FAUX, les propos sur l’impact d’une éventuelle chute du président Ouattara sur la France attribués à la Présidente du Sénat Kandia Camara par ailleurs directrice régionale de campagne Abobo du candidat Alassane Ouattara est une Fake news. Après les recherches sur les canaux officiels du Sénat, de la mairie d’Abobo ainsi que les vérifications auprès de la chargée de communication de Kandia Camara, les résultats ont confirmé qu’elle n’a pas tenu de tels propos.
ParVictoire Kouamé
FAIT
Une publication partagée sur Facebook par le profil Brutal Réalité, le 23 octobre 2025 attribue des propos à Kandia Camara affirmant que si Alassane Dramane Ouattara n’est plus président au soir du 25 octobre 2025, La France elle-même verra le sol trembler sous ses pieds.
ANALYSE
Cette publication a suscité plusieurs réactions et engagements dont plus de 1400 mentions ‘’ j’aime’’ plus de 1000 commentaires et 920 partages.
Selon cette publication , elle aurait affirmé ceci : « Si notre “papa adoré” Alassane Dramane Ouattara n’est plus président au soir du 25 octobre 2025, ce ne sont pas seulement certains d’entre nous qui auront des ennuis. La France elle-même verra le sol trembler sous ses pieds.
Car la chute d’ADO sera la déflagration qui fera vaciller les bases de son influence : la Côte d’Ivoire lui échappera, et avec elle, toute une sous-région prête à se libérer du vieux joug colonial.
Le sort du RHDP, comme celui de la France en Afrique de l’Ouest, repose aujourd’hui sur une seule décision : celle d’Emmanuel Macron. S’il ne sauve pas Ouattara, il condamne tout un système.
Ce soir-là, s’il tombe… c’est tout un empire qui s’effondre. »
Source : Capture d’écran de la publication
A la suite de l’auteur de la publication qui a mis en commentaire “ le sort du RHDP est entre les mains de Macron”, plusieurs autres commentaires sont venus soutenir ce postulat.
Source: Capture d’écran des commentaires
VERIFICATION DES FAITS (Méthodologie)
Nous avons contacté dans un premier temps l’auteur de la publication pour nous donner la source de cette information en nous précisant où, quand et à quelle occasion la ministre Kandia Camara aurait tenu ces propos. Notre demande est restée sans suite.
Ensuite nous avons entrepris des recherches sur Google avec les mots clés : Kandia Camara propos sur la France et la chute de Ouattara, nous n’avons trouvé aucun résultat.
Contacté via messenger Isabelle Vovor, journaliste communicante institutionnelle et politique, par ailleurs chargée de communication de Kandia Camara a affirmé qu’il s’agit d’une Fake news.
Kandia Camara ‘’ n’a jamais tenu de tels propos ‘’ a-t-elle soutenu.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Après toutes ces vérifications, les propos attribués à la ministre Kandia Camara sont faux. Ils ont été publiés dans le but de manipuler l’opinion publique dans le contexte électoral que connaît la Côte d’Ivoire.
Conseils aux lecteurs :
Ne relayez pas cette publication mensongère à votre entourage.
Toujours demander la source d’une information et s’assurer de la véracité avant de la relayer.
« Cet article a été réalisé par Victoire Kouamé, dans le cadre de la Situation Room Virtuelle de veille électorale mise en place, en partenariat avec le Centre for Journalism Innovation and Development (CJID), mobilisant des fact-checkers, journalistes et veilleurs numériques »
En Côte d’Ivoire, un célèbre média en ligne a publié des résultats de vote fictifs à quelques heures de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Avant lui, d’autres initiatives similaires ont été observées sur les réseaux sociaux et dans les médias. Pourtant, la loi électorale interdit toute publication de ce type à partir de la date de diffusion de la liste électorale définitive.
Le 24 octobre 2025, de faux résultats de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 sont apparus sur Abidjan.net, un des médias en ligne les plus suivis du pays. Ces résultats fictifs largement relayés sur les réseaux sociaux à moins de 24 heures du scrutin ont alimenté beaucoup de débats et théories sur les réseaux sociaux, rapportant ainsi « une fuite de documents secrets du régime » et des résultats des élections présidentielles « déjà disponibles avant même le jour des élections ».
Peu après la parution de ces faux résultats, le site Abidjan.net s’est fendu d’un communiqué pour présenter ses excuses sur cet incident qu’il dit provenir d’une d’« une erreur d’affichage » et « d’un dysfonctionnement technique survenu lors des opérations de mise à jour » à l’occasion des « essais internes » sur sa plateforme des résultats de l’élection présidentielle de 2025.
Un mois avant cet incident, un cas similaire de publication de résultats de sondage avait déjà eu lieu sur les réseaux sociaux et dans les médias en Côte d’Ivoire. En effet, à travers une publication datant du 23 septembre 2025, l’homme politique Tiemoko Assalé, candidat déclaré à la présidentielle du 25 octobre, mais recalé à l’étape du parrainage, a indiqué qu’un sondage réalisé par The Messina Group, un institut américain, pour la période allant du 13 août au 3 septembre 2025, le classait à la 4e position des intentions de vote au 1er tour. Sa publication est devenue virale, engrangeant ainsi plus de 3 000 mentions j’aime, plus de 1 000 commentaires et plus de 100 partages. Plusieurs autres exemples (1,2,3) rapportent et interprètent diversement les résultats de ce sondage qui a été aussi repris à sa UNE par le quotidien ivoirien Le Nouveau Réveil dans son édition du 2 octobre 2025.
Violation des règles électorales
Pourtant, les dispositions du Code électoral ivoirien interdisent clairement toute publication de sondages et de résultats de vote après la publication des listes électorales définitives. C’est d’ailleurs ce qui a motivé la double mise en garde par la Commission électorale indépendante (CEI) visant les personnes et médias enfreignant la loi électorale à travers la publication de résultats de vote de sondage en période électorale.
D’abord, le 7 octobre 2025, la CEI a publié un premier communiqué rappelant qu’il est formellement interdit en Côte d’Ivoire de publier des résultats de vote et de sondages suite à la publication des listes électorales définitives. Puis, le 24 octobre 2025, suite à la publication des résultats fictifs de l’élection présidentielle par Abidjan.net, la CEI a réitéré, à travers un communiqué, qu’elle est « l’unique autorité habilitée à communiquer les résultats provisoires issus des bureaux de vote », en annonçant par la même occasion qu’elle « se réserve le droit de prendre toute mesure appropriée en cas de manquement ».
En réaction à la publication de ces sondages fictifs par Abidjan.net, la CEI a publié un communiqué dénonçant une « atteinte manifeste à la sincérité du débat démocratique » et des « agissements susceptibles de troubler l’ordre public ». Elle y annonce avoir porté plainte contre le média incriminé auprès des autorités judiciaires compétentes, soulignant la gravité de la diffusion de résultats fictifs à la veille du scrutin.
Que dit la loi électorale ?
Dans un communiqué publié le 7 octobre 2025, la CEI a mentionné qu’en application de l’article 39 du Code électoral : « Il est interdit à toute personne physique ou morale non habilitée à cet effet, de publier ou de diffuser des estimations de vote ou des résultats de sondage, sous quelque forme que ce soit et à partir de quelque lieu que ce soit, à compter de la publication de la liste électorale définitive ». Ce qui veut dire que toute publication ou diffusion de sondage est donc interdite à partir du moment où la liste électorale définitive est publiée.
Le président de la CEI Ibrahime Koulibaly-Kuibiert, le 22 octobre 2025, au siège de l’institution à Abidjan, lors d’une séance de travail avec l’Association des Autorités Electorales d’Afrique (AAEA ) portant sur l’évolution du processus électoral ivoirien
En Côte d’Ivoire, la liste électorale définitive pour la présidentielle du 25 octobre a été rendue consultable le 4 juin 2025, conformément à l’annonce faite par le président de la CEI, Ibrahime Koulibaly-Kuibiert, deux jours plus tôt. Cette liste comporte 8 727 731 électeurs et peut être consultée sur le site de la CEI.
Bien que la loi interdise la diffusion de sondages et d’estimations électorales, pourquoi ces publications continuent-elles de circuler sur les réseaux sociaux et dans les médias ivoiriens ?
Regard d’experts sur la persistance du phénomène malgré l’existence des lois
Pour Marguerite Yoli-Bi Koné, superviseure de la Commission électorale indépendante pour les régions du Gboklé, de la Nawa et de San Pedro, cette situation s’explique par la prégnance des fake news en période électorale. Elle pointe du doigt notamment « des usagers qui cherchent du buzz », et estime qu’il reste très peu d’options avec « un citoyen qui décide sciemment d’enfreindre la loi, qui s’enferme dans sa chambre et invente des choses » sur le processus électoral. Aujourd’hui, note la représentante de la CEI, les réseaux sociaux sont devenus « des zones de non droit » malgré l’existence de la loi qui, selon elle, « est très connue » des usagers. « Tant qu’elle existe, nous sommes obligés de l’appliquer ».
Au Sénégal, par exemple, des professionnels des médias jugent « dépassées » les lois encadrant la diffusion de sondages d’opinion en période électorale. Sur cette question, Marguerite Yoli-Bi Koné note que l’initiative de changer la loi appartient au gouvernement ainsi qu’aux députés qui sont les représentants de la population. « Si les populations font le vœu qu’on change cette loi, elle sera changée ». Néanmoins, elle met en garde contre le fait que les élections en Afrique sont souvent « des moments d’exagération des conflits qui existaient déjà. Donc il faut faire attention à ce qu’il faut publier sur les réseaux sociaux », explique-t-elle, donnant pour exemple le fait que des usagers prennent parfois des documents qu’ils manipulent à l’aide de l’intelligence artificielle et les publient sur les réseaux sociaux. La transparence est certes nécessaire, mais selon Marguerite Yoli-Bi Koné, elle « doit être encadrée ». Cela veut dire que l’on n’a pas le droit de faire une compilation de votes et prétendre qu’il s’agit des résultats de l’élection, dans la volonté de tromper les populations et les électeurs, renchérit la représentante de la CEI.
Prenant le contrepied de cet argument, Dr Geoffroy Julien Kouao, politologue et essayiste ivoirien, argue que « l’article 39 du code électoral est anachronique et politiquement incorrect ».
« Nous sommes à l’ère des réseaux sociaux, c’est-à-dire de l’information instantanée. En sus, la publication des sondages est une pratique démocratique qui permet aux candidats de connaître leur position avant le vote et de travailler en conséquence ».
Évoquant des exigences de transparence et pour éviter la fraude électorale, l’expert souligne par ailleurs qu’« il serait bon que les résultats par bureau de vote soient instantanément publiés par les médias traditionnels et par les internautes ».
Enfin, Dr Geoffroy Julien Kouao conclut que « s’il est facile de sanctionner les médias traditionnels, il en serait autrement avec les réseaux sociaux ».
« Selon la loi électorale ivoirienne (Article 59, Ndlr), les résultats provisoires sont donnés par la commission électorale dans un délai 5 jours après la fermeture des bureaux de vote. Un délai trop long et qui pourrait alimenter les suspicions de fraudes », commente-t-il.
Lire et comprendre les sondages
Cette analyse sur les sondages en période électorale, publiée par une Coalition dirigée par Africa Check pour lutter contre la désinformation lors de la présidentielle sénégalaise de 2024, met en lumière plusieurs enjeux liés à l’interdiction des sondages en période électorale. Le texte s’appuie notamment sur un guide publié en 2016 par Africa Check, qui propose des conseils pratiques pour lire et comprendre les résultats d’un sondage d’opinion.
Selon ce guide, avant de donner du crédit à un sondage, il est essentiel d’en examiner la source, les motivations du commanditaire, la formulation des questions, la méthode de sélection des répondants, la représentativité de l’échantillon, le mode de collecte des données et le moment de réalisation de l’enquête, car chacun de ces éléments peut influencer fortement la fiabilité et l’objectivité des résultats.
Cet article a été réalisé par Africa Check membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
La diaspora ivoirienne est souvent présentée comme une force électorale décisive. Mais en réalité, seuls certains pays organisent effectivement le vote. De quels pays s’agit-il, et que représentent-ils dans l’électorat ?
Selon les dernières estimations de l’OCDE (2022), près d’un 1,15 millions d’Ivoiriens vivent hors du territoire national, principalement en Europe, en Amérique du Nord et dans les pays d’Afrique de l’Ouest.
Cartographie des votants de la diaspora
L’organisation pratique du scrutin à l’extérieur incombe à la Commission Électorale Indépendante (CEI), en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, comme le stipule le décret No 2025-651 du 30 juillet 2025 fixant les modalités de vote des Ivoiriens de l’étranger pour l’élection présidentielle de 2025. Selon le décret, la CEI peut ouvrir des bureaux de vote dans tout pays disposant d’une représentation diplomatique de la Côte d’Ivoire ou ne l’ayant pas, avec l’assentiment du pays d’accueil.
Lors du scrutin présidentiel de 2020, la CEI a ouvert des bureaux de vote dans 19 pays. Ces pays regroupent la majorité des ressortissants ivoiriens inscrits à l’étranger. Dans cette veine, les Commissions électorales des représentations diplomatiques (CERD), sont choisies sur « la base de la forte représentativité de la population ivoirienne y résidant ».
Représentativité de la diaspora dans le nombre total de votants
Lors de la présidentielle d’octobre 2020, la Commission électorale indépendante estimait à environ 7 495 082 le nombre total d’inscrits sur la liste électorale. Le nombre de votants établi dans la diaspora était évalué à 97 669 personnes (soit 1,3 % du total des inscrits), dont 56 940 hommes (58,3 %) et 40 729 femmes (41,7 %).
Cette proportion d’électeurs contraste avec le poids démographique de la diaspora, évaluée à près de 1,2 million de personnes (selon l’OCDE) réparties principalement entre la France, les États-Unis, le Mali, le Burkina Faso, le Ghana et le Maroc. En comparaison, l’électorat national concentrait la quasi-totalité des électeurs (7 397 413 participants).
Pour la présidentielle d’octobre 2025, ces chiffres ont connu une légère hausse. Selon la Commission électorale indépendante, il y a 11 906 lieux de vote, soit 11 835 en Côte d’Ivoire et 71 à l’étranger.
En ce qui concerne les bureaux de vote, la CEI a pu en déployer 25 678 soit 25 370 en Côte d’Ivoire et 308 à l’étranger dans 18 Commissions électorales de la représentation diplomatique (CERD). Le nombre total d’électeurs s’élève à 8 727 431 dont 120 178 (soit 1,37 %) au niveau de la diaspora.
La cartographie des bureaux ouverts à l’extérieur dans le cadre de cette élection présidentielle se compose comme suit :
En Afrique
Amérique
Europe
D’éventuels obstacles à la participation de la diaspora
Une vidéo publiée sur YouTube le 18 octobre 2025 par l’agence de presse Alerte Info sur les élections présidentielles, fait remarquer que la diaspora vivant en France précisément à Lyon n’est pas galvanisée pour le vote. Le reportage explique que ce manque d’engouement est notamment causé par « la complexité de l’inscription sur les listes électorales consulaires, la nécessité de disposer d’une carte nationale d’identité ou d’un passeport en cours de validité, ainsi que les difficultés logistiques pour se rendre aux rares bureaux de vote ouverts, souvent situés dans les capitales seulement ».
Toujours selon le reportage d’Alerte Info, pour de nombreux expatriés, le vote est perçu comme une démarche complexe et coûteuse. Par conséquent, certains renoncent par découragement, d’autres ignorent simplement les modalités d’inscription.
Interrogée par la Coalition Anti Dohi, Marguerite Yoli Bi, Commissaire centrale à la CEI, a expliqué que « le décalage horaire, le déploiement et repliement du matériel par la logistique pour la sécurisation des urnes, la formation du personnel, la sécurisation des urnes et la remontée des résultats constituent autant d’étapes sensibles et des défis majeurs ». Toutefois, a-t-elle poursuivi, « la CEI adopte les mêmes critères de sécurité à l’extérieur qu’en Côte d’Ivoire en collaboration avec les autorités du pays hôte ».
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Abidjan Fact Check membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
Une comparaison d’un communiqué authentique du PDCI-RDA et celui que nous vérifions dans cet article prouve qu’il s’agit d’un faux document. De plus, face à la persistance des rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux, les instances du PDCI-RDA ont démenti avoir publié ce communiqué.
Une publication (archivée ici) qui circule sur Facebook et qui a été massivement partagée dans des groupes WhatsApp en Côte d’Ivoire ce vendredi 24 octobre 2025 fait croire que le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a publié un communiqué se désengageant des récentes manifestations en Côte d’Ivoire.
« Le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) tient à informer l’opinion nationale et internationale qu’il ne se reconnaît plus dans la dynamique actuelle de désobéissance civile ni dans certaines orientations récemment adoptées au sein du front commun de l’opposition (…) », lit-on en substance dans le texte qui accompagne cette publication. Le même communiqué est partagé sur Facebook par Horizon Rhdp Notre Héritage (archivé ici), Mariam Ouattara (archivé ici) et Fofana Foflebeni (archivé ici).
En comparant un communiqué authentique du PDCI-RDA et celui qui lui a été attribué dans la publication que nous vérifions, la Coalition Anti Dohi a constaté une incohérence au niveau de la police d’écriture. De plus, une observation d’anciens communiqués publiés par le PDCI-RDA sur Facebook permet de constater que ce parti politique insère toujours un titre dans ces communiqués officiels comme on peut le voir ici (le 8 octobre 2025) ,ici (le 18 octobre 2025) et ici (le 22 septembre 2025).
Faux communiquéVrai communiqué
Un communiqué fabriqué
Au moment de la mise en dernier communiqué du parti datait du 22 octobre 2025. Il dénonçait « une campagne mensongère et diffamatoire » accusant un de ses cadres d’être « le financier des manifestations de protestation contre le régime RHDP dans la région de l’Agnéby-Tiassa (Agboville) ».
La Coalition Anti Dohi n’a trouvé aucune trace d’un communiqué similaire à celui qui figure dans la publication que nous examinons sur la page Facebook du PDCI-RDA.
En outre, Dr Osman Cherif, cadre du PDCI-RDA, a qualifié sur son compte Facebook le document de “Fake”. Dans sa publication, on peut lire : « C’est un Fake, manifestement fabriqué dans un laboratoire (…) ».
La Coalition Anti Dohi a contacté membre du bureau politique et de la communication du PDCI-RDA. Il a également soutenu que ce communiqué est un faux et ne provient pas de son parti : « C’est une fausse information. Le dernier communiqué du secrétaire exécutif du PDCI-RDA date d’hier. Aujourd’hui, ils n’ont fait aucun communiqué. Un démenti est même en cours de rédaction », a-t-il dit.
En résumé, ce communiqué attribué au PDCI-RDA est un faux.
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Ivoire Check, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
La Commission électorale indépendante (CEI) n’a pas appelé les électeurs à ne pas aller voter le 25 octobre 2025. Contrairement à une publication relayée sur les réseaux sociaux notamment Facebook. L’institution électorale a formellement démenti cette rumeur.
Une publication faite sur Facebook ce 23 octobre 2025 par la page CASH Ivoire soutient que la Commission électorale indépendante (CEI) appelle les électeurs à ne pas se rendre aux urnes le samedi pour l’élection du président de la république. « La CEI – ELECTION PRESIDENTIELLE. LE 25 OCTOBRE NE SORTEZ PAS DE CHEZ VOUS – IL N’Y AURA PAS D’ELECTION… (Sic) », lit-on dans le texte qui accompagne cette publication. Le visuel qui est diffusé reprend la charte graphique de l’institution électorale.
Contacté par la Coalition Anti Dohi, la CEI a précisé qu’elle n’est pas à l’origine de cette publication. « Ce visuel a été détourné. Les visuels officiels existent. On a fait un démenti sur notre page Facebook CEI Alerte fakenews », a réagi Inza Kigbafory, son responsable de la communication.
Dans ce démenti, l’organe électoral assure qu’il « n’a jamais publié qu’il n’y aura pas d’élection le 25 octobre 2025 » et « invite chaque électeur à se rendre dans son lieu de vote pour accomplir son devoir de citoyen ».
En effet, la Commission électorale indépendante a lancé, le 10 octobre 2025, une campagne en ligne à travers la publication de plusieurs visuels notamment sur Facebook où elle invite les électeurs aux urnes le 25 octobre 2025.
En outre, jusqu’au moment de la mise en ligne de cet article, aucune annonce officielle relative à une éventuelle annulation ou un report de la présidentielle du 25 octobre n’a été faite par les autorités ivoiriennes.
La campagne électorale pour ce scrutin se termine le 23 octobre 2025 conformément au calendrier électoral.
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition
Une vidéo censée montrer une distribution de cartes électorales frauduleuses à Abidjan circule sur Facebook. Pour certains internautes, cette vidéo est la preuve qu’une vaste fraude se prépare pour la victoire du camp présidentiel. Après vérification et analyse des indices, il s’avère que la vidéo a été prise au Cameroun.
La vidéo, archivée ici, a été publiée sur Facebook et comporte deux indices importants : la date du 15 octobre 2025 et un texte dans le coin inférieur droit sur lequel on lit que « les cartes d’électeurs distribuées à qui le veut en pleine rue d’Abidjan à visage découvert et sans crainte de la police et autres (Sic) ». Dans cette vidéo qui dure quelque quinze secondes, on entend de fortes clameurs au moment où différentes mains éparpillent des cartes sur une grande enveloppe de couleur kaki posée à même le sol.
Les internautes qui commentent la vidéo sont assez partagés. Certains indiquent qu’il s’agit d’une opération de fraude en faveur d’Alassane Ouattara, le président ivoirien sortant et candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). D’autres sont plutôt sceptiques : ils indiquent que la vidéo n’a pas été prise en Côte d’Ivoire. Dans quelques commentaires, le Cameroun est cité comme étant le pays d’origine de la vidéo.
Capture d’écran de la vidéo sur Facebook, effectuée le 24 octobre 2025
Une recherche d’image inversée grâce à l’extension InVID permet de retrouver cette même vidéo partagée par différentes pages et comptes sur Facebook.
Dès le 13 octobre 2025 – soit au lendemain de la présidentielle camerounaise – le compte Facebook Djobero Djoro a partagé la vidéo. Celle-ci, de meilleure qualité que celle évoquant la Côte d’Ivoire, avait cumulé plus d’un million de vues, plus de 700 commentaires et 4000 partages au moment de la mise en ligne de cet article.
« Voilà comment on a appréhendé les fraudeurs au marché mokolo, à lui seul 56 cartes de vote », indique le texte qui accompagne la vidéo partagé par Djobero Djoro. Une recherche par mot-clé avec le groupe de mot « marché mokolo » permet de constater qu’il s’agit d’un vaste marché à ciel ouvert situé à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun.
L’analyse des images permet de constater que les cartes visibles dans les deux vidéos identiques ne correspondent pas à la carte d’électeur de la Côte d’Ivoire. La carte ivoirienne est imprimée sur du papier comme on peut le voir dans ces différentes publications (1, 2, 3). Le code barre de la carte ivoirienne est au recto, avec la photo et l’empreinte digitale. Au verso de la carte se trouvent les armoiries en grand non loin du tableau des scrutins. La couleur dominante de la carte d’électeur ivoirienne se rapproche de la couleur orange au recto et de la couleur verte au verso.
Le recto de la carte d’électeur ivoirienne portant les armoiries (Capture d’écran AIP effectuée le 24 octobre 2025)Opération de retrait des cartes d’électeur, Photo CEI Facebook
Les cartes visibles dans la vidéo ressemblent bien plus à la carte d’électeur camerounaise. Elles sont imprimées sur un support plastique, avec un code barre au verso. Contrairement à la carte ivoirienne, les armoiries du Cameroun sont imprimées au recto et la couleur dominante se rapproche du bleu.
Capture d’écran Facebook d’une carte d’électeur au Cameroun, effectuée le 24 octobre 2025
La Commission électorale indépendante (CEI) de Côte d’Ivoire a indiqué sur sa page Facebook de lutte contre la désinformation (CEI Alerte fakenews) que sur cette vidéo, « il ne s’agit pas des cartes d’électeur de Côte d’Ivoire », invitant « chaque électeur à se rendre dans son lieu de vote pour retirer sa carte ».
La vidéo supposée montrer la distribution de cartes d’électeurs ivoiriennes circule dans un contexte électoral tendu en Côte d’Ivoire et un contexte post-électoral au Cameroun marqué par des contestations. L’élection présidentielle camerounaise a eu lieu le 12 octobre 2025. Les résultats provisoires ont été annoncés par la Commission nationale de recensement des votes le 22 octobre 2025, indiquant la réélection de Paul Biya avec 53,66 % des suffrages. Un opposant, Issa Tchiroma Bakary, a revendiqué la victoire avant l’annonce des résultats officiels, publiant des procès-verbaux qui lui donnaient l’avantage.
Cet article a été réalisé par le média ivoirien Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.
Des responsables du parti PDCI-RDA, en l’occurrence Tidjane Thiam et Dr Estelle Gisèle Kabrang ont déclaré que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans. Ce chiffre est caduc, car les données disponibles les plus récentes montrent que l’espérance de vie a évolué.
Azil Momar Lô, Africa Check
Dans le contexte de l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, des cadres du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain) ont à plusieurs reprises déclaré que « l’espérance de vie est de 59 ans » en Côte d’Ivoire.
C’est le cas de Dr Estelle Gisèle Kabrang qui l’a affirmé au cours de l’émission Autrement politique partagée sur la chaîne YouTube PDCI TV le 17 août 2025. Cette cadre du PDCI-RDA est la 3e adjointe au maire de la commune de Ouellé et Présidente de l’Union des femmes du PDCI-Urbaine du département de Ouellé.
Nous avons adressé des questions à Dr Estelle Gisèle Kabrang pour connaître la source de cette statistique. Mais jusqu’à la mise en ligne de cet article, nos messages n’ont pas reçu de réponse. Cet article sera actualisé si nous recevons des précisions dans ce sens.
En revanche, à travers des recherches sur internet, nous avons retrouvé une déclaration similaire faite par le président du PDCI-RDA Tidjane Thiam le 31 mars 2025 : au cours d’ une interview accordée à TV5 Monde, Thiam a affirmé que « l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans selon la Banque mondiale ». Par la suite, plusieurs médias ivoiriens et internationaux se sont fait l’écho de cette déclaration de Thiam qui avait alimentédes débats et controverses autour de l’espérance de vie en Côte d’Ivoire.
Tidjane Thiam, invité du journal Afrique sur TV5 Monde en mars 2025. (Capture d’écran)
De plus, le 5 septembre 2025, au cours d’une interview en anglais avec la célèbre société médiatique et financière américaine Bloomberg, Tidjane Thiam a de nouveau réitéré que l’espérance de vie se situe à 59 ans en Côte d’Ivoire, cette fois-ci en donnant comme année de référence 2022. « Je n’accepte pas que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire soit de près de 59 ans en 2022. J’en ai honte. Je me bats vraiment pour que les gens aient une vie décente », a-t-il affirmé. Sa déclaration a par la suite été reprise sur les réseaux sociaux.
Thiam a été exclu de la course à la présidentielle ivoirienne prévue en octobre 2025 à la suite d’une décision de justice. Le tribunal de première instance du Plateau à Abidjan a ordonné sa radiation de la liste électorale, estimant n’était plus Ivoirien au moment de son inscription en 2022. Cette décision, survenue à six mois du scrutin, a été contestée par Thiam et son parti, qui ont dénoncé une manœuvre politique.
Une donnée peu probante
Nos recherches documentaires ont permis de retrouver en ligne des références à une espérance de vie de 59 ans en Côte d’Ivoire, comme évoqué par des responsables du PDCI-RDA.
La plateforme statistique Statista indique, pour les années 2019 et 2020, une espérance de vie de 59 ans pour la Côte d’Ivoire. Cette même statistique pour le pays est aussi donnée par l’Université de Sherbrooke, au Canada.
Cyrille Gnalega est démographe-statisticien ivoirien travaillant à l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF) de Côte d’Ivoire. Il a confirmé à la Coalition Anti Dohi que l’espérance de vie « a dépassé 59 % en Côte d’Ivoire » étant donné que cette donnée était déjà à « environ 61% en 2021 », d’après l’Agence nationale de la statistique (ANStat) de Côte d’Ivoire.
Selon Gnalega, en 2014, année où l’avant dernier Recensement général de de la population de Côte d’Ivoire (RGPH 2014) a été réalisé, l’espérance de vie était en deçà de 59 ans (NDLR: le RGPH 2014 le confirme, avec une espérance de vie à la naissance estimée à 55,8 ans en 2014).
Que disent les données les plus récentes sur l’espérance de vie en Côte d’Ivoire ?
En effet, comme l’a signifié Cyrille Gnalega, d’après le dernier Recensement général de la population de Côte d’Ivoire réalisé en 2021 (RGPH 2021), piloté par l’ANStat, l’espérance de vie se situait à 61,2% cette année-là.
Selon les dernières données de la Banque mondiale datant de 2023, l’espérance de vie à la naissance est de 62 ans en Côte d’Ivoire pour les années 2022 et 2023.
L’ANStat précise sur son site internet qu’en 2025, l’espérance de vie est de 62,6 ans. Ce chiffre était de 62,3 en 2024.
Dans le détail, l’historique de l’espérance de vie au cours des dix dernières années s’établit comme suit, selon un document téléchargeable sur le site de l’ANStat.
Facteurs explicatifs de l’évolution de l’espérance de vie en Côte d’Ivoire
Cyrille Gnalega rappelle qu’en 2014, lorsque l’espérance de vie en Côte d’Ivoire était estimée à 59 ans ou moins (d’après les données de l’ANStat), le pays sortait tout juste d’une période de crise.
NB : De fin 2010 à avril 2011, l’élection de l’actuel président, Alassane Ouattara, alors contestée par son rival Laurent Gbagbo, avait plongé le pays dans une violente crise postélectorale qui avait secoué le pays, occasionnant d’importants troubles et quelque 3000 morts.
Le démographe-statisticien ajoute que vers les années 2014, à cause des nombreux décès liés à la crise, les infrastructures « n’étaient pas le champ d’action des dirigeants qui étaient plus focalisés sur la gestion de la crise. Beaucoup d’actions ont été mises en stand-by ». Donc, les conditions n’étaient pas favorables à l’accroissement considérable de l’espérance de vie. Toutefois, explique Gnalega, « en 2021, la crise étant finie, les dirigeants ont eu plus de temps de pouvoir se consacrer à tout ce qui est infrastructures de santé ».
Par exemple, détaille-t-il, de nouveaux hôpitaux ont été construits et il y a également eu un regain d’activités économiques. Conséquemment, beaucoup d’indicateurs se sont améliorés, selon lui.
L’expert a par ailleurs évoqué la possibilité d’une baisse au niveau d’autres indicateurs clés tels que la prévalence du VIH Sida et du paludisme en Côte d’Ivoire. Les données disponibles confirment en effet une tendance baissière de ces deux indicateurs en Côte d’Ivoire.
Pour le paludisme, des chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) repris par la Banque mondiale rapportent l’incidence du paludisme (pour 1 000 personnes) pour la Côte d’Ivoire. Cette incidence était de 457,8 /1000 en 2010, contre 278,3/1000 en 2020, et 266,4/1000 en 2022. Selon le Programme national de lutte contre le paludisme en Côte d’Ivoire, la mortalité liée au paludisme a connu globalement une baisse sur la période 2016-2019 avec 3 340 décès enregistrés en 2016 contre 3 104 en 2019.
Conclusion : la déclaration selon laquelle l’espérance de vie est de 59 ans en Côte d’Ivoire est incorrecte
Des responsables du PDCI-RDA, notamment Tidjane Thiam et Dr Estelle Gisèle Kabrang, ont affirmé que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans. Dr Kabrang n’a pas précisé la source de cette donnée malgré nos sollicitations. De son côté, Tidjane Thiam a cité la Banque mondiale comme source lors de deux interventions médiatiques distinctes, en se référant à l’année 2022.
Les chiffres les plus récents de l’Agence nationale de statistique (ANStat) indiquent une espérance de vie à la naissance de 61,7 ans en 2022 et de 62,6 ans en 2025. Ces données officielles, plus actuelles et précises, sont nettement supérieures aux 59 ans avancés par les cadres du PDCI-RDA.
En conséquence, la déclaration selon laquelle l’espérance de vie est de 59 ans en Côte d’Ivoire est incorrecte.
Faux : Cette information est une arnaque et lien fourni conduit à un site permettant de capter les données personnelles. Le site s’affiche aucune données officielles en lien avec la présidence de la république ou l’État de Côte d’Ivoire
Par Fabrice KONANDRI
FAIT
Une fausse information diffusée sur internet invite les populations a soumissionné via un lien à un fonds de développement pour l’octroi d’une subvention de 85.000 FCFA.
ANALYSE
La publication circule sur internet annonçant un fonds de développement 2025 du président Alassane Ouattara qui octroie une subvention de 85.000 FCFA. Sur cette page, les commentaires enregistrés encouragent les internautes à s’inscrire en poursuivant leur inscription.
Capture de message sur WhatsApp avec le lien suspect
Cette publication est une arnaque visant à appater la frange de la population en quête de gain facile. Elle vise à subtiliser les données personnelles des souscripteurs.
VÉRIFICATIONS DES FAITS (MÉTHODOLOGIE)
La publication est faite sur une page anonyme. Il est écrit : “ Bonjour! Bienvenue à SUBVENTION DU FONDS DE DEVELOPPEMENT 2025 DU PRESIDENT ALASSANE OUTTARA DE 85 000 CFA POUR LES CITOYENS, pour favoriser le développement cette année, le PRÉSIDENT ALASSANE OUTTARA distribue 85 000 CFA. Répondez aux questions ci-dessous pour réclamer Prix en espèces de 85 000 CFA”.
Cette prétendue annonce est une tromperie destinée à induire les utilisateurs en erreur. Le gouvernement ivoirien n’a fait aucune déclaration officielle concernant une subvention de ce genre.
Conseils aux lecteurs : – N’ouvrez pas le lien douteux. Il est probablement malveillant. – Ne relayez pas cette publication mensongère à votre entourage. – Vérifiez toujours les informations concernant les aides ou programmes sociaux directement sur les plateformes officielles de l’État – Signalez cette fausse nouvelle aux organismes appropriés ainsi qu’aux réseaux sociaux concernés.
Une vidéo virale montre des enfants exhibant leur carte nationale d’identité ivoirienne, suscitant des spéculations sur leur éventuelle participation à la présidentielle d’octobre 2025. Or, en Côte d’Ivoire, le droit de vote n’est accordé qu’à partir de 18 ans, et posséder une CNI ne suffit pas pour voter. Décryptage Martine Zogbé & Traoré Bakary, Eburnie Today
La vidéo, qui circule sur TikTok et Facebook, est longue d’une quinzaine de secondes. Sur les images, on peut voir trois enfants tenir une carte nationale d’identité ivoirienne. La personne qui s’exprime dans la vidéo se présente comme la sœur aînée des trois enfants visibles dans la vidéo. Toute joyeuse, elle affirme en dioula (ethnie parlée en Côte d’Ivoire) que ses petits frères et sa petite sœur ont pu avoir leurs cartes nationales d’identité ivoirienne (CNI). Un internaute qui partage la vidéo sur TikTok s’étonne que des enfants (mineurs) puissent avoir une CNI. Dans une publication Facebook reprenant la même vidéo, l’auteur du post a inscrit deux phrases sur les images de la vidéo : « vous dites quoi de ça des mineurs on une pièce d’identité CNI (sic) » puis « c’es pour cette raison que MR kubier refuse de faire la RLE (sic) ».
La RLE ou Révision de la liste électorale est une opération visant à réaliser le toilettage de la liste électorale en Côte d’Ivoire. Les partis de l’opposition ivoirienne avaient demandé une révision de la liste avant l’élection présidentielle d’octobre 2025. Le président de la Commission électorale indépendante (CEI) de Côte d’Ivoire, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a indiqué qu’une telle opération était impossible.
« Vous constaterez aisément avec moi qu’une opération de révision, mise à jour, comporte en moyenne 6 à 7 mois d’opération. Vous comprenez donc l’impossibilité de conduire une autre opération de révision de la liste électorale au risque de compromettre la tenue de l’élection du président de la République à la date constitutionnelle », avait indiqué Coulibaly-Kuibiert, le 2 juin 2025, lors d’une conférence de presse.
Selon l’internaute qui a partagé la vidéo sur Facebook, le refus d’organiser la révision de la liste électorale est une manœuvre du président de la CEI pour camoufler des anomalies comme la présence d’enfants (mineurs) sur la liste électorale. D’ailleurs dans les nombreux commentaires laissés par des internautes, plusieurs soutiennent que ces mineurs détenteurs de la CNI iront voter lors de la prochaine présidentielle.
Pour d’autres, il est impossible pour des mineurs d’avoir une carte nationale d’identité ivoirienne (CNI). Ces derniers estiment que la carte que les enfants ont présenté dans la vidéo est une carte CMU (Couverture maladie universelle). Afin de déterminer si le document présenté dans la vidéo est bien une carte nationale d’identité (CNI) et non une carte CMU (Couverture maladie universelle), nous réalisons une comparaison des deux documents. La couleur de la CNI ivoirienne est d’un vert pâle avec aux centre un dégradé orange. La carte porte le drapeau de la Côte d’Ivoire dans le coin supérieur droit. A l’opposé, la carte CMU est d’un vert et d’un orange plus foncé. Le logo de la CNAM est utilisé comme un motif distinctif sur toute la carte ; tantôt visible en orange tantôt en vert. Contrairement à la CNI, la carte CMU porte les armoiries de la Côte d’Ivoire dans le coin supérieur gauche et le drapeau dans le coin supérieur droit. La carte visible dans la vidéo est bien une CNI ivoirienne.
La carte CMU (en haut) et la CNI ivoirienne (en bas)
En Côte d’Ivoire, un mineur peut disposer d’une carte nationale d’identité
Contrairement aux idées reçues, la Côte d’Ivoire fait partie des pays africains qui autorisent les mineurs à posséder une carte nationale d’identité (CNI). Cela est possible depuis l’adoption de la loi n°2019-566 du 26 juin 2019 instituant une carte nationale d’identité biométrique. « La carte nationale d’identité biométrique est obligatoire pour tout ivoirien âgé d’au moins seize ans. Elle peut être délivrée aux citoyens ivoiriens figés d’au moins cinq ans », indique le texte de loi en son article 3. L’Office National de l’Etat Civil et de l’Identification de Côte d’Ivoire (ONECI) mène des campagnes d’information pour le rappeler aux parents souhaitant faire établir une CNI à leurs enfants.
« Aujourd’hui, nous avons fait en sorte qu’à partir de 5 ans, on puisse bénéficier d’une carte nationale d’identité, parce qu’à cet âge, la biométrie de l’individu n’évolue plus. La carte d’identité, qu’il s’agisse de la carte de résident ou de la carte nationale d’identité, intègre des composants électroniques qui facilitent la numérisation de l’identité et l’accès aux services digitaux », a précisé Christian Kodia Ago, directeur général de l’ONECI dans une interview.
La CNI ne confère pas le droit de vote
Cependant, la CNI pour les mineurs ne leur donne pas le droit de vote. En Côte d’Ivoire, les conditions pour être électeur sont clairement définies par la loi et affirmées dans le code électoral. L’électeur doit être de nationalité ivoirienne, être majeur (l’âge minimum pour voter est de 18 ans), jouir de ses droits civils et politiques et être inscrit sur la liste électorale.
« Sont électeurs les Ivoiriens des deux sexes et les personnes ayant acquis la nationalité ivoirienne soit par naturalisation soit par mariage, âgés de dix-huit ans accomplis, inscrits sur une liste électorale, jouissant de leurs droits civils et politiques et ne se trouvant dans aucun des cas d’incapacité prévus par la loi. Les personnes visées à l’alinéa précédent, vivant à l’étranger et immatriculées dans une représentation diplomatique ou consulaire, peuvent prendre part à l’élection du Président de la République selon les modalités fixées par décret en Conseil des ministres, sur proposition de la Commission chargée des élections », d’après l’article 3 du code électoral.
Les mineurs ne peuvent donc pas être inscrits sur la liste des électeurs même s’ils possèdent la carte nationale d’identité (CNI). Les majeurs ayant une carte nationale d’identité n’ont pas également de facto le droit d’accéder à un bureau de vote. Seuls les Ivoiriens inscrits sur la liste électorale peuvent voter sur présentation de la carte d’électeur. Les cartes d’électeur sont délivrées « à tout électeur inscrit sur la liste électorale » (article 14 du code) et « sont délivrées aux intéressés sur présentation d’une pièce d’identité » (article 15 du code).
La Carte nationale d’Identité ivoirienne est un document biométrique d’identification officiel que tout ivoirien peut posséder dès l’âge d’au moins 5 ans. Ce document administratif officiel ne garantit pas le droit de vote à son détenteur. En Côte d’Ivoire seuls les Ivoiriens âgés de dix-huit ans accomplis et inscrits sur la liste électorale peuvent voter s’ils sont inscrits sur la liste électorale.
Notons que la Commission électorale indépendante a publié la liste électorale définitive le 2 juin 2025. Elle compte plus de 8,7 millions d’inscrits soit 715 000 électeurs en plus par rapport à 2023 (année de la dernière révision). La révision de la liste électorale était l’une des principales revendications de l’opposition. Les principaux partis de l’opposition comme le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) et le PPACI (Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire), ont indiqué qu’il y a avait des irrégularités sur la liste électorale comme la présence de mineurs, de votants aux parents inconnus, de mères ayant plus d’une trentaine d’enfants ou encore un nombre élevé de centenaires (1, 2, 3).
La photo a été prise en 2023 et montre six gendarmes ivoiriens radiés de l’armée pour leur implication dans la consommation de drogues.
Ce post TikTok prétendant montrer les cinq gendarmes ivoiriens arrêtés par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) burkinabè est PARTIELLEMENT FAUX.
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La publication, datée du 2 août 2025, montre une image d’individus en uniforme et l’écriture suivante se lit sur la photo : « 05 gendarmes ivoiriens dans le sac. 05 Gendarmes ivoiriens ont été arrêtés par 2 Volontaires de la défense de la patrie (VDP) du Burkina Faso. La patrie ou la mort nous vaincrons ».
Un autre post ici reprend la même affirmation, reliant l’arrestation au décès de l’influenceur burkinabè Alino Faso en Côte d’Ivoire. Le post dit : « Cinq gendarmes ivoiriens ont été arrêtés sur le territoire burkinabè. Maintenant, nous pouvons discuter de l’assassinat de notre frère Alino Fasso ».
PesaCheck a examiné la publication et l’a trouvée partiellement fausse.
Une recherche d’images inversée via Yandex a révélé que cette photo a été prise en Côte d’Ivoire en 2023. Il s’agit de six nouveaux maréchaux de logis (MDL) de l’escadron de Duekoué à l’ouest de la Côte d’Ivoire qui ont été radiés le 23 septembre 2023 pour leur implication dans la consommation de drogues.
Le média ivoirien Linfodrome rapporte ici la cérémonie de radiation où plusieurs images montrent ces soldats radiés en train d’enlever leurs tenues.
Capture de la photo des policiers renvoyés en train d’enlever leur uniforme. Source : Linfodrome
Une autre recherche Google avec les mots-clés « 5 gendarmes ivoiriens arrêtés à la frontière avec le Burkina » a révélé que le 21 juin 2025, des gendarmes ont bien été interpellés à la frontière ivoiro-burkinabè, sur un site d’orpaillage, par des VDP.
Cependant, ces gendarmes ont été libérés huit jours plus tard et sont rentrés en Côte d’Ivoire le 29 juin 2025, bien avant l’annonce du décès d’Alain Christophe Traoré alias Alino Faso, survenu le 24 juillet 2025.
PesaCheck a examiné une publication TikTok prétendant montrer cinq gendarmes ivoiriens arrêtés par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) burkinabè et l’a trouvée PARTIELLEMENT FAUSSE.
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Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux.
Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mardochée Boli et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.
PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.