elle est notamment appliquée par la Côte d’Ivoire ainsi que par le Mali et le Niger.

Par contre, en plus du taux de taux de chômage strict, d’autres pays africains à l’image du Sénégal et l’Afrique du Sud, ont également introduit le concept de « taux de chômage au sens élargi », un indicateur produit en même temps que le taux de chômage strict pour capter une meilleure réalité du marché de l’emploi. En effet, les pays qui ont adopté le taux de chômage élargi trouvent que le critère de « recherche de travail » qui caractérise le taux de chômage strict est considéré comme restrictif dans des pays africains où les moyens conventionnels de recherche de travail sont peu appropriés et le marché du travail largement inorganisé. Au Sénégal, par exemple, le taux de chômage (élargi) est appliqué à une composante de la main-d’œuvre potentielle. Les personnes sans emploi, qui sont disponibles, mais ne recherchent pas un emploi pour certaines raisons jugées indépendantes de leur volonté sont comptées parmi les chômeurs. En Afrique du Sud, les chômeurs découragés dans la recherche d’un emploi sont également comptabilisés parmi les chômeurs, dans le but de mesurer la population sans emploi dans une plus grande représentativité.

Nos recherches de données portant sur le taux de chômage élargi en Côte d’Ivoire ont été infructueuses. L’essentiel des études et rapports disponibles sur internet ne mentionnent que des données relatives au taux de chômage au sens strict (du BIT). Nous avons également interrogé l’ANStat à ce propos, sans réponse.


Nous avons remarqué qu’il y a plus de 10 ans, en 2014, le gouvernement ivoirien a communiqué à la fois sur le taux de chômage au sens du BIT et le taux de chômage au sens large. En effet, à travers un communiqué du conseil des ministres du 17 décembre 2014, le gouvernement expliquait que le taux de chômage au sens du BIT, qui ressortait à 5,3 %, n’appréhendait pas pleinement la réalité du chômage, et que des mesures encore plus efficaces étaient nécessaires.

Pour ce faire, le gouvernement avait annoncé qu’une étude (L’enquête nationale sur la situation de l’emploi initiée par le Gouvernement en 2012) serait introduite « pour permettre au gouvernement d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie efficace en matière d’emploi, (…) à la lumière de certaines réalités sociologiques de notre pays ». Ainsi, ce taux de chômage de 5,3 % en 2014 selon les standards internationaux « ressortirait à 9,4 % après l’extension de la définition internationale aux chômeurs qui ne sont pas en recherche active d’un emploi, et à 26,5 % après la prise en compte de cette dernière catégorie et des travailleurs en situation de sous-emploi », explique le communiqué.

Mais, aujourd’hui, selon nos constats, seul le taux de chômage au sens strict basé sur les standards internationaux est communiqué.

À l’image de la Côte d’Ivoire, le taux de chômage élargi n’est pas usité au Mali, comme le démontre une analyse du média malien La Voix de Mopti sur le taux de chômage (2,4% en 2024). En effet, comme la Côte d’Ivoire, le Mali adopte une définition standard du chômage aux normes du BIT, laissant de côté plusieurs catégories : les travailleurs découragés qui ne cherchent plus d’emploi, les personnes sous-employées ou en situation de précarité, celles engagées dans l’informel sans réelle sécurité ni revenu stable, souligne La Voix de Mopti.

En revanche, pour le cas du Sénégal, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) évalue le taux de chômage (élargi) à 21,9 % au quatrième trimestre de 2022, alors que le taux de chômage au sens strict du BIT est ressorti à 3,9 % à la même période. Pour l’année 2023, le taux de chômage (élargi) est évalué à 22,3 % tandis que le taux de chômage au sens strict du BIT est ressorti à 5 % à la même période. Au quatrième trimestre de l’année 2024, le taux de chômage (élargi) est estimé à 20 % tandis qu’ au sens strict du BIT, il est ressorti à un taux de 5,6 %. Pour le deuxième trimestre de l’année 2025, le taux de chômage (élargi) a atteint 19 %. Au sens strict du BIT, le chômage est ressorti à 3,2 % sous revue.

Pour l’Afrique du Sud également, dont la méthodologie de calcul du taux de chômage prend en compte les personnes découragées dans la recherche d’un emploi, le taux de chômage a atteint 33,2 % au deuxième trimestre de 2025.

Interpréter le taux de chômage avec prudence dans le contexte ivoirien et africain

Au sujet de l’interprétation du taux de chômage en Côte d’Ivoire, le BIT a expliqué à la Coalition Anti Dohi que la donnée de 2,3 % (taux de chômage de 2022) doit être interprétée avec prudence dans le contexte ivoirien et africain plus largement. « Il est important de souligner que les taux de chômage dans les pays à faible et moyen revenu semblent souvent faibles parce que de nombreuses personnes n’ont pas les moyens de rester au chômage (au sens strict du terme). Elles acceptent donc n’importe quel emploi disponible, souvent informel et peu rémunéré. C’est pourquoi la Côte d’Ivoire affiche un taux de chômage de 2,3 %, alors que les défis plus larges du marché du travail, tels que le niveau élevé d’informalité et la pauvreté au travail, restent importants ».

Le BIT souligne également que les pourcentages plus élevés parfois cités dans les médias, que ce soit pour la Côte d’Ivoire ou pour les autres pays africains, « reflètent généralement soit des définitions différentes du chômage, soit des mesures plus larges du chômage et du sous-emploi ».

Ainsi, pour avoir une image plus complète de la situation, « des indicateurs tels que l’informalité, la pauvreté au travail et le sous-emploi sont souvent plus révélateurs dans le contexte ouest-africain. Par exemple, la Côte d’Ivoire et ses voisins ont tous des taux d’emploi informel très élevés, ce qui illustre mieux les défis de l’emploi dans la région », note le BIT.

Une guerre communicationnelle autour du taux de chômage

Germain Kramo est Docteur en économie et enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan.

Selon lui, l’utilisation de l’indicateur du taux de chômage en Côte d’Ivoire « dépend de celui qui utilise la donnée ». Pour lui, il peut arriver que les personnes ou entités qui parlent de l’indicateur choisissent volontairement de se référer soit au taux de chômage au sens strict, soit au taux de chômage au sens large.

Note de la Coalition : Comme précisé plus haut, nos recherches n’ont trouvé aucun résultat sur le taux de chômage élargi en Côte d’Ivoire. Nos questions adressées à Dr Kramo dans ce sens n’ont pas reçu de réponse non plus. Cet article sera mis à jour si nous trouvons des éléments de réponse dans ce sens.

« Quand c’est le gouvernement, explique Dr Kramo, il communique plus avec le taux de chômage au sens strict. Quand l’opposition veut communiquer, elle préfère utiliser le taux de chômage au sens large pour montrer que le gouvernement n’a pas fait grand-chose en matière d’emploi ». Le taux de chômage faible relayé par les médias, poursuit-il, n’est autre que la communication officielle parce que le gouvernement préfère communiquer avec le taux de chômage au sens strict. « Cela lui permet d’avoir des arguments pour montrer ce qu’il a fait dans le domaine de la lutte contre le chômage ».

Dr Kramo estime que les deux taux de chômage (taux de chômage au sens strict et taux de chômage au sens large) sont valables. « Tout dépend de l’explication qu’on veut donner. La méthodologie du taux de chômage au sens strict n’est pas la méthodologie du gouvernement ivoirien mais plutôt celle du BIT. Le gouvernement ne fait donc que s’appuyer sur le taux de chômage au sens strict ». Mais, étant donné que l’Afrique est composée « d’économies où l’informalité est très élevée, si l’on reconnaît que plus de 90% des emplois sont informels (NDLR, la Côte d’Ivoire a enregistré des taux d’emploi informels de 93,6 % en 2016, 91,9 % en 2017 et 89,2 % en 2019), raisonner au sens strict devient plus ou moins problématique ».

Il est nécessaire, selon lui, de tenir compte des vulnérabilités de l’emploi pour étudier la question du chômage dans sa globalité.


Cet article a été réalisé par Africa Check membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.

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La carte d’identité pour mineur est-elle synonyme de droit de vote en Côte d’Ivoire ?

Une vidéo virale montre des enfants exhibant leur carte nationale d’identité ivoirienne, suscitant des spéculations sur leur éventuelle participation à la présidentielle d’octobre 2025. Or, en Côte d’Ivoire, le droit de vote n’est accordé qu’à partir de 18 ans, et posséder une CNI ne suffit pas pour voter. Décryptage
Martine Zogbé & Traoré Bakary, Eburnie Today

La vidéo, qui circule sur TikTok et Facebook, est longue d’une quinzaine de secondes. Sur les images, on peut voir trois enfants tenir une carte nationale d’identité ivoirienne. La personne qui s’exprime dans la vidéo se présente comme la sœur aînée des trois enfants visibles dans la vidéo. Toute joyeuse, elle affirme en dioula (ethnie parlée en Côte d’Ivoire) que ses petits frères et sa petite sœur ont pu avoir leurs cartes nationales d’identité ivoirienne (CNI).
Un internaute qui partage la vidéo sur TikTok s’étonne que des enfants (mineurs) puissent avoir une CNI. Dans une publication Facebook reprenant la même vidéo, l’auteur du post a inscrit deux phrases sur les images de la vidéo : « vous dites quoi de ça des mineurs on une pièce d’identité CNI (sic) » puis « c’es pour cette raison que MR kubier refuse de faire la RLE (sic) ».

La RLE ou Révision de la liste électorale est une opération visant à réaliser le toilettage de la liste électorale en Côte d’Ivoire. Les partis de l’opposition ivoirienne avaient demandé une révision de la liste avant l’élection présidentielle d’octobre 2025. Le président de la Commission électorale indépendante (CEI) de Côte d’Ivoire, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a indiqué qu’une telle opération était impossible.


« Vous constaterez aisément avec moi qu’une opération de révision, mise à jour, comporte en moyenne 6 à 7 mois d’opération. Vous comprenez donc l’impossibilité de conduire une autre opération de révision de la liste électorale au risque de compromettre la tenue de l’élection du président de la République à la date constitutionnelle », avait indiqué Coulibaly-Kuibiert, le 2 juin 2025, lors d’une conférence de presse.


Selon l’internaute qui a partagé la vidéo sur Facebook, le refus d’organiser la révision de la liste électorale est une manœuvre du président de la CEI pour camoufler des anomalies comme la présence d’enfants (mineurs) sur la liste électorale. D’ailleurs dans les nombreux commentaires laissés par des internautes, plusieurs soutiennent que ces mineurs détenteurs de la CNI iront voter lors de la prochaine présidentielle.

Pour d’autres, il est impossible pour des mineurs d’avoir une carte nationale d’identité ivoirienne (CNI). Ces derniers estiment que la carte que les enfants ont présenté dans la vidéo est une carte CMU (Couverture maladie universelle).
Afin de déterminer si le document présenté dans la vidéo est bien une carte nationale d’identité (CNI) et non une carte CMU (Couverture maladie universelle), nous réalisons une comparaison des deux documents.
La couleur de la CNI ivoirienne est d’un vert pâle avec aux centre un dégradé orange. La carte porte le drapeau de la Côte d’Ivoire dans le coin supérieur droit. A l’opposé, la carte CMU est d’un vert et d’un orange plus foncé. Le logo de la CNAM est utilisé comme un motif distinctif sur toute la carte ; tantôt visible en orange tantôt en vert. Contrairement à la CNI, la carte CMU porte les armoiries de la Côte d’Ivoire dans le coin supérieur gauche et le drapeau dans le coin supérieur droit. La carte visible dans la vidéo est bien une CNI ivoirienne.

La carte CMU (en haut) et la CNI ivoirienne (en bas)


En Côte d’Ivoire, un mineur peut disposer d’une carte nationale d’identité


Contrairement aux idées reçues, la Côte d’Ivoire fait partie des pays africains qui autorisent les mineurs à posséder une carte nationale d’identité (CNI). Cela est possible depuis l’adoption de la loi n°2019-566 du 26 juin 2019 instituant une carte nationale d’identité biométrique. « La carte nationale d’identité biométrique est obligatoire pour tout ivoirien âgé d’au moins seize ans. Elle peut être délivrée aux citoyens ivoiriens figés d’au moins cinq ans », indique le texte de loi en son article 3. L’Office National de l’Etat Civil et de l’Identification de Côte d’Ivoire (ONECI) mène des campagnes d’information pour le rappeler aux parents souhaitant faire établir une CNI à leurs enfants.


« Aujourd’hui, nous avons fait en sorte qu’à partir de 5 ans, on puisse bénéficier d’une carte nationale d’identité, parce qu’à cet âge, la biométrie de l’individu n’évolue plus. La carte d’identité, qu’il s’agisse de la carte de résident ou de la carte nationale d’identité, intègre des composants électroniques qui facilitent la numérisation de l’identité et l’accès aux services digitaux », a précisé Christian Kodia Ago, directeur général de l’ONECI dans une interview.


La CNI ne confère pas le droit de vote


Cependant, la CNI pour les mineurs ne leur donne pas le droit de vote. En Côte d’Ivoire, les conditions pour être électeur sont clairement définies par la loi et affirmées dans le code électoral. L’électeur doit être de nationalité ivoirienne, être majeur (l’âge minimum pour voter est de 18 ans), jouir de ses droits civils et politiques et être inscrit sur la liste électorale.


« Sont électeurs les Ivoiriens des deux sexes et les personnes ayant acquis la nationalité ivoirienne soit par naturalisation soit par mariage, âgés de dix-huit ans accomplis, inscrits sur une liste électorale, jouissant de leurs droits civils et politiques et ne se trouvant dans aucun des cas d’incapacité prévus par la loi. Les personnes visées à l’alinéa précédent, vivant à l’étranger et immatriculées dans une représentation diplomatique ou consulaire, peuvent prendre part à l’élection du Président de la République selon les modalités fixées par décret en Conseil des ministres, sur proposition de la Commission chargée des élections », d’après l’article 3 du code électoral.


Les mineurs ne peuvent donc pas être inscrits sur la liste des électeurs même s’ils possèdent la carte nationale d’identité (CNI). Les majeurs ayant une carte nationale d’identité n’ont pas également de facto le droit d’accéder à un bureau de vote. Seuls les Ivoiriens inscrits sur la liste électorale peuvent voter sur présentation de la carte d’électeur. Les cartes d’électeur sont délivrées « à tout électeur inscrit sur la liste électorale » (article 14 du code) et « sont délivrées aux intéressés sur présentation d’une pièce d’identité » (article 15 du code).


La Carte nationale d’Identité ivoirienne est un document biométrique d’identification officiel que tout ivoirien peut posséder dès l’âge d’au moins 5 ans. Ce document administratif officiel ne garantit pas le droit de vote à son détenteur. En Côte d’Ivoire seuls les Ivoiriens âgés de dix-huit ans accomplis et inscrits sur la liste électorale peuvent voter s’ils sont inscrits sur la liste électorale.


Notons que la Commission électorale indépendante a publié la liste électorale définitive le 2 juin 2025. Elle compte plus de 8,7 millions d’inscrits soit 715 000 électeurs en plus par rapport à 2023 (année de la dernière révision). La révision de la liste électorale était l’une des principales revendications de l’opposition. Les principaux partis de l’opposition comme le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) et le PPACI (Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire), ont indiqué qu’il y a avait des irrégularités sur la liste électorale comme la présence de mineurs, de votants aux parents inconnus, de mères ayant plus d’une trentaine d’enfants ou encore un nombre élevé de centenaires (1, 2, 3).

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Déguerpissements à Abidjan : Quand le manque d’accès à l’information et l’absence de données ouvertes fragilisent les droits des citoyens

Enquête sur les déguerpissements et le droit à l’information en Côte d’Ivoire

Par Kaberu Tairu

Avec la participation de CFI, Agence française de développement médias, dans le cadre du Projet PAGOF 2

Un matin de janvier 2024, Fatoumata, commerçante installée depuis plus de vingt ans à Gesco, se réveille au bruit des bulldozers. En quelques heures, sa maison et son petit kiosque disparaissent sous les gravats. « On ne nous a rien dit, aucun avis écrit, aucun délai. On nous a simplement dit de partir. » Son histoire n’est pas isolée : des milliers de familles ont vécu le même cauchemar.

Pourtant, la Côte d’Ivoire dispose depuis 2013 d’une loi sur l’accès à l’information publique, qui garantit à tout citoyen le droit d’obtenir des informations détenues par l’État. Cette loi aurait dû permettre à Fatoumata et à tant d’autres de savoir, d’anticiper, de préparer une solution. Mais entre le texte et la réalité, le fossé est immense.

Déguerpissements 2024 : faits marquants

Selon les autorités, ces opérations visent à lutter contre l’occupation anarchique et à protéger l’environnement. Mais aucun chiffre officiel consolidé n’a été publié : ni sur le nombre de ménages touchés, ni sur les indemnisations prévues. Les estimations des ONG parlent de plus de 20 000 personnes déplacées en 6 mois.

L’ampleur du déplacement humain par zone selon le rapport du CNDH)

Un déficit d’information dramatique

Les déguerpissements de 2024 illustrent un déficit d’information structurel :

  • Absence de consultation publique avant les opérations.

  • Arrêtés administratifs introuvables, parfois même pour les journalistes et juristes.

  • Opacité des chiffres : aucun rapport officiel rendu public.

Des vies bouleversées

Parmi les victimes, un père de famille, qui préfère rester anonyme, a vu s’effondrer plus qu’un bâtiment :

J’avais économisé pendant dix ans pour construire ma maison. J’ai investi plus de 40 millions de francs CFA dans ce projet. J’avais tous les documents prouvant la légalité de mon terrain. Pourtant, ce jour-là, j’ai vu ma maison s’effondrer sans qu’on me donne la moindre explication.

Son témoignage résume l’un des drames silencieux des déguerpissements à Abidjan : l’effacement de la dignité humaine par le vide informationnel. Sans accès aux cartes des zones concernées, sans préavis officiel, sans voie de recours immédiate, les habitants se retrouvent exclus des processus de décision — et ce, même lorsqu’ils sont en situation régulière.

Le choc a été tel qu’il s’est retrouvé, avec sa famille, sans abri du jour au lendemain. Pendant plusieurs mois, ils ont dû se réfugier sous un pont, vivant dans des conditions précaires. Sa voix tremble lorsqu’il évoque ses enfants, contraints de quitter l’école faute de moyens.

Ce père de famille n’est pas un cas isolé : des dizaines de riverains dans la même situation ont brandi des titres fonciers, autorisations administratives, quittances de paiement… en vain. Le silence institutionnel s’est abattu plus violemment que les machines.

Un coup dur pour l’éducation et l’avenir des jeunes

L’une des victimes majeures de ce déguerpissement est le Groupe Scolaire Cha Hélène, un établissement reconnu par l’État et fréquenté par environ 800 élèves. La démolition de cette école met en péril l’éducation de ces enfants et adolescents, qui se sont retrouver sans solution immédiate pour poursuivre leur scolarité.

Ces récits montrent que le manque d’information n’est pas qu’un problème technique : il transforme un processus administratif en drame humain.

Un système d’accès à l’information en décalage

La Commission d’Accès à l’Information d’Intérêt Public (CAIDP) a pour mission de veiller à l’application de la loi de 2013. Mais dans les faits :

  • Les demandes d’information restent longues et opaques.

  • Les données existantes (arrêtés, plans urbains, statistiques) ne sont pas publiées spontanément.

  • Le portail data.gouv.ci, censé incarner l’Open Data, reste pauvre en informations utiles pour les citoyens

    Une forte progression des demandes traitées par les organismes publics de 2018 à 2022, mais des délais encore inégalement respectés

Pourquoi l’Open Data pourrait changer la donne

Le portail ivoirien data.gouv.ci présente plusieurs atouts notables, notamment une diversité thématique couvrant l’éducation, les infrastructures, la consommation ou encore le programme social du gouvernement (PSGouv), des visualisations dynamiques telles que des cartes, des séries temporelles ou des tableaux interactifs qui facilitent la compréhension des données par le public, ainsi qu’un cadre institutionnel solide, avec un pilotage assuré par le CICG, soutenu par la CAIDP, le ministère de l’Économie numérique et l’OGP-CI.

Une forte présence des données économiques et éducatives, mais quasi-absence d’informations sur l’urbanisme et l’environnement

L’Open Data n’est pas qu’un concept technique : c’est un outil concret pour éviter les drames.

  • Si les arrêtés de déguerpissement étaient publiés en ligne, chaque citoyen pourrait savoir à l’avance s’il est concerné.

  • Une cartographie en ligne des zones planifiées permettrait aux habitants d’anticiper.

  • Dans d’autres pays, l’Open Data a permis d’améliorer la concertation : au Kenya, les données sur l’urbanisme sont accessibles pour suivre l’aménagement des villes.

Recommandations

  1. Transparence systématique : publication en ligne de tous les arrêtés de déguerpissement.

  2. Cartographie interactive : zones concernées disponibles en Open Data.

  3. Concertation citoyenne obligatoire avant toute opération.

  4. Indemnisation équitable : barème public et suivi des paiements.

  5. Renforcement de la CAIDP pour en faire un acteur réellement indépendant.

Face aux critiques, le gouvernement a annoncé une suspension temporaire des déguerpissements en 2025. Cette pause ne doit pas être un simple répit avant la reprise, mais une opportunité pour repenser le système.

L’histoire de Fatoumata et des milliers de familles expulsées nous rappelle que sans accès à l’information, il ne peut y avoir ni justice sociale, ni gouvernance crédible. La Côte d’Ivoire a aujourd’hui l’occasion de transformer l’opacité en transparence, et la brutalité en concertation.

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PARTIELLEMENT FAUX : Cette image ne montre pas de gendarmes ivoiriens arrêtés à la frontière du Burkina Faso en 2025

La photo a été prise en 2023 et montre six gendarmes ivoiriens radiés de l’armée pour leur implication dans la consommation de drogues.

Ce post TikTok prétendant montrer les cinq gendarmes ivoiriens arrêtés par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) burkinabè est PARTIELLEMENT FAUX.

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La publication, datée du 2 août 2025, montre une image d’individus en uniforme et l’écriture suivante se lit sur la photo : « 05 gendarmes ivoiriens dans le sac. 05 Gendarmes ivoiriens ont été arrêtés par 2 Volontaires de la défense de la patrie (VDP) du Burkina Faso. La patrie ou la mort nous vaincrons ».

Un autre post ici reprend la même affirmation, reliant l’arrestation au décès de l’influenceur burkinabè Alino Faso en Côte d’Ivoire. Le post dit : « Cinq gendarmes ivoiriens ont été arrêtés sur le territoire burkinabè. Maintenant, nous pouvons discuter de l’assassinat de notre frère Alino Fasso ».

PesaCheck a examiné la publication et l’a trouvée partiellement fausse.

Une recherche d’images inversée via Yandex a révélé que cette photo a été prise en Côte d’Ivoire en 2023. Il s’agit de six nouveaux maréchaux de logis (MDL) de l’escadron de Duekoué à l’ouest de la Côte d’Ivoire qui ont été radiés le 23 septembre 2023 pour leur implication dans la consommation de drogues.

Le média ivoirien Linfodrome rapporte ici la cérémonie de radiation où plusieurs images montrent ces soldats radiés en train d’enlever leurs tenues.

Capture de la photo des policiers renvoyés en train d’enlever leur uniforme. Source : Linfodrome

Une autre recherche Google avec les mots-clés « 5 gendarmes ivoiriens arrêtés à la frontière avec le Burkina » a révélé que le 21 juin 2025, des gendarmes ont bien été interpellés à la frontière ivoiro-burkinabè, sur un site d’orpaillage, par des VDP.

Cependant, ces gendarmes ont été libérés huit jours plus tard et sont rentrés en Côte d’Ivoire le 29 juin 2025, bien avant l’annonce du décès d’Alain Christophe Traoré alias Alino Faso, survenu le 24 juillet 2025.

PesaCheck a examiné une publication TikTok prétendant montrer cinq gendarmes ivoiriens arrêtés par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) burkinabè et l’a trouvée PARTIELLEMENT FAUSSE.

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Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mardochée Boli et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

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FAUX : Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam ne sont pas éligibles à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire

Les candidatures des deux personnalités ont été rejetées par le Conseil constitutionnel ivoirien.

Ce post TikTok affirmant que les hommes politiques Laurent Gbagbo et Thiam Tidjane ont été « définitivement déclarés éligibles » à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est FAUX.

Cette déclaration intervient alors que la Côte d’Ivoire se prépare pour les élections présidentielles du 25 octobre 2025

Le post qui date du 8 septembre 2025 affirme : « Urgence :Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo sont déclarés définitivement éligibles aux élections présidentielles ». L’auteur a ajouté à cette déclaration, les photos de Tidjane Thiam , bras levés et poingt fermé et de Laurent Gbagbo .

Le post ne précise pas qui a déclaré les deux candidats éligibles à l’élection présidentielle. Cependant, elle contient une vidéo montrant des membres du Conseil constitutionnel annonçant les candidats éligibles aux prochaines élections.

Au-dessus des images des deux hommes politiques, il y a une vidéo de 5 minutes et 37 secondes montrant des hommes et des femmes en ensemble s’exprimant devant une assemblée.

PesaCheck a examiné ce post et l’a trouvé faux.

Une recherche d’images inversée avec Yandex à partir d’une capture de la vidéo du post a retrouvé la vidéo originale postée le 8 septembre 2025 avec cet intitulé : « Conseil Constitutionnel : présidentielle 2025 — liste définitive ».

La vidéo montre Chantal Nanaba Camara , présidente du Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire, qui donne les raisons pour lesquelles les candidatures de Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam sont rejetées car dit elle : « Tout candidat à l’élection présidentielle pour avoir la qualité d’électeur, doit être régulièrement inscrit, et n’étant pas inscrit, la candidature de Monsieur Laurent Gbagbo est déclarée irrécevable : en cause ; son absence sur la liste électorale et le défaut de parrainages requis. La candidature de Monsieur Thiam Tidjane est rejetée pour absence sur la liste électorale ».

PesaCheck a effectué une recherche Google des mots-clés « liste des candidats retenus aux élections présidentielles 2025 en Côte d’Ivoire » et a retrouvé la liste divulguée par le Conseil constitutionnel .

La même recherche a trouvé des articles comme celui-ci, qui informent de l’absence de Laurent Gbagbo (PPA_CI) et Tidjane Thiam (PDCI-RDA), considérés comme les principaux concurrents d’Alassane Ouattara (RHDP).

La rumeur intervient au moment où la Côte d’Ivoire est en pleine organisation de l’élection présidentielle qui aura lieu le 25 octobre 2025.

PesaCheck a vérifié un post TikTok prétendant que Laurent Gbagbo et Thiam Tidjane sont déclarés définitivement éligibles à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire et l’a trouvé FAUX.

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Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. La publication de cet article a été approuvée par le rédacteur en chef de PesaCheck, Stephen Ndegwa.

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

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Article Fact-checking

MANIPULÉ : Ce discours du Président français, Emmanuel Macron, sur la Côte d’Ivoire est un montage

La vidéo originale est celle du discours d’Emmanuel Macron en 2023 sur la réforme des retraites en France.

Cette vidéo TikTok prétendant montrer le président français Emmanuel Macron parlant de son homologue ivoirien Alassane Ouattara est MANIPULÉE.


Le post publié le 10 août 2025 annonce : « Emmanuel Macron parle de Alassane Ouattara (sic) ».

Il contient une vidéo d’1 minute et 27 secondes, montrant le Président Emmanuel Macron qui dit notamment ceci : « Les ivoiriens n’auront jamais la paix en Côte d’Ivoire tant que je serai Président de la France. Alassane Ouattara va toujours gouverner selon mes aspirations et mes intérêts. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est devenue comme une province de la France. Ce que je veux, c’est ce qu’on fait. Peuple ivoirien, faites très attention avec moi parce que même si je demande à Alassane Ouattara de vous éliminer tous, il le fera. Un salut de bon entendeur ».

L’on entend la voix d’un autre individu, qui fait cette déclaration : « Alors Emmanuel Macron, d’après toi, tu penses que la Côte d’Ivoire t’appartient n’est-ce pas ? La Côte d’Ivoire fait partie de l’Afrique. Tu apprends à te faire et nous devons écouter, nous les Africains parce qu’on va vous faire ça dur. Très mal d’ailleurs. Regardez un peu comment nos frères souffrent en occident (…) ».

PesaCheck a examiné la vidéo et l’a trouvée que manipulée.

Une recherche d’images inversée avec Yandex renvoie à cette vidéo publiée le 17 avril 2023 par Daily Motion . Selon la légende, l’élément audiovisuel de 13 minutes et 30 secondes est l’intégralité de l’intervention de Macron sur la réforme des retraites. Toutefois, nulle part, le Président français ne parle ni de la Côte d’Ivoire, ni de son Président, Ouattara .

La même recherche a débouché sur cette autre vidéo mise en ligne sur la chaîne YouTube de TV5 Monde le 18 avril 2023, avec un texte descriptif qui, entre autres, informe que des milliers de français ont accueilli le discours solennel de Macron sur la réforme des retraites avec un concert de casseroles dans les rues de plusieurs villes de France. L’information est corroborée ici , ici et ici .

Une recherche Google avec les mots-clés « Emmanuel Macron parle de Alassane Ouattara » n’a pas mis en évidence une vidéo similaire à celle du post vérifié.

PesaCheck a analysé une vidéo TikTok prétendant montrer le Président français, Emmanuel Macron, parlant de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, et l’a trouvé MANIPULÉE.

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Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.

En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires , les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck permettent de faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux.

Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler . Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux.

Cette vérification des faits a été réalisée par le fact-checker Françoise Dembélé et éditée par Josaphat Finogbé , éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la réactrice en chef de PesaCheck, Doreen Wainainah.

PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent : Code for Africa . Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org .