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Législatives 2025: Une fausse information relative à l’arrestation à Niamoué (Tiassalé) d’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko, en possession de cartes d’électeurs falsifiés circule sur les réseaux sociaux

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, l’information relative à l’arrestation à Niamoué (département de Tiassalé) d’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko, en possession d’un important lot de cartes d’électeurs falsifiés, est fausse. Il ne s’agissait pas de fausses cartes d’électeurs mais plutôt du listing électoral de 2023 remis au superviseur du candidat. L’individu arrêté a été relaxé pour délit non établi selon les informations recueillies par l’agence ivoirienne de presse (Aip).

Par Victoire Kouamé

FAIT

 Une publication postée le 27 décembre 2025 sur la page Facebook Tiassalé Impact prétend qu’un individu proche du candidat Assalé Tiémoko a été arrêté par la police avec un important lot de cartes d’électeurs falsifiés.

ANALYSE

Selon cette publication, diffusée sur la page Facebook Tiassalé Impact, à Niamoué dans le département de Tiassalé, un individu présenté comme proche d’Assalé, a été interpellé par la police en possession d’un important lot de cartes d’électeurs falsifiées.

La publication précise également qu’il s’agit d’un retraité et pasteur, et appelle à une hypervigilance, notamment de la part du camp Sanogo.

Sanogo Alpha est le candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) aux postes de député à Tiassalé. Il est par ailleurs  un adversaire d’Assalé Tiémoko.

Source: Capture d’écran de la publication

Cette information a suscité de vives réactions et généré plus de 700 mentions “j’aime“, près de 2000 commentaires et une trentaine de partages sur la page de Tiassalé Impact.

Elle a été relayée avec des vidéos à l’appui sur plusieurs pages Facebook notamment ici ,ici et ici.

Source: Capture d’écran de la vidéo d’arrestation de l’individu

 VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

 Nous avons effectué des recherches sur les pages Facebook de la Commission électorale indépendante (CEI), et du Ministère de la justice et des droits de l’homme, nous n’avons trouvé aucune information.

Nous avons ensuite fait des recherches sur des médias locaux crédibles pour voir si l’information  a été traité et avons trouvé que

l’Agence ivoirienne de presse (Aip), un média de service public disposant de pigistes sur toute l’étendue de la Côte d’Ivoire, a apporté des éclairages sur cette situation.

Dans un article publié sur sa page Facebook, l’AIP indique que l’individu répondant au nom de  Aka  Flavien Honvo interpellée avec d’autres personnes, le 27 décembre 2025 dans le village de Niamoué, dans le département de Tiassalé, pour des faits de fraude présumée lors des élections législatives, a été remis en liberté, ainsi que les autres interpellés, à l’issue d’auditions menées par la police, en présence du substitut résident du procureur de la République, pour délit non établi.

Il ne s’agissait pas de fausses cartes d’électeurs mais plutôt d’une liste électorale de 2023, selon l’article publié par l’AIP.

L’information de la relaxation du sieur Aka Flavien Honvo, a été publiée plus tôt dans la journée par le candidat Assalé Tiémoko sur sa page Facebook.

De plus, dans une vidéo de 5 minutes 02 secondes diffusée sur la page Facebook  Enquête média dans la soirée du 27 décembre, Aka Flavien , superviseur du candidat Assalé Tiémoko raconte qu’il ne détenait pas des cartes d’électeurs mais plutôt un listing  de vote et confirme avoir été libéré à la suite d’une audition par le commissaire et le procureur de la république.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant qu’un proche du candidat Assalé Tiémoko a été arrêté avec un important lot de cartes d’électeurs falsifiés est fausse. L’individu du nom de Aka Flavien Honvo, superviseur du candidat Assalé Tiémoko ne détenait pas de cartes d’électeurs falsifiés et a été relaxé après des vérifications des autorités compétentes.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne relayer aucune information de sources non officielle surtout en période électorale
  • Se fier aux sources officielles pour toute information fiables et crédibles
  • Signaler et dénoncer les auteurs des fausses informations aux autorités compétentes
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Attention à l’arnaque : l’entreprise de vente en ligne JUMIA n’offre pas 40 000 F CFA aux usagers de son site internet

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

FAUX : Ce site prétendant offrir 40 000 F CFA aux usagers, au nom de l’entreprise JUMIA est une arnaque. Après les recherches sur le site et les vérifications auprès du service client de l’entreprise, les résultats confirment qu’il s’agit d’une tentative d’arnaque. L’entreprise soutient que cette offre ne vient pas de leur service.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Un lien transféré de nombreuses fois via whatsapp prétend que l’entreprise Jumia offre 40 000  aux usagers à l’occasion de “Jumia anniversaire cadeau”.

ANALYSE

En un clic sur le lien apparaît un message de félicitation accompagné d’un questionnaire avec entête Jumia, sur l’âge et le genre des utilisateurs. Après avoir sélectionné les réponses, un autre message de félicitation s’affiche au bout du processus.

Capture d’écran de la première page du site

Ensuite, apparaissent plusieurs coffrets cadeaux dont l’utilisateur dispose de trois tentatives pour essayer d’ouvrir le bon afin d’obtenir les 40 000 F CFA.

Plusieurs commentaires accompagnent cette action, mais il est impossible de vérifier l’authenticité et le profil de ces utilisateurs.

Capture d’écran des commentaires

Après avoir ouvert le bon coffret cadeaux, un autre message vient indiquer que pour recevoir les 40 000 FCFA, il faut partager le lien via whatsapp avec 5 groupes ou 20 amis et entrer une adresse personnelle pour terminer l’inscription.

Cette action ne donnera aucune suite.

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons d’abord effectué une recherche avec les mots clés “ jumia anniversaire cadeau 40 000 “et nous n’avons trouvé aucune offre semblable.

Les recherches sur le site officiel  et la page Facebook officielle de Jumia Côte d’Ivoire n’ont rien donné.

Nous avons procédé à des vérifications en faisant des recherches sur le domaine du site avec l’outil whois.com pour avoir des informations sur les titulaires de ce site. Les résultats ont montré que les informations concernant les auteurs de ce site sont privées au lieu de fournir des informations précises sur l’entreprise Jumia. Cette stratégie typique aux sites d’arnaque révèle que ce site est inauthentique.

Capture d’écran de la recherche avec Whois

Nous avons également effectué des recherches avec l’outil VirusTotal pour voir des informations relatives à la sécurité du site. Cette recherche a révélé que ce site est suspect.

Capture d’écran de la recherche avec VirusTotal

Nous avons enfin contacté le service client de Jumia via whatsapp nous a confirmé que ce site est un site d’arnaque et que leur entreprise n’est point affiliée à ce site. Le service client nous a en effet exhorté à contacter la Plateforme de lutte contre la Cybercriminalité (PLCC) pour dénoncer la tentative d’arnaque.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Le site internet prétendant offrir 40 000 F CFA aux usagers au nom de l’entreprise Jumia est un canular. Il a été mis en place dans l’objectif d’arnaquer les citoyens et internautes au moyen de la technique de l’hameçonnage qui exige généralement des utilisateurs de partager le lien d’une offre à plusieurs personnes ou dans plusieurs groupes whatsapp.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne cliquez  sur aucun lien suspect
  • Toujours vérifier et se renseigner sur les canaux officiels de la structure ( site, page Facebook)
  • Ne pas partager ce type de lien suspect à ses contacts comme recommandé
  • Signaler l’arnaque à l’entreprise et auprès des autorités compétentes
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Une fausse couverture manipulée d’un article du magazine Jeune Afrique utilisé pour prétendre que Abidjan envoie des armes aux terroristes à la frontière Côte d’Ivoire-Burkina.

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, la publication qui prétend que Abidjan envoie des armes aux terroristes à la frontière Côte d’Ivoire-Burkina est une infox. Les différentes vérifications ont plutôt montré qu’il s’agit d’un montage. La publication d’origine du média Jeune Afrique ne fait pas mention de cette information.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Dans une publication partagée sur  le profil Facebook Serges Patrice Paré le 01 Novembre 2025, une couverture d’un article du magazine Jeune Afrique prétend que Abidjan envoie des armes aux terroristes.

ANALYSE

Cette publication a cumulé environ 500 mentions j’aime, une vingtaine de commentaires et 16 partages

La publication est énoncée comme suit: “Jeune Afrique vient de mettre le derrière de la Côte d’Ivoire dehors pour soutien aux terroristes”. La publication est accompagnée en commentaire de la capture d’écran d’une publication d’un article sur la page Facebook de Jeune Afrique.

La titraille de la publication se décline comme suit : Côte d’Ivoire-Burkina Faso : ce que l’on sait des derniers incidents à la frontière et sur l’image d’illustration : “Abidjan envoie des armes aux terroristes. Ce que l’on sait des derniers incidents à la frontière.”

Source: Capture d’écran de la publication

Les commentaires ont pour la plupart ironisé en affirmant que Jeune Afrique a écrit l’article parce qu’ “ils n’ont pas reçu leur versement du mois”.

Source : Capture d’écran des commentaires de la publication

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons procédé à l’analyse de la capture d’écran de la prétendue publication de Jeune Afrique sur Facebook avec l’outil Fotoforensics. Nous avons constaté des incohérences au niveau du sous titre “Abidjan envoie des armes aux terroristes” qui paraît un plus foncé que les autres parties du texte.

Les indices visuels nous ont ensuite fait remarquer que le sous titre “Abidjan envoie des armes aux terroristes” est placé de façon disproportionnée par rapport au dernier sous titre, laissant entrevoir un montage .

Pour en savoir davantage , nous sommes allés sur la page Facebook officielle de Jeune Afrique pour vérifier si la publication s’y trouve. Nous avons retrouvé une publication avec le lien d’un article datant du 01 novembre 2025 qui ressemble à des détails près à celle que nous vérifions, sauf que le sous titre sur l’image d’illustration ”Abidjan envoie des armes aux terroristes” n’apparaît pas sur la publication d’origine.

 

Source: Capture d’écran de la publication sur la page Facebook de Jeune Afrique

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

 

La publication de Serges Patrice Paré montrant une capture d’écran d’un article publié sur la page Facebook de Jeune Afrique, prétendant que Abidjan envoie des armes aux terroristes est fausse. C’est une publication qui a fait l’objet de montage pour manipuler dans l’objectif de tromper et manipuler l’opinion publique.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne pas partager cette information mensongère
  • Ne pas relayer une information sans avoir vérifier
  • Aller sur la page officiel des médias ou organisations pour vérifier toute information censée provenir de ces médias ou organisations
  • Développer son sens de l’esprit critique en questionnant d’abord la véracité de l’information et sa source
  • Signaler l’auteur de cette publication et le dénoncer aux autorités compétentes
  • Avoir le sens de l’observation
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FAUX : Le président Laurent Gbagbo n’a pas été arrêté

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

FAUX, le président Laurent Gbagbo n’a pas été arrêté. Aucune source officielle n’a annoncé cette arrestation ni ses instances, ni le procureur de la République de Côte d’Ivoire via la page du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme.

FAIT

Dans une publication relayée sur Facebook, la page Tingin-biiga affirme que l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo aurait été arrêté le jeudi 23 octobre 2025, après une interview accordée au journaliste Alain Foka. L’auteur de cette publication appelle alors les citoyens à descendre massivement dans la rue pour exiger sa libération immédiate et sans condition.

ANALYSE

Publié sur Facebook le 23 octobre 2025, page «Tingin-biiga»  dans une publication  annonce l’arrestation du président Laurent Gbagbo. Dans le texte qui accompagne la publication, on peut lire « Ivoiriens patriotes, l’heure est grave. Le président Laurent Gbagbo vient d’être arrêté suite à l’interview qu’il a accordée à Alain Foka. Sortez massivement pour réclamer sa libération sans condition et pour barrer la route à ce 4e mandat de trop. Le gouvernement va démentir, mais ne les écoutez pas, car tout ce qu’ils diront est faux. Vous savez que si ADO est congénitalement menteur, ce n’est pas ses proches qui ne sont pas des menteurs éhontés. » Un communiqué de ce type est également partagé ici.

Source : Capture de la Publication

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Des recherches Google avec les mots-clés « président Laurent Gbagbo+arrestation+interview » ne donnent aucun résultat probant.

La Cellule Anti Fake a également sillonné La page officielle de Maître Habiba Touré, porte-parole du président Laurent Gbagbo, ainsi que celle du PPA-CI et n’a vu aucune information allant dans ce sens.

On retrouve par contre un démenti sur la page gouvernementale Alerte 100, en ces termes « un faux communiqué et des publications circulent actuellement sur les réseaux sociaux prétendant que le président Laurent Gbagbo aurait été arrêté. Cette information est totalement fausse. Aucune source officielle n’a annoncé une telle arrestation. Il s’agit d’une fausse nouvelle diffusée dans le but de créer la panique et de semer le trouble au sein de la population, confirme que ces informations sont totalement fausses et ne proviennent d’aucune source officielle », lit-on.

Depuis le lancement du processus électoral en vue de la présidentielle de 2025, les internautes ivoiriens font face à une recrudescence de rumeurs, fausses informations diffusées en ligne. L’ancien président Laurent Gbagbo grande figure de l’opposition et exclus du scrutin, est au cœur de ces manipulations informationnelles comme le  cas de cet  extrait audio journal de RFI manipulé et publié par la page Roi du Printemps Universel dans lequel l’ancien président ivoirien  aurait félicité Alassane Ouattara pour sa réélection. Une information démentie par  RFI et France 24.

CONCLUSION

Contrairement à ce qui est annoncé dans la publication en vérification, le président Laurent Gbagbo n’a pas été arrêté. Aucune source officielle n’a annoncé cette arrestation ni ses instances, ni le procureur de la République de Côte d’Ivoire via la page du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme.

Ce fact-check a été produit par Aymard Taou  dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Il a été réalisé sous le parrainage de PesaCheck, l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, avec le soutien technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, financée par le Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (BMZ) et l’Union européenne (UE). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la CelluleAntiFake.

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Sécurité Nationale: Une fausse information circule autour d’un prétendu hélicoptère ivoirien abattu par des hommes armés à Korhogo

VERDICT ET CÔTE DE FIABILITÉ

Faux, cette publication qui prétend qu’un hélicoptère ivoirien a été abattu à Korhogo par des hommes armés est fausse.

Il s’agit plutôt d’une panne technique au décollage d’un hélicoptère militaire qui a effectué un posé d’urgence sans faire de victime. Un communiqué des forces armées de Côte d’Ivoire confirme cet incident.

Par Victoire Kouamé

FAIT

Une publication partagée le  27 octobre 2025 sur la page Facebook Légion AES prétend qu’un hélicoptère ivoirien a été abattu à Korhogo par des hommes armés.

Cette publication accompagnée des images d’épaves de l’engin s’énonce comme suit:

URGENT :Côte d’Ivoire : Un hélicoptère a été abattu à Korhogo par des hommes armés.

Selon des sources proches du dossier, il s’agirait d’un groupe se réclamant des « Patriotes », affirmant vouloir libérer la Côte d’Ivoire des mains du dictateur Alassane Ouattara.

ANALYSE

La publication a rapidement suscité plusieurs engagements et réactions allant jusqu’à plus de 350 mentions “j’aime”, 40 commentaires et 17 partages.

Capture d’écran de la publication

Cette même information diversement traitée, a fait l’objet de plusieurs publications sur Facebook notamment les pages Agence de presse régionale, l’Ivoirien, Tingin-binga etc.

Capture d’écran des commentaires de la publication de Légion AES

VÉRIFICATION DES FAITS (Méthodologie)

Nous avons d’abord effectué une recherche d’image inversée via Google Lens avec des images d’épaves de l’hélicoptère publiées par Légion AES. Nous n’avons trouvé aucune correspondance pour la première image. L’analyse de la seconde image a permis de savoir qu’il s’agit d’une image qui date du  10 septembre 2021. Elle se réfère à un crash du Mi 24, un hélicoptère d’attaque de l’armée ivoirienne, en mission de reconnaissance sur la ligne frontalière nord.

Le quotidien Frat MAT a publié un communiqué de presse de l’armée sur ce crash consultable ici.

Aussi, pour avoir de plus amples  d’informations, nous avons joint au téléphone Coulibaly Sam, président des jeunes de valeurs de Korhogo. S’exprimant à titre personnel, Coulibaly Sam nous a signifié que la journée du lundi 27 octobre était calme comme d’habitude à Korhogo. “ Nous n’avons pas entendu de coup de feu ni de bruit d’explosion hier dans la ville. Tout le monde vaquait à ses occupations. Nous sommes étonnés de savoir que cette information ait fait grand bruit sur les réseaux sociaux alors que ce n’est pas le cas ici à Korhogo, pour vous dire qu’il n’y a rien eu comme manœuvre de coup de feu ici à Korhogo ici“, a-t-il déclaré.

Nous avons ensuite retrouvé Un communiqué de l’Etat major de l’armée publié le 27 octobre 2025 sur la page Facebook Forces armées de Côte d’Ivoire, indiquant qu’un hélicoptère militaire ivoirien a subi une panne technique au décollage, sur la piste de l’aéroport de Korhogo. Selon ce communiqué l’hélicoptère a effectué un posé d’urgence sans faire de victime parmi les membres d’équipage, ni au sein du personnel présent sur la zone aéroportuaire.

L’état major a par ailleurs salué le professionnalisme de l’équipage dont la maîtrise et le sang froid ont permis d’éviter un drame.

Capture du communiqué

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La publication prétendant qu’un hélicoptère ivoirien a été abattu à Korhogo par des hommes armés est fausse. Elle a été publiée dans le but de créer la peur et la psychose au lendemain des élections présidentielles.

CONSEILS AUX LECTEURS

  • Ne pas relayer des informations mensongères
  • Se référer aux informations de sources officielles sur les canaux officiels
  • Signaler les publications mensongères et leurs auteurs
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Côte d’Ivoire : l’espérance de vie a dépassé 59 ans contrairement aux déclarations de plusieurs personnalités politiques

Des responsables du parti PDCI-RDA, en l’occurrence Tidjane Thiam et Dr Estelle Gisèle Kabrang ont déclaré que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans. Ce chiffre est caduc, car les données disponibles les plus récentes montrent que l’espérance de vie a évolué.

Azil Momar Lô, Africa Check

Dans le contexte de l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, des cadres du PDCI-RDA (Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain) ont à plusieurs reprises déclaré que « l’espérance de vie est de 59 ans » en Côte d’Ivoire.

C’est le cas de Dr Estelle Gisèle Kabrang qui l’a affirmé au cours de l’émission Autrement politique partagée sur la chaîne YouTube PDCI TV le 17 août 2025. Cette cadre du PDCI-RDA est la 3e adjointe au maire de la commune de Ouellé et Présidente de l’Union des femmes du PDCI-Urbaine du département de Ouellé.

Nous avons adressé des questions à Dr Estelle Gisèle Kabrang pour connaître la source de cette statistique. Mais jusqu’à la mise en ligne de cet article, nos messages n’ont pas reçu de réponse. Cet article sera actualisé si nous recevons des précisions dans ce sens.

En revanche, à travers des recherches sur internet, nous avons retrouvé une déclaration similaire faite par le président du PDCI-RDA Tidjane Thiam le 31 mars 2025 :  au cours d’ une interview accordée à TV5 Monde, Thiam a affirmé que « l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans selon la Banque mondiale ». Par la suite, plusieurs médias ivoiriens et internationaux se sont fait l’écho de cette déclaration de Thiam qui avait alimenté des débats et controverses autour de l’espérance de vie en Côte d’Ivoire.

Tidjane Thiam, invité du journal Afrique sur TV5 Monde en mars 2025. (Capture d’écran)

De plus, le 5 septembre 2025, au cours d’une interview en anglais avec la célèbre société médiatique et financière américaine Bloomberg, Tidjane Thiam a de nouveau réitéré que l’espérance de vie se situe à 59 ans en Côte d’Ivoire, cette fois-ci en donnant comme année de référence 2022. « Je n’accepte pas que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire soit de près de 59 ans en 2022. J’en ai honte. Je me bats vraiment pour que les gens aient une vie décente », a-t-il affirmé. Sa déclaration a par la suite été reprise sur les réseaux sociaux.

Thiam a été exclu de la course à la présidentielle ivoirienne prévue en octobre 2025 à la suite d’une décision de justice. Le tribunal de première instance du Plateau à Abidjan a ordonné sa radiation de la liste électorale, estimant n’était plus Ivoirien au moment de son inscription en 2022. Cette décision, survenue à six mois du scrutin, a été contestée par Thiam et son parti, qui ont dénoncé une manœuvre politique.

 

Une donnée peu probante

Nos recherches documentaires ont permis de retrouver en ligne des références à une espérance de vie de 59 ans en Côte d’Ivoire, comme évoqué par des responsables du PDCI-RDA.

La plateforme statistique Statista indique, pour les années 2019 et 2020, une espérance de vie de 59 ans pour la Côte d’Ivoire. Cette même statistique pour le pays est aussi donnée par l’Université de Sherbrooke, au Canada.

Statista et Sherbrooke ont toutes les deux mentionné comme source la Banque mondiale. Mais, les données que nous avons consultées sur le site de la Banque mondiale rapportent une espérance de vie de 60 ans pour les années 2019 et 2020 en Côte d’Ivoire. La Banque mondiale cite plusieurs sources dont la Division des Nations Unies pour la population 2009 et les Perspectives relatives à la population mondiale : révision de 2008.

Cyrille Gnalega est démographe-statisticien ivoirien travaillant à l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF) de Côte d’Ivoire. Il a confirmé à la Coalition Anti Dohi que l’espérance de vie « a dépassé 59 % en Côte d’Ivoire » étant donné que cette donnée était déjà à « environ 61% en 2021 », d’après l’Agence nationale de la statistique (ANStat) de Côte d’Ivoire.

Selon Gnalega, en 2014, année où l’avant dernier Recensement général de de la population de Côte d’Ivoire (RGPH 2014) a été réalisé, l’espérance de vie était en deçà de 59 ans (NDLR: le RGPH 2014 le confirme, avec une espérance de vie à la naissance estimée à 55,8 ans en 2014).

Que disent les données les plus récentes sur l’espérance de vie en Côte d’Ivoire ?

 En effet, comme l’a signifié Cyrille Gnalega, d’après le dernier Recensement général de la population de Côte d’Ivoire réalisé en 2021 (RGPH 2021), piloté par l’ANStat, l’espérance de vie se situait à 61,2% cette année-là.

Selon les dernières données de la Banque mondiale datant de 2023, l’espérance de vie à la naissance est de 62 ans en Côte d’Ivoire pour les années 2022 et 2023.

L’ANStat précise sur son site internet qu’en 2025, l’espérance de vie est de 62,6 ans. Ce chiffre était de 62,3 en 2024.

Dans le détail, l’historique de l’espérance de vie au cours des dix dernières années s’établit comme suit, selon un document téléchargeable sur le site de l’ANStat.

Facteurs explicatifs de l’évolution de l’espérance de vie en Côte d’Ivoire

Cyrille Gnalega rappelle qu’en 2014, lorsque l’espérance de vie en Côte d’Ivoire était estimée à 59 ans ou moins (d’après les données de l’ANStat), le pays sortait tout juste d’une période de crise.

NB : De fin 2010 à avril 2011, l’élection de l’actuel président, Alassane Ouattara, alors contestée par son rival Laurent Gbagbo, avait plongé le pays dans une violente crise postélectorale qui avait secoué le pays, occasionnant d’importants troubles et quelque 3000 morts.

Le  démographe-statisticien ajoute que vers les années 2014, à cause des nombreux décès liés à la crise, les infrastructures « n’étaient pas le champ d’action des dirigeants qui étaient plus focalisés sur la gestion de la crise. Beaucoup d’actions ont été mises en stand-by ». Donc, les conditions n’étaient pas favorables à l’accroissement considérable de l’espérance de vie. Toutefois, explique Gnalega, « en 2021, la crise étant finie, les dirigeants ont eu plus de temps de pouvoir se consacrer à tout ce qui est infrastructures de santé ».

Par exemple, détaille-t-il, de nouveaux hôpitaux ont été construits et il y a également eu un regain d’activités économiques. Conséquemment, beaucoup d’indicateurs se sont améliorés, selon lui.

L’expert a par ailleurs évoqué la possibilité d’une baisse au niveau d’autres indicateurs clés tels que la prévalence du VIH Sida et du paludisme en Côte d’Ivoire. Les données disponibles confirment en effet une tendance baissière de ces deux indicateurs en Côte d’Ivoire.

Pour le VIH Sida, selon la Feuille de route nationale pour la prévention du VIH 2024 – 2026 publiée par le Ministère ivoirien de la Santé en juin 2024, on note une baisse des nouvelles infections de 66 % entre 2010 et 2022. Les décès dus au Sida étaient de 9 952 en 2022 alors qu’en 2010, le nombre de décès était de 35 000, selon une fiche d’information d’Africa Check.

Pour le paludisme, des chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) repris par la Banque mondiale rapportent l’incidence du paludisme (pour 1 000 personnes) pour la Côte d’Ivoire. Cette incidence était de 457,8 /1000 en 2010, contre 278,3/1000 en 2020, et  266,4/1000 en 2022. Selon le Programme national de lutte contre le paludisme en Côte d’Ivoire, la mortalité liée au paludisme a connu globalement une baisse sur la période 2016-2019 avec 3 340 décès enregistrés en 2016 contre 3 104 en 2019.

Conclusion : la déclaration selon laquelle l’espérance de vie est de 59 ans en Côte d’Ivoire est incorrecte

Des responsables du PDCI-RDA, notamment Tidjane Thiam et Dr Estelle Gisèle Kabrang, ont affirmé que l’espérance de vie en Côte d’Ivoire est de 59 ans. Dr Kabrang n’a pas précisé la source de cette donnée malgré nos sollicitations. De son côté, Tidjane Thiam a cité la Banque mondiale comme source lors de deux interventions médiatiques distinctes, en se référant à l’année 2022.

Les chiffres les plus récents de l’Agence nationale de statistique (ANStat) indiquent une espérance de vie à la naissance de 61,7 ans en 2022 et de 62,6 ans en 2025. Ces données officielles, plus actuelles et précises, sont nettement supérieures aux 59 ans avancés par les cadres du PDCI-RDA.

En conséquence, la déclaration selon laquelle l’espérance de vie est de 59 ans en Côte d’Ivoire est incorrecte.

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Présidentielle ivoirienne de 2025 : cette vidéo virale sur une prétendue fraude en faveur d’Alassane Ouattara est trompeuse

Une rumeur sur les réseaux sociaux prétend que le vote pour la présidentielle du 25 octobre 2025 a débuté en avance, suggérant une fraude en faveur d’Alassane Ouattara. En réalité, il s’agit d’une vidéo montrant des spécimens de bulletins utilisés à des fins pédagogiques par des militants.

Par Anderson Diédri, Eburnie Today

Dans une publication (archivée ici) faite sur Facebook le 19 octobre 2025, Oxymore de Woody un cyberactiviste proche de l’opposition ivoirienne vivant en France, a écrit : « Je vous avais dit que le RDR avait commencé à voter !!! Voilà ça oh ceux-là quoi !! il y’aura vraiment pas élection (sic) ». Oxymore de Woody est suivi par près de 315 mille comptes sur Facebook.

Le RDR (pour Rassemblement des Républicains), le parti d’Alassane Ouattara, s’est mué en Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) en 2018 avec une coalition d’autres partis politiques dont l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), le Mouvement des forces d’avenir (MFA), l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI), le Parti ivoirien des travailleurs (PIT), le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, a quitté cette coalition depuis août 2018).

La publication de Oxymore de Woody est accompagnée d’une vidéo dans laquelle on voit une dame assise, tenant un spécimen de bulletin de vote et un stylo. Cette dernière coche la case qui correspond au choix du président sortant Alassane Ouattara, candidat du RHDP. Sur les instructions d’une jeune fille, visiblement militante du RDHP, cette dernière semble apprendre comment voter pour le candidat de son choix le 25 octobre 2025, date prévue pour l’élection présidentielle ivoirienne.

Les échanges dans la vidéo sont essentiellement en malinké, une langue parlée majoritairement dans le nord de la Côte d’Ivoire. « J’ai vu maintenant », acquiesce la dame, vêtue en tissu pagne et portant un foulard sur la tête, avant de cocher la case correspondant au candidat Alassane Ouattara, devant les explications de la jeune militante, habillée d’un tee-shirt orange. Celle-ci explique : « 1, 2, 3, 4 ne sont pas dedans », faisant allusion aux autres candidats, avant de conclure : « ADO ou rien ».  Pour rappel, cinq candidats sont en lice pour la présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire.

Capture d’écran de la publication de Oxymore de Woody sur Facebook, effectuée le 22 octobre
Capture d’écran de la publication de Zone Presse sur Instagram, effectuée le 22 octobre

Vidéo virale et débat controversé

Cette vidéo est devenue rapidement virale, cumulant plus de 935 000 vues, plus de 2 200 commentaires et 2 300 partages sur Facebook à la date du 22 octobre 2025. La vidéo a été également publiée sur TikTok par le compte oxymoredewoody (archivé ici) et reprise sur Instagram par zonepresse, (archivé ici) qui se présente comme un « média indépendant » mais qui diffuse sur les réseaux sociaux des contenus plusieurs fois épinglés comme étant trompeurs.

La vidéo a créé la confusion et suscité la controverse au regard des commentaires sur la publication. En effet, sur Facebook, les internautes sont partagés. « On appelle ça apprendre à voter avec les spécimens », réagi l’un d’eux. « Maintenant pour ce que vous voyez dans la vidéo, ce sont des spécimens (ou exemplaires) de bulletins qui sont donnés à tous les candidats pour montrer à leurs électeurs comment faire le choix puisqu’il y a une manière de votre pour éviter les bulletins nuls. Evitez les propagandes inutiles », renchérit un autre. Certains soulignent que les spécimens de bulletin de vote ont toujours existé pour mieux préparer les électeurs au vote et tentent d’expliquer le processus de vote, quand un autre livre son témoignage : « Peut-être que ce sont des spécimens pour apprendre à voter aux parents. Puisque j’avais déjà participé à ces genres d’exercices dans ma région pour mieux expliquer le vote à nos parents du village ».

D’autres internautes y voient par contre une volonté de tricherie. « Arrêtez de raconter des balivernes. Le RDRHDP est un parti de FRAUDEURS », s’insurge l’un d’eux. « Oui bien vrai que c’est écrit dessus spécimens mais ce spécimen est écrit à l’arrière des photos des candidats et non pas sur les visages des candidats. Donc c’est une distraction, une tricherie déguisée… », estime un autre. « C’est interdit par le procureur, alors pourquoi le faire ? », croit savoir un autre.

De quoi s’agit-il dans cette vidéo ?

En analysant la vidéo publiée sur Facebook à l’aide de l’outil InVID, nous avons effectué une recherche inversée par image. Celle-ci nous a permis de retrouver la même séquence sur deux autres plateformes : TikTok, via le compte oxymoredewoody, et Instagram, via zonepresse, grâce au moteur de recherche visuel Google Lens. Aucun autre élément contextuel ou source complémentaire n’a été identifié pour cette vidéo. Toutefois, les étalages bien visibles en arrière-plan suggèrent que la scène a été filmée dans un marché.

Contacté par la Coalition Anti Dohi, le 20 octobre 2025, Inza Kigbafory, chef du service Communication de la Commission électorale indépendante (CEI), a déclaré à propos de cette vidéo que « ce sont des spécimens qu’on donne aux candidats pour apprendre à voter à leurs militants. Rien d’illégal ». « C’est la loi qui prescrit qu’il faut mettre à disposition des candidats des affiches et des spécimens de bulletin de vote », a-t-il ajouté.

En outre, le 7 octobre 2025, chaque candidat à l’élection présidentielle a reçu 100 000 affiches et 10 000 spécimens. À cette occasion, Ibrahime Kuibiert-Coulibaly, président de la CEI, a expliqué les objectifs de cette action. « Pour ce qui est du peuple, il faut qu’il sache à qui il va donner son pouvoir. C’est pour cette raison que l’un des objectifs de cette rencontre, c’est de remettre des affiches des candidats pour que le peuple puisse savoir qui est candidat, mettre un visage sur un nom (…) Pour éviter l’erreur sur la personne, la loi autorise donc un contact visuel entre le peuple, détenteur du pouvoir, et celui à qui il va donner son pouvoir, à travers donc ces affiches. C’est tout le sens. Donc voilà le premier objectif », fait-il observer avant de continuer : « Le deuxième objectif c’est comment je dois donner mon pouvoir à celui que j’aurais choisi, c’est comment voter. Voilà pourquoi en plus des affiches, on vous remet un spécimen de bulletin pour que vous alliez vers la population, candidat que vous êtes, leur apprendre à voter ».

Capture d’écran d’un spécimen de bulletin de vote sur le site Abidjan.net, effectuée le 22 octobre

Ce que dit la loi électorale

Sur la base de l’ordonnance n° 2020-356 du 08 avril 2020 portant révision du code électoral, plusieurs décrets ont été pris le 30 juillet 2025 fixant notamment la date du premier tour de l’élection présidentielle au samedi 25 octobre 2025 sur le territoire ivoirien et à l’étranger, la période de campagne électorale allant du 10 au 23 octobre 2025 et les spécifications techniques des affiches et bulletins de vote. En tout cas, « il est interdit d’apposer des affiches, de signer, d’envoyer ou de distribuer des bulletins de vote, circulaires ou professions de foi dans l’intérêt d’un candidat ou liste de candidats en dehors de la période réglementaire de campagne », stipule l’article 31 du code électoral.

L’article 22 du code électoral indique : « l’Etat prend à sa charge le coût d’impression des affiches, des enveloppes et des bulletins uniques de vote, les frais d’expédition de ces documents, ainsi que tous les frais relatifs aux opérations de vote. Les spécifications techniques ainsi que le nombre des affiches, enveloppes et bulletins de vote sont fixées par décret en Conseil des ministres sur proposition de la Commission chargée des élections ».

Interrogée sur les dispositions qui fondent la distribution de spécimens aux candidats, la CEI nous a renvoyé au décret n° 2025-654 du 30 juillet 2025 définissant les spécifications techniques des matériels et documents électoraux et déterminant le nombre des affiches et des bulletins de vote. Ce décret précise en son article 2 que « pour l’élection présidentielle, les élections parlementaires et les élections locales, le nombre de bulletins de vote, par bureau de vote, est égal au nombre d’électeurs figurant sur la liste d’émargement du bureau de vote, majoré de 10 %. Le nombre d’affiches électorales est le suivant : 100 000 exemplaires par candidat pour chaque tour pour l’élection du président de la république, 300 exemplaires par candidat pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale, 300 exemplaires par candidat pour l’élection des sénateurs, 300 exemplaires par candidat pour les élections locales ».

À l’analyse, la distribution de spécimens aux candidats pour sensibiliser les électeurs n’est pas explicitement mentionnée. C’est d’ailleurs ce que souligne Athena Yapi, juriste au département juridique, genre et cohésion sociale à l’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (OIDH). « Après lecture de cet article 2, je ne vois pas de façon expresse qu’il a été mentionné les spécimens. Donc pour moi, il y a un vide juridique (…) Du coup, il y a un problème. Il faut peut-être légiférer en la matière, prendre une circulaire ou bien essayer d’amender cet article 2 et introduire là-dedans une clause qui fait référence aux spécimens pour pouvoir essayer de lever tout équivoque concernant cette situation », fait-elle observer.

La chargée de programme à l’OIDH suggère de renforcer la sensibilisation à travers la Commission électorale indépendante, mais aussi bien les partis politiques que les organisations de la société civile pour expliquer aux populations « c’est quoi un spécimen, à quoi ça sert et quelle est la différence entre un spécimen et le bulletin de vote ».

Athena Yapi rappelle que lors des élections présidentielles de 2020, une situation similaire s’était présentée à Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire. Une publication sur Facebook montrant des personnes avec des spécimens en leur possession avait suffi à certains pour conclure qu’il s’agissait de fraude. Lors de son monitoring, l’OIDH avait à l’époque expliqué qu’il s’agissait en réalité de spécimens de bulletins de vote. C’est ce même débat qui revient aujourd’hui encore. « C’est dire que c’est quelque chose qui est récurrent, donc il faut faire attention. Il faut vraiment mettre l’accent dessus pour qu’on puisse essayer de lever tout quiproquo concernant les spécimens », recommande-t-elle.

Une pratique habituelle

Dans les faits, la distribution de spécimens est une pratique habituelle à chaque élection. Ainsi, la Commission électorale indépendante a procédé le 7 octobre 2025, à la remise des spécimens de bulletins de vote et des affiches de campagne aux représentants des cinq candidats que sont Alassane Ouattara, Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello, Henriette Lagou et Jean-Louis Billon.

Ce fut également le cas lors de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Les représentants des candidats Alassane Ouattara et Bertin Konan Kouadio avaient réceptionné le 9 octobre 2020 ces documents, les candidats Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan, également figurant parmi les quatre candidats retenus pour l’élection par le Conseil constitutionnel, ayant boycotté le scrutin.

Ces spécimens de bulletins de vote avaient été également distribués le 6 octobre 2015 aux 10 candidats ou à leurs représentants lors de l’élection présidentielle du 25 octobre 2015 et aussi le 7 octobre 2010 aux 14 candidats retenus pour l’élection présidentielle de 2010.

En résumé, la distribution de spécimens de bulletins de vote aux candidats est une pratique habituelle lors des élections présidentielles en Côte d’Ivoire. La vidéo virale qui laisse croire à une fraude électorale en faveur du pouvoir est donc trompeuse. Il s’agit en réalité de spécimens de bulletins de vote utilisés par les candidats pour sensibiliser et former leurs électeurs au bon déroulement du vote.

Cet article a été réalisé par le média ivoirien Eburnie Today, membre de la Coalition Anti Dohi – une initiative qui œuvre pour l’intégrité de l’information dans le cadre de la présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. La Coalition Anti Dohi est soutenue par le projet Renforcer la fiabilité de l’information en Afrique de l’Ouest de la GIZ, dans le strict respect de l’indépendance journalistique et éditoriale qui régit la Coalition.

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : une coalition d’acteurs de l’information s’engage pour l’intégrité de l’information

Abidjan, le 12 juillet 2025 – Dans un contexte de montée des discours de haine et de la désinformation en ligne à l’approche de l’élection présidentielle ivoirienne, des organisations de la société civile et des médias spécialisés annoncent la création de la coalition pour l’intégrité de l’information en Côte d’Ivoire dans le cadre de la présidentielle prévue en octobre 2025. Cette initiative stratégique est mise en œuvre sous le leadership éditorial d’Africa Check, avec pour objectif de garantir un accès fiable à l’information pendant cette période électorale cruciale.

Baptisée « Coalition Anti Dohi« , cette initiative réunit des médias ivoiriens spécialisés dans la vérification des faits – Abidjan Fact Check, Le Média Citoyen, la Cellule Anti Fake News (AFIN), Eburnie Today, et Ivoire Check (Repprelci) – ainsi que quatre organisations de la société civile : Ovillage, Amazoon du Web, Wikimedia Côte d’Ivoire et Les Bénévoles de l’EMI. Ensemble, ces entités s’engagent à produire plus d’une centaine de contenus éditoriaux et audiovisuels – articles, fiches, vidéos explicatives – afin de prévenir les dérives informationnelles, tout en renforçant l’esprit critique des citoyens.

« Ce travail de veille, de pédagogie et de collaboration est une réponse directe à une menace bien réelle. Dans le tumulte électoral, la désinformation fragilise nos institutions, polarise les débats et érode la confiance. En tant qu’acteurs de l’information, nous avons le devoir d’agir. En Côte d’Ivoire, comme ailleurs, la démocratie ne tient que si l’on en défend les fondements : l’intégrité, la transparence et le droit de chacun à une information fiable. », souligne Valdez Onanina, rédacteur en chef du bureau francophone d’Africa Check.

La coalition est soutenue par le projet « Renforcer la Fiabilité de l’Information en Afrique » co-financé par le Ministère allemand de la Coopération Économique et du Développement (BMZ) et l’Union Européenne, et mis en œuvre par la GIZ en coopération avec le Ministère de la Communication de Côte d’Ivoire. Le projet soutient une diversité d’acteurs des médias et respecte l’indépendance journalistique et la souveraineté des acteurs. La prise de décision éditoriale reste du ressort de la coalition.

Lancée officiellement ce 12 juillet, l’initiative se déploiera jusqu’en décembre 2025, selon une méthodologie collaborative. Un rapport final d’analyse permettra de dresser un état des lieux de la désinformation électorale et de formuler des recommandations concrètes pour préserver l’intégrité du débat public en Côte d’Ivoire.

Contact : coalitionantidohi@gmail.com

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Fact-checking Fake news en circulation (à surveiller) Fake News Virales (réseaux sociaux, WhatsApp, etc.)

Non, il n’existe aucun formulaire de demande du Fonds national d’autonomisation de la jeunesse 2025

Avec la participation de TOUKPA Ismaël (Bénévole)

FAIT

Un message circulant sur les réseaux sociaux (Principalement sur WhatsApp) affirme que le formulaire de demande du Fonds national d’autonomisation de la jeunesse 2025 est disponible, offrant des subventions de 150 000 à 700 000 FCFA aux citoyens âgés de 13 à 65 ans, avec un lien pour postuler.

Capture d’écran de l’annonce sur WhatsApp

VERDICT & COTE DE FIABILITÉ

❌ Faux : L’information est complètement fausse.
Le lien fourni mène à un site frauduleux imitant un programme d’autonomisation des jeunes, sans lien officiel avec le gouvernement ivoirien.



ANALYSE

Cette annonce virale circule sur les réseaux sociaux affirmant que le Fonds national d’autonomisation de la jeunesse 2025 a lancé un programme de subventions pour les citoyens ivoiriens. Selon cette publication, les jeunes de 13 à 65 ans peuvent postuler en ligne pour obtenir entre 150 000 et 700 000 FCFA afin de financer leurs entreprises ou leurs études. L’annonce précise que les paiements ont déjà commencé et encourage les internautes à cliquer sur un lien suspect (https://hd.ke/AUTONOMISATION-DES-JEUNES) pour soumettre leur candidature. 

Cette fausse annonce peut tromper des milliers de jeunes à la recherche d’opportunités économiques.
👉Elle pourrait exposer leurs données personnelles à des cybercriminels ou entraîner des pertes financières si des frais d’inscription étaient demandés.
👉 Elle risque de discréditer les véritables initiatives gouvernementales d’autonomisation des jeunes.

Cette fausse information peut conduire les citoyens à divulguer leurs informations personnelles sur des sites frauduleux, les exposant à des risques d’escroquerie ou de vol d’identité.


🔍VÉRIFICATION DES FAITS (MÉTHODOLOGIE)

L’annonce a été publiée de façon anonyme et partagée dans les groupes WhatsApp.
🔹 Aucune communication officielle n’a été trouvée sur le site du Ministère de la Jeunesse (www.jeunesse.gouv.ci) ni sur le portail gouvernemental (www.gouv.ci).

URL suspecte : Le lien https://hd.ke/ n’est pas un domaine officiel du gouvernement ivoirien (qui utilise .gouv.ci).

L’analyse du lien fourni avec VirusTotal à révélé un site non sécurisé et suspect.

Résultat de l’analyse sur Virus Total


Historique d’arnaques similaires : Des publications frauduleuses avec des formats quasi identiques ont circulé ces dernières années en Côte d’Ivoire, souvent pour du phishing.


CONCLUSION & RECOMMANDATIONS

Cette annonce est fausse et vise à tromper les internautes. Aucune subvention de ce type n’a été annoncée officiellement par le gouvernement ivoirien.

Conseils aux lecteurs
🔹 Ne cliquez pas sur le lien suspect.
🔹 Ne partagez pas cette publication.
🔹 Consultez toujours les sites officiels du gouvernement pour vérifier les annonces de programmes sociaux.
🔹 Signalez cette fausse information aux autorités compétentes et aux plateformes sociales.



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